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	<title>Corruption &#8211; The Museba Project</title>
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	<description>Corruption, Human Rights Violations, Illicit Finance Flows</description>
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		<title>À Manono, le lithium génère des millions de dollars. Mais les habitants peinent à survivre.</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jack Wolf, Sophia Pickles, Janvier Murairi]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 Aug 2025 19:39:26 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La petite cité de Manono, en République démocratique du Congo (RDC), est au centre d&#8217;une ruée géopolitique vers les minerais qui font partie intégrante des technologies vertes et militaires. Les entreprises chinoises et américaines se disputent l&#8217;accès à ce qui est considéré comme l&#8217;un des plus grands gisements de lithium au monde. Mais, l&#8217;arrivée des [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La petite cité de Manono, en République démocratique du Congo (RDC), est au centre d&rsquo;une ruée géopolitique vers les minerais qui font partie intégrante des technologies vertes et militaires. Les entreprises chinoises et américaines se disputent l&rsquo;accès à ce qui est considéré comme l&rsquo;un des plus grands gisements de lithium au monde. Mais, l&rsquo;arrivée des superpuissances mondiales n&rsquo;est que le dernier chapitre d&rsquo;une vague d&rsquo;activités commerciales qui a vu des millions de dollars générés par des transactions entre des ressortissants politiquement connectés et un petit groupe d&rsquo;hommes d&rsquo;affaires étrangers, laissant les habitants de Manono avec peu de choses à montrer sur les richesses qui se trouvent sous leur sol.<b><i></i></b><b><i></i></b></p>
<p>Le 27 juin dernier, le Rwanda et la République démocratique du Congo ont signé un accord de paix sous l&rsquo;égide des États-Unis, suscitant un optimisme international prudent quant à la fin du conflit en cours sur le sol congolais, qui a coûté la vie à des millions de personnes et en a déplacé autant. Faisant écho au récent accord américano-ukrainien sur les minerais, cet accord établit également un lien étroit entre l&rsquo;accès aux ressources stratégiques et ce qu&rsquo;il est convenu d&rsquo;appeler la « stabilisation politique ».</p>
<p>Selon les termes de l&rsquo;accord, les deux nations africaines se sont provisoirement engagées à mettre fin aux hostilités, au retrait des troupes et à la neutralisation, et la cessation de tout soutien aux groupes armés opérant dans l&rsquo;est du pays.<b><i><br />
</i></b></p>
<figure id="attachment_3685" aria-describedby="caption-attachment-3685" style="width: 2560px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-full wp-image-3685" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_001-scaled.jpg" alt="" width="2560" height="1440" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_001-scaled.jpg 2560w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_001-300x169.jpg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_001-1024x576.jpg 1024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_001-768x432.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_001-1536x864.jpg 1536w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_001-2048x1152.jpg 2048w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_001-600x338.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_001-750x422.jpg 750w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_001-1140x641.jpg 1140w" sizes="(max-width: 2560px) 100vw, 2560px" /><figcaption id="caption-attachment-3685" class="wp-caption-text">Un employé d&rsquo;AVZ nous montre l&rsquo;ancienne mine d&rsquo;étain belge, connue sous le nom de “Roch Dure”. En arrière-plan, on aperçoit les montagnes de tailigs laissées par l&rsquo;ancienne activité minière d&rsquo;étain de Manono.</figcaption></figure>
<h3 style="text-align: left;"><i>Les titans de la technologie s&rsquo;installent</i></h3>
<p>Dans le cadre de cet accord, le Président congolais Félix Tshisekedi a une fois de plus offert de nombreuses richesses minières de la RDC à des intérêts extérieurs, cette fois-ci à des entreprises américaines, dans le but d&rsquo;obtenir le soutien des États-Unis pour les efforts de paix. L&rsquo;accord stipule explicitement que le Rwanda et le Congo « réduiront les risques des chaînes d&rsquo;approvisionnement en minerais et formaliseront les chaînes de valeur des minerais qui lient les deux pays, en partenariat, le cas échéant, avec le gouvernement américain et les investisseurs américains ». On ne sait toujours pas comment cela se passera, ce qui signifie réellement « l&rsquo;élimination des risques » et qui pourrait en bénéficier. « Nous obtenons, pour les États-Unis, une grande partie des droits miniers du Congo dans le cadre de cet accord », a déclaré le Président Trump avant la cérémonie de signature.</p>
<p style="text-align: left;">L&rsquo;accord a relancé l&rsquo;attention sur le plus grand gisement de lithium inexploité du Congo, situé dans le Territoire de Manono, adjacent à la cité de Manono, dans la Province du Tanganyika, en RDC. Depuis près d&rsquo;une décennie, la mine est au centre d&rsquo;une concurrence féroce entre les intérêts commerciaux chinois, australiens et congolais qui se disputent l&rsquo;exploitation de l&rsquo;une des réserves de lithium les plus riches au monde.</p>
<p style="text-align: left;">À la suite de l&rsquo;accord de paix, la startup minière américaine KoBold Metals, soutenue par les géants de la technologie Jeff Bezos et Bill Gates, ainsi qu’un autre géant minier mondial Rio Tinto, s&rsquo;intéressent désormais au lithium de Manono. KoBold a signé avec la République démocratique du Congo un accord qui lui permet d&rsquo;acquérir le gisement controversé de lithium<span class="Apple-converted-space">  </span>de Manono. Cependant, un réseau de procès enchevêtrés et d&rsquo;allégations de corruption pèse sur la mine, car des entreprises, dont le méga-minier chinois Zijin, revendiquent déjà des droits sur le même gisement de lithium. Entre-temps, la communauté locale affectée et qui souhaite désespérément que les richesses minières participent au développement indispensable, est de plus en plus frustrée.</p>
<h3><strong><i>Les espoirs en matière d&rsquo;énergie verte ne se sont pas concrétisés jusqu&rsquo;à présent</i></strong></h3>
<p>La cité de Manono est entourée de rizières et de plantations de manioc, dont l&rsquo;horizon est brisé par les squelettes géants des infrastructures minières de l&rsquo;époque coloniale belge. Ses routes étroites sont bordées de haies d&rsquo;euphorbes, créant une sorte de labyrinthe de jardin botanique qui contourne les écoles, les églises et les magasins et qui est animé par des familles, des commerçants et des artisans. Les routes plus larges en terre rouge sont bordées de magnifiques manguiers, dont les fruits sont récoltés au crépuscule, à la saison des mangues, par les écoliers qui se rendent en classe. Parfois, les mangues sont le seul aliment qui ira sous la dent<span class="Apple-converted-space">  </span>ce jour-là. La ville manque d&rsquo;infrastructures, d&rsquo;eau et d&rsquo;électricité. Le chômage sévit. De nombreuses personnes se sont lancées depuis longtemps dans l&rsquo;exploitation minière artisanale, à la main avec des pelles et des seaux, pour joindre les deux bouts.</p>
<p>L&rsquo;ancienne mine coloniale de Manono est toujours présente dans les mémoires et de nombreux habitants se souviennent de cette période comme d&rsquo;une période de stabilité, ce qui reflète peut-être les difficultés auxquelles la cité<span class="Apple-converted-space">  </span>est<span class="Apple-converted-space">  </span>confrontée aujourd&rsquo;hui.<span class="Apple-converted-space">  </span>Lorsque, ces dernières années, la découverte massive de lithium a propulsé Manono au devant de la scène<span class="Apple-converted-space">  </span>des énergies vertes, les espoirs se sont accrus avec l&rsquo;arrivée de nouvelles sociétés d&rsquo;exploration minière.</p>
<p>Les habitants ont ensuite attendu le début de l&rsquo;exploitation minière industrielle, avant de voir les prix du lithium grimper et s&rsquo;effondrer à nouveau. Alors qu&rsquo;un cortège d&rsquo;entreprises se succédait, chacune essayant de revendiquer le gisement, le gouvernement congolais n&rsquo;est pas parvenu à tirer parti de la flambée des prix ou à s&rsquo;assurer un partenaire stable, gérant le projet d&rsquo;une manière qui semble au mieux confuse, au pire profondément inepte, en entretenant une masse complexe de spéculations, d&rsquo;accords commerciaux et de négociateurs itinérants passant d&rsquo;une entreprise à l&rsquo;autre, signant des contrats lucratifs et engrangeant des bénéfices.</p>
<p>En août 2024, dans un rayon de 50 kilomètres autour de la cité de<span class="Apple-converted-space">  </span>Manono, cinq entreprises liées à un réseau d&rsquo;hommes d&rsquo;affaires internationaux détenaient des permis d&rsquo;exploration et d&rsquo;exploitation minière couvrant plus de 1 220 kilomètres carrés, soit une superficie supérieure à celle de Hong Kong.</p>
<p>Ces hommes d&rsquo;affaires ont gagné des millions de dollars américains en paiements fondés sur des actions, en ventes d&rsquo;actions et en honoraires de conseil au cours des 15 dernières années, grâce à des transactions liées à Manono. Pourtant, malgré tous les échanges d&rsquo;argent et les forums d&rsquo;investisseurs annonçant un « nouvel Eldorado du lithium » à Manono, aucune de ces entreprises n&rsquo;a encore exploité de mines ou mis du lithium sur le marché.</p>
<h3><strong><i>« Un petit groupe de personnes s&rsquo;enrichit au détriment de notre pays »</i></strong></h3>
<p>Des groupes de la société civile ont critiqué la manière dont se sont déroulées les principales transactions de ce carrousel. Jean Claude Mputu, de l&rsquo;ONG Resource Matters, a déclaré à Museba Project que « la mauvaise gouvernance du secteur [du lithium], le manque de transparence, les conditions opaques de distribution des licences et la complicité de la classe politique entre toutes sortes d&rsquo;intermédiaires, permettent à un petit groupe de personnes de s&rsquo;enrichir au détriment de notre pays ».</p>
<p>Un groupe d&rsquo;hommes d&rsquo;affaires internationaux collaborant avec des parties congolaises ayant des liens politiques est au cœur des accords de Manono sur le lithium. Du côté congolais, on trouve notamment Guy Loando, un avocat qui occupe le poste de ministre d&rsquo;État chargé de l&rsquo;aménagement du territoire depuis avril 2021 et qui a récemment été muté au poste de ministre des relations avec le Parlement. (Il dirige également une organisation de lutte contre la pauvreté appelée <a href="https://www.fondationwidal.org/site/index.php)">Fondation Widal</a> ). <span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Aux côtés de Loando se trouve Jean-Félix Mupande,<span class="Apple-converted-space">  </span>un ancien chef du Cadastre minier de la République Démocratique du Congo (CAMI). Le CAMI, qui relève du Ministère des mines, est chargé de superviser les titres miniers et de gérer l&rsquo;accès aux vastes ressources minérales de la RDC.</p>
<figure id="attachment_3682" aria-describedby="caption-attachment-3682" style="width: 1700px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-full wp-image-3682" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_004-1.jpg" alt="" width="1700" height="956" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_004-1.jpg 1700w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_004-1-300x169.jpg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_004-1-1024x576.jpg 1024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_004-1-768x432.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_004-1-1536x864.jpg 1536w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_004-1-600x337.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_004-1-750x422.jpg 750w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_004-1-1140x641.jpg 1140w" sizes="(max-width: 1700px) 100vw, 1700px" /><figcaption id="caption-attachment-3682" class="wp-caption-text">Un rocher censé contenir du lithium</figcaption></figure>
<p>Le CAMI est censé servir les intérêts des investisseurs, de l&rsquo;Etat et du peuple congolais, en vérifiant la solidité financière, la capacité technique et le respect des normes environnementales et sociales des candidats. Elle s&rsquo;occupe également de l&rsquo;approbation et de l&rsquo;enregistrement de tous les droits<span class="Apple-converted-space">  </span>d&rsquo;exploration et d&rsquo;exploitation<span class="Apple-converted-space">  </span>minière, qui sont ensuite transmis au Ministère des Mines, qui délivre les permis. Le<span class="Apple-converted-space">  </span>CAMI du temps de<span class="Apple-converted-space">  </span>Jean-Félix Mupande a supervisé plus d&rsquo;une décennie de contrats de lithium à Manono, jouant un rôle clé<span class="Apple-converted-space">  </span>pour les entreprises qui s&rsquo;intéressent aux richesses minières du Territoire. Bien que les recommandations du CAMI influencent normalement les décisions du Ministère, Mupande a insisté sur le fait que la CAMI « n&rsquo;accorde pas de droits miniers » et que « cette autorité relève du ministre des Mines ».</p>
<h3 style="text-align: center;"><strong><i>Un vétéran allemand de l&rsquo;industrie minière, un « parrain » chinois et des liens avec le régime</i></strong></h3>
<p>Du côté international, ces VIP congolais travaillent en réseau avec Klaus Eckhof, un vétéran allemand de l&rsquo;industrie minière et prospecteur de minerais en série, et Cong Maohuai, un homme d&rsquo;affaires chinois réputé proche de l&rsquo;ancien régime de Kabila, qui a été surnommé le « parrain » des transactions minières chinoises au Congo par les médias. Les relations de travail entre Loando et Eckhof remontent vers 2011, lorsque l&rsquo;avocat congolais a été témoin d&rsquo;un accord entre Ferro Swiss AG d&rsquo;Eckhof et la société d&rsquo;État SOKIMO. En 2014, des documents réglementaires américains montrent que Loando est actionnaire d&rsquo;une autre société, Panex Resources Inc, alors dirigée par Maohuai, Eckhof et son partenaire Mark Gasson.</p>
<p><b></b>Guy Loando, Klaus Eckhof et Cong Maohuai sont bien connus dans le secteur minier de la République démocratique du Congo et ont créé des dizaines de sociétés d&rsquo;exploration minière. Selon les analystes, Klaus Eckhof et Cong Maohuai se sont fait un nom au fil des ans en identifiant avant les autres des actifs miniers congolais de classe mondiale. « Malheureusement pour les investisseurs, aucun des projets de lithium de Manono ne rapporte d&rsquo;argent, bien qu&rsquo;Eckhof, et sans doute Maohui aussi, en aient profité largement », a commenté Gregory Mthembu-Salter de Phuzumoya Consulting, un cabinet de recherche spécialisé dans l&rsquo;économie politique de la RDC.</p>
<p>Dans une correspondance avec Museba Project, Jean-Félix Mupande, chef du CAMI, a confirmé qu&rsquo;en 2012, son registre avait accordé deux concessions d&rsquo;exploration en forme de croissant aux abords de la banlieue de Manono à Alphamin Resources Corp. Peu après, Klaus Eckhof a rejoint Alphamin, où il n&rsquo;est resté que quelques mois. Après son départ, la société a déclaré les concessions de Manono « sans valeur ».</p>
<p>Ce qui suit est un aperçu des transactions, des relations et des profits considérables qui ont façonné les activités des sociétés d&rsquo;exploration minière à Manono.</p>
<p>C&rsquo;est après Alphamin qu&rsquo;AVZ Minerals, fondée et dirigée par Klaus Eckhof et l&rsquo;une des premières entreprises à tenter d&rsquo;explorer le lithium à Manono, est entrée en scène. Selon les archives publiques, AVZ a acheté cette année-là les concessions d&rsquo;Alphamin à Manono à une société appelée Medidoc FZE, qui appartenait à l&rsquo;associé de longue date d&rsquo;Eckhof, le Dr Andreas Reitmeier. Il n&rsquo;existe aucun document public indiquant comment les concessions d&rsquo;Alphamin se sont retrouvées entre les mains de Medidoc FZE, qui aurait normalement dû obtenir l&rsquo;approbation du CAMI pour toute revente.</p>
<p>Interrogé sur cette transaction, M. Reitmeier a déclaré à Museba Project qu&rsquo;Alphamin avait considéré les concessions comme « sans valeur » et que Medidoc les avait donc acquises sans indemniser Alphamin. Le directeur du CAMI de l’époque, Mupande, avait contredit cette version, déclarant à Museba Project qu&rsquo;Alphamin était simplement « devenue AVZ » par le biais d&rsquo;un changement de nom. Eckhoff avait donné quant à lui, une autre explication.</p>
<p>Il avait déclaré à Museba Project : « Nous avons proposé de payer les droits et accepté qu&rsquo;Alphamin nous transfère les licences. Personne d&rsquo;autre n&rsquo;était intéressée par ces licences de base. Nous ne sommes pas les plus favorisés, mais nous sommes les seuls à être performants, à trouver des gisements et à pouvoir lever des fonds sur les marchés internationaux. Il n&rsquo;y a pas de préférence pour nous, si ce n&rsquo;est qu&rsquo;il [Jean-Félix Mupande] sait que nous sommes capables de réaliser et de faire avancer des projets.</p>
<p>Quoi qu&rsquo;il en soit, les rapports publics montrent qu&rsquo;AVZ a payé à Medidoc FZE 200 000 USD et 30 millions d&rsquo;actions ordinaires pour acquérir les mêmes concessions qu&rsquo;Alphamin avait déclarées ‘sans valeur’ quelques années auparavant.</p>
<p>Dans les mois qui ont suivi, une troisième concession située au centre de l&rsquo;acquisition de Medidoc par AVZ a été révoquée et réattribuée, dans des circonstances qui restent contestées, à une nouvelle coentreprise, Dathcom Mining SA, formée entre la société Dathomir Mining Resources de Cong Maohuai et l&rsquo;entreprise d&rsquo;État Cominière. AVZ a ensuite rejoint Dathcom, en versant 750 000 USD à Dathomir, la société de Maohuai, et en lui accordant une participation de 12,71 % dans AVZ.<span class="Apple-converted-space">  </span>Le rapport de Boatman Capital indique que Dathomir était détenue à 20 % par Guy Loando et sa famille.</p>
<p>Dans le cadre de l&rsquo;accord, Loando a ensuite rejoint le Conseil d&rsquo;Administration d&rsquo;AVZ en tant que représentant de Dathomir. AVZ a ensuite versé à Loando et à Dathomir de Maohuai un total de plus de 6 millions de dollars US et des actions d&rsquo;une valeur de près de 5 millions de dollars US, tandis que Loando a reçu au moins 800 000 dollars US en actions.</p>
<h3 style="text-align: center;"><strong><i> L&rsquo;opération a permis d&rsquo;obtenir des droits sur l&rsquo;un des plus grands gisements de lithium inexploités au monde.</i></strong></h3>
<p>Au milieu de toutes ces transactions, aussi complexes et déroutantes pour les étrangers qu&rsquo;elles sont profitables à ceux qui les organisent, ce qui est clair, c&rsquo;est que les accords ont assuré à Eckhof, Loando et Cong des postes au sein des conseils d&rsquo;administration des entreprises détenant des droits sur l&rsquo;un des plus grands gisements de lithium inexploités au monde.</p>
<p>AVZ n&rsquo;était que l&rsquo;acte d&rsquo;ouverture dans la saga des hommes d&rsquo;affaires de Manono. Eckhof et Loando ont quitté AVZ en 2016 et 2019, respectivement, après quoi la fortune de l&rsquo;entreprise a commencé à se défaire. Un arrêt de négociation de deux ans, une série de batailles judiciaires et la révocation de sa concession centrale par le ministère des Mines n&rsquo;ont cependant jamais permis à ce que du lithium quitte le sol. Cela a été suivi d&rsquo;un désengagement dramatique de la Bourse australienne en mai 2024, piégeant des milliers d&rsquo;investisseurs et effaçant des milliards de dollars américains de valorisation. (AVZ n&rsquo;a cependant pas encore abandonné : elle continue de se battre pour de nombreux cas devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements et la Chambre de commerce internationale pour les droits à la concession de Manono.)</p>
<figure id="attachment_3687" aria-describedby="caption-attachment-3687" style="width: 1700px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-full wp-image-3687" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_008.jpg" alt="" width="1700" height="956" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_008.jpg 1700w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_008-300x169.jpg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_008-1024x576.jpg 1024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_008-768x432.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_008-1536x864.jpg 1536w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_008-600x337.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_008-750x422.jpg 750w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_008-1140x641.jpg 1140w" sizes="(max-width: 1700px) 100vw, 1700px" /><figcaption id="caption-attachment-3687" class="wp-caption-text">Un groupe de garçons joue au football dans le centre de Manono.</figcaption></figure>
<h3 style="text-align: center;"><i>«AVZ avait initialement donné de l&rsquo;espoir à la communauté »</i></h3>
<p>« AVZ avait à l&rsquo;origine donné à la communauté l&rsquo;espoir d&rsquo;un avenir meilleur, y compris le développement et des emplois », déclare Abbé Moise Kiluba, Prêtre catholique de Manono et représentant respecté de la société civile/Forces vives de la cité. « La population de Manono aimerait, grâce à l&rsquo;exploitation du lithium, voir la transformation de la vie socio-économique vers la modernité ; obtenir des emplois, de préférence avec plus que des miettes comme salaire. »</p>
<p><span class="Apple-converted-space"> </span>Nous rencontrons Kiluba fin 2024, dans son modeste bureau au cœur de Manono, où une file de personnes attend patiemment à l&rsquo;extérieur pour obtenir des conseils sur une gamme de problèmes sociaux et juridiques auxquels la communauté est confrontée. À proximité, des motos et des camions lourds traversent à toute vitesse un carrefour menant aux périphéries de la ville. S&rsquo;élevant au centre, un panneau publicitaire promeut le Programme de Développement Local du Président Tshisekedi pour les 145 territoires de la RDC.<i> </i></p>
<p>Juste à quelques kilomètres du bureau de l&rsquo;Abbé Moïse Kiluba, derrière la cathédrale, en briques,<span class="Apple-converted-space">  </span>de la ville, se trouve le siège local de Tantalex Resources, qui a accueilli le retour d&rsquo;Eckhof et de son groupe lors du deuxième acte. En juillet 2021, six mois avant que Klaus Eckhof ne rejoigne officiellement l&rsquo;entreprise, Tantalex a conclu un accord avec Minor SARL, détenue par Maohuai, promettant 4,5 millions de dollars et 55 millions d&rsquo;actions à l&rsquo;entreprise congolaise et donnant à Tantalex une part dans une licence d&rsquo;exploration pour une concession qui se trouve directement au-dessus de celle d&rsquo;AVZ.</p>
<p>À peu près au même moment, Rome Resources — une entreprise dirigée par Mark Gasson, dans laquelle Eckhof détenait une participation de 18 % — a acquis Medidoc RD Congo, une autre société dirigée par Gasson et détenue par Reitmeier. Le nom de la société ressemblait étroitement à celui de Medicoc FZE de Reitmeier, qui avait joué un rôle<span class="Apple-converted-space">  </span>centrale dans les accords originaux de Manono entre Alphamin, Medidoc FZE et AVZ. L&rsquo;acquisition a donné à Rome Resources une participation dans un permis d&rsquo;exploration situé à des centaines de kilomètres au nord de Manono, dont l&rsquo;actionnaire majoritaire était Investissement et<span class="Apple-converted-space">  </span>Développement Immobilier (IDI), une entreprise appartenant à des membres de la famille de Jean-Félix Mupande, le chef de CAMI.</p>
<p>De retour à Manono, dans les mois suivant les accords impliquant Medidoc Congo et IDI, Tantalex a obtenu un nouveau permis minier. Développant déjà son prochain projet à Manono, Eckhof a quitté Tantalex, et environ un an plus tard, il a conservé plus de 251 000 USD en unités d&rsquo;actions restreintes et options d&rsquo;actions. Simultanément, le CAMI traitait une offre d&rsquo;une autre entreprise d&rsquo;Eckhof, AJN Resources, pour une partie de la concession originale d&rsquo;AVZ actuellement révoquée.</p>
<p>Les documents montrent que Loando, maintenant employé par le gouvernement, faisait partie du comité de surveillance proposé pour l&rsquo;accord. Si cela réussissait, Eckhof devait toucher des frais de découverte de 10 % sur une licence qu&rsquo;il avait déjà « trouvée » deux fois auparavant, d&rsquo;abord pour Alphamin, puis pour AVZ. Dans un <a href="https://consent.yahoo.com/v2/partners?sessionId=4_cc-session_aba9aa6b-f666-42a0-98f7-f5e9f3d95d64">communiqué</a> de presse à l&rsquo;époque , Eckhof a exprimé sa confiance quant à la proximité de l&rsquo;acquisition, la qualifiant de « moteur clé pour alléger la pauvreté et améliorer les conditions sociales » grâce à des améliorations des infrastructures locales et à la création d&#8217;emplois.</p>
<h3 style="text-align: center;"><i>Future Mining appartient à l&rsquo;épouse du ministre Loando<span class="Apple-converted-space"> </span></i></h3>
<p>Cependant, malgré l&rsquo;optimisme d&rsquo;Eckhof et les intérêts commerciaux convergents avec la famille de l’ancien chef du CAMI Monsieur Mupande, cet accord n&rsquo;a pas abouti. Une deuxième offre d&rsquo;AJN pour des permis dans la zone de Manono, via Mbanga Mining SARL de Cong Maohuai, a également échoué, mais finalement une troisième a réussi. AJN a payé 100 000 $ US à Future Mining Company SARL pour une participation dans une concession à moins de deux kilomètres de<span class="Apple-converted-space">  </span>l’entreprise chinoise, Manono<span class="Apple-converted-space">  </span>Lithiums à Manono.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Les choses ont commencé à changer à Manono. En août 2023, Jean-Félix Mupande a quitté CAMI. Il a été remplacé par Paul Mabolia, l&rsquo;ancien responsable du Processus de Kimberley en RDC, une initiative visant à maintenir le commerce des diamants libre des « diamants de sang ». Depuis, le géant minier chinois Zijin et sa coentreprise, Manono Lithium, ont obtenu des droits à Manono, contestés par AVZ.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Eckhof, Maohuai et Loando semblent avoir pris du recul après l&rsquo;entrée en scène de Manono Lithium. Mais ce qu&rsquo;ils ont fait à travers des transferts de permis antérieurs, des paiements importants et des échanges d&rsquo;actions, ainsi que la participation de membres de la famille des régulateurs miniers et des parlementaires dans des coentreprises (légal sous la loi congolaise mais discutable dans la pratique), a contribué à générer jusqu&rsquo;à 28 millions de dollars pour Cong et Dathomir de Loando seulement, bénéficiant à des « sociétés écran mystérieuses contrôlées par des négociants controversés », selon un rapport de Global Witness de 2024.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Pendant ce temps, bien qu&rsquo;AVZ ait été évaluée à des milliards de dollars américains en 2022, sa coentreprise Dathcom a payé moins de 260 000 USD en impôts en 2021 et 2022, selon l&rsquo;ITIE. Pour mettre cela en perspective : les contributions fiscales d&rsquo;une entreprise d&rsquo;un milliard de dollars équivalent à peu près à la valeur des actions et options que Klaus Eckhof a reçues en une seule année de Tantalex, soit environ quatre pour cent de ce que la société de la femme de Loando, Future Mining Company SARL, a reçu d&rsquo;AJN, et juste 2,2 pour cent de ce qu&rsquo;AVZ elle-même a payé pour rejoindre la coentreprise Dathcom de Maohuai.</p>
<p>Tantalex, Gasson, Loando et Maohuai n&rsquo;ont pas répondu à la demande de Museba Project pour un commentaire, mais Mupande a dit à Museba Project qu&rsquo;il « n&rsquo;y a aucune loi au Congo interdisant aux membres de la famille des agents de l&rsquo;État de détenir des concessions minières » et n&rsquo;a pas nié que des membres de sa famille le fassent. Reitmeier a dit qu&rsquo;il ne savait pas qui possédait IDI au moment de l&rsquo;établissement d&rsquo;un permis d&rsquo;exploration et qu&rsquo;il n&rsquo;a jamais eu de communication avec Mupande.</p>
<h3 style="text-align: center;"><i>«Il n&rsquo;y a pas de loi en RD-Congo contre les membres de la famille des agents publics de détenir des concessions»</i></h3>
<p>Eckhof a déclaré à Museba Project qu&rsquo;AJN avait cessé de poursuivre le projet avec Future Mining et qu&rsquo;il ne possède pas personnellement de licences minières ou d&rsquo;exploration, travaillant uniquement pour des sociétés publiques. « C&rsquo;est normal que les entreprises viennent et repartent&#8230; L&rsquo;un des problèmes est que l&rsquo;Europe ne fait pas partie du jeu de l&rsquo;exploration car le capital nécessaire pour réaliser un rêve ou un espoir n&rsquo;est pas là. En raison de ce manque de financement, la compréhension est limitée », a conclu Eckhof.</p>
<p>Critiquant les schémas qui ont vu des millions de dollars circuler entre des entreprises et des hommes d&rsquo;affaires, mais qui ont laissé le secteur minier avec peu de bénéfices, un membre de la coalition de la société civile Tous Pour la RDC, qui a parlé de manière anonyme pour des raisons de sécurité, a déclaré que le secteur minier de Manono reflète une culture politique plus profonde d&rsquo;auto-enrichissement. « Tout vient d&rsquo;un désir égoïste de s&rsquo;enrichir – un désir qui peut être observé en même temps dans la sphère politique, parmi les commerçants travaillant pour des multinationales, et parmi les dirigeants d&rsquo;entreprises du portefeuille de l&rsquo;État, en particulier les entreprises minières », a expliqué le membre de la coalition.</p>
<figure id="attachment_3686" aria-describedby="caption-attachment-3686" style="width: 1700px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-full wp-image-3686" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_010.jpg" alt="" width="1700" height="956" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_010.jpg 1700w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_010-300x169.jpg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_010-1024x576.jpg 1024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_010-768x432.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_010-1536x864.jpg 1536w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_010-600x337.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_010-750x422.jpg 750w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_010-1140x641.jpg 1140w" sizes="(max-width: 1700px) 100vw, 1700px" /><figcaption id="caption-attachment-3686" class="wp-caption-text">Des habitants se déplacent dans les rues de Manono. La ville manque d&rsquo;électricité et d&rsquo;infrastructures pour l&rsquo;éclairer la nuit.</figcaption></figure>
<h3 style="text-align: center;">Manifestations et arrestations</h3>
<p>Il n&rsquo;est pas certain que l&rsquo;arrivée de KoBold et l&rsquo;accord « minerais contre sécurité » conclu avec les États-Unis marquent la fin de la frénésie spéculative à Manono. Avec la politique opaque du gouvernement, les procès en cours et les multiples entreprises qui revendiquent des droits sur le gisement de lithium de la ville, tout cela ressemble plus à un nouveau chapitre qu&rsquo;à la fin d&rsquo;une époque.</p>
<p>L’entreprise<span class="Apple-converted-space">  </span>chinoise Manono Lithium fait sentir sa présence : de nouvelles routes et de l&rsquo;électricité pour alimenter la mine sont à l&rsquo;horizon, et des travailleurs de Chine et de toute la RDC arrivent chaque jour. Cependant, son rôle en tant que partenaire communautaire semble beaucoup moins prometteur. Le 20 août 2025, l&rsquo;Initiative pour la bonne gouvernance et les droits de l&rsquo;homme a signalé un conflit impliquant KAMOA COOPER S.A., une autre filiale de Zijin, la société mère de Manono Lithium, près du centre minier de Kolwezi. Les conclusions font écho à des problèmes déjà apparus à Manono : violations du code minier, manque de dialogue et de transparence, et recours à l&rsquo;influence politique.</p>
<p>À Kolwezi, les communautés locales accusent l&rsquo;entreprise d&rsquo;épuiser les rivières, de polluer par des déchets toxiques, de saisir des terres, de procéder à des expulsions forcées et d&rsquo;arrêter arbitrairement 72 manifestants pacifiques qui réclamaient une indemnisation équitable et la réinstallation de leurs familles.</p>
<p>À Manono même, les tensions s&rsquo;intensifient. L&rsquo;entreprise a commencé à expulser les mineurs artisanaux de ses concessions et les communautés voisines sont confrontées à un avenir incertain. Des villages comme Majondo, Matala et Lwamba risquent maintenant d&rsquo;être déplacés à mesure que les activités minières préliminaires s&rsquo;étendent vers leurs terres.</p>
<p>L&rsquo;abbé Moïse Kiluba se souvient de la décennie qui s&rsquo;est écoulée depuis l&rsquo;arrivée d&rsquo;AVZ et des années qui se sont écoulées depuis que Manono Lithium SA a pris le relais : « Jusqu&rsquo;à présent, il n&rsquo;y a eu que des recherches et la vente de périmètres miniers, avec des millions de dollars qui se sont évaporés entre les individus. Ni le trésor public, ni la communauté locale n&rsquo;en ont profité ». Il appelle le gouvernement de la RDC à devenir « réaliste et concret ». « Il doit s&rsquo;éloigner des discours creux et, surtout, être plus proche des populations et plus sensible à leurs cris d&rsquo;alarme&#8230; car les entreprises et les investisseurs se voient comme des ennemis de la communauté. »</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em>Cet article a été produit par le collectif de recherche The Rock Pool  en collaboration avec The Museba Project et a été soutenu par Journalismfund Europe. </em></p>
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		<title>Après les révélations de The Museba Project, le ministre camerounais des forêts ouvre une enquête sur le trafic illégal de bois entre le Cameroun et le Nigeria</title>
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		<dc:creator><![CDATA[The Newsroom]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Aug 2024 19:21:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A La Une]]></category>
		<category><![CDATA[Corruption]]></category>
		<category><![CDATA[Special Reports]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le ministre des forêts et de la faune vient d&#8217;ouvrir une enquête entre le Cameroun et le Nigeria qui vise le trafic illégal des espèces fauniques protégées par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d&#8217;extinction, CITES. Le 12 Août 2024, Jules Doret Ndongo a adressé une [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;">Le ministre des forêts et de la faune vient d&rsquo;ouvrir une enquête entre le Cameroun et le Nigeria qui vise le trafic illégal des espèces fauniques protégées par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d&rsquo;extinction, CITES.</p>
<p style="text-align: center;">Le 12 Août 2024, Jules Doret Ndongo a adressé une correspondance aux délégués des régions de l&rsquo;Extrême nord, du nord, de l&rsquo;Adamaoua, du Littoral et du Sud.</p>
<p style="text-align: center;">Le ministre demande à ces collaborateurs de « <em>bien vouloir mener des investigations(&#8230;) sur la situation des échanges commerciaux avec le Nigeria sur les espèces concernées en termes des statistiques sur les exportations et importations, les procédures réglementaires appliquées, les sources d&rsquo;approvisionnement, les activités illégales le cas échéant</em>« .</p>
<p style="text-align: center;"><img class="alignleft size-full wp-image-3643" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2024/08/image.jpg" alt="" width="1240" height="1755" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2024/08/image.jpg 1240w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2024/08/image-212x300.jpg 212w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2024/08/image-724x1024.jpg 724w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2024/08/image-768x1087.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2024/08/image-1085x1536.jpg 1085w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2024/08/image-600x849.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2024/08/image-750x1061.jpg 750w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2024/08/image-1140x1613.jpg 1140w" sizes="(max-width: 1240px) 100vw, 1240px" /></p>
<p style="text-align: center;">Le 25 avril 2023, le ministre  Ndongo  avait dans un<a href="https://www.minfof.cm/admin/files/com0072_du_25_04_2023.pdf"> communiqué</a> invité les opérateurs économiques de la filière bois a se rapprocher de l&rsquo;organe de gestion CITES-flore et les autorités compétentes pour  l&rsquo;élaboration des avis de commerce de trois espèces arborescentes parmi lesquels le bois de rose, de son nom scientifique « Pterocarpus erinaceus ».</p>
<p style="text-align: center;">Ces sorties du ministre des forêts et de la faune arrivent quelques années après <a href="https://www.themusebaproject.org/investigation/exploitation-forestiere-crime-corruption-bois-de-rose-vole-cameroun-blanchi-nigeria-expedie-chine/">l&rsquo;investigation de The Museba Project</a> qui a en janvier 2022  révélé pour la première fois le trafic illégal de bois de rose entre le Cameroun, le Nigeria et la Chine. Une activité de contrebande qui affecte l&rsquo;environnement, les communautés riveraines et les finances publiques.</p>
<p style="text-align: center;">Après la publication de l&rsquo;article, la CITES a sanctionné le Cameroun en interdisant le commerce de bois de rose. Depuis lors, la CITES accompagne le gouvernement camerounais à renforcer la protection du bois de rose, encore appelé « Kosso » dans la région du nord d&rsquo;où commence la contrebande.</p>
<p style="text-align: center;">Le ministre Ndongo dit attendre les rapports de ses collaborateurs pour « compléter les analyses en cours sur les mesures à prendre visant à anticiper des projets d&rsquo;inscription en annexe 1 ou 2 de la CITES ».  L&rsquo;enjeu est de faire lever la sanction de la CITES pour permettre au pays d&rsquo;ouvrir ces espèces arborescentes à l&rsquo;exploitation forestière industrielle.</p>
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		<title>Au Cameroun, les forces de l&#8217;ordre passent par des « indics » pour extorquer de l&#8217;argent aux citoyens</title>
		<link>https://www.themusebaproject.org/a-la-une/au-cameroun-les-forces-de-ordre-utilisent-des-indics-pour-extorquer-argent-aux-citoyens/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=au-cameroun-les-forces-de-ordre-utilisent-des-indics-pour-extorquer-argent-aux-citoyens</link>
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		<dc:creator><![CDATA[The Newsroom]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 17 Jul 2023 12:03:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A La Une]]></category>
		<category><![CDATA[Corruption]]></category>
		<category><![CDATA[Special Reports]]></category>
		<category><![CDATA[Cameroun]]></category>
		<category><![CDATA[extorsion]]></category>
		<category><![CDATA[gendarmerie]]></category>
		<category><![CDATA[indic]]></category>
		<category><![CDATA[police]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Assis sur une pierre posée à l’entrée du domicile familial situé à l’est de la capitale économique, Brandon Ndeumeni, un conducteur de moto-taxi âgé de 30 ans, a des frissons lorsqu&#8217;il entend le nom «Gabi»*. Ces quatre lettres rappellent au jeune homme une scène qui s’était produite trois mois auparavant en plein air dans son [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Assis sur une pierre posée à l’entrée du domicile familial situé à l’est de la capitale économique, Brandon Ndeumeni, un conducteur de moto-taxi âgé de 30 ans, a des frissons lorsqu&rsquo;il entend le nom «Gabi»*. Ces quatre lettres rappellent au jeune homme une scène qui s’était produite trois mois auparavant en plein air dans son quartier.</p>
<p>Ce jour-là, alors qu’il joue aux cartes avec trois de ses amis, Brandon est approché par un individu, plus connu sous le nom de Gabi, qui se propose de se joindre au trio. Sans se poser des questions, les jeunes acceptent de partager la partie de cartes avec le nouvel arrivant. Mais, peu de temps après, le petit groupe reçoit une visite surprise. «Des gendarmes armés ont surgi de nulle part et nous ont tous interpellés sans raison», raconte Brandon.</p>
<h3><strong>Le piège</strong></h3>
<p>Arrivés dans les locaux de la gendarmerie, seuls Brandon et ses trois amis ont été entendus pendant une heure de temps par un enquêteur. Il leur a été demandé de payer chacun la somme de 50.000 FCFA pour leur éviter la prison, raconte le conducteur de moto-taxi. Gabi, le joueur qui a rejoint la bande à la dernière minute, n’a pas été inquiété par les gendarmes.</p>
<p>Plus tard, Brandon et ses copains ont compris qu’ils sont tombés dans un piège tendu par Gabi, l’homme qui a fourni le renseignement ayant abouti à l’interpellation. «Gabi a dit qu’il ne peut rien faire pour nous et qu’il faut seulement que nous donnions ce qui nous est demandé», se souvient Brandon. «Nous avons payé 20.000 FCFA chacun pour sortir de la cellule».</p>
<p>Brandon et ses amis ont évité la prison in extremis. Donald n’a pas eu la même chance. En décembre 2022, ce coiffeur a passé deux mois à la prison centrale de New-Bell à Douala après avoir été accusé d’abus sexuels sur un gamin de sept ans. Au moment où Donald s’apprêtait à faire subir des examens médicaux à la victime pour démontrer son innocence,  il a été accroché par deux gendarmes emmenés par Gabi, celui qui a tout manœuvré, selon le coiffeur.</p>
<p>Brandon et Donald se partagent la même peine d&rsquo; avoir un jour rencontré sur leur chemin, Gabi, un homme redouté qui collabore avec les forces de l&rsquo;ordre.</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3580" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/07/carte-Douala.jpg" alt="" width="1309" height="460" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/07/carte-Douala.jpg 1309w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/07/carte-Douala-300x105.jpg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/07/carte-Douala-1024x360.jpg 1024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/07/carte-Douala-768x270.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/07/carte-Douala-600x211.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/07/carte-Douala-750x264.jpg 750w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/07/carte-Douala-1140x401.jpg 1140w" sizes="(max-width: 1309px) 100vw, 1309px" /></p>
<h3><strong>Sécurité sous-traitée</strong></h3>
<p>Au Cameroun, les forces de l’ordre, engagées dans plusieurs fronts, sont à la quête de renseignement prévisionnel pour pouvoir assurer la sécurité des personnes et des biens. Comme la plupart des unités de police et de gendarmerie sont en sous-effectif, certains commandants et commissaires voulant être plus efficaces ont entrepris de recruter au sein de la population, des civils comme Gabi qui ont la charge de leur fournir des informations.</p>
<p>Pourtant, cet enrôlement d’informateurs, communément appelés indics, est non conforme à la règlementation qui encadre le fonctionnement de la police et la gendarmerie.</p>
<p>Jean Achille Engbwang, commandant de la brigade territoriale de gendarmerie de Bépanda, dans le cinquième arrondissement de Douala, a déclaré dans une interview qu’il a recruté cinq indics dans son unité pour étoffer les «réseaux d’informations personnelles». Mais, «Ils(les indics) ne sont pas reconnus par l’État, c’est nous qui les connaissons», précise-t-il avant de justifier la présence de ces civils auprès des hommes en tenue et les critères de leur recrutement.</p>
<p>«Nous avons ordonné à chaque responsable de secteur de recruter des jeunes de bonne moralité qui nous servent de relais sur le terrain», a déclaré Jean Achille Engbwang. «Ça nous permet de gérer efficacement l’aspect sécuritaire dans notre circonscription administrative».</p>
<p>En outre, certains chefs d&rsquo;unité mettent à la disposition des indics, qui sont pour certains des repris de justice, des matériels destinés à l&rsquo;usage exclusif des policiers et gendarmes tels que des menottes, des appareils de communication audio et même des armes à feu.</p>
<p>Quand le reporter du journal en ligne The Museba Project a rencontré Gabi pour la première fois, ce dernier était vêtu d’un pantalon kaki de couleur verte et d’un polo noir estampillé «Garde Présidentielle». Il tenait un appareil de communication audio en main et une paire de menottes était accrochée sur son ceinturon. Avec cet accoutrement, Gabi a de quoi faire croitre aux curieux qu’il est un homme en tenue. Pourtant, ses voisins dans le cinquième arrondissement de la ville savent que le jeune homme d’environ 38 ans se fond dans la population pour recueillir des informations utiles aux forces de l&rsquo;ordre.</p>
<p>De jour comme de nuit, Gabi se promène en permanence avec un appareil de communication audio appelé talkie-walkie, une paire de menottes et une arme à feu.</p>
<blockquote><p>&nbsp;</p>
<p><img class=" wp-image-3581" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/07/gabi.jpg" alt="" width="218" height="218" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/07/gabi.jpg 612w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/07/gabi-300x300.jpg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/07/gabi-150x150.jpg 150w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/07/gabi-600x600.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/07/gabi-100x100.jpg 100w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/07/gabi-75x75.jpg 75w" sizes="(max-width: 218px) 100vw, 218px" /></p>
<p><em>Gabi à coeur ouvert</em></p>
<h3><em><strong>  «Plus vous travaillez, plus vous êtes rémunérés»</strong></em></h3>
<p><em><strong>Reporter : Comment avez-vous été enrôlé ? </strong></em></p>
<p><em><strong>Gabi</strong> :C’est un service trop clé, trop secret et ordonné. Quand tu es rattaché à la gendarmerie, tu envoies tes renseignements au commandant de la brigade pour  solliciter son intervention. Notre rôle est de sillonner, observer la nature et le comportement des hommes. Quand nous constatons des anomalies telles que les agressions, les entreprises qui polluent l’environnement ou des gens qui vendent des produits périmés qui peuvent nuire à la santé des populations, nous contactons immédiatement le commandant de brigade ou le commissaire  de notre poste rattaché, pour l’informer de la situation. Dès qu’il est informé, il prend les dispositions pour intervenir.</em></p>
<p><em><strong>Comment procédez-vous sur le terrain, une fois que vous avez observé toutes ces dérives-là ?</strong></em></p>
<p><em>Dès lors que je constate qu’il y a agression, je contacte ma hiérarchie. Ensuite, je peux demander de l’aide auprès de la population pour neutraliser l’agresseur, en attendant l’arrivée des renforts des forces de l’ordre.</em></p>
<p><em><strong>Comment êtes-vous rémunéré ?</strong></em></p>
<p><em>Il y a parmi nous des personnels qui sont reconnues par le Ministère de la défense; ils travaillent directement au compte de l’ État du Cameroun  comme employés civils, et ils ont un salaire.  Il y a d’autres par contre qui sont rémunérés en fonction de leur travail; c’est-à-dire lorsque le commandant décide de travailler avec toi, il peut de temps à autre te donner une petite somme d&rsquo;argent à la fin de semaine ou à la fin du mois. Cet argent vient de ses poches et il le fait parce qu&rsquo;il sait que tu as une famille à nourrir.</em></p>
<p><em><strong>Nous avons appris auprès des populations, que les indics montent des opérations avec l’aide des forces de l’ordre, pour interpeller des citoyens, afin de les racketter. Est-ce vrai ?</strong></em></p>
<p><em>Ça dépend. Quand un indic observe des choses et informe le commandant. Ce dernier descend sur le terrain et mène une bonne action, alors si tout se passe bien, l&rsquo;indic est rémunéré. Ce que vous dites peut aussi arriver. Généralement, un bon commandant est toujours en train de vous faire de petites enveloppes pour vous féliciter parce que vous faites du bon travail. Plus vous travaillez, plus vous êtes rémunérés.</em></p>
<p><em><strong>Avez-vous déjà mené une action qui a conduit les victimes en prison ?</strong></em></p>
<p><em>Plusieurs fois. D’ailleurs même, c’est notre boulot. Quand vous travaillez et que vous êtes rattaché directement à une unité de gendarmerie ou de commissariat, vous êtes quoi ? Vous êtes de la sécurité publique. Donc c’est de notre droit.</em></p>
<p><em><strong>Est-ce que les populations apprécient votre travail?</strong></em></p>
<p><em>Non. Simplement parce que, même le commandant, qui fait son travail et déferre les gens, puisque ce n’est pas lui qui condamne, on le regarde toujours d’un mauvais œil.</em></p></blockquote>
<h3><strong>Une arme à feu dans la chaussette</strong></h3>
<p>«J’ai l’autorisation de sortir avec une arme à feu», déclare Gabi d’une voix rassurante. «Je cache cette arme dans une des chaussettes lorsque je descends sur le terrain pour une opération dangereuse», ajoute Gabi, qui précise que bien qu’il soit le seul indic de l’unité à avoir accès  à une arme à feu, il n’a pas le droit de passer la nuit avec ce matériel de travail.</p>
<p>«Nos indics n’ont pas le droit d’avoir des menottes, un appareil de communication audio, encore moins des armes à feu, c’est un matériel de travail réservé aux forces de maintien de l’ordre», a déclaré Jean Achille Engbwang, qui dit avoir l’habitude de donner entre 5.000 et 10.000 FCFA par indic comme frais de mission lors des enquêtes.</p>
<p>Gabi est blanchisseur de formation. Faute de moyens, il ne pouvait s’offrir des machines à laver. Pendant plusieurs années, il était contraint de laver à la main les vêtements de ses clients. Gabi qui en avait marre de dépenser son énergie dans une activité peu lucrative a décidé en 2016 de tout abandonner après avoir été approché par un chef d’unité de gendarmerie pour devenir un indic. L’ancien blanchisseur au bout de quelques mois dans son nouvel emploi a commencé à se sentir épanoui.</p>
<p>«On gagne sa vie en faisant le métier d’indic», déclare tout sourire Gabi, en agitant le talkie-walkie de couleur noire qu&rsquo;il tient à sa main droite. «Quand tout marche bien, je peux gagner plus de 200.000 FCFA par semaine». L’indic dit être propriétaire, dans un quartier de la ville de Douala, d’un immeuble R+1 d’une valeur estimée à des dizaines de millions de FCFA.</p>
<p>Si Gabi se fait aussi facilement de l’argent, c’est parce qu’il a appris, en plus de fournir le renseignement, à faire interpeller des innocents qui sont libérés plus tard moyennant le versement d’une somme d’argent. Ces opérations rapportent gros au jeune homme qui a commencé à afficher de signes extérieurs de sa petite fortune.</p>
<p>Au lieu de fournir uniquement le renseignement, certains indics se sont spécialisés dans les arrestations arbitraires, le trafic d&rsquo;influence et le racket des citoyens dans les grandes villes du pays. Il n’existe pas de chiffres officiels sur le nombre d’indics enrôlés dans les unités de police ou de gendarmerie. Malgré de nombreuses plaintes des victimes, il est encore impossible de  connaitre la liste des abus de Droits de l&rsquo;homme que les indics ont commis sur l&rsquo;étendue du territoire.</p>
<p>En outre, les indics ne subissent pas une formation sur le respect des droits humains ou sur le renseignement. pour autant, les chefs d’unité continuent à leur faire confiance.</p>
<p>«Lorsque nous recevons des rapports fournis par nos agents de relais, et que nous interpellons les [présumés] suspects, nous prenons la peine d’ouvrir une enquête afin de mieux comprendre les raisons de leurs interpellations», a déclaré Jean Achille Engbwang.</p>
<p>Dr Marcel Nkouandou, Socio-anthropologue à la faculté des lettres et des sciences humaines à l’Université de Douala, indique que les autorités doivent faire une enquête de moralité aux personnes qui leur rendent compte.</p>
<p>«Il est urgent de former ces personnes à la pédagogie civique des droits humains, à la déontologie du métier de renseignement et ne  pas toujours croire à la lettre ce que ces indics rapportent comme information», dit Dr Nkouandou. «Dès qu’un indic cesse de fournir les renseignements, il cesse aussi de vivre».</p>
<h3><strong>10 ans d&#8217;emprisonnement</strong></h3>
<p>Comme Gabi, Bao* travaille comme indic depuis quelques années. C’est un quarantenaire de petite taille, environ 1m40. Il réside au village Baleng dans le deuxième arrondissement de Bafoussam, où il est connu étant un repris de justice. Il serait à l&rsquo;origine de l&rsquo;incarcération de plus de dix jeunes gens de la localité à la prison de Bafoussam, selon ses voisins. Depuis dix ans, Bao travaille comme informateur de la police mais il ne se limite pas au renseignement. Avec la complicité de certains éléments véreux de la police, il fait aussi interpeller des personnes dans le but de se faire de l&rsquo;argent.</p>
<p>30 janvier 2023, il est environs 16 heures. Junior, 26 ans, franchit la porte de la salle des suspects d’une unité de police à l&rsquo;Ouest du Cameroun. Le jeune dépanneur de téléphones portables se dirige timidement vers un enquêteur assis à un coin de la salle.  La police avait interpellé Junior en compagnie d’un de ses « clients » qui voulait faire reprogrammer son I Phone. Au moment où Junior s&rsquo;avance vers le petit comptoir qui sépare la cellule de la salle d&rsquo;accueil, il découvre que l&rsquo;individu qui s&rsquo;est présenté comme un client n&rsquo;est pas inquiété par les policiers qui lui jettent plutôt des compliments. Le jeune homme qui cherchait à connaitre l’identité du plaignant et le motif de son interpellation apprend que cet individu plus connu sous le nom de Bao, est un indic.</p>
<p>«Junior, tu as fait comment ? », lui demande l&rsquo;enquêteur. « Tu vas passer la nuit ici si tu n&rsquo;appelles pas tes parents », menace le policier qui dit au jeune homme de payer la somme de 300.000 F CFA s&rsquo;il veut regagner sa liberté. « «Je leur ai donné 140.000 F CFA, ils m&rsquo;ont laissé rentrer à la maison» », dit Junior qui a passé une nuit en cellule.</p>
<p>Dans son article 134, le code pénal camerounais condamne à une peine d&#8217;emprisonnement pouvant aller jusqu&rsquo;à dix ans et une amende au plus de deux millions de F CFA, tout fonctionnaire qui  sollicite, agrée ou reçoit un don ou présent  pour  faire, s&rsquo;abstenir de faire ou ajourner un acte de sa fonction. Cette peine est doublée au cas où le fonctionnaire corrompu est un officier de police judiciaire, dit la loi. Conscients de ces dispositions, les chefs d&rsquo;unité de police et de gendarmerie passent désormais par les indics pour dépouiller les citoyens, évitant ainsi de se faire prendre la main dans le sac.</p>
<p>Jean Tchouaffi dirige l’Association Camerounaise des Droits des Jeunes, ACDJ, une organisation qui lutte contre les interpellations arbitraires depuis 32 ans. Il dit avoir sorti plusieurs jeunes des lieux de détention où ils avaient innocemment été envoyés après une intervention des indics et garde un mauvais souvenir du travail des indics.</p>
<p>« Ces gars sont plus dangereux que les hommes en tenue, ils utilisent les cartes de visite des policiers et gendarmes pour prendre de l&rsquo;argent aux gens dans les quartiers », a déclaré le défenseur des Droits humains au cours d&rsquo;une interview. « Si les pouvoirs publics étaient rigoureux, ce genre de chose ne pouvait pas exister ».</p>
<p>En attendant, les indics comme Gabi et leurs chefs continuent paisiblement d&rsquo;extorquer de l&rsquo;argent sans être inquiétés. Malgré les cris de leurs victimes.</p>
<p><strong>*Nom d’emprunt </strong></p>
<p>Cedric kengne</p>
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		<title>Illegal fuel trade is enriching Cameroon Security forces, Customs Officials As Government Is Losing Billions</title>
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		<dc:creator><![CDATA[The Newsroom]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 May 2022 13:04:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A La Une]]></category>
		<category><![CDATA[Corruption]]></category>
		<category><![CDATA[Special Reports]]></category>
		<category><![CDATA[Cameroon]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>At about mid-day on October 14, 2021, a huge depot at the basement of a private residence located in Botaland, where illegally imported petroleum products from neighbouring Nigeria had been stored, suddenly went up in flames. It could not immediately be established what led to the fire accident. But it was clear that the fuel, [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>At about mid-day on October 14, 2021, a huge depot at the basement of a private residence located in Botaland, where illegally imported petroleum products from neighbouring Nigeria had been stored, suddenly went up in flames.</p>
<p>It could not immediately be established what led to the fire accident. But it was clear that the fuel, worth millions, was kept in plastic drums of about 200 liters each.</p>
<p>As time goes by, illegal fuel is gradually transforming the urban décor in Cameroon&rsquo;s major cities. Vendors improvise unauthorized sales points along the streets. When night falls, they store the unsold inflammable products in warehouses, houses or makeshift hiding places on the roadsides, endangering their own lives and those of their entourage.</p>
<figure id="attachment_3404" aria-describedby="caption-attachment-3404" style="width: 810px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-full wp-image-3404" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/05/IMG-20220204-WA0034.jpg" alt="" width="810" height="1080" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/05/IMG-20220204-WA0034.jpg 810w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/05/IMG-20220204-WA0034-225x300.jpg 225w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/05/IMG-20220204-WA0034-768x1024.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/05/IMG-20220204-WA0034-600x800.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/05/IMG-20220204-WA0034-750x1000.jpg 750w" sizes="(max-width: 810px) 100vw, 810px" /><figcaption id="caption-attachment-3404" class="wp-caption-text">Drums containing 200 liters of fuel each are stored in a makeshift depot in Limbe.</figcaption></figure>
<p>In the early 1990s, this fuel from neighbouring countries was already banned from sale, particularly because it reduced the market share of petrol stations owned mainly by multinational oil companies. Hounded from all sides by the forces of law and order, the sellers had, after several months of resistance, finally given up the activity.</p>
<p>But in recent years, they have resumed their activity with the discreet support of some state agents who are supposed to prohibit this illegal trade.</p>
<p>For months, three Cameroonian journalists working with The Museba Project, an online newspaper, have been investigating the supply channels of this fuel and how hundreds of millions of CFA francs end up in the pockets of certain officials while this business threatens the environment, the health of the population and the national economy.</p>
<p>These reporters gathered that as the owner of the depot at Botaland, Limbe, popularly known as Kouper, noticed the fire, he immediately alerted some persons close-by who swung into action in order to try and contain the fire. But they only succeeded in rescuing a few of the containers to a safe area. The sheer intensity of the flames did not allow them to do much. Without a fire extinguishing machine to assist them, most of the stock went up in flames.</p>
<p>when the bad news got to them, Public officials in Fako Division, led by the Senior Divisional Officer, Emmanuel Engamba Ledoux, quickly moved to the scene of the incident .</p>
<p>On their orders, a fire fighting van from the Fire Fighting Brigade of the National Oil Refinery, SONARA, was called in to help put out the fire. The house, under whose basement the fuel had been stocked, was almost completely damaged. The fire also touched some of the neighboring buildings.</p>
<p>The above incident did draw the attention of the public who witnessed, fully, how the illegal trade in imported petroleum products into Cameroon has been allowed to go on to the point where individuals run huge depots.</p>
<p><strong>How the Business Thrives</strong></p>
<p>The same administrative and security officials who rushed to the scene on that October 14th to see what had happened were no strangers to the thriving business of illegal petroleum products in Cameroon. They knew that Botaland is known as one of the landing points, if not the headquarters, for the importation and sale of this illegal fuel in Limbe.</p>
<p>The law in Cameroon forbids the illegal importation and sale of petroleum products. In essence, the law guiding Customs operations classifies illicit fuel imports as contraband goods. Thus, any person dealing in their importation, either from Nigeria or any other country is considered to be contravening the law. This is because those in the business, as we found out, don&rsquo;t have licenses and do not pay  taxes to the state treasury. Therefore by law, they stand to be arrested and dragged to the law courts for adjudication.</p>
<p>However, since the Botaland incident happened, from our findings, again, no person was either arrested or dragged to court as a result of what happened. Secondly, there was no security raid either to prohibit others from carrying on with the importation and storage of this illegal fuel nor was there any effort to stop the business in Limbe and elsewhere in the country.</p>
<p>While fuel from the licensed petroleum dealers across the country is sold at recognized filling stations, this illegally imported fuel is sold along the streets in small plastic bottles from one liter and upwards. The vendors, sometimes, only display a bottle by the road that has been filled with water or one mixed with the fuel as a sign.</p>
<p>The roadside vendors of this illegally imported fuel depend on the big importers for their supplies. And since the Botaland incident, there has been no report of any of them having been chased from the street corners where they are found in Limbe and elsewhere. The business is still booming just as it has ever been.</p>
<p>The trade is organized in such a way that there are major importers who import in bulk and often from Nigeria. They import using plastic containers of 200 liters each. The major hubs in Fako Division where this fuel comes in are Idenau, in the West Coast Sub Division. In Limbe, reporters discovered that the entry points are Limbola village, Botaland, Wovia and the Down beach seafront. All the hubs are located along the Limbe coastline.</p>
<p>The importers have hidden depots located within the residential communities in the above named locations. We gathered from our sources that these depots are well known to the security. It is from these depots that the roadside vendors and other dealers from other towns or regions of the country come and buy from.</p>
<p>Thus, the fire incident of October 14, 2021, touched just one of such depots being used to store the smuggled fuel products. A security officer, who works with the State Security apparatus in charge of investigations known as the General Directorate in Charge of External Research, DGRE,  told us on December 14, 2021, that there are about 30 of these privately owned illegal petroleum depots in Limbe; that is, Down Beach, Botaland, Wovia, Ngeme and Limbola. Some of them are run by Nigerian nationals who have a direct connection with dealers or smugglers back in Nigeria.</p>
<p>From our investigation, in the course of 2021, a 200 liter container or drum is sold at FCFA 85,000 at the level of Idenau; FCFA 90,000 at the level of Limbola and FCFA 95,000 at the level of Botaland, Wovia, Ngeme and Down Beach.</p>
<p>But these prices tend to fluctuate depending on the rate of exchange of the Naira in Nigeria or when the Cameroon security or customs officials at sea or land decide to be hard on the big importers. From January to February, 2022, when Cameroon was hosting the African Cup of Nations, the Government, for apparent security reasons, decided to implement a naval blockade at sea. Consequently, the price for a 200 liter container, according to Mih Mbeng, a vendor in Limbe, went up to FCFA 110,000.</p>
<p><strong>Bribes for the profiteers</strong></p>
<p>In the course of 2021, we found out that those within the Administrative set up in Fako Division, the security forces from the top to the bottom, were directly or indirectly behind the booming trade.</p>
<p>The big importers and roadside vendors are those directly involved in the business of buying and selling to the end users. But the administrators, security officials, are the ones fuelling the existence of the business by way of collecting bribes and allowing the illegal business to keep thriving as if nothing was happening. The administrators who are supposed to clamp down on the trade are instead busy lining their private pockets while the Government is losing billions. Some of them, even unapologetically, buy from vendors who sell this cheap fuel along the streets.</p>
<p>In the Month of March, reporters interviewed over ten roadside vendors across Limbe and gathered that the business is so organized in such a way that all the roadside vendors have a makeshift union. That is, all those who buy from the above-mentioned depots and sell by the street corners in liters or smaller quantities. Each week, these vendors disclose that « <em>each vendor has to contribute FCFA 1,500 to the union</em>. »</p>
<p>There is a team of some four or five vendors who go round, every Wednesday and Thursday, each week, and collect the FCFA 1,500 contributions from the roadside vendors. When we met with one of the team members who spoke on condition of anonymity, he nonetheless said there are about 150 to 200 of these roadside vendors on the average. This gives a rough estimate of about FCFA 300,000 that is collected every week from the small time vendors by the roadsides. In a month, at least, these vendors turn in not less than an FCFA 1 million to the security heads managing the City of Limbe.</p>
<p>According to this vendor, the money is shared out to the heads of the gendarmerie company, the police, and other officers in the network. At this time, the Limbe Police Command was manned by Commissioner Nyebe Jean while the Limbe Gendarmerie Company by Captain Heffat Michel. But the vendor said it doesn&rsquo;t matter who heads these security services at any one time. It is a network and whether there is a change at the helms of these services, they have to collect and hand the money.</p>
<p>Meantime, the big importers, like the ones at Down Beach, as we gathered also have their own makeshift union. This union also makes a similar collection from all their members who deal with importation from Nigeria. Their own quota, we learned, tends to be higher. One source told us that when they collect, they target the top administrators of the Division and even that of the region.</p>
<h4><strong>« <em>Sometimes, they even send some of the money collected to some undisclosed persons in the Administration in Yaoundé », </em></strong><em>our source said</em><strong><em>. </em></strong></h4>
<h4><strong><em>« The envelope to Yaoundé is usually something like FCFA 10 million. When it is for the Administrators in Fako, they envelope is about FCFA 5 million</em>« , </strong>this source added<strong>.</strong></h4>
<p>It is worthy to note that these are the security services in charge of keeping a check on the illegal importation and sale of this contraband fuel in Limbe and elsewhere. It, invariably, can be deduced that the illegal financial collections being made weekly by the security and top Administrative officials is reason enough to conclude why for the whole of 2021, there was no real security raid in the City of Limbe to either stop the sale of this roadside fuel or send a signal that what they dealers are doing is against the law. There was only one reported isolated case where the Gendarmerie Company in Limbe and the Ministry of Environment publicly displayed one catch of this illegally imported fuel.</p>
<p>The other case was in December, 2021, where there was a general raid against roadside vendors in the Limbe II Sub Division that was host to one of the Stadiums in Cameroon where the Africa Nations Cup, 2021, AFCON, matches were played. Some few containers of fuel were seized. But since the December raid, nothing has happened again. The selling of this fuel along the streets has continued just as it was before the raid.</p>
<p>This trade is not limited to Limbe. It extends its tentacles into the surrounding towns and other regions,  especially Douala. The arteries of the economic metropolis of Cameroon are flooded with illegal fuel, which is highly prized by commercial motorcycle riders. This is because it commands a lower price than the ones charged at the filling stations. The prices vary according to the neighborhoods concerned. In the suburb of Bonabéri which is the main entry point for products from Limbe, for instance, a liter costs FCFA 500; a little further into the city, a liter there is sold at CFA 550 while in the neighborhoods farther from the road, a liter is sold at FCFA 600. All these prices are still cheaper as compared to FCFA 630 per liter of Super in the filling stations.</p>
<p>After every 100 meters, one is certain to find the yellowish liquid displayed on makeshift counters along the street. The young and old, men and women, are all engaged in this activity every day and night. They carry out their activities peacefully under the nose and eyes of the authorities.</p>
<p><strong> « </strong><em>The first rule in this business, if you want to do it peacefully, is that you have to collaborate with the law enforcement and security forces. When they arrive, give them the money. You will never be worried, a vendor in Douala explained. Adding that  » if you get tough, they&rsquo;ll bother you every day. And you&rsquo;ll be the one to loose. Because when you don&rsquo;t pay, they confiscate your goods. When the goods are already in their vehicles, you will have to pay hundreds of thousands to get them back »</em>.</p>
<p>Every day, these vendors in Douala receive about eight to eleven controls, said another vendor who requested for anonymity.</p>
<p>« <em>It depends on the day. We can have eight controls, nine controls, ten controls, eleven controls. Almost all the units of the forces of law and order pass by. They are the national gendarmerie, the GMI (Groupement mobile d&rsquo;intervention &#8211; a unit of the national police), the ESIR (Equipes spéciales d&rsquo;intervention rapide, another unit of the national police) and the elements of the judicial police. Thus, we spend 8,000 to 11,000 CFA francs per day,</em> » he says.</p>
<p>Unlike in Limbe, there is no corporation or union in Douala. It is therefore difficult to put forward a comprehensive figure as to the number of vendors who occupy the sidewalks. However,  there are thousands of them in the city of 410 km2 and with nearly 4 million inhabitants, the ranks grow every day. After the motorcycle cab business, the fuel trade is the drop-off point for young people who are looking for work.</p>
<p>In other towns in Cameroon, there were reported raids by the security. For instance, on Wednesday August 25, 2021, The Guardian Post Newspaper, in its edition Number 02225, reported a story captioned: « Over 3000 liters of illicit fuel seized in Dibombari. »</p>
<p>In yet another publication on October 29, 2021, edition Number 02281, it reported about the seizure of another huge quantity of fuel, yet in the Littoral region captioned, « Over 7000 liters of illicit fuel impounded in Douala. »</p>
<figure id="attachment_3402" aria-describedby="caption-attachment-3402" style="width: 2560px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-full wp-image-3402" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/05/A-Roadside-petrol-seller-filling-the-tank-of-a-car-in-Limbe-II-Sub-Division.-March-18-2021.-scaled.jpg" alt="" width="2560" height="1920" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/05/A-Roadside-petrol-seller-filling-the-tank-of-a-car-in-Limbe-II-Sub-Division.-March-18-2021.-scaled.jpg 2560w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/05/A-Roadside-petrol-seller-filling-the-tank-of-a-car-in-Limbe-II-Sub-Division.-March-18-2021.-300x225.jpg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/05/A-Roadside-petrol-seller-filling-the-tank-of-a-car-in-Limbe-II-Sub-Division.-March-18-2021.-1024x768.jpg 1024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/05/A-Roadside-petrol-seller-filling-the-tank-of-a-car-in-Limbe-II-Sub-Division.-March-18-2021.-768x576.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/05/A-Roadside-petrol-seller-filling-the-tank-of-a-car-in-Limbe-II-Sub-Division.-March-18-2021.-1536x1152.jpg 1536w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/05/A-Roadside-petrol-seller-filling-the-tank-of-a-car-in-Limbe-II-Sub-Division.-March-18-2021.-2048x1536.jpg 2048w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/05/A-Roadside-petrol-seller-filling-the-tank-of-a-car-in-Limbe-II-Sub-Division.-March-18-2021.-600x450.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/05/A-Roadside-petrol-seller-filling-the-tank-of-a-car-in-Limbe-II-Sub-Division.-March-18-2021.-750x563.jpg 750w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/05/A-Roadside-petrol-seller-filling-the-tank-of-a-car-in-Limbe-II-Sub-Division.-March-18-2021.-1140x855.jpg 1140w" sizes="(max-width: 2560px) 100vw, 2560px" /><figcaption id="caption-attachment-3402" class="wp-caption-text">A Roadside petrol seller filling the tank of a car in Limbe. March 18, 2021.</figcaption></figure>
<p><strong>Cameroon Is, Indeed, Losing Billions!</strong></p>
<p>The General Manager, GM, of the Cameroon Petroleum Depot Company, SCDP, Veronique Moampea Mbio, is reported to have said that the smuggling of fuel is costing the state coffers 32 billion FCFA yearly<strong>.</strong></p>
<p>The Southwest Regional Delegate of the Ministry of Water and Energy which has been making efforts to fight against the illegal importation of illicit fuel into the country, said Cameroon was, indeed, losing much.</p>
<p>The Delegate, Atabongfack Maurice, disclosed that at the level of his office, he has been struggling to carry on with the fight against this illegal importation at the level of the high seas within the Southwest coastline.</p>
<p>From his statistics of 2020 and 2021, his office in 2020, alone, turned in the sum of FCFA 52,485,500 from the sales of illegal fuel that they seized at the high seas from importers. He said this was money generated from the sale of a total of 149,852 liters of illicit fuel that was seized by his Ministry in 2020 from illegal importers.</p>
<p>He disclosed that his Delegation, as from January 2021 to September, 2021, had already seized, sold and paid into the Government coffers the sum of FCFA 44 million.</p>
<p>When asked why is it that, despite efforts made by his Ministry in all these operations, the presence of illicit fuel along the streets of Limbe and other bends in the quarters was still a common phenomenon, he disclosed that, his ministry was not getting full support in the fight « <em>from the security services that are supposed to champion the fight. »</em></p>
<p>He stated that they often get assistance from the Naval Base Commander but very little from the police and Gendarmerie services.</p>
<p>The Customs Department has a duty to check this importation of illegal fuel which is classified among the contraband goods which they are supposed to fight against. The Customs service in the Southwest with Head office in Limbe has a brigade that works with the Military to fight against this illegal importation. Along the major highway from Idenau through Limbe and out of Limbe to Douala, the Customs have over four posts where their elements have been stationed with a mission to check against the smuggling and transportation of all illegally imported or contraband goods. But the vendors reporters interviewed disclosed that the customs are not left out of the corruption racket.</p>
<p>« <em>At each customs check point, if you are caught with a drum of illegally imported fuel, you are obliged to settle with the sum of FCFA 2000 per drum. At the level of Down Beach, Ngeme, Wovia or Limbola where the importers come in with the drums, at least each boat that lands with fuel has an undisclosed amount that it pays as bribe to the customs officers. And here, too, the other security heads also come in, once they have been hinted by their informants of any fuel arrival, and collect their own envelope</em>, » Mih Mbeng, a vendor said.</p>
<p>The vendors revealed that the usual amount vendors pay to these officials always vary per quantity of fuel involved.</p>
<p><strong>Administrative Tolerance or Complicity?</strong></p>
<p>One may wonder why the Senior Divisional officers of the Region or the Governor cannot order for a swoop on these illegal importers.</p>
<p>While Cameroon was preparing to host the African Nations Cup in January 2022 with Limbe being one of the host cities, the Southwest Governor, Bernard OkaliaBilai, during the launch of the ‘Keep Fako Clean,’ campaign, late in November, 2021, called on the local administrators to ensure that all roadside vendors of illegal fuel should be dislodged. Two weeks after his campaign launch, not even one had been removed.</p>
<p>It is difficult, therefore, to conclude that it is just mere tolerance from the part of the Government Administrators.</p>
<p>The security officer at the level of the DGRE told us crystal clear  that « <strong>everything in Cameroon is about money. Once you have the money to bribe your way, no case goes anywhere. »</strong></p>
<p>And if it is by tolerance, then, it is tolerance at the expense of the very Government that they are serving and are expected to implement Government&rsquo;s laws and policies for it to succeed in raising the revenue that it has to run the country with.</p>
<p>At the Limbe Police Station, the Assistant Police Commissioner, Attah Roy, had the same response. « <em>We can only go out for checks at the SDO&rsquo;s order</em> » he said. The security control against those selling illegal fuel along the streets that was carried out before the AFCON tournament was just an isolated case, after more than a year that Limbe had not witnessed such a control.</p>
<p>These controls have not been going on for the past one year or more, as well as comment on the supposed regular sums which the roadside vendors say they contribute weekly and hand to the security services in order to pre-empt them from coming out to chase them off the streets.</p>
<p>Before the kickoff of the AFCON football tournament on January 6, following instructions that had been dished out by the Southwest Governor, a contingent of security officers went out on a rear control and chased away all the roadside vendors; at least, from open view.</p>
<p>After the AFCON tournament, very few of the vendors were displaying their sales plaques or empty bottles by the roadsides they openly did before. But the business is still on. The vendors have just simply changed their strategy from openly displaying their bottles by the roadsides to hiding them. While the bottles or their containers remain in hiding, they keep a permanent presence where they have been selling since most of their customers already know their sales positions.</p>
<figure id="attachment_3411" aria-describedby="caption-attachment-3411" style="width: 448px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-full wp-image-3411" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/05/ok.jpg" alt="" width="448" height="336" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/05/ok.jpg 448w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/05/ok-300x225.jpg 300w" sizes="(max-width: 448px) 100vw, 448px" /><figcaption id="caption-attachment-3411" class="wp-caption-text">The boy dressed in a dark yellow lined track suit trousers and sitted before ten little mineral water bottle with something of a funnel pegged on the bottle is a roadside petrol seller along a Limbe street.</figcaption></figure>
<p>We talked to a retired police officer, Joseph Nyenti, who said in their days in the police service, bribery was not as rampant as it is today. Asked why he thinks the sale of illegal fuel is still very prominent in Limbe despite the presence of the police and other security services, he said that the police sometimes collect money from the vendors not because it was their intention to do so. « <em>They collect simply because they want to defend themselves in order to have something for the family.</em> »</p>
<p>He further reiterated the fact that the police service today does not function the way it was during their time. He retired before 2010. He said that at the time when the Government decreed an increment in their salaries, they were sure to receive the increment in the following month.</p>
<p>« <em>But today, when the Government announces a salary increment, it takes long before the increment is effected on your pay slip. You will have to compile documents and go to Yaoundé, sometimes, on several occasions, before you might succeed. Thus this is encouraging the aspect of corruption in the service today,</em> » he said.</p>
<p><strong>The Quality As a Concern</strong></p>
<p>The quality of these illegally imported fuels, as most automobile users have testified, is not guaranteed. Many say those who use the fuel run the risk of damaging their engines either in the short or long run. We tried to get an expert from the National Oil Refinery to react to this but we did not succeed owing to some procedural requirements.</p>
<p>But notwithstanding the doubtful quality, a significant number of automobile users, especially the commercial motor bike and cab riders make use of the fuel without recourse to the fact that it has a potentially damaging effect. They argue that the cost of the illegally imported fuel is far cheaper than fuel sold at petrol filling stations, which is said to be of very good quality.</p>
<p>At the feeling stations, a liter of petrol, the ’Super’ type, is sold at FCFA 630 while a liter of gas oil for diesel engine cars is sold at FCFA 575.</p>
<p>Meantime a liter of petrol or the equivalent of Super, by the roadside, is sold at FCFA 400 in Limbe. Elsewhere or in other towns, the price may witness a slight increase like in Douala. A liter of gasoil by the roadside, we gathered, sells at the same FCFA 400.</p>
<p>The prices, nonetheless, do sometimes fluctuate. But, according to those who buy it, the fuel bought by the street corners is comparatively cheaper; thus, the reason why they go for it.</p>
<p><strong>Health and Environmental Risks</strong></p>
<p>Some of the fuel stored in  households due to its strong smell, comes to add to other factors that cause indoor air pollution. According to a recent study on the effects of Air pollution on human health conducted by Clean Air Africa in collaboration with the Faculty of Medicine and Pharmaceutical Sciences of the University of Douala, Cameroonian households stand a chance of getting stroke, heart diseases, lung cancer, and chronic respiratory diseases as a result of air pollution.</p>
<p>Researcher, Professor Bertrand Mbatchou says air pollution in general kills an estimated seven million people worldwide every year. While transporting this fuel to depots, some of it pours on the soil which affects the production of crops in the area, Professor Mbatchou explained.</p>
<p>Despite regular updates on customs or other administrative authorities’ crackdown on illicit petroleum, there’s still a lot to be done especially at the borders, in order to stop the influx of illegal fuel which is playing down on the country’s economy.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>By Francis Tim Mbom, Kiven Brenda and Patrick Bihel</p>
<p><strong><em>This story has been done with the support of MUSEBA Journalism project</em></strong></p>
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		<title>Récompense: The Museba honoré au Prix Norbert Zongo</title>
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		<dc:creator><![CDATA[The Newsroom]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Nov 2021 17:03:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A La Une]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les lauréats du Prix Africain du Journalisme d’Investigation Norbert Zongo (PAJI-NZ), édition 2021, sont connus. Dans la catégorie presse en ligne, le deuxième Prix a été décerné au groupe de travail conduit par Théodore Tchopa et constitué de quatre autres journalistes camerounais : Josiane Kouagheu du Monde Afrique, Marie Louise Mamgue d’Adisi Cameroun, Audrey Talom et [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Les lauréats du Prix Africain du Journalisme d’Investigation Norbert Zongo (PAJI-NZ), édition 2021, sont connus. Dans la catégorie presse en ligne, le deuxième Prix a été décerné au groupe de travail conduit par Théodore Tchopa et constitué de quatre autres journalistes camerounais : Josiane Kouagheu du Monde Afrique, Marie Louise Mamgue d’Adisi Cameroun, Audrey Talom et Cédric Kengne, tous des freelances. Théodore Tchopa du quotidien Le Jour et ses associés arrivent devant le Nigérian Yusuf Akinpelu, classé troisième dans cette catégorie. La cérémonie de remise des récompenses s’est déroulée à Ouagadougou au Burkina-Faso, le samedi 13 novembre 2021 en présence d’un panel constitué de journalistes d’investigations venus de plusieurs pays africains, dont le Cameroun.</p>
<p>Les cinq journalistes ont réalisé du 1<sup>er</sup> février au 31 septembre 2020, une enquête sur la gestion des déchets médicaux à Douala. L’enquête les a conduits dans près de 125 centres de santé et a permis aux cinq journalistes, collaborateurs de la plateforme « The Museba Project », de dénoncer un vaste réseau de corruption dans la gestion des déchets médicaux à Douala.</p>
<p>Une corruption qui explique le fait que ces déchets jonchent les rues, quand ils ne sont pas jetés dans des poubelles à ordures ou brûlés à l’air libre, en violation des textes organisant la gestion de ce type de déchets spécifiques très dangereux pour la santé. L’enquête intitulée « <em><a href="https://www.themusebaproject.org/a-la-une/douala-dechets-medicaux-deverses-dans-la-nature-causent-des-infections-des-meurtres/">Les déchets médicaux déversés dans la nature causent des infections, des meurtres à Douala</a> </em>» a été publiée dans le quotidien Le Jour et sur le site de « The Museba Project », qui est un collectif de journalistes de l’Afrique Centrale exerçant en freelance, menant des investigations spécifiques sur des sujets relatifs à la corruption, le crime organisé, les flux financiers illicites et les violations des droits de l’Homme.</p>
<p><iframe title="#Fraude Médicale. Dans les coulisses de l’enquête sur la corruption dans le secteur de la santé." width="500" height="375" src="https://www.youtube.com/embed/ERH1zdhYrr0?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen></iframe></p>
<p>Les cing journalistes ont été formés aux techniques d&rsquo;enquête par The Museba Project en collaboration avec Will Fitzgibbon,  reporter au Consortium international des journalistes d&rsquo;investigation(ICIJ), puis encadrés tout au long de la phase de collecte des informations jusqu&rsquo;à la publication . Ils ont couru d&rsquo;énormes risques allant de leur exposition aux déchets médicaux infectés aux menaces proférées par certaines parties prenantes dans la chaîne de gestion de ce type de déchets spécifiques.</p>
<p>«<em> Notre enquête a eu le mérite de révéler au grand jour, tableaux à l’appui, les mauvaises pratiques observées dans un pan du métier de collecte des déchets qui était ignorés jusque-là du grand public. Les seules informations sommaires disponibles, jusque-là, étaient des rapports et spéculations basées sur des constats faits, sans qu’il y ait eu une enquête approfondie menée par des professionnels de médias </em>», a commenté Théodore Tchopa, qui se dit très honoré par cette distinction. Il a également exprimé la gratitude du groupe au jury.</p>
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		<title>En Centrafrique, l&#8217;argent des entreprises étrangères est englouti par un «système mafieux»</title>
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		<dc:creator><![CDATA[The Newsroom]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 Oct 2021 18:16:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A La Une]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis des années, des centaines de millions de francs CFA ont été envoyés aux autorités municipales de Nola, une ville du sud de la République centrafricaine (RCA). Cet argent, provenant des impôts et taxes payés par les entreprises forestières opérant dans la zone densément boisée, est destiné aux services publics comme la construction d&#8217;hôpitaux, d&#8217;écoles, [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis des années, des centaines de millions de francs CFA ont été envoyés aux autorités municipales de Nola, une ville du sud de la République centrafricaine (RCA). Cet argent, provenant des impôts et taxes payés par les entreprises forestières opérant dans la zone densément boisée, est destiné aux services publics comme la construction d&rsquo;hôpitaux, d&rsquo;écoles, de marchés et de nouvelles routes reliant les zones rurales à la ville. Entre 2015 et 2020, la municipalité a reçu bien plus de 726 millions de FCFA, soit 1,3 million de dollars US d&rsquo;une seule entreprise. Mais la population locale n&rsquo;a vu aucun résultat.</p>
<p>L&rsquo;histoire est la même dans d&rsquo;autres parties de la RCA. Le bois, qui représente la moitié des recettes d&rsquo;exportation de la RCA, offre aux élites politiques du pays des opportunités élaborées de les détourner vers leurs propres poches. Quelle est la voie à suivre lorsque les grandes sociétés extractives internationales paient leurs impôts, mais qu&rsquo;un État kleptocratique continue de siphonner ces fonds ?</p>
<p>« Les tensions sociales vont continuer à monter et les gens pourraient bien se retourner contre les autorités. »  Enquête sur l’héritage pervers d’un système «concessionnaire ».</p>
<h3>Diamants, or, bois et rébellions armées</h3>
<p>Chaque fois que la République centrafricaine  fait l&rsquo;actualité, c&rsquo;est invariablement pour toutes les mauvaises raisons. Le souverain mégalomane Jean-Bédel Bokassa, installé par la France en 1965, s&rsquo;est couronné empereur douze ans plus tard lors d&rsquo;une cérémonie qui a coûté la totalité du budget national annuel du pays.</p>
<p>Après l&rsquo;éviction de Bokassa en 1979, également par la France &#8211; qui a envoyé des troupes pour le faire plier -, le pays a pansé ses plaies jusqu&rsquo;à des élections plus ou moins démocratiques en 1993. Depuis, coups d&rsquo;État, contre-coups d&rsquo;État, troubles et rébellions armées rythment la vie d&rsquo;ici , culminant dans les raids horriblement destructeurs des gangs armés opposés (les tristement célèbres Séléka et Anti-Balaka) qui ont dévasté la vie de bon nombre des cinq millions d&rsquo;habitants du pays. Une élection présidentielle de 2015-16 a rétabli un semblant de normalité dans la capitale, Bangui, mais l&rsquo;insécurité reste omniprésente dans de nombreuses régions du pays, malgré la présence d&rsquo;une (encore) mission de maintien de la paix de l&rsquo;ONU et de mercenaires russes.</p>
<p>Les diamants ont été la marchandise la plus connue de RCA, ne serait-ce qu&rsquo;à cause du légendaire colis de diamants que l&rsquo;ancienne présidente française Valérie Giscard d&rsquo;Estaing a reçu de l&#8217;empereur Bokassa. L&rsquo;extraction de l&rsquo;or se produit également dans diverses régions du pays. Mais le pilier de l&rsquo;économie d&rsquo;exportation de la RCA est le bois.</p>
<p>Nola, à 457 kilomètres de la capitale Bangui, est la principale localité de la préfecture densément boisée du sud de la Sangha-Mbaéré, frontalière du Cameroun et de la République démocratique du Congo (1). Deux grands fleuves, Kadeï et Mambéré, coupent la ville en trois parties. Si vous venez de Bangui par voie terrestre – une tâche difficile sur des routes non goudronnées – vous devez traverser la rivière pour vous rendre dans la partie de la ville qui abrite l&rsquo;administration civile. Il est censé y avoir un ferry, mais la plupart du temps, vous constaterez qu&rsquo;un bateau en bois ouvert (appelé «pirogue») vous attend. Il n&rsquo;y a pas de ponts, même si le gouvernement central en avait promis un en 2018.</p>
<h3>Se vendre</h3>
<p>Nola manque également de routes goudronnées et d&rsquo;électricité. Ceux qui peuvent se le permettre achètent des générateurs d&rsquo;électricité coûteux, qui sont ensuite alimentés par du diesel relativement bon marché introduit en contrebande en ville depuis Kenzou, au Cameroun voisin. Ceux qui peuvent se le permettre, c&rsquo;est-à-dire ceux qui vivront probablement dans l&rsquo;une des maisons les plus chics de Nola, gagnent leur argent soit grâce à l&rsquo;exploitation artisanale de l&rsquo;or, soit en vendant le bois de la région.</p>
<p>Le dernier recensement, tenu en 2003, met la population de la commune à 85 000 ; il est susceptible d&rsquo;être beaucoup plus aujourd&rsquo;hui. La plupart des habitants de cette région vivent de la terre ou des rivières. L&rsquo;agriculture et la pêche sont les activités principales, à côté de l&rsquo;élevage et en utilisant tout ce qui peut être récolté dans les forêts : champignons, feuilles qui peuvent être utilisées pour la cuisine, chenilles comestibles qui se vendent à bon prix sur le marché. Certains habitants sont salariés des entreprises forestières (2) qui opèrent dans la zone et certains travaillent dans le secteur de l&rsquo;exploitation aurifère. Ce dernier tombe carrément dans la catégorie artisanale; une seule mine semi-industrielle est exploitée par une société chinoise.</p>
<p>En ce qui concerne les commodités, il n&rsquo;y a pas grand-chose à dire. Les écoles et les hôpitaux, comme il en existe, sont en très mauvais état. Souvent, les cliniques ne peuvent offrir que les services les plus élémentaires parce qu&rsquo;elles manquent à la fois de l&rsquo;équipement et des médicaments pour faire autre chose. (Ne faites pas l&rsquo;erreur d&rsquo;avoir un accident à Nola.) Dans les écoles, les classes sont invariablement grandes, avec jusqu&rsquo;à quatre-vingts élèves entassés dans une pièce, parfois plus. Les marchés, par définition le principal échange économique dans des endroits comme ceux-ci, se déroulent en plein air, sans protection contre le soleil ou la pluie pour les vendeurs – pour la plupart des femmes – et leurs marchandises.</p>
<p>Pourtant, il y avait du financement pour un bâtiment approprié pour le marché. Et pour un certain nombre d&rsquo;écoles, de cliniques et de routes, qui devaient toutes être construites par la municipalité de Nola, avec un budget suffisant pour le faire.</p>
<h3>Timberland</h3>
<p>La société Timberland, relativement nouvelle venue sur la scène centrafricaine, a été créée en 2015 et est un acteur de premier plan dans la région de Nola depuis cinq ans. Sa concession est vaste : 228 836 hectares, selon le plan de gestion forestière de l&rsquo;entreprise, vu par ZAM. Le plan indique que la « superficie utile » s&rsquo;élève à 166 357 hectares, sur lesquels il peut couper des arbres pour l&rsquo;exportation. Elle emploie près de trois cents travailleurs, la plupart à Nola et dans ses environs mais aussi sur ses concessions de Bilolo, à vingt-quatre kilomètres à l&rsquo;ouest, et de Salo, à soixante-trois kilomètres au sud.</p>
<p>Le directeur général de Timberland est assez fier du bilan de l&rsquo;entreprise. Augustin Agou, ancien membre du parlement du pays pour le premier arrondissement de la capitale Bangui, déclare que « (Timberland) a pu employer plusieurs femmes et jeunes dans chaque endroit où nous travaillons. Nous pensons qu’employer des femmes et des jeunes qui étaient auparavant sans travail contribue à une réduction du chômage (dans ces zones).’</p>
<p>L&rsquo;entreprise veut également faire savoir qu&rsquo;à la demande du chef du village, elle a construit une école dans le village de Komassa, et qu&rsquo;elle a fait de même dans deux autres localités de la communauté de Nola, Mbiya et Monguiza. Remarquablement, ils ont financé ces écoles séparément, en plus de l&rsquo;argent qu&rsquo;ils ont également versé aux autorités municipales locales, dans le même but. C&rsquo;est l&rsquo;autorité municipale de Nola qui était en fait censée construire les écoles. Où est passé l&rsquo;argent versé par Timberland à l&rsquo;autorité municipale de Nola, est une question qui restera sans réponse.</p>
<p>On ne sait pas où est passé l&rsquo;argent versé par Timberland.</p>
<figure id="attachment_3264" aria-describedby="caption-attachment-3264" style="width: 1416px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-full wp-image-3264" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2021/10/nola1.jpg" alt="" width="1416" height="832" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2021/10/nola1.jpg 1416w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2021/10/nola1-300x176.jpg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2021/10/nola1-1024x602.jpg 1024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2021/10/nola1-768x451.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2021/10/nola1-600x353.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2021/10/nola1-750x441.jpg 750w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2021/10/nola1-1140x670.jpg 1140w" sizes="(max-width: 1416px) 100vw, 1416px" /><figcaption id="caption-attachment-3264" class="wp-caption-text">L&rsquo;hôtel de Nola, construit par la municipalité avec les fonds des entreprises forestières. Image © Fiacre Salabé</figcaption></figure>
<h3>Langage noble</h3>
<p>Il existe un Code forestier, adopté en République centrafricaine en 2008. Le texte contient des termes élevés, entre autres sur la conciliation de l&rsquo;exploitation des produits forestiers avec les exigences liées à la conservation du patrimoine forestier et de la diversité biologique de la nation, et sur la protection de la forêts de manière à ce qu&rsquo;elles puissent commencer à se régénérer une fois l&rsquo;opération d&rsquo;extraction terminée. La loi suit tous les traités et accords internationaux pertinents dont la République centrafricaine est signataire.</p>
<p>Le Code forestier prévoit également un plan de gestion forestière, qui nous indique la superficie sur laquelle une société d&rsquo;exploitation forestière est autorisée à opérer et où se trouvent les limites de ces zones. Il stipule en outre les types précis d&rsquo;arbres qu&rsquo;une entreprise donnée est autorisée à abattre et à exporter. Une version du document remis à ZAM par le directeur général de Timberland, Augustin Agou, nous donne les noms locaux des arbres que la société est autorisée à exporter, avec leurs descriptions latines telles que Autranella Congolens et Pycanthus Angolensi.</p>
<p>Ce n&rsquo;est pas tout ce qu&rsquo;Agou montre à ZAM. Nous avons également un aperçu de leurs dossiers financiers, qui montrent que Timberland verse douze millions de FCFA par mois, soit plus de 21 000 $ US, à la municipalité de Ndola. Cela représente trente pour cent de tous les impôts et taxes que l&rsquo;entreprise doit payer aux autorités ; le reste va au gouvernement national. Les autorités locales devraient utiliser leur part pour fournir des services de base, tels que des cliniques et des médicaments, de nouvelles écoles ou la restauration d&rsquo;écoles existantes là où cela est nécessaire, la construction et la restauration de routes rurales, qui sont dans un état lamentable dans tout le pays, et la construction des bâtiments du marché. En cinq ans d&rsquo;exploitation forestière entre 2015 et 2020, cela s&rsquo;est traduit par le transfert d&rsquo;un peu plus de 726,6 millions de FCFA ou 1,3 million de dollars US par le seul Timberland.</p>
<p>« Les autorités municipales ici à Nola reçoivent des centaines de millions des entreprises qui exploitent les forêts de notre région, mais nous ne savons jamais où vont ces fonds », explique Gatien Ngoma, président de l&rsquo;association locale des jeunes de Nola. Ngoma ne cache pas son dégoût devant la mauvaise gestion de ces fonds. « Cette commune dispose d&rsquo;un budget (annuel) d&rsquo;environ quatre-vingts millions de FCFA (145 000 US$) et cent millions de FCFA (180 000 US$). Mais encore une fois, nous n&rsquo;avons aucune idée à quoi sert réellement l&rsquo;argent qu&rsquo;ils collectent. Regardez l&rsquo;état de cette ville ! » Il ajoute : « Il ne se passe jamais rien (pour améliorer le quartier). Même le personnel du bureau des maires a du mal à être payé à temps. Au moment où je vous parle maintenant, le paiement des salaires a été retardé. » Il prévient que « les tensions sociales continueront de monter » et que les gens pourraient bien « se retourner contre » les autorités locales.</p>
<p>En se promenant dans Nola, ce que dit Ngoma est clairement vrai. Aucun établissement de santé publique n&rsquo;a été construit ou approvisionné, aucune école n&rsquo;a été rénovée. Les trois seules choses qui ont été construites au cours des dernières années sont un panneau routier à une intersection à dix kilomètres de la ville (voir photo), un tout petit hôtel (voir photo) et une structure en plein air qui est censée devenir un marché couvert pour les vendeurs locaux, mais est inachevé. En calculant les coûts probables de ces structures, ZAM a constaté que le panneau routier et l&rsquo;auberge (de seulement trois chambres) étaient fortement surévalués et surfacturés à quarante millions de FCFA (72 000 $ US), ce qui fait suspecter un rembourrage pour les pots-de-vin pour les les responsables de la mise en service. Aucune trace du financement restant, alloué à la municipalité par Timberland, n&rsquo;a pu être trouvée.</p>
<p>Les villageois réparent eux-mêmes les routes, facturant des redevances sur le trafic commercial.</p>
<p>Cette pratique se répète à travers le pays. Loin de la préfecture de Sangha-Mbaéré, en route vers Bangui, on retrouve la même situation dans la préfecture de Mambéré-Kadeï et sa capitale Berberati. Ici, diverses sociétés forestières comme SEFCA (Liban) et SESAM (France) et encore une fois aussi la propre Timberland de la RCA, détiennent des concessions dans la zone forestière de Berberati. Ici aussi, ils paient trente pour cent de leurs impôts et taxes aux autorités municipales locales. Et là aussi, les écoles et les hôpitaux sont dans un état lamentable, les marchés restent à découvert et les routes rurales sont entretenues au hasard par les villageois qui, pour gagner de l&rsquo;argent pour ce travail, érigent des barrages routiers improvisés où ils facturent des frais de trafic commercial.</p>
<p>L&rsquo;histoire du gouvernement national, qui après tout reçoit soixante-dix pour cent des impôts et taxes payés par les sociétés forestières, ne diffère pas de ce qui se passe au niveau municipal. Le fait que les enseignants dans tout le pays sont mal formés ou pas du tout formés, qu&rsquo;aucun médicament n&rsquo;atteint même jamais les zones rurales et que les routes nationales sont tout aussi mauvaises que les routes régionales, les concerne carrément.</p>
<h3>Un héritage perverti</h3>
<p>Le gouvernement national de la RCA a historiquement été autorisé à négliger simplement toute zone (boisée ou non) en dehors de la capitale. Un ancien « système concessionnel », jadis introduit par la puissance coloniale française, sous-traitait littéralement l&rsquo;exploitation des ressources présentes dans ces zones à des entreprises privées, en l&rsquo;occurrence le bois. Les entreprises peuvent retirer ces ressources de la zone tant qu&rsquo;elles paient des « taxes » aux autorités. Cette taxe est censée éduquer les enfants et soigner les malades, ainsi que financer la construction de routes, de marchés et d&rsquo;autres infrastructures dans les lieux où travaillent les entreprises. Mais personne ne s&rsquo;assure que les autorités locales le font réellement. C&rsquo;est ce système qui a perverti l&rsquo;État à tous les niveaux et transformé les autorités supposées gouvernant le pays en des organes qui absorbent simplement de l&rsquo;argent, mais ne se sentent pas obligés de servir les citoyens.</p>
<h3>La position de concession</h3>
<p>Lorsque la France a colonisé la République centrafricaine, elle s&rsquo;est lancée dans une gigantesque opération de démembrement d&rsquo;actifs. Pour cela, il a fait deux choses : il a engagé des sociétés pour faire le démembrement des actifs pour le compte de la France et il s&rsquo;est assuré que ces sociétés payaient le Trésor français pour le privilège. Cela a abouti à la création d&rsquo;un système violent d&rsquo;exploitation impitoyable, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de l&rsquo;ivoire qui pouvait être obtenu avant que la chasse à l&rsquo;échelle industrielle n&rsquo;anéantisse la quasi-totalité de la population d&rsquo;éléphants, ou des diamants et de l&rsquo;or qui ont été découverts, ou de la culture du coton introduit dans la première moitié du 20e siècle, ou s&#8217;emparer des abondantes ressources forestières du pays.</p>
<p>Le « système de concession », comme on l&rsquo;appelait, fonctionne jusqu&rsquo;à ce jour ; seulement maintenant, au lieu de payer le Trésor français, les entreprises paient le gouvernement centrafricain « indépendant » et ses autorités locales. Pendant ce temps, tout comme au bon vieux temps de la colonie, l&rsquo;élite politique locale qui habite ces structures, fait peu ou rien. Le système de concession a depuis été étendu aux zones non exploitantes, où des institutions extérieures au moins formellement « prennent soin » des citoyens centrafricains. Le maintien de la paix et les soins de santé sont deux de ces domaines, qui sont désormais principalement menés par les Nations Unies, des groupes de mercenaires étrangers et – dans le cas des soins de santé – par des ONG internationales.</p>
<p>Les donateurs autorisent le siphonnage ou détournent le regard.</p>
<p>Les acteurs étrangers en RCA participent à ce système. Les entreprises paient d&rsquo;importantes sommes d&rsquo;impôts et de prélèvements aux différents niveaux de l&rsquo;administration, ce sur quoi les autorités continuent d&rsquo;insister (en fait, on pourrait dire que les autorités centrafricaines voient leurs devoirs principalement en termes de collecte d&rsquo;impôts : les observateurs qualifient régulièrement le gouvernement de -obsédé&rsquo;). Dans le même temps, les entreprises s&rsquo;engagent également dans ce que l&rsquo;on pourrait appeler du travail social, souvent à la demande de dirigeants communautaires tels que les chefs de village, qui considèrent la présence d&rsquo;entreprises comme Timberland comme le dernier recours pour accomplir un travail que leur propre gouvernement pas faire. Les organisations internationales de développement et les donateurs laissent détourner une partie des largesses qu&rsquo;ils accordent au pays ou détournent le regard lorsque leurs « partenaires » locaux se servent eux-mêmes de ressources qui devraient profiter à la population.</p>
<figure id="attachment_3265" aria-describedby="caption-attachment-3265" style="width: 1416px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-full wp-image-3265" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2021/10/nola.jpg" alt="" width="1416" height="832" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2021/10/nola.jpg 1416w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2021/10/nola-300x176.jpg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2021/10/nola-1024x602.jpg 1024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2021/10/nola-768x451.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2021/10/nola-600x353.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2021/10/nola-750x441.jpg 750w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2021/10/nola-1140x670.jpg 1140w" sizes="(max-width: 1416px) 100vw, 1416px" /><figcaption id="caption-attachment-3265" class="wp-caption-text">Le panneau routier qui a également été financé par les taxes sur les sociétés forestières. Image © Fiacre Salabé</figcaption></figure>
<h3>Un comité papier</h3>
<p>Remarquablement, le gouvernement national tente parfois de donner l&rsquo;impression de gérer un service public. Une recherche de ZAM dans les archives du gouvernement de Bangui a mis au jour un arrêté interministériel (numéroté 009/MISCP/CAB), qui met en place un comité interministériel de neuf membres chargé d&rsquo;approuver ou de rejeter les programmes prétendument financés par les taxes et prélèvements des sociétés forestières. Il est supervisé par le ministère de l&rsquo;Intérieur et de la Sécurité publique qui, sur le papier, délègue deux représentants au comité, tout comme le ministère des Eaux, Forêts, Chasse et Pêche. Plus loin dans le comité siègent un représentant du ministère de l&rsquo;Administration territoriale, deux des autorités locales (en l&rsquo;occurrence Nola) et enfin deux des organisations locales travaillant dans la commune.</p>
<p>Selon l&rsquo;arrêté interministériel, cette structure de poids lourds a pour mission d&rsquo;évaluer les plans qui sont soumis à l&rsquo;approbation des collectivités locales (en l&rsquo;occurrence toujours Nola). Encore une fois, selon l&rsquo;Ordre, le comité doit rédiger un rapport à la suite de chaque réunion, qui doit contenir des informations sur les programmes qui ont été approuvés. Il doit ensuite transmettre ces rapports au ministère de l&rsquo;Intérieur et de la Sécurité publique.</p>
<p>Il n&rsquo;y a qu&rsquo;un seul problème. Aucun comité de ce type ne semble avoir jamais été mis en place. Aucun rapport ne peut être trouvé dans l&rsquo;administration du gouvernement centrafricain. Il n&rsquo;y a pas non plus de compte des dépenses engagées pour les programmes qu&rsquo;il était censé approuver. ZAM a recherché des programmes Timberland en particulier, mais n&rsquo;en a trouvé aucun. Le porte-parole du ministère de l&rsquo;Intérieur et de la Sécurité publique, Emmanuel Pabandji, affirme qu&rsquo;il n&rsquo;a jamais entendu parler d&rsquo;un tel comité non plus. « Non, je ne pense pas qu&rsquo;une telle structure existe. Pour commencer, quelle est la date de cet arrêté interministériel et qui l&rsquo;a signé ? » Mais ces détails manquent dans l&rsquo;arrêté numéro 009/MISCP/CAB. De même, une étude approfondie des documents officiels du ministère des Eaux et Forêts n&rsquo;a donné aucune trace des activités ou de l&rsquo;existence de l&rsquo;insaisissable Comité interministériel.</p>
<h3>Un « système mafieux »</h3>
<p>À Nola, et ailleurs en dehors de la capitale Bangui, le manque de contrôle du gouvernement central n&rsquo;est qu&rsquo;un aspect d&rsquo;une situation où les élites dirigeantes locales s&#8217;emparent simplement de l&rsquo;argent apporté par les entreprises et les donateurs. Les citoyens ordinaires n&rsquo;ont pas leur mot à dire sur ce que font ces autorités locales, puisque celles-ci ne sont même pas élues, mais nommées par le gouvernement central (3). En conséquence, les maires et conseillers locaux doivent se plier au pouvoir qui vient de leurs protecteurs et bienfaiteurs au niveau national, avec qui ils partagent les impôts et taxes payés par les entreprises étrangères.<br />
Un haut fonctionnaire du ministère des Eaux et Forêts l&rsquo;a exprimé ainsi : « Tout d&rsquo;abord, comme vous le savez, les maires ne sont pas élus par le peuple mais nommés. Alors, ils ne peuvent faire que ce que leurs maîtres, qui les ont mis en place, veulent qu&rsquo;ils fassent. C&rsquo;est pourquoi ces taxes et prélèvements ne sont pas utilisés comme prévu. Et cela ne s&rsquo;applique pas seulement à Nola ; il y en a partout&rsquo;.<br />
Le responsable, qui a demandé à rester anonyme, a ajouté que les voix des populations locales sont tout simplement ignorées. « Savez-vous à quelle fréquence (ils) dénoncent ces réseaux frauduleux qui se financent avec l&rsquo;argent des compagnies forestières ? Mais personne au niveau gouvernemental ne dit rien, et ces activités restent donc non autorisées. Tout le monde a sa part du gâteau et le système fonctionne de haut en bas. Les collectivités locales comme celle de Nola sont toujours couvertes par celles de Bangui’.<br />
Et ainsi, les citoyens centrafricains sont obligés de rester debout et de regarder les arbres disparaître. Lors d&rsquo;entretiens avec ZAM, les représentants de diverses associations de jeunes et de femmes de Nola ont tous confirmé qu&rsquo;ils ne sont jamais consultés par leurs fonctionnaires locaux sur la manière dont se fait l&rsquo;exploitation des forêts, et encore moins sur ce qu&rsquo;il advient des revenus qui en découlent. Ils appuient tous l&rsquo;idée d&rsquo;un audit approfondi de ce qui entre et sort des caisses municipales, mais n&rsquo;ont aucune idée si un tel audit aura lieu un jour.<br />
Même le directeur général de Timberland, Augustin Agou, se retrouve impuissant. La question est : que peut-il faire, demande-t-il, visiblement bouleversé, lors de notre entretien. Il explique qu&rsquo;il serait « tout seul » s&rsquo;il commençait à dénoncer publiquement un « système mafieux » dont tout le monde sait qu&rsquo;il existe, mais contre lequel il ne peut rien. Les élites de Bangui sont un petit groupe très soudé, qui resserrera très rapidement les rangs contre quiconque dénonce leurs manigances, dit-il.</p>
<p>Dénoncer publiquement ces malversations le mettra, lui et son entreprise, dans une position désavantageuse vis-à-vis de la concurrence, peut-être moins scrupuleuse (4). Agou ne veut même pas envisager un scénario où son entreprise cesserait de payer ses impôts jusqu&rsquo;à ce que le gouvernement autorise la transparence comptable. Ce sera tout simplement la fin du permis de Timberland, dit-il, puisqu&rsquo;il s&rsquo;agira d&rsquo;une violation du Code forestier de 2008.<br />
Les questions posées par ZAM aux bureaux du gouvernement local à Nola ont été accueillies par le silence.</p>
<p><strong>Fiacre Salabe</strong></p>
<p>Remarques</p>
<ol>
<li>La RCA est subdivisée en seize préfectures, dont Sangha-Mbaéré, à peine plus petite que les Pays-Bas, couvre l&rsquo;extrême sud-ouest du pays.</li>
<li>Les entreprises qui travaillent dans les forêts sont désignées dans le présent article soit par les entreprises forestières, soit par les entreprises d&rsquo;exploitation forestière, soit par les entreprises du bois.</li>
<li>Lorsque la démocratie est arrivée en RCA en 1993 avec les toutes premières élections présidentielles et législatives ouvertes après trente-trois ans d&rsquo;indépendance, il y avait un absent notable sur les listes électorales : les autorités locales.</li>
<li>Par exemple, un rapport de juillet 2015 de l&rsquo;ONG londonienne chargée d&rsquo;enquêter sur l&rsquo;utilisation abusive des ressources a accusé la société libanaise SEFCA d&rsquo;avoir payé des milices Séléka pour protéger leurs installations en 2013, après que certaines d&rsquo;entre elles aient été pillées et vandalisées. SEFCA n&rsquo;a jamais répondu à ces allégations.</li>
</ol>
<p>Cet article a été publié pour la première fois par Zam Magazine. Il a été traduit, amendé et contextualisé par Bram Posthumus.</p>
<p>The post <a rel="nofollow" href="https://www.themusebaproject.org/special-reports/centrafrique-argent-entreprises-etrangeres-englouti-par-un-systeme-mafieux/">En Centrafrique, l&rsquo;argent des entreprises étrangères est englouti par un «système mafieux»</a> appeared first on <a rel="nofollow" href="https://www.themusebaproject.org">The Museba Project</a>.</p>
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		<title>Le Centre Pulitzer et The Museba Project s&#8217;associent pour enquêter sur les forêts du bassin du Congo</title>
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		<dc:creator><![CDATA[The Newsroom]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 12 Mar 2021 13:22:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A La Une]]></category>
		<category><![CDATA[Corruption]]></category>
		<category><![CDATA[Special Reports]]></category>
		<category><![CDATA[Cameroon]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Centre Pulitzer, basé aux Etats-Unis, a dévoilé la liste des premiers boursiers de sa nouvelle initiative dénommée Rainforest Investigations Network(RIN). Il s&#8217;agit de treize journalistes en provenance de dix pays. Leur mission: pendant douze mois, mener des enquêtes journalistiques sur des fléaux comme la corruption, les failles juridiques, le flux des finances illicites, etc, [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le Centre Pulitzer, basé aux Etats-Unis, a dévoilé la<a href="https://pulitzercenter.org/blog/le-rainforest-investigations-network-annonce-sa-premiere-promotion-de-boursieres"> liste des premiers boursiers</a> de sa nouvelle initiative dénommée Rainforest Investigations Network(RIN).</p>
<p>Il s&rsquo;agit de treize journalistes en provenance de dix pays. Leur mission: pendant douze mois, mener des enquêtes journalistiques sur des fléaux comme la corruption, les failles juridiques, le flux des finances illicites, etc, qui  favorisent la déforestation en Amazonie, dans les forêts du Sud-Est et du bassin du Congo.</p>
<p><img class="alignleft wp-image-2413" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2018/10/logo-museba-1.png" alt="" width="181" height="186" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2018/10/logo-museba-1.png 422w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2018/10/logo-museba-1-291x300.png 291w" sizes="(max-width: 181px) 100vw, 181px" /></p>
<p><img class="alignleft wp-image-3226" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2021/03/pulitzer-center.jpg" alt="" width="326" height="183" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2021/03/pulitzer-center.jpg 799w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2021/03/pulitzer-center-300x168.jpg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2021/03/pulitzer-center-768x431.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2021/03/pulitzer-center-600x336.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2021/03/pulitzer-center-750x421.jpg 750w" sizes="(max-width: 326px) 100vw, 326px" /></p>
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<p>Ces boursiers sont affiliés à des organes de presse régionaux ou locaux dans lesquels leurs articles seront publiés.</p>
<p>The Museba Project, initiative régionale de formation et d&rsquo;enquêtes en Afrique centrale, a été sélectionné à cet effet par le Centre Pulitzer pour accompagner le boursier Christian Locka, dans la production et la publication de ses reportages d&rsquo;investigation.</p>
<p>A travers le RIN, le Centre Pulitzer dit vouloir « créer les conditions favorisant un journalisme d&rsquo;investigation transfrontalier indispensable pour traiter de sujets situés au croisement du changement climatique, de la corruption et de la gouvernance », en mettant un accent sur la collaboration entre les boursiers et des techniques avancées d&rsquo;extraction des données.</p>
<p>Les <a href="https://pulitzercenter.org/blog/le-rainforest-investigations-network-annonce-sa-premiere-promotion-de-boursieres">boursiers</a> travaillant sur le bassin du Congo sont:</p>
<p>Christian Locka, Cameroun, The Museba project</p>
<p>Madeleine Nguenga, Cameroun, InfoCongo</p>
<p>Glòria Pallarès, Cameroun et RDC, El Pais.</p>
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		<title>Chinese miners invade Cameroon, exploiting gold without authorization and causing deaths</title>
		<link>https://www.themusebaproject.org/special-reports/chinese-miners-invade-cameroon-exploiting-gold-without-authorization-and-causing-deaths/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=chinese-miners-invade-cameroon-exploiting-gold-without-authorization-and-causing-deaths</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Christian LOCKA]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 Oct 2018 16:17:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Corruption]]></category>
		<category><![CDATA[Human rights violations]]></category>
		<category><![CDATA[Special Reports]]></category>
		<category><![CDATA[Cameroon]]></category>
		<category><![CDATA[Chinese]]></category>
		<category><![CDATA[death]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Sidonie Maboue pulls her hands out of the muddy water to nurse her eight-month-old baby. Sitting on a piece of multicolored fabric, she has filled three bags of gravel with five of her twelve children under a blazing sun. “These pebbles will be crushed, sifted and if you have the chance, you can find gold [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Sidonie Maboue pulls her hands out of the muddy water to nurse her eight-month-old baby. Sitting on a piece of multicolored fabric, she has filled three bags of gravel with five of her twelve children under a blazing sun.</p>
<p>“These pebbles will be crushed, sifted and if you have the chance, you can find gold but it is difficult,” says the 45-year-old widow who sometimes earns 1500 XAF, approximately $2.8, after several weeks of digging.</p>
<p>Around her, a hundred people noisily search the yellow metal in a chain work at the Kaye craft quarry in Ngoe Ngoe, a village in the region of East Cameroon. Men dig the earth, crush the gravel and dry the holes with a motor pump. Women collect gravel from muddy waters or prepare food in a makeshift kitchen. The children have fun on the back of their mothers or sleep on pieces of cloth spread on the ground.</p>
<p>In November 2017, Sidonie Maboue nearly lost her life when she went with other villagers to search for gold at a Chinese-owned site near Kaye. “As I ran to carry the earth, I heard the cries of the survivors returning from the site and the young people removed the corpses with shovels,” she says in a low voice. She says she takes these risks to feed her offspring. “If I do not do that, how are we going to live. Since the death of my husband, I am the father and mother of the house.”</p>
<p><strong>Gold and death</strong></p>
<p>That night, nine people who extracted the gravel in this quarry operated by a Chinese company called “Lu and Lang” were submerged by a heap 0f sand about ten meters high. “The Chinese have arrived with law enforcement to drive the villagers out of the mine sites to better exploit our resources,” Yaya Moussa, the village chief of Ngoe Ngoe, says, widening her small black eyes. “So the villagers were forced to come in the night, in the absence of the Chinese, to extract gold and find food for their families. It was during one of these nocturnal outings that the earth fell on them.”</p>
<p>As in Ngoe Ngoe, artisanal mining of gold through the use of manual methods and processes draws crowds in several localities in the Eastern Region. But, the vagueness in the allocation of mining authorizations often creates conflicts between local gold miners and expatriates. According to the Mining Code of 2001, only craftsmen of Cameroonian nationality are entitled to an artisanal exploitation permit. In recent months, this exclusivity is threatened by the presence in the artisanal sites of Chinese operators who practice semi-mechanized artisanal mining through the use of mechanical shovels and loaders, gravel washing machines and chemicals.</p>
<figure id="attachment_2605" aria-describedby="caption-attachment-2605" style="width: 828px" class="wp-caption alignnone"><img class=" wp-image-2605" src="http://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2018/10/image13-300x199.jpg" alt="" width="828" height="549" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2018/10/image13-300x199.jpg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2018/10/image13-768x510.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2018/10/image13-1024x680.jpg 1024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2018/10/image13-600x399.jpg 600w" sizes="(max-width: 828px) 100vw, 828px" /><figcaption id="caption-attachment-2605" class="wp-caption-text"><em>An environment destroyed by Chinese in Ngoe Ngoe after exploiting gold. Credit: C.L</em></figcaption></figure>
<p>Semi-mechanized artisanal mining was conducted for the first time in Cameroon in 2007. In that year, the government had asked the South Korean company C&amp;K Mining to conduct an operation to salvage some 13 tonnes of gold that was likely to be washed away by overflowing water from the Lom Pangar dam. The authorities knew that this decision violated the 2001 mining code, which does not recognize semi-mechanized artisanal mining. At the time, they  used the emergency situation as justification. Later, this act by the government was capitalized upon by some unscrupulous operators who started semi-mechanized artisanal mining of gold.</p>
<p>In December 2016 President Paul Biya promulgated a new mining code that recognizes semi-mechanized artisanal mining. However, this exploitation should be carried under Cameroonian law which states that the shareholding in the companies, should have nationals controlling  at least 51 per cent. This mining code could have helped to reduce the impact of the confusion around mining permits and the rehabilitation of mine holes. But, the decree implementing the new mining law is not yet signed by the Prime Minister.</p>
<p>When contacted, the regional delegate in charge of mines did not wish to comment. “The minister has launched a mapping campaign with drones to identify mining sites and operators pending the decree implementing the mining code,” said anonymously a director at the Ministry of Mines who said he was not allowed to speak to the press. “All the time we hear of reports of deaths in mining sites and, we do not know who is who.”</p>
<p>Meanwhile, semi-mechanized artisanal mining, although illegal, is already doing damage to Cameroon. In 2017, open and abandoned mining holes by operators of the semi-mechanized artisanal mine including Chinese left 50 people dead in the Ngoura, Betare Oya or Ngoe Ngoe communities in the East, according to NGO Forêts et Developpement Rural (Foder) calculations. This civil society organization reported that 250 mining sites opened between 2012 and 2014 have not been rehabilitated by operators of the semi-mechanized artisanal mine. It therefore, launched an online petition to get the Ministries of Mines and Environmental Protection to intervene.</p>
<p>In a video published by Foder on the dangers of illegal mining, a farmer tells how Chinese gold miners grabbed her land and destroyed her plantation with excavators. “The Chinese entered my field and started mining gold without my permission,” says Philiphine Boh. “The Chinese told me that it is the authorities that sent them and they will give me 70,000 XAF ($ 131.2) for compensation. I said that this money is insignificant for a field of one hectare that they spoiled. Currently, I have nothing left,” said this mother of five.</p>
<p><strong>Secret deals</strong></p>
<p>The losses are not just human lives. In Ngoe Ngoe, a village of 2,600 inhabitants, Chief Moussa says that during the exploitation of gold the Chinese have destroyed rivers and that many domestic animals have been stuck in abandoned mining holes. Mahamadou Abdoulaye, a 42-year-old registered miner, noted that, “when the Chinese saw a local mining artisan, a Nagbata, discovering gold, they chased everyone out of the site including the artisans who have their card while we also paid, it’s not good,” he complains. “The government must intervene because these Chinese are threatening us.”</p>
<p>The local populations are often surprised by the Chinese presence in the mining sites. They wonder how these expatriate operators were allowed to exploit the gold on their land. The Center for Education, Training and Support to Development Initiatives in Cameroon (Cefaid), an NGO based in Yokadouma in the Eastern Region, reports that some local elites are signing secret deals with Chinese miners.</p>
<p>“An elite is collecting photocopies of ID cards from villagers under the pretext of wanting to bring in companies that will provide water, electricity and jobs to the village,” said Victor Amougou, Cefaid’s coordinator, who  knows by heart the tricks these people use. “With ten photocopies, this elite can obtain 40 artisanal logging authorizations equivalent to 40 hectares of land. Later, the elite brings in the Chinese operator with whom he has a contract. The villagers who ate and drank are not aware of the deal and only notice the presence of the Chinese who have in the meantime offered envelopes to the mining authorities and military officials to be able to calmly carry out their activities.”</p>
<p>In addition to corruption, some Chinese in their greed for gold do not care about taxes. After the death of nine people in Ngoe Ngoe, some local NGOs and media reported that the site in which the tragedy occurred was operated by the Chinese company called “Lu and Lang”. Yet neither the reports of the local branch of the Extractive Industries Transparency Initiative (ITEI) nor the tax services know the name of the company responsible. The local official in charge of mines in the East refused to comment on this accident, indicating that this file is being handled by his bosses. “This company is not registered in our books,” says a source at the Ministry of Mines. “No Chinese company has obtained a semi-mechanized artisanal gold mining license in Cameroon,” the source said.</p>
<p>In fact, this fictional company is the initiative of lady Lu, an economic operator of Chinese nationality, who did not wish to comment. After Ngoe Ngoe, she and her employees moved to Colomine, another mining town in eastern Cameroon, where they continued to mine gold at a site guarded by soldiers.</p>
<p>“The mining sector is a mafia,” concludes Victor Amougou. “This crime unfolding before our eyes does not benefit either Cameroon or Cameroonians, perhaps an elite who would have received 5 or 10 million XAF”.</p>
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