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	<title>A La Une &#8211; The Museba Project</title>
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	<description>Corruption, Human Rights Violations, Illicit Finance Flows</description>
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		<title>À Manono, le lithium génère des millions de dollars. Mais les habitants peinent à survivre.</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jack Wolf, Sophia Pickles, Janvier Murairi]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 Aug 2025 19:39:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A La Une]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La petite cité de Manono, en République démocratique du Congo (RDC), est au centre d&#8217;une ruée géopolitique vers les minerais qui font partie intégrante des technologies vertes et militaires. Les entreprises chinoises et américaines se disputent l&#8217;accès à ce qui est considéré comme l&#8217;un des plus grands gisements de lithium au monde. Mais, l&#8217;arrivée des [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La petite cité de Manono, en République démocratique du Congo (RDC), est au centre d&rsquo;une ruée géopolitique vers les minerais qui font partie intégrante des technologies vertes et militaires. Les entreprises chinoises et américaines se disputent l&rsquo;accès à ce qui est considéré comme l&rsquo;un des plus grands gisements de lithium au monde. Mais, l&rsquo;arrivée des superpuissances mondiales n&rsquo;est que le dernier chapitre d&rsquo;une vague d&rsquo;activités commerciales qui a vu des millions de dollars générés par des transactions entre des ressortissants politiquement connectés et un petit groupe d&rsquo;hommes d&rsquo;affaires étrangers, laissant les habitants de Manono avec peu de choses à montrer sur les richesses qui se trouvent sous leur sol.<b><i></i></b><b><i></i></b></p>
<p>Le 27 juin dernier, le Rwanda et la République démocratique du Congo ont signé un accord de paix sous l&rsquo;égide des États-Unis, suscitant un optimisme international prudent quant à la fin du conflit en cours sur le sol congolais, qui a coûté la vie à des millions de personnes et en a déplacé autant. Faisant écho au récent accord américano-ukrainien sur les minerais, cet accord établit également un lien étroit entre l&rsquo;accès aux ressources stratégiques et ce qu&rsquo;il est convenu d&rsquo;appeler la « stabilisation politique ».</p>
<p>Selon les termes de l&rsquo;accord, les deux nations africaines se sont provisoirement engagées à mettre fin aux hostilités, au retrait des troupes et à la neutralisation, et la cessation de tout soutien aux groupes armés opérant dans l&rsquo;est du pays.<b><i><br />
</i></b></p>
<figure id="attachment_3685" aria-describedby="caption-attachment-3685" style="width: 2560px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-full wp-image-3685" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_001-scaled.jpg" alt="" width="2560" height="1440" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_001-scaled.jpg 2560w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_001-300x169.jpg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_001-1024x576.jpg 1024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_001-768x432.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_001-1536x864.jpg 1536w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_001-2048x1152.jpg 2048w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_001-600x338.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_001-750x422.jpg 750w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_001-1140x641.jpg 1140w" sizes="(max-width: 2560px) 100vw, 2560px" /><figcaption id="caption-attachment-3685" class="wp-caption-text">Un employé d&rsquo;AVZ nous montre l&rsquo;ancienne mine d&rsquo;étain belge, connue sous le nom de “Roch Dure”. En arrière-plan, on aperçoit les montagnes de tailigs laissées par l&rsquo;ancienne activité minière d&rsquo;étain de Manono.</figcaption></figure>
<h3 style="text-align: left;"><i>Les titans de la technologie s&rsquo;installent</i></h3>
<p>Dans le cadre de cet accord, le Président congolais Félix Tshisekedi a une fois de plus offert de nombreuses richesses minières de la RDC à des intérêts extérieurs, cette fois-ci à des entreprises américaines, dans le but d&rsquo;obtenir le soutien des États-Unis pour les efforts de paix. L&rsquo;accord stipule explicitement que le Rwanda et le Congo « réduiront les risques des chaînes d&rsquo;approvisionnement en minerais et formaliseront les chaînes de valeur des minerais qui lient les deux pays, en partenariat, le cas échéant, avec le gouvernement américain et les investisseurs américains ». On ne sait toujours pas comment cela se passera, ce qui signifie réellement « l&rsquo;élimination des risques » et qui pourrait en bénéficier. « Nous obtenons, pour les États-Unis, une grande partie des droits miniers du Congo dans le cadre de cet accord », a déclaré le Président Trump avant la cérémonie de signature.</p>
<p style="text-align: left;">L&rsquo;accord a relancé l&rsquo;attention sur le plus grand gisement de lithium inexploité du Congo, situé dans le Territoire de Manono, adjacent à la cité de Manono, dans la Province du Tanganyika, en RDC. Depuis près d&rsquo;une décennie, la mine est au centre d&rsquo;une concurrence féroce entre les intérêts commerciaux chinois, australiens et congolais qui se disputent l&rsquo;exploitation de l&rsquo;une des réserves de lithium les plus riches au monde.</p>
<p style="text-align: left;">À la suite de l&rsquo;accord de paix, la startup minière américaine KoBold Metals, soutenue par les géants de la technologie Jeff Bezos et Bill Gates, ainsi qu’un autre géant minier mondial Rio Tinto, s&rsquo;intéressent désormais au lithium de Manono. KoBold a signé avec la République démocratique du Congo un accord qui lui permet d&rsquo;acquérir le gisement controversé de lithium<span class="Apple-converted-space">  </span>de Manono. Cependant, un réseau de procès enchevêtrés et d&rsquo;allégations de corruption pèse sur la mine, car des entreprises, dont le méga-minier chinois Zijin, revendiquent déjà des droits sur le même gisement de lithium. Entre-temps, la communauté locale affectée et qui souhaite désespérément que les richesses minières participent au développement indispensable, est de plus en plus frustrée.</p>
<h3><strong><i>Les espoirs en matière d&rsquo;énergie verte ne se sont pas concrétisés jusqu&rsquo;à présent</i></strong></h3>
<p>La cité de Manono est entourée de rizières et de plantations de manioc, dont l&rsquo;horizon est brisé par les squelettes géants des infrastructures minières de l&rsquo;époque coloniale belge. Ses routes étroites sont bordées de haies d&rsquo;euphorbes, créant une sorte de labyrinthe de jardin botanique qui contourne les écoles, les églises et les magasins et qui est animé par des familles, des commerçants et des artisans. Les routes plus larges en terre rouge sont bordées de magnifiques manguiers, dont les fruits sont récoltés au crépuscule, à la saison des mangues, par les écoliers qui se rendent en classe. Parfois, les mangues sont le seul aliment qui ira sous la dent<span class="Apple-converted-space">  </span>ce jour-là. La ville manque d&rsquo;infrastructures, d&rsquo;eau et d&rsquo;électricité. Le chômage sévit. De nombreuses personnes se sont lancées depuis longtemps dans l&rsquo;exploitation minière artisanale, à la main avec des pelles et des seaux, pour joindre les deux bouts.</p>
<p>L&rsquo;ancienne mine coloniale de Manono est toujours présente dans les mémoires et de nombreux habitants se souviennent de cette période comme d&rsquo;une période de stabilité, ce qui reflète peut-être les difficultés auxquelles la cité<span class="Apple-converted-space">  </span>est<span class="Apple-converted-space">  </span>confrontée aujourd&rsquo;hui.<span class="Apple-converted-space">  </span>Lorsque, ces dernières années, la découverte massive de lithium a propulsé Manono au devant de la scène<span class="Apple-converted-space">  </span>des énergies vertes, les espoirs se sont accrus avec l&rsquo;arrivée de nouvelles sociétés d&rsquo;exploration minière.</p>
<p>Les habitants ont ensuite attendu le début de l&rsquo;exploitation minière industrielle, avant de voir les prix du lithium grimper et s&rsquo;effondrer à nouveau. Alors qu&rsquo;un cortège d&rsquo;entreprises se succédait, chacune essayant de revendiquer le gisement, le gouvernement congolais n&rsquo;est pas parvenu à tirer parti de la flambée des prix ou à s&rsquo;assurer un partenaire stable, gérant le projet d&rsquo;une manière qui semble au mieux confuse, au pire profondément inepte, en entretenant une masse complexe de spéculations, d&rsquo;accords commerciaux et de négociateurs itinérants passant d&rsquo;une entreprise à l&rsquo;autre, signant des contrats lucratifs et engrangeant des bénéfices.</p>
<p>En août 2024, dans un rayon de 50 kilomètres autour de la cité de<span class="Apple-converted-space">  </span>Manono, cinq entreprises liées à un réseau d&rsquo;hommes d&rsquo;affaires internationaux détenaient des permis d&rsquo;exploration et d&rsquo;exploitation minière couvrant plus de 1 220 kilomètres carrés, soit une superficie supérieure à celle de Hong Kong.</p>
<p>Ces hommes d&rsquo;affaires ont gagné des millions de dollars américains en paiements fondés sur des actions, en ventes d&rsquo;actions et en honoraires de conseil au cours des 15 dernières années, grâce à des transactions liées à Manono. Pourtant, malgré tous les échanges d&rsquo;argent et les forums d&rsquo;investisseurs annonçant un « nouvel Eldorado du lithium » à Manono, aucune de ces entreprises n&rsquo;a encore exploité de mines ou mis du lithium sur le marché.</p>
<h3><strong><i>« Un petit groupe de personnes s&rsquo;enrichit au détriment de notre pays »</i></strong></h3>
<p>Des groupes de la société civile ont critiqué la manière dont se sont déroulées les principales transactions de ce carrousel. Jean Claude Mputu, de l&rsquo;ONG Resource Matters, a déclaré à Museba Project que « la mauvaise gouvernance du secteur [du lithium], le manque de transparence, les conditions opaques de distribution des licences et la complicité de la classe politique entre toutes sortes d&rsquo;intermédiaires, permettent à un petit groupe de personnes de s&rsquo;enrichir au détriment de notre pays ».</p>
<p>Un groupe d&rsquo;hommes d&rsquo;affaires internationaux collaborant avec des parties congolaises ayant des liens politiques est au cœur des accords de Manono sur le lithium. Du côté congolais, on trouve notamment Guy Loando, un avocat qui occupe le poste de ministre d&rsquo;État chargé de l&rsquo;aménagement du territoire depuis avril 2021 et qui a récemment été muté au poste de ministre des relations avec le Parlement. (Il dirige également une organisation de lutte contre la pauvreté appelée <a href="https://www.fondationwidal.org/site/index.php)">Fondation Widal</a> ). <span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Aux côtés de Loando se trouve Jean-Félix Mupande,<span class="Apple-converted-space">  </span>un ancien chef du Cadastre minier de la République Démocratique du Congo (CAMI). Le CAMI, qui relève du Ministère des mines, est chargé de superviser les titres miniers et de gérer l&rsquo;accès aux vastes ressources minérales de la RDC.</p>
<figure id="attachment_3682" aria-describedby="caption-attachment-3682" style="width: 1700px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-full wp-image-3682" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_004-1.jpg" alt="" width="1700" height="956" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_004-1.jpg 1700w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_004-1-300x169.jpg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_004-1-1024x576.jpg 1024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_004-1-768x432.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_004-1-1536x864.jpg 1536w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_004-1-600x337.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_004-1-750x422.jpg 750w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_004-1-1140x641.jpg 1140w" sizes="(max-width: 1700px) 100vw, 1700px" /><figcaption id="caption-attachment-3682" class="wp-caption-text">Un rocher censé contenir du lithium</figcaption></figure>
<p>Le CAMI est censé servir les intérêts des investisseurs, de l&rsquo;Etat et du peuple congolais, en vérifiant la solidité financière, la capacité technique et le respect des normes environnementales et sociales des candidats. Elle s&rsquo;occupe également de l&rsquo;approbation et de l&rsquo;enregistrement de tous les droits<span class="Apple-converted-space">  </span>d&rsquo;exploration et d&rsquo;exploitation<span class="Apple-converted-space">  </span>minière, qui sont ensuite transmis au Ministère des Mines, qui délivre les permis. Le<span class="Apple-converted-space">  </span>CAMI du temps de<span class="Apple-converted-space">  </span>Jean-Félix Mupande a supervisé plus d&rsquo;une décennie de contrats de lithium à Manono, jouant un rôle clé<span class="Apple-converted-space">  </span>pour les entreprises qui s&rsquo;intéressent aux richesses minières du Territoire. Bien que les recommandations du CAMI influencent normalement les décisions du Ministère, Mupande a insisté sur le fait que la CAMI « n&rsquo;accorde pas de droits miniers » et que « cette autorité relève du ministre des Mines ».</p>
<h3 style="text-align: center;"><strong><i>Un vétéran allemand de l&rsquo;industrie minière, un « parrain » chinois et des liens avec le régime</i></strong></h3>
<p>Du côté international, ces VIP congolais travaillent en réseau avec Klaus Eckhof, un vétéran allemand de l&rsquo;industrie minière et prospecteur de minerais en série, et Cong Maohuai, un homme d&rsquo;affaires chinois réputé proche de l&rsquo;ancien régime de Kabila, qui a été surnommé le « parrain » des transactions minières chinoises au Congo par les médias. Les relations de travail entre Loando et Eckhof remontent vers 2011, lorsque l&rsquo;avocat congolais a été témoin d&rsquo;un accord entre Ferro Swiss AG d&rsquo;Eckhof et la société d&rsquo;État SOKIMO. En 2014, des documents réglementaires américains montrent que Loando est actionnaire d&rsquo;une autre société, Panex Resources Inc, alors dirigée par Maohuai, Eckhof et son partenaire Mark Gasson.</p>
<p><b></b>Guy Loando, Klaus Eckhof et Cong Maohuai sont bien connus dans le secteur minier de la République démocratique du Congo et ont créé des dizaines de sociétés d&rsquo;exploration minière. Selon les analystes, Klaus Eckhof et Cong Maohuai se sont fait un nom au fil des ans en identifiant avant les autres des actifs miniers congolais de classe mondiale. « Malheureusement pour les investisseurs, aucun des projets de lithium de Manono ne rapporte d&rsquo;argent, bien qu&rsquo;Eckhof, et sans doute Maohui aussi, en aient profité largement », a commenté Gregory Mthembu-Salter de Phuzumoya Consulting, un cabinet de recherche spécialisé dans l&rsquo;économie politique de la RDC.</p>
<p>Dans une correspondance avec Museba Project, Jean-Félix Mupande, chef du CAMI, a confirmé qu&rsquo;en 2012, son registre avait accordé deux concessions d&rsquo;exploration en forme de croissant aux abords de la banlieue de Manono à Alphamin Resources Corp. Peu après, Klaus Eckhof a rejoint Alphamin, où il n&rsquo;est resté que quelques mois. Après son départ, la société a déclaré les concessions de Manono « sans valeur ».</p>
<p>Ce qui suit est un aperçu des transactions, des relations et des profits considérables qui ont façonné les activités des sociétés d&rsquo;exploration minière à Manono.</p>
<p>C&rsquo;est après Alphamin qu&rsquo;AVZ Minerals, fondée et dirigée par Klaus Eckhof et l&rsquo;une des premières entreprises à tenter d&rsquo;explorer le lithium à Manono, est entrée en scène. Selon les archives publiques, AVZ a acheté cette année-là les concessions d&rsquo;Alphamin à Manono à une société appelée Medidoc FZE, qui appartenait à l&rsquo;associé de longue date d&rsquo;Eckhof, le Dr Andreas Reitmeier. Il n&rsquo;existe aucun document public indiquant comment les concessions d&rsquo;Alphamin se sont retrouvées entre les mains de Medidoc FZE, qui aurait normalement dû obtenir l&rsquo;approbation du CAMI pour toute revente.</p>
<p>Interrogé sur cette transaction, M. Reitmeier a déclaré à Museba Project qu&rsquo;Alphamin avait considéré les concessions comme « sans valeur » et que Medidoc les avait donc acquises sans indemniser Alphamin. Le directeur du CAMI de l’époque, Mupande, avait contredit cette version, déclarant à Museba Project qu&rsquo;Alphamin était simplement « devenue AVZ » par le biais d&rsquo;un changement de nom. Eckhoff avait donné quant à lui, une autre explication.</p>
<p>Il avait déclaré à Museba Project : « Nous avons proposé de payer les droits et accepté qu&rsquo;Alphamin nous transfère les licences. Personne d&rsquo;autre n&rsquo;était intéressée par ces licences de base. Nous ne sommes pas les plus favorisés, mais nous sommes les seuls à être performants, à trouver des gisements et à pouvoir lever des fonds sur les marchés internationaux. Il n&rsquo;y a pas de préférence pour nous, si ce n&rsquo;est qu&rsquo;il [Jean-Félix Mupande] sait que nous sommes capables de réaliser et de faire avancer des projets.</p>
<p>Quoi qu&rsquo;il en soit, les rapports publics montrent qu&rsquo;AVZ a payé à Medidoc FZE 200 000 USD et 30 millions d&rsquo;actions ordinaires pour acquérir les mêmes concessions qu&rsquo;Alphamin avait déclarées ‘sans valeur’ quelques années auparavant.</p>
<p>Dans les mois qui ont suivi, une troisième concession située au centre de l&rsquo;acquisition de Medidoc par AVZ a été révoquée et réattribuée, dans des circonstances qui restent contestées, à une nouvelle coentreprise, Dathcom Mining SA, formée entre la société Dathomir Mining Resources de Cong Maohuai et l&rsquo;entreprise d&rsquo;État Cominière. AVZ a ensuite rejoint Dathcom, en versant 750 000 USD à Dathomir, la société de Maohuai, et en lui accordant une participation de 12,71 % dans AVZ.<span class="Apple-converted-space">  </span>Le rapport de Boatman Capital indique que Dathomir était détenue à 20 % par Guy Loando et sa famille.</p>
<p>Dans le cadre de l&rsquo;accord, Loando a ensuite rejoint le Conseil d&rsquo;Administration d&rsquo;AVZ en tant que représentant de Dathomir. AVZ a ensuite versé à Loando et à Dathomir de Maohuai un total de plus de 6 millions de dollars US et des actions d&rsquo;une valeur de près de 5 millions de dollars US, tandis que Loando a reçu au moins 800 000 dollars US en actions.</p>
<h3 style="text-align: center;"><strong><i> L&rsquo;opération a permis d&rsquo;obtenir des droits sur l&rsquo;un des plus grands gisements de lithium inexploités au monde.</i></strong></h3>
<p>Au milieu de toutes ces transactions, aussi complexes et déroutantes pour les étrangers qu&rsquo;elles sont profitables à ceux qui les organisent, ce qui est clair, c&rsquo;est que les accords ont assuré à Eckhof, Loando et Cong des postes au sein des conseils d&rsquo;administration des entreprises détenant des droits sur l&rsquo;un des plus grands gisements de lithium inexploités au monde.</p>
<p>AVZ n&rsquo;était que l&rsquo;acte d&rsquo;ouverture dans la saga des hommes d&rsquo;affaires de Manono. Eckhof et Loando ont quitté AVZ en 2016 et 2019, respectivement, après quoi la fortune de l&rsquo;entreprise a commencé à se défaire. Un arrêt de négociation de deux ans, une série de batailles judiciaires et la révocation de sa concession centrale par le ministère des Mines n&rsquo;ont cependant jamais permis à ce que du lithium quitte le sol. Cela a été suivi d&rsquo;un désengagement dramatique de la Bourse australienne en mai 2024, piégeant des milliers d&rsquo;investisseurs et effaçant des milliards de dollars américains de valorisation. (AVZ n&rsquo;a cependant pas encore abandonné : elle continue de se battre pour de nombreux cas devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements et la Chambre de commerce internationale pour les droits à la concession de Manono.)</p>
<figure id="attachment_3687" aria-describedby="caption-attachment-3687" style="width: 1700px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-full wp-image-3687" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_008.jpg" alt="" width="1700" height="956" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_008.jpg 1700w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_008-300x169.jpg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_008-1024x576.jpg 1024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_008-768x432.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_008-1536x864.jpg 1536w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_008-600x337.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_008-750x422.jpg 750w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_008-1140x641.jpg 1140w" sizes="(max-width: 1700px) 100vw, 1700px" /><figcaption id="caption-attachment-3687" class="wp-caption-text">Un groupe de garçons joue au football dans le centre de Manono.</figcaption></figure>
<h3 style="text-align: center;"><i>«AVZ avait initialement donné de l&rsquo;espoir à la communauté »</i></h3>
<p>« AVZ avait à l&rsquo;origine donné à la communauté l&rsquo;espoir d&rsquo;un avenir meilleur, y compris le développement et des emplois », déclare Abbé Moise Kiluba, Prêtre catholique de Manono et représentant respecté de la société civile/Forces vives de la cité. « La population de Manono aimerait, grâce à l&rsquo;exploitation du lithium, voir la transformation de la vie socio-économique vers la modernité ; obtenir des emplois, de préférence avec plus que des miettes comme salaire. »</p>
<p><span class="Apple-converted-space"> </span>Nous rencontrons Kiluba fin 2024, dans son modeste bureau au cœur de Manono, où une file de personnes attend patiemment à l&rsquo;extérieur pour obtenir des conseils sur une gamme de problèmes sociaux et juridiques auxquels la communauté est confrontée. À proximité, des motos et des camions lourds traversent à toute vitesse un carrefour menant aux périphéries de la ville. S&rsquo;élevant au centre, un panneau publicitaire promeut le Programme de Développement Local du Président Tshisekedi pour les 145 territoires de la RDC.<i> </i></p>
<p>Juste à quelques kilomètres du bureau de l&rsquo;Abbé Moïse Kiluba, derrière la cathédrale, en briques,<span class="Apple-converted-space">  </span>de la ville, se trouve le siège local de Tantalex Resources, qui a accueilli le retour d&rsquo;Eckhof et de son groupe lors du deuxième acte. En juillet 2021, six mois avant que Klaus Eckhof ne rejoigne officiellement l&rsquo;entreprise, Tantalex a conclu un accord avec Minor SARL, détenue par Maohuai, promettant 4,5 millions de dollars et 55 millions d&rsquo;actions à l&rsquo;entreprise congolaise et donnant à Tantalex une part dans une licence d&rsquo;exploration pour une concession qui se trouve directement au-dessus de celle d&rsquo;AVZ.</p>
<p>À peu près au même moment, Rome Resources — une entreprise dirigée par Mark Gasson, dans laquelle Eckhof détenait une participation de 18 % — a acquis Medidoc RD Congo, une autre société dirigée par Gasson et détenue par Reitmeier. Le nom de la société ressemblait étroitement à celui de Medicoc FZE de Reitmeier, qui avait joué un rôle<span class="Apple-converted-space">  </span>centrale dans les accords originaux de Manono entre Alphamin, Medidoc FZE et AVZ. L&rsquo;acquisition a donné à Rome Resources une participation dans un permis d&rsquo;exploration situé à des centaines de kilomètres au nord de Manono, dont l&rsquo;actionnaire majoritaire était Investissement et<span class="Apple-converted-space">  </span>Développement Immobilier (IDI), une entreprise appartenant à des membres de la famille de Jean-Félix Mupande, le chef de CAMI.</p>
<p>De retour à Manono, dans les mois suivant les accords impliquant Medidoc Congo et IDI, Tantalex a obtenu un nouveau permis minier. Développant déjà son prochain projet à Manono, Eckhof a quitté Tantalex, et environ un an plus tard, il a conservé plus de 251 000 USD en unités d&rsquo;actions restreintes et options d&rsquo;actions. Simultanément, le CAMI traitait une offre d&rsquo;une autre entreprise d&rsquo;Eckhof, AJN Resources, pour une partie de la concession originale d&rsquo;AVZ actuellement révoquée.</p>
<p>Les documents montrent que Loando, maintenant employé par le gouvernement, faisait partie du comité de surveillance proposé pour l&rsquo;accord. Si cela réussissait, Eckhof devait toucher des frais de découverte de 10 % sur une licence qu&rsquo;il avait déjà « trouvée » deux fois auparavant, d&rsquo;abord pour Alphamin, puis pour AVZ. Dans un <a href="https://consent.yahoo.com/v2/partners?sessionId=4_cc-session_aba9aa6b-f666-42a0-98f7-f5e9f3d95d64">communiqué</a> de presse à l&rsquo;époque , Eckhof a exprimé sa confiance quant à la proximité de l&rsquo;acquisition, la qualifiant de « moteur clé pour alléger la pauvreté et améliorer les conditions sociales » grâce à des améliorations des infrastructures locales et à la création d&#8217;emplois.</p>
<h3 style="text-align: center;"><i>Future Mining appartient à l&rsquo;épouse du ministre Loando<span class="Apple-converted-space"> </span></i></h3>
<p>Cependant, malgré l&rsquo;optimisme d&rsquo;Eckhof et les intérêts commerciaux convergents avec la famille de l’ancien chef du CAMI Monsieur Mupande, cet accord n&rsquo;a pas abouti. Une deuxième offre d&rsquo;AJN pour des permis dans la zone de Manono, via Mbanga Mining SARL de Cong Maohuai, a également échoué, mais finalement une troisième a réussi. AJN a payé 100 000 $ US à Future Mining Company SARL pour une participation dans une concession à moins de deux kilomètres de<span class="Apple-converted-space">  </span>l’entreprise chinoise, Manono<span class="Apple-converted-space">  </span>Lithiums à Manono.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Les choses ont commencé à changer à Manono. En août 2023, Jean-Félix Mupande a quitté CAMI. Il a été remplacé par Paul Mabolia, l&rsquo;ancien responsable du Processus de Kimberley en RDC, une initiative visant à maintenir le commerce des diamants libre des « diamants de sang ». Depuis, le géant minier chinois Zijin et sa coentreprise, Manono Lithium, ont obtenu des droits à Manono, contestés par AVZ.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Eckhof, Maohuai et Loando semblent avoir pris du recul après l&rsquo;entrée en scène de Manono Lithium. Mais ce qu&rsquo;ils ont fait à travers des transferts de permis antérieurs, des paiements importants et des échanges d&rsquo;actions, ainsi que la participation de membres de la famille des régulateurs miniers et des parlementaires dans des coentreprises (légal sous la loi congolaise mais discutable dans la pratique), a contribué à générer jusqu&rsquo;à 28 millions de dollars pour Cong et Dathomir de Loando seulement, bénéficiant à des « sociétés écran mystérieuses contrôlées par des négociants controversés », selon un rapport de Global Witness de 2024.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Pendant ce temps, bien qu&rsquo;AVZ ait été évaluée à des milliards de dollars américains en 2022, sa coentreprise Dathcom a payé moins de 260 000 USD en impôts en 2021 et 2022, selon l&rsquo;ITIE. Pour mettre cela en perspective : les contributions fiscales d&rsquo;une entreprise d&rsquo;un milliard de dollars équivalent à peu près à la valeur des actions et options que Klaus Eckhof a reçues en une seule année de Tantalex, soit environ quatre pour cent de ce que la société de la femme de Loando, Future Mining Company SARL, a reçu d&rsquo;AJN, et juste 2,2 pour cent de ce qu&rsquo;AVZ elle-même a payé pour rejoindre la coentreprise Dathcom de Maohuai.</p>
<p>Tantalex, Gasson, Loando et Maohuai n&rsquo;ont pas répondu à la demande de Museba Project pour un commentaire, mais Mupande a dit à Museba Project qu&rsquo;il « n&rsquo;y a aucune loi au Congo interdisant aux membres de la famille des agents de l&rsquo;État de détenir des concessions minières » et n&rsquo;a pas nié que des membres de sa famille le fassent. Reitmeier a dit qu&rsquo;il ne savait pas qui possédait IDI au moment de l&rsquo;établissement d&rsquo;un permis d&rsquo;exploration et qu&rsquo;il n&rsquo;a jamais eu de communication avec Mupande.</p>
<h3 style="text-align: center;"><i>«Il n&rsquo;y a pas de loi en RD-Congo contre les membres de la famille des agents publics de détenir des concessions»</i></h3>
<p>Eckhof a déclaré à Museba Project qu&rsquo;AJN avait cessé de poursuivre le projet avec Future Mining et qu&rsquo;il ne possède pas personnellement de licences minières ou d&rsquo;exploration, travaillant uniquement pour des sociétés publiques. « C&rsquo;est normal que les entreprises viennent et repartent&#8230; L&rsquo;un des problèmes est que l&rsquo;Europe ne fait pas partie du jeu de l&rsquo;exploration car le capital nécessaire pour réaliser un rêve ou un espoir n&rsquo;est pas là. En raison de ce manque de financement, la compréhension est limitée », a conclu Eckhof.</p>
<p>Critiquant les schémas qui ont vu des millions de dollars circuler entre des entreprises et des hommes d&rsquo;affaires, mais qui ont laissé le secteur minier avec peu de bénéfices, un membre de la coalition de la société civile Tous Pour la RDC, qui a parlé de manière anonyme pour des raisons de sécurité, a déclaré que le secteur minier de Manono reflète une culture politique plus profonde d&rsquo;auto-enrichissement. « Tout vient d&rsquo;un désir égoïste de s&rsquo;enrichir – un désir qui peut être observé en même temps dans la sphère politique, parmi les commerçants travaillant pour des multinationales, et parmi les dirigeants d&rsquo;entreprises du portefeuille de l&rsquo;État, en particulier les entreprises minières », a expliqué le membre de la coalition.</p>
<figure id="attachment_3686" aria-describedby="caption-attachment-3686" style="width: 1700px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-full wp-image-3686" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_010.jpg" alt="" width="1700" height="956" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_010.jpg 1700w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_010-300x169.jpg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_010-1024x576.jpg 1024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_010-768x432.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_010-1536x864.jpg 1536w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_010-600x337.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_010-750x422.jpg 750w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2025/08/Museba_010-1140x641.jpg 1140w" sizes="(max-width: 1700px) 100vw, 1700px" /><figcaption id="caption-attachment-3686" class="wp-caption-text">Des habitants se déplacent dans les rues de Manono. La ville manque d&rsquo;électricité et d&rsquo;infrastructures pour l&rsquo;éclairer la nuit.</figcaption></figure>
<h3 style="text-align: center;">Manifestations et arrestations</h3>
<p>Il n&rsquo;est pas certain que l&rsquo;arrivée de KoBold et l&rsquo;accord « minerais contre sécurité » conclu avec les États-Unis marquent la fin de la frénésie spéculative à Manono. Avec la politique opaque du gouvernement, les procès en cours et les multiples entreprises qui revendiquent des droits sur le gisement de lithium de la ville, tout cela ressemble plus à un nouveau chapitre qu&rsquo;à la fin d&rsquo;une époque.</p>
<p>L’entreprise<span class="Apple-converted-space">  </span>chinoise Manono Lithium fait sentir sa présence : de nouvelles routes et de l&rsquo;électricité pour alimenter la mine sont à l&rsquo;horizon, et des travailleurs de Chine et de toute la RDC arrivent chaque jour. Cependant, son rôle en tant que partenaire communautaire semble beaucoup moins prometteur. Le 20 août 2025, l&rsquo;Initiative pour la bonne gouvernance et les droits de l&rsquo;homme a signalé un conflit impliquant KAMOA COOPER S.A., une autre filiale de Zijin, la société mère de Manono Lithium, près du centre minier de Kolwezi. Les conclusions font écho à des problèmes déjà apparus à Manono : violations du code minier, manque de dialogue et de transparence, et recours à l&rsquo;influence politique.</p>
<p>À Kolwezi, les communautés locales accusent l&rsquo;entreprise d&rsquo;épuiser les rivières, de polluer par des déchets toxiques, de saisir des terres, de procéder à des expulsions forcées et d&rsquo;arrêter arbitrairement 72 manifestants pacifiques qui réclamaient une indemnisation équitable et la réinstallation de leurs familles.</p>
<p>À Manono même, les tensions s&rsquo;intensifient. L&rsquo;entreprise a commencé à expulser les mineurs artisanaux de ses concessions et les communautés voisines sont confrontées à un avenir incertain. Des villages comme Majondo, Matala et Lwamba risquent maintenant d&rsquo;être déplacés à mesure que les activités minières préliminaires s&rsquo;étendent vers leurs terres.</p>
<p>L&rsquo;abbé Moïse Kiluba se souvient de la décennie qui s&rsquo;est écoulée depuis l&rsquo;arrivée d&rsquo;AVZ et des années qui se sont écoulées depuis que Manono Lithium SA a pris le relais : « Jusqu&rsquo;à présent, il n&rsquo;y a eu que des recherches et la vente de périmètres miniers, avec des millions de dollars qui se sont évaporés entre les individus. Ni le trésor public, ni la communauté locale n&rsquo;en ont profité ». Il appelle le gouvernement de la RDC à devenir « réaliste et concret ». « Il doit s&rsquo;éloigner des discours creux et, surtout, être plus proche des populations et plus sensible à leurs cris d&rsquo;alarme&#8230; car les entreprises et les investisseurs se voient comme des ennemis de la communauté. »</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em>Cet article a été produit par le collectif de recherche The Rock Pool  en collaboration avec The Museba Project et a été soutenu par Journalismfund Europe. </em></p>
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		<title>‘Sowing the Seed:’ The Museba Project’s Ambitious Investigative Journalism in Central Africa</title>
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		<dc:creator><![CDATA[The Newsroom]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 Aug 2025 10:11:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A La Une]]></category>
		<category><![CDATA[Human rights violations]]></category>
		<category><![CDATA[Special Reports]]></category>
		<category><![CDATA[Journalism]]></category>
		<category><![CDATA[Museba]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>In September 2018, the veteran Cameroonian investigative journalist Christian Locka met Colombian journalist María Teresa Ronderos in London. They were both attending a training course on investigating illicit financial flows, held at City, University of London in Islington, just north of the Square Mile — the capital’s historic financial district. “I was looking everywhere in [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p dir="ltr">In September 2018, the veteran Cameroonian investigative journalist Christian Locka met Colombian journalist María Teresa Ronderos in London. They were both attending a training course on investigating illicit financial flows, held at City, University of London in Islington, just north of the Square Mile — the capital’s historic financial district.</p>
<aside dir="ltr">“I was looking everywhere in Cameroon or in Central Africa, and there were not enough journalists interested in investigations.” — The Museba Project co-founder Christian Locka</aside>
<p dir="ltr">Ronderos told Locka about a project she was setting up with friends and colleagues — a news organization focused on cross-border and collaborative investigations in Latin America, known as <a href="https://gijn.org/stories/latamfocus-el-clip/">El CLIP</a>, which went on to launch the following year, initially as a trio of seasoned journalists from Argentina, Colombia, and Costa Rica.</p>
<p dir="ltr">The meeting proved to be fateful — as an inspiration for Locka’s own ambitions and because he and Ronderos would later <a href="https://migrantes-otro-mundo.elclip.org/index.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">collaborate</a> on cross-border investigations.</p>
<p dir="ltr">“At that time, I was looking everywhere in Cameroon or in Central Africa, and there were not enough journalists interested in investigations,” Locka remembers. “[Yet] it’s one of the regions where you find scandals, organized crime, corruption, and human rights abuses.”</p>
<h3 dir="ltr">‘Rich Media Landscape’</h3>
<p dir="ltr">In the Central African sub-region, journalists regularly work under threat. Many have been killed, harassed, jailed, or forced into exile. Reporters Without Borders (RSF) <a href="https://rsf.org/en/country/cameroon" target="_blank" rel="noopener noreferrer">ranked</a> Cameroon 130th out of 180 in its <a href="https://rsf.org/en/2024-world-press-freedom-index-journalism-under-political-pressure" target="_blank" rel="noopener noreferrer">2024 World Press Freedom Index</a>; in its report, RSF noted that although Cameroon has one of the “richest media landscapes” in Africa — with more than 600 newspapers, around 200 radio stations, and more than 60 television channels — it is also one of the continent’s most dangerous countries for journalists. Three journalists were <a href="https://www.voaafrica.com/a/colleagues-mark-one-year-anniversary-of-killing-of-cameroon-journalist/7451081.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">killed</a> in Cameroon in 2023.</p>
<div id="attachment_1883673" class="wp-caption alignright" style="width: 820px;"><a href="https://rsf.org/en/country/cameroon" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><img class=" wp-image-1883673" src="https://gijn.org/wp-content/uploads/2024/11/RSF-Press-Freedom-Ranking-2024-Cameroon-771x764.png" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" srcset="https://gijn.org/wp-content/uploads/2024/11/RSF-Press-Freedom-Ranking-2024-Cameroon-771x764.png 771w, https://gijn.org/wp-content/uploads/2024/11/RSF-Press-Freedom-Ranking-2024-Cameroon-336x333.png 336w, https://gijn.org/wp-content/uploads/2024/11/RSF-Press-Freedom-Ranking-2024-Cameroon-140x140.png 140w, https://gijn.org/wp-content/uploads/2024/11/RSF-Press-Freedom-Ranking-2024-Cameroon-768x761.png 768w, https://gijn.org/wp-content/uploads/2024/11/RSF-Press-Freedom-Ranking-2024-Cameroon.png 781w" alt="" width="820" height="812" aria-describedby="caption-attachment-1883673" /></a></p>
<p id="caption-attachment-1883673" class="wp-caption-text"><em>Cameroon ranked 130th worldwide, and lower than all its Central African neighbors, in Reporters Without Borders 2024 Press Freedom Index. Image: Screenshot, RSF</em></p>
</div>
<p dir="ltr">One notorious case was the assassination of Arsène Salomon Mbani Zogo. On January 22, 2023, the mutilated body of the popular 50-year-old radio host, known as ”Martinez Zogo,” was found in a neighborhood near Yaounde, Cameroon’s capital. He had also been tortured. Before his death, he had denounced government corruption. More than 15 suspects have since been arrested; among them are several members of Cameroon’s intelligence agency and a prominent businessman.</p>
<p dir="ltr"><a href="https://cpj.org/africa/cameroon/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">According to the Committee to Protect Journalists</a>, “attacks on the press have escalated as Cameroon prepares for elections in 2025 that could see [Paul] Biya — one of the world’s longest-serving presidents — win another seven-year term.” Six Cameroonian journalists are currently in detention.</p>
<h3 dir="ltr">Double Mission</h3>
<p dir="ltr">After his London trip, Christian Locka was convinced that building a landscape of trained investigative journalists working together throughout the region could help protect them. He started sharing his idea with colleagues in the Democratic Republic of the Congo (DRC) and Central African Republic who were interested in investigative journalism. In both countries, the press freedom situation is similarly difficult: journalists are regularly targeted by the government, armed groups, and wealthy businessmen.</p>
<p dir="ltr">In 2020, Locka launched <a href="https://www.themusebaproject.org/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">The Museba Project</a> as part of the <a href="https://gijn.org/ja/member/museba-journalism-project/">MUSEBA Journalism Project</a> — a nonprofit media organization that promotes investigative journalism in Central Africa and the Great Lakes, bringing together freelance journalists from the region. The MUSEBA Journalism Project has been a <a href="https://gijn.org/%E5%A0%B1%E5%91%8A/from-paraguay-to-palestine-16-new-journalism-groups-join-gijn/">member of GIJN</a> since 2021. (Museba is the word for “trumpet” in one of Cameroon’s coastal languages.)</p>
<aside dir="ltr">“This media outlet is unique. It offers rigorous investigative journalism that tells the truth, often hidden in our regions, through interesting and captivating stories.” — Congolese investigative journalist Saïbe Kabila</aside>
<p dir="ltr">Since the beginning, The Museba Project has had a double mission — first to train journalists, and then, after that, to encourage them to work together. “In this environment, the most important thing is not to start doing investigations,” says Locka, because “there is fear and lack of self-confidence.”</p>
<p dir="ltr">Before each training session, the team identifies journalists interested in investigative reporting by contacting editors or managers of media outlets in host countries. Above all, the organization asks each journalist to prepare at least two story ideas that they will review together — to push them to familiarize themselves with the practice.</p>
<p dir="ltr">During the training, the trainers with different backgrounds and from all over the world (Africans, Cameroonians, Americans, Europeans), share their knowledge and experiences with the journalists. They start from scratch, teaching them the basics of investigative journalism, such as how to protect themselves or their sources. The trainees also learn how to find stories, pitch them, and write an investigation.</p>
<p dir="ltr">“It’s been an enriching experience on every level, especially in terms of how to design an investigation to tell a good story,” says Saïbe Kabila, a Congolese investigative journalist who joined The Museba Project in June 2024, after a training season in Lubumbashi, the second largest city in the DRC.</p>
<p dir="ltr">“In my opinion, this media outlet is unique. It offers rigorous investigative journalism that tells the truth, often hidden in our regions, through interesting and captivating stories,” Kabila adds.</p>
<p dir="ltr">In four years, MUSEBA has trained more than 100 journalists from Cameroon, the DRC, and Central African Republic. After each training, the journalist attendees can apply to join the project.</p>
<h3 dir="ltr">International Collaboration</h3>
<p dir="ltr">The Museba Project’s most valuable advantage involves facilitating networks between journalists. “We show journalists that by collaborating, they gain time, have more protection, spend less money, and do more research,” Locka explains. “It didn’t exist before. It’s our biggest asset.”</p>
<p dir="ltr">The newsroom has already been a part of international and national collaborative projects with the International Consortium of Investigative Journalists (ICIJ) and El CLIP. In 2020, The Museba Project contributed to <a href="https://migrantes-otro-mundo.elclip.org/index.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Migrants from Another World</a>, a cross-border investigation focusing on African and Asian people who, expelled from their countries, make the painful and dangerous journey across Latin America to reach the United States. The project brought together <a href="https://migrantes-otro-mundo.elclip.org/los-aliados.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">18 media organizations in 14 different countries</a> — including the OCCRP, El CLIP, and Bellingcat. The Museba Project told the story of the Cameroonians who died on this journey.</p>
<div id="attachment_1883697" class="wp-caption alignright" style="width: 758px;"><a href="https://awards.journalists.org/entries/indian-companies-are-bringing-one-of-the-worlds-most-toxic-industries-to-africa-people-are-getting-sick-2/" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><img class="wp-image-1883697" src="https://gijn.org/wp-content/uploads/2024/11/Online-Journalism-Award-Museba-Project-lead-battery-recycling-771x751.png" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" srcset="https://gijn.org/wp-content/uploads/2024/11/Online-Journalism-Award-Museba-Project-lead-battery-recycling-771x751.png 771w, https://gijn.org/wp-content/uploads/2024/11/Online-Journalism-Award-Museba-Project-lead-battery-recycling-336x327.png 336w, https://gijn.org/wp-content/uploads/2024/11/Online-Journalism-Award-Museba-Project-lead-battery-recycling-768x748.png 768w, https://gijn.org/wp-content/uploads/2024/11/Online-Journalism-Award-Museba-Project-lead-battery-recycling.png 976w" alt="Online Journalism Award - Museba Project lead battery recycling" width="758" height="738" aria-describedby="caption-attachment-1883697" /></a></p>
<p id="caption-attachment-1883697" class="wp-caption-text"><em>The Museba Project’s investigation into a lead-acid battery recycling plant and its health impact on nearby communities was nominated for a 2024 Online Journalism Award. Image: Screenshot, Online Journalism Awards</em></p>
</div>
<p dir="ltr">In 2023, The Museba Project worked with The Examination, a US-based nonprofit newsroom (and new GIJN member) to uncover how the <a href="https://www.themusebaproject.org/special-reports/human-rights-violations-special-reports/lindustrie-nous-tue-des-enfants-vivant-pres-des-usines-de-recyclage-des-batteries-au-plomb-souffrent-dinfection-pulmonaire-de-retard-de-croissance-et-de-troubles-respiratoires/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">recycling of lead batteries by Indian companies is destroying the health of local populations</a> in Cameroon and Congo-Brazzaville. The investigation was nominated for a <a href="https://awards.journalists.org/entries/indian-companies-are-bringing-one-of-the-worlds-most-toxic-industries-to-africa-people-are-getting-sick-2/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">2024 Online Journalism Award in the Excellence in Social Justice Reporting category</a>.</p>
<p dir="ltr">For Will Fitzgibbon, senior reporter and partnership coordinator at The Examination, who has worked with the newsroom as a partner and a trainer, The Museba project “is trying to create something new that doesn’t exist, and in a political and economic landscape that is a challenge.”</p>
<p dir="ltr">“It is vital to have something like the Museba Project that can act as a source and unifying factor for investigative reporting in the region, encouraging and training not only Cameroonian reporters but those from Chad, Congo, and other countries where freedom of the press is a challenge,” he explains.</p>
<h3 dir="ltr">‘Wall of Insecurity’</h3>
<p dir="ltr">One of The Museba Project’s biggest challenges is fear among journalists in the region. Due to the kidnapping, assassination, imprisonment, or harassment of their colleagues, many choose not to pursue investigative journalism. Several trained journalists have abandoned the field.</p>
<p dir="ltr">“We meet more and more journalists who desist,” Locka observes. “It’s a difficulty because these are talented young people who really want things to change, but they are facing a wall of insecurity.”</p>
<p dir="ltr">Those who keep going also face a lot of risks. Many Museba journalists have been harassed and one from DRC was forced into exile in Canada.</p>
<p dir="ltr">When he worked on his investigation <a href="https://infocongo.org/en/how-rosewood-is-stolen-in-cameroon-laundered-in-nigeria-and-exported-to-china/#:~:text=%5B%E2%80%A6%5D&amp;text=Environmental%20Crime%2C%20Forests-,As%20rosewood%20is%20getting%20rarer%20in%20Nigerian%20forests%2C%20traffickers%20wanting,fraudulent%20timber%20before%20exporting%20it." target="_blank" rel="noopener noreferrer">How Rosewood is Stolen in Cameroon, Laundered in Nigeria, and Exported to China,</a> Locka received various threats and even calls from one of Nigeria’s most notorious traffickers. After the investigation was published, the Convention on International Trade in Endangered Species of Wild Fauna and Flora (known as “CITES”) suspended the trade of this species in Cameroon. Two years later, the government opened an investigation into rosewood trafficking between the two countries.</p>
<p dir="ltr">“The work of a good investigative journalist is to restore the truth,” says Fiacre Salabé, bureau chief for The Museba Project in the Central African Republic. Since he joined the organization in 2021, he has published stories about Chinese companies and forestry royalties. After publishing a story about a minister involved in corruption, he faced physical violence and persecution and received death threats. “I left the country to Cameroon for two years, between 2022 and 2024. Just long enough for the threat to drop a bit,” Salabé recalls.</p>
<h3 dir="ltr">Young Organization</h3>
<p dir="ltr">Journalist safety, and the perennial problem of access to sources, are not the only obstacles to Museba’s development. Like many newsrooms around the world, the organization is struggling with funding. At the beginning, journalists used their personal funds to finance their work.</p>
<aside dir="ltr">“The country now needs journalism that gives itself time to investigate… The Museba Project is an initiative to be encouraged.” — Thomas Atenga, communications professor at Cameroon’s University of Douala</aside>
<p dir="ltr">Over the years, the project has received grants from foundations and other organizations, such as the European Journalism Fund and the Pulitzer Center. In some cases, NGOs have approached The Museba Project to provide training for journalists.</p>
<p dir="ltr">However, the media company is currently at a crossroads — it’s hoping to diversify its revenue streams to become financially independent. According to Locka, it is planning, for example, to produce documentaries to sell in the future. “As a young organization, we need support. Those who want to support us can approach us,” he says.</p>
<p dir="ltr">“At a time when influencers and other whistleblowers have monopolized hot news, the country now needs journalism that gives itself time to investigate,” explains Professor Thomas Atenga, who teaches in the communications department at Cameroon’s University of Douala. “The Museba Project is an initiative to be encouraged.”</p>
<p dir="ltr">For Locka, despite these financial difficulties, one of The Museba Project’s ambitions is to train an army of investigative journalists who will be able to investigate corruption, human rights violations, illicit finance flows, and more.</p>
<p dir="ltr">The aim is not to get as many journalists as possible to join the news outlet, he says, but to promote investigative journalism, its fundamentals and techniques, and to make as many people as possible aware of the importance of the field, which is not yet very developed in the region.</p>
<p dir="ltr">“If you’ve got more investigative journalists in five or 10 years, it’s going to be hard to silence all those voices,” Locka explains. “We’re aware of the danger, but we’re doing it because it’s a choice and we’re taking the precautions we can. The most important thing is that we have sown the seed of investigation.”</p>
<p dir="ltr">
<p dir="ltr">Source: <a href="https://gijn.org/stories/africa-focus-member-profile-museba-project/">GIJN</a></p>
<p>The post <a rel="nofollow" href="https://www.themusebaproject.org/a-la-une/sowing-the-seed-the-museba-projects-ambitious-investigative-journalism-in-central-africa/">‘Sowing the Seed:’ The Museba Project’s Ambitious Investigative Journalism in Central Africa</a> appeared first on <a rel="nofollow" href="https://www.themusebaproject.org">The Museba Project</a>.</p>
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		<title>Après les révélations de The Museba Project, le ministre camerounais des forêts ouvre une enquête sur le trafic illégal de bois entre le Cameroun et le Nigeria</title>
		<link>https://www.themusebaproject.org/special-reports/apres-les-revelations-de-the-museba-project-le-ministre-camerounais-des-forets-ouvre-une-enquete-sur-le-trafic-illegal-de-bois-entre-le-cameroun-et-le-nigeria/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=apres-les-revelations-de-the-museba-project-le-ministre-camerounais-des-forets-ouvre-une-enquete-sur-le-trafic-illegal-de-bois-entre-le-cameroun-et-le-nigeria</link>
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		<dc:creator><![CDATA[The Newsroom]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Aug 2024 19:21:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A La Une]]></category>
		<category><![CDATA[Corruption]]></category>
		<category><![CDATA[Special Reports]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le ministre des forêts et de la faune vient d&#8217;ouvrir une enquête entre le Cameroun et le Nigeria qui vise le trafic illégal des espèces fauniques protégées par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d&#8217;extinction, CITES. Le 12 Août 2024, Jules Doret Ndongo a adressé une [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;">Le ministre des forêts et de la faune vient d&rsquo;ouvrir une enquête entre le Cameroun et le Nigeria qui vise le trafic illégal des espèces fauniques protégées par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d&rsquo;extinction, CITES.</p>
<p style="text-align: center;">Le 12 Août 2024, Jules Doret Ndongo a adressé une correspondance aux délégués des régions de l&rsquo;Extrême nord, du nord, de l&rsquo;Adamaoua, du Littoral et du Sud.</p>
<p style="text-align: center;">Le ministre demande à ces collaborateurs de « <em>bien vouloir mener des investigations(&#8230;) sur la situation des échanges commerciaux avec le Nigeria sur les espèces concernées en termes des statistiques sur les exportations et importations, les procédures réglementaires appliquées, les sources d&rsquo;approvisionnement, les activités illégales le cas échéant</em>« .</p>
<p style="text-align: center;"><img class="alignleft size-full wp-image-3643" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2024/08/image.jpg" alt="" width="1240" height="1755" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2024/08/image.jpg 1240w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2024/08/image-212x300.jpg 212w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2024/08/image-724x1024.jpg 724w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2024/08/image-768x1087.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2024/08/image-1085x1536.jpg 1085w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2024/08/image-600x849.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2024/08/image-750x1061.jpg 750w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2024/08/image-1140x1613.jpg 1140w" sizes="(max-width: 1240px) 100vw, 1240px" /></p>
<p style="text-align: center;">Le 25 avril 2023, le ministre  Ndongo  avait dans un<a href="https://www.minfof.cm/admin/files/com0072_du_25_04_2023.pdf"> communiqué</a> invité les opérateurs économiques de la filière bois a se rapprocher de l&rsquo;organe de gestion CITES-flore et les autorités compétentes pour  l&rsquo;élaboration des avis de commerce de trois espèces arborescentes parmi lesquels le bois de rose, de son nom scientifique « Pterocarpus erinaceus ».</p>
<p style="text-align: center;">Ces sorties du ministre des forêts et de la faune arrivent quelques années après <a href="https://www.themusebaproject.org/investigation/exploitation-forestiere-crime-corruption-bois-de-rose-vole-cameroun-blanchi-nigeria-expedie-chine/">l&rsquo;investigation de The Museba Project</a> qui a en janvier 2022  révélé pour la première fois le trafic illégal de bois de rose entre le Cameroun, le Nigeria et la Chine. Une activité de contrebande qui affecte l&rsquo;environnement, les communautés riveraines et les finances publiques.</p>
<p style="text-align: center;">Après la publication de l&rsquo;article, la CITES a sanctionné le Cameroun en interdisant le commerce de bois de rose. Depuis lors, la CITES accompagne le gouvernement camerounais à renforcer la protection du bois de rose, encore appelé « Kosso » dans la région du nord d&rsquo;où commence la contrebande.</p>
<p style="text-align: center;">Le ministre Ndongo dit attendre les rapports de ses collaborateurs pour « compléter les analyses en cours sur les mesures à prendre visant à anticiper des projets d&rsquo;inscription en annexe 1 ou 2 de la CITES ».  L&rsquo;enjeu est de faire lever la sanction de la CITES pour permettre au pays d&rsquo;ouvrir ces espèces arborescentes à l&rsquo;exploitation forestière industrielle.</p>
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		<title>« L&#8217;industrie nous tue » : des enfants vivant près des usines de recyclage des batteries au plomb souffrent d&#8217;infection pulmonaire, de retard de croissance et de troubles respiratoires</title>
		<link>https://www.themusebaproject.org/special-reports/human-rights-violations-special-reports/lindustrie-nous-tue-des-enfants-vivant-pres-des-usines-de-recyclage-des-batteries-au-plomb-souffrent-dinfection-pulmonaire-de-retard-de-croissance-et-de-troubles-respiratoires/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=lindustrie-nous-tue-des-enfants-vivant-pres-des-usines-de-recyclage-des-batteries-au-plomb-souffrent-dinfection-pulmonaire-de-retard-de-croissance-et-de-troubles-respiratoires</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Christian LOCKA]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 Dec 2023 15:09:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A La Une]]></category>
		<category><![CDATA[Human rights violations]]></category>
		<category><![CDATA[Investigation]]></category>
		<category><![CDATA[batteries au plomb]]></category>
		<category><![CDATA[Cameroun]]></category>
		<category><![CDATA[contamination]]></category>
		<category><![CDATA[Ganesha Cameroon]]></category>
		<category><![CDATA[Kyzen global]]></category>
		<category><![CDATA[metafrique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>A chaque coucher de soleil, Agathe Ngo Nkot aime se detendre au lieu dit carrefour Bana, un coin ambiancé du quartier Oyack dans le 3e arrondissement de la capitale économique du Cameroun. Assise près d&#8217;un baffle qui vomit de la musique urbaine, elle hausse la voix pour se faire entendre par deux femmes qui se [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>A chaque coucher de soleil, Agathe Ngo Nkot aime se detendre au lieu dit carrefour Bana, un coin ambiancé du quartier Oyack dans le 3e arrondissement de la capitale économique du Cameroun. Assise près d&rsquo;un baffle qui vomit de la musique urbaine, elle hausse la voix pour se faire entendre par deux femmes qui se font belles devant le géant miroir d&rsquo;un salon de coiffure.</p>
<p>Agathe, 41 ans, réside depuis deux ans à une centaine de mètres du carrefour Bana. Si elle se sent chaque fois heureuse de retourner à cet endroit bruyant, ce n&rsquo;est pas seulement pour se faire plaisir avec ses proches. Elle profite des échanges, dit-elle, pour oublier un instant les soucis de santé de Princesse et Jules Merlin, ses deux enfants en bas âge venus au monde quand elle vivait près des usines de recyclage de batteries au plomb usagées.</p>
<figure id="attachment_3609" aria-describedby="caption-attachment-3609" style="width: 2560px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-full wp-image-3609" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/12/plomb-9-scaled.jpg" alt="" width="2560" height="1700" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/12/plomb-9-scaled.jpg 2560w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/12/plomb-9-300x199.jpg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/12/plomb-9-1024x680.jpg 1024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/12/plomb-9-768x510.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/12/plomb-9-1536x1020.jpg 1536w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/12/plomb-9-2048x1360.jpg 2048w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/12/plomb-9-600x399.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/12/plomb-9-750x498.jpg 750w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/12/plomb-9-1140x757.jpg 1140w" sizes="(max-width: 2560px) 100vw, 2560px" /><figcaption id="caption-attachment-3609" class="wp-caption-text">Des habitants font du commerce devant l »usine de recyclage des batteries au plomb de Kyzen Global Sarl, avec un toit bleu, au carrefour Bana. Douala Cameroun, 22 novembre 2023</figcaption></figure>
<p>Agathe a remarqué à sa naissance que Jules Merlin se portait bien, dit-elle. Plus tard, elle découvre que son petit garçon aujourd&rsquo;hui âgé de trois ans ne s&rsquo;exprime toujours pas. Alors que son entourage cherche encore à comprendre la cause de cette anomalie de croissance, Agathe a donné vie il y a six mois à sa dernière fille, Princesse, qui a contracté une infection pulmonaire. Avec ce second coup dur, Agathe a pris peur et a quitté le carrefour Bana. Elle suspecte les fumées des usines d&rsquo;être à l&rsquo;origine des malheurs de ses enfants.</p>
<p>« Je me dis que cela est arrivé à cause des odeurs de fumées qui provenaient de la zone industrielle et qui entraient dans la maison », dit Agathe en berçant Princesse dans ses bras. « Les odeurs venaient des gens qui fabriquent les batteries ».</p>
<p>Agathe a raison de se faire du souci. A son insu, des <a href="http://www.okinternational.org/docs/Soil%20contamination%20Lead%20Recycling%20Plants%20Cameroon%202023%20final_FR2.pdf">scientifiques</a> ont récemment prélevé des échantillons de sols à l’intérieur et aux environs des usines de Kyzen Global sarl, Metafrique Cameroun et Ganesha Cameroon, trois entreprises spécialisées dans le recyclage des batteries au plomb usagées dans la capitale économique. Après analyses, les experts ont révélé que les endroits où vivent les communautés riveraines des usines contiennent des niveaux de « contamination importante » au plomb qui ont des effets négatifs sur la santé humaine.</p>
<p>« La fabrication et le recyclage des batteries au plomb sont des industries extrêmement dangereuses », a déclaré Perry Gottesfeld, le Directeur exécutif de Occupational Knowledge International (OK International), une ONG basée aux Etats-Unis ayant participé à l&rsquo;analyse des échantillons de sols et  qui utilise des stratégies innovantes pour réduire l&rsquo;exposition aux polluants industriels.  « Car, ces processus impliquent la fusion du plomb, ce qui libère des fumées de plomb en suspension dans l&rsquo;air qui sont facilement absorbées », a ajouté Gottesfeld.</p>
<p>Les experts déclarent en outre que les enfants exposés aux fumées de plomb sont plus vulnérables.</p>
<p>Pendant des mois, The Museba Project et le journal américain The Examination ont enquêté sur l&rsquo;état de santé des enfants qui naissent et grandissent  près des industries  de recyclage des batteries au plomb à Douala, et ont trouvé que plusieurs d&rsquo;entre eux souffrent de retards de croissance, d&rsquo;infections pulmonaires, d&rsquo;étourdissement, de vomissements, et de troubles de l&rsquo;humeur.</p>
<p>« L&rsquo;intoxication au plomb est peu recherchée dans notre contexte », a déclaré à The Museba Project Dr Wagou Nintcheu Irène, médecin biologiste à Yaoundé. « La raison la plus importante étant que la majorité des cas est asymptomatique pendant des semaines à plusieurs mois ».</p>
<h3><strong>Des Odeurs toxiques</strong></h3>
<p>A Oyack, la zone industrielle de Bassa (Ziba) a longtemps été une fierté. La ziba est gérée depuis sa création en 1984 par la Mission d&rsquo;Aménagement et de Gestion des Zones Industrielles(Magzi), un organisme de l&rsquo;Etat chargé de promouvoir et de gérer les zones industrielles.</p>
<p>La Ziba qui s&rsquo;étale sur une superficie de 150 hectares encadre près de 150 entreprises opérant dans des secteurs d’activité comme le sciage industriel, la métallurgie, le recyclage, la production. Les patrons d’entreprises ont créé il ya 5 ans l’Association des entreprises de la zone industrielle MAGZI Douala/Bassa dénommée « EZIMAD’ ».</p>
<p>L’une des missions de l’Association est de «diminuer les impacts environnementaux des entreprises  en les aidant à se mettre en conformité » avec la règlementation environnementale. The Museba Project a demandé au secrétaire permanent de l&rsquo;Association si les effets du recyclage des batteries au plomb sur les communautés riveraines préoccupe Ezimad.</p>
<p>«Ezimad repose sur le concept de symbiose industrielle qui comprend une approche plus globale des différents types de coopération industrielle », a déclaré Marcel Dimitri Beat dans un message électronique. Difficile à comprendre tout de même. Et lorsqu’une entreprise ne respecte pas la réglementation environnementale ? « Vous êtes sans ignorer que la plus grande arme pour impacter les gens est la sensibilisation», a conclu le secrétaire permanent de Ezimad, également expert en développement durable.</p>
<p>Si Ezimad ne le fait pas, des scientifiques s’intéressent aux conséquences des activités de recyclage des batteries au plomb.</p>
<p>Le 6 juillet 2023, des experts de OK International et du Centre de Recherche et d’Education pour le Développement (CREPD), ont prélevé des échantillons de sols sur une profondeur maximale de 3 centimètres près des barrières, à l&rsquo;intérieur et à l&rsquo;extérieur des usines de Ganesha Cameroon sarl, Metafrique Cameroun S.A et Kyzen Global sarl. Cette étude commandée par The Examination était nécessaire pour avoir des donnés factuelles sur l&rsquo;impact de cette industrie sur l&rsquo;environnement et la santé des populations, selon Dr Gilbert Kuepouo, géochimiste et directeur exécutif de CREPD, une ONG camerounaise qui promeut le développement durable par la gestion rationnelle des produits chimiques et des produits dangereux.</p>
<p>Il y avait  » un souci de fixer le fond chimique du plomb dans le sol », a déclaré Dr Kuepouo.</p>
<figure id="attachment_3607" aria-describedby="caption-attachment-3607" style="width: 2560px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-full wp-image-3607" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/12/plomb8-scaled.jpg" alt="" width="2560" height="1707" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/12/plomb8-scaled.jpg 2560w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/12/plomb8-300x200.jpg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/12/plomb8-1024x683.jpg 1024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/12/plomb8-768x512.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/12/plomb8-1536x1024.jpg 1536w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/12/plomb8-2048x1365.jpg 2048w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/12/plomb8-600x400.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/12/plomb8-750x500.jpg 750w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/12/plomb8-1140x760.jpg 1140w" sizes="(max-width: 2560px) 100vw, 2560px" /><figcaption id="caption-attachment-3607" class="wp-caption-text">Gilbert Kuepouo, (54) (C), docteur en géochimie et coordinateur du CREPD, délimite la zone de prélèvement des échantillons de sol à l&rsquo;usine Metafrique. Douala, 5 juillet 2023, Cameroun</figcaption></figure>
<p>&nbsp;</p>
<p>Le plomb est un métal hautement toxique qui produit une série d&rsquo;effets néfastes sur la santé, en particulier chez les jeunes enfants. Il est classé parmi les 10 substances chimiques les plus toxiques par l&rsquo;OMS qui ne lui reconnait aucun niveau d&rsquo;exposition qui ne soit sans danger sur la santé. Selon une étude récente, le plomb est responsable de plus de 5,5 millions de décès chaque année dans le monde.</p>
<p>Malgré sa nocivité, le plomb est présenté comme la clé de l&rsquo;avenir des énergies renouvelable, des transports, des télécommunications et même de l&rsquo;agriculture. Les batteries au plomb représentent plus de 90 % de la consommation mondiale de plomb et constituent l&rsquo;une des seules utilisations croissantes du plomb, disent les experts. Cela explique la chasse au plomb que mène l&rsquo;industries de recyclage des batteries usagées.</p>
<p>Temé Samba,  un citoyen malien âgé de 50 ans, est propriétaire d&rsquo;un point de collecte des batteries au plomb usagées situé au cœur de Bépanda, un quartier populeux de Douala. Il achète les batteries en fonction du voltage auprès de petits débrouillards, dit-il. Lorsque les stocks sont importants, Samba revend ces batteries par tonnage à des entreprises industrielles de recyclage parfois à plus de 60.000 FCFA($99) l&rsquo;unité.</p>
<p>« Ces entreprises nous délivrent des documents pour faciliter le transport des batteries jusqu&rsquo;à l&rsquo;usine », explique Samba debout devant une pile de batteries de divers marques. Il dit avoir gagné « un peu » d&rsquo;argent depuis 15 ans qu&rsquo;il est collecteur sans dévoiler les montants. Il est ce pendant conscient des conséquences de la manipulation des batteries au plomb sur la santé et a commencé à prendre des précautions longtemps à l&rsquo;avance .</p>
<p>« Quand je finis de travailler le soir, je me nettoie d’abord les mains avec de l’alcool avant de rentrer à la maison. Mes habits de travail, je les range dans un coin de mon magasin », dit Samba, père de 8 enfants. « Je me protège et je protège aussi ma femme et mes enfants parce que s’ils tombent malades,  personne ne va m’aider à les soigner ».</p>
<p>Les résultats de la recherche intitulée « Etude sur la contamination des sols dans les usines de recyclage des batteries au plomb à Douala au Cameroun » ont révélé que les niveaux de contamination de sol à l&rsquo;intérieur des trois usines montaient jusqu&rsquo;à 7,6 % , près des clôtures 15% et plus de 2% dans les usines.</p>
<p>L&rsquo;Agence de Protection de l&rsquo;Environnement des Etats-Unis, EPA en anglais, considère 0,08% comme une valeur de référence pour l&rsquo;élimination des sols contaminés dans les quartiers résidentiels et 0, 04 % pour les sites résidentiels.</p>
<p>Agathe Ngo Nkot avait plusieurs fois remarqué que le vent déposait des particules sur les feuilles de légumes et les meubles aux alentours. Mais, lorsque les fumées envahissaient les habitations, elle pensait faire du bien à ses enfants en les enfermant dans la maison.</p>
<p>« Je laissais les enfants dans la maison et je fermais la porte avant de partir parce que je ne supportais pas ces odeurs qui m&rsquo;intoxiquaient », dit Agathe. « Je me protège avec un cache-nez quand je vais acheter quelque chose ».</p>
<p>Les soucis d&rsquo;Agathe ont commencé quelques jours après la naissance de son fils Jules Merlin. « Il a un problème : il ne parle pas,  il a un retard de sortir les mots. Je me disais que peut être sa langue est collée mais on a dit qu’il n’y a rien », explique Agathe. « On m’a dit que s’il y avait de l’argent je devais l’inscrire à l’école et il pourra changer ».</p>
<p>L&rsquo;exposition à des niveaux excessifs de plomb peut provoquer des lésions cérébrales, affecter la croissance de l&rsquo;enfant, endommager les reins, nuire à l&rsquo;audition, provoquer des vomissements, des maux de tête et une perte d&rsquo;appétit, ainsi que des problèmes d&rsquo;apprentissage et de comportement, selon les experts. Les fœtus, les nourrissons et les enfants sont particulièrement vulnérables à l&rsquo;exposition au plomb par rapport aux adultes, car le plomb est plus facilement absorbé par les organismes en croissance. En outre, les tissus des jeunes enfants sont plus sensibles aux effets nocifs du plomb.</p>
<p>Agathe n&rsquo;est pas parvenue à envoyer l&rsquo;enfant à l&rsquo;école faute de moyens ; ses effets personnels sont entassés dans un coin de la salle de séjour d&rsquo;une bienfaitrice qui l&rsquo;héberge avec ses enfants. Agathe ne travaille pas, elle vit au dépends de son voisinage. « Les gens me viennent en aide. Ma voisine qui vend la nourriture me donne souvent à manger . La maman chez qui j’habite me nourrit également ».</p>
<h3><strong>« Il respire fortement »</strong></h3>
<p>Quelques semaines après sa naissance, sa fille Princesse était devenue une nouvelle source d&rsquo;inquiétude à cause de son état de santé. « Pour mon bébé Princesse, au lieu de prendre du poids, elle maigrit plutôt », raconte Agathe, en ajustant la casquette posée sur ses cheveux. « A l’hôpital, on a d&rsquo;abord dit que c’est la malnutrition. Plus tard, on a découvert à l’hôpital qu’elle avait l’infection pulmonaire ».</p>
<p>Après le traitement, Agathe dit avoir fait une radio qui a attesté que Princesse ne souffre plus d&rsquo;infection pulmonaire.</p>
<p>Kyzen Global sarl est une entreprise membre de Ezimad qui dispose d’une usine de recyclage des batteries au plomb située au carrefour Bana à proximité d’un bloc d’habitations clairsemées où vivent environ 2000 personnes.</p>
<p>Depuis juillet 2016, Kyzen a obtenu des autorités gouvernementales un permis environnemental qui donne la possibilité à cette entreprise contrôlée par des indiens d&rsquo;effectuer des opérations d&rsquo;import-export avec ses partenaires étrangers, en majorité d&rsquo;origine indienne. D’après les données de la douane camerounaise, une firme indienne a livré pour plusieurs dizaines de millions de FCFA des centaines de pièces du four rotatif et des sacs de filtration à Kyzen via le port de Kribi en 2021.</p>
<p>Sur le plan environnemental, les experts disent avoir trouvé des niveaux de plomb allant à 1,6 % à l&rsquo;usine, 15% au niveau de la clôture et ces experts parlent d&rsquo;une « contamination importante ».</p>
<p>« Christian souffre de problèmes respiratoires, quand ça commence, il respire fortement », explique Virginie en épluchant les pommes de terre près de son petit-fils de 9 mois profondément endormi.</p>
<figure id="attachment_3611" aria-describedby="caption-attachment-3611" style="width: 2560px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-full wp-image-3611" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/12/plomb-2-1-scaled.jpg" alt="" width="2560" height="1700" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/12/plomb-2-1-scaled.jpg 2560w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/12/plomb-2-1-300x199.jpg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/12/plomb-2-1-1024x680.jpg 1024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/12/plomb-2-1-768x510.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/12/plomb-2-1-1536x1020.jpg 1536w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/12/plomb-2-1-2048x1360.jpg 2048w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/12/plomb-2-1-600x399.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/12/plomb-2-1-750x498.jpg 750w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/12/plomb-2-1-1140x757.jpg 1140w" sizes="(max-width: 2560px) 100vw, 2560px" /><figcaption id="caption-attachment-3611" class="wp-caption-text">Virginie Talom en compagnie de son petit fils et de son fils Christian( en blanc). Douala, 22 novembre 2023.</figcaption></figure>
<p>Talom Virginie est tenante d&rsquo;un restaurant spécialisé dans la vente de mets locaux situé à une vingtaine de mètres de l&rsquo;usine de Kyzen. Deux des trois enfants de Virginie, Christian 14 ans et Stéphane 10 ans, ont régulièrement des problèmes de santé.</p>
<p>Virginie dit avoir fait des examens médicaux qui ont tous été négatifs. A l&rsquo;Hôpital, le personnel lui a expliqué que la voie respiratoire de Christian est « petite » mais devait s&rsquo;élargir au fur et à mesure que l&rsquo;enfant prendrait de l&rsquo;âge. Il n y a toujours pas de changement, dit-elle.</p>
<p>« Quand il tousse, il dit qu’il a mal aux côtes ».</p>
<p>Depuis deux mois, les narines de Stéphane coulent tous les matins, dit Virginie qui vit dans le bloc depuis 2008. « Quand c’est ainsi, je lui donne des médicaments et ça calme puis ça revient plus tard », explique Virginie. Elle dit qu&rsquo;elle nettoie plusieurs fois les ustensiles du restaurant souvent envahis par des particules provenant des fumées.</p>
<p>Les batteries au plomb contiennent de l&rsquo;acide sulfurique et de grandes quantités de plomb, fait savoir l&rsquo;EPA. L&rsquo;acide, est extrêmement corrosif, constitue un bon vecteur pour le plomb soluble et les particules de plomb. Si l&rsquo;acide s&rsquo;écoule sur le sol, il peut contaminer le sol, qui devient alors une source de particules de plomb à mesure que la solution se dessèche et que le plomb s&rsquo;incorpore aux particules de sol qui peuvent être soulevées par le passage des véhicules ou emportées par le vent.</p>
<p>Une autre riveraine, Liliane Judith, 33 ans, dit qu&rsquo;elle fait boire de temps à autre du lait non sucré à ses deux filles âgées de 4 et 7 ans qui souffrent de toux, de grippe et de vomissements.</p>
<h3><strong>L&rsquo;industrie qui apporte le développement nous tue</strong></h3>
<p>« Même la nuit, la fumée nous empêche d&rsquo;étudier à la maison et de dormir, ça me choque parce qu&rsquo;on doit avant tout préserver l&rsquo;environnement », se lamente Christian Tonang, élève en classe de terminale scientifique au Lycée d&rsquo;Oyack.</p>
<p>« La même industrie qui nous dit qu’elle apporte le développement et celle qui nous tue par la suite ».</p>
<p>Une partie de la population avait manifesté sa colère au moment où elle avait été déguerpie par les autorités pour que Kyzen s&rsquo;installe. Plus tard, plusieurs jeunes sans emploi avaient vu en l&rsquo;arrivée de Kyzen une occasion de sortir de la précarité mais ils ont changé d&rsquo;avis, dit Paul Siledjé, le chef du bloc 7.</p>
<p>« Ces jeunes gens ont abandonné à cause de la forte chaleur, la fumée toxique et les mauvaises conditions de travail », a dit Siledjé à The Museba Project au cours. « Ils travaillaient parfois pied-nu, sans masque de protection, sans casque ni gang, ils n’ont aucun équipement de protection individuelle, de sécurité et de suivi ».</p>
<p>Siledjé a dit qu&rsquo;il s&rsquo;est installé dans la localité il y a 30 ans et est devenu chef de bloc depuis 15 ans. Il dit que sa population se plaint de la fumée et d&rsquo;autres déchets en provenance de l&rsquo;usine de recyclage des batteries mais il leur dit qu&rsquo;il ne peut rien faire.</p>
<p>« Les eaux mélangées à de l’acide et du plomb qui sortent de l’usine coulent jusqu’au bas fond dans les marécages où jouent les petits enfants », a expliqué Siledjé.</p>
<p>Le chef du bloc dit avoir constitué une délégation de riverains qui a rencontré un responsable de Kyzen.</p>
<p>« Là-bas, le responsable nous a fait savoir qu’il a tous les papiers qui l’autorisent à s’installer dans cette zone », a déclaré Silédjé .  » Je n’ai aucun pouvoir pour leur dire de quitter ».</p>
<p>Kyzen Global sarl  n&rsquo;a pas repondu aux questions de The Museba Project malgré plusieurs relances.</p>
<p>Le Cameroun est connu comme étant l&rsquo;un des pays ayant un taux d&#8217;emploi faible en milieu urbain. Tous les jours, des chercheurs d&#8217;emploi sont prêts à faire les activités les plus incroyables dans les métropoles comme Douala pour gagner leur vie; mais quand il s&rsquo;agit de travailler dans une usine de recyclage de batteries  au plomb usagées, peu de monde est intéressé.</p>
<figure id="attachment_3605" aria-describedby="caption-attachment-3605" style="width: 2560px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-full wp-image-3605" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/12/plomb-1-scaled.jpg" alt="" width="2560" height="1700" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/12/plomb-1-scaled.jpg 2560w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/12/plomb-1-300x199.jpg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/12/plomb-1-1024x680.jpg 1024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/12/plomb-1-768x510.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/12/plomb-1-1536x1020.jpg 1536w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/12/plomb-1-2048x1360.jpg 2048w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/12/plomb-1-600x399.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/12/plomb-1-750x498.jpg 750w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/12/plomb-1-1140x757.jpg 1140w" sizes="(max-width: 2560px) 100vw, 2560px" /><figcaption id="caption-attachment-3605" class="wp-caption-text">Liliane donne à manger à sa fillette qui souffre de troubles respiratoires. Douala, 22 novembre 2023.</figcaption></figure>
<p>Metafrique Cameroun, une autre usine de recyclage des batteries au plomb se trouve à environ 5oo mètres des installations de Kyzen. Les experts disent avoir prélevé un échantillon de sols dans la zone résidentielle d&rsquo;Oyack à proximité d&rsquo;une école, d&rsquo;un hôpital, des magasins d&rsquo;alimentation et avoir trouvé des niveaux de plomb 20 fois supérieurs à ce que l&rsquo;EPA considère comme une menace pour la santé publique.</p>
<p>« L&rsquo;échantillon de sol doit avoir été prélevé dans la zone de stockage des déchets de batteries. Si tel était le cas, l&rsquo;échantillon prélevé contiendrait 100 %, sans quoi je ne peux pas justifier d&rsquo;autres raisons », a déclaré Ahmed Jaber, le directeur général de Metafrique Cameroun dans une interview avec The Examination.</p>
<p>Metafrique Cameroun, titulaire d&rsquo;un permis environnemental obtenu des autorités en avril 2014, sous traite son activité de recyclage à une Pme camerounaise qui embauche et paie des ouvriers.</p>
<p>Arun Goswami qui est présenté dans les documents de la justice et de la zone franche industrielle comme le PDG de Metafrique Cameroun a dans une interview accordée à The Examination, déclaré que « ni moi ni ma famille ne détenons d&rsquo;actions dans les sociétés du groupe Metafrique, que ce soit directement ou indirectement ».</p>
<p>Mirabelle et Minette vendent de la nourriture dans les gargotes à une dizaine de mètres de l&rsquo;usine de Metafrique. Quand les émissions de fumées de l&rsquo;usine se font menaçantes,  elles protègent les narines avec des mouchoirs ou des cache-nez, disent-elles.  Après le restaurant,  ces mères de famille  regagnent leur domicile, accueillies par de petits enfants qui touchent leurs vêtements et ustensiles couverts de particules nocives.</p>
<p>« C&rsquo;est Dieu qui nous protège », dit Mirabelle. « On ne m&rsquo;a jamais dit que l&rsquo;enfant a telle maladie à cause de la fumée que j&rsquo;avale », dit Minette.</p>
<p>En 2013, l&rsquo;Association des journalistes africains pour l&rsquo;environnement(Ajafe) avait publié un rapport accusant Metafrique Cameroun d&rsquo;avoir rendu malades les employés et les résidents proches de l&rsquo;usine, en signalant des cas de toux, de nausées et d&rsquo;éruptions cutanées.</p>
<p>« Je n&rsquo;ai pas connaissance d&rsquo;un tel rapport. S&rsquo;il existe, il doit être faux et considéré comme de la propagande », a dit Ahmed Jaber à The Examination.</p>
<p>En 2018, un <a href="http://www.okinternational.org/docs/Lead%20Soil%207%20Countries%202018.pdf">article</a> scientifique a examiné la présence de plomb dans le sol à l&rsquo;intérieur et autour des usines de recyclage de batteries plomb-acide en Afrique. Metafrique Cameroun était l&rsquo;une des entreprises concernées.</p>
<p>Le sol testé à l&rsquo;extérieur de l&rsquo;usine Metafrique a donné le résultat le plus élevé au Cameroun et le troisième plus élevé en Afrique : 19 000 milligrammes de plomb par kilogramme. Ce résultat est près de 50 fois supérieur à ce que l&rsquo;EPA considère comme une valeur de référence pour l&rsquo;élimination des sols contaminés dans les quartiers résidentiels.</p>
<p>Ahmed Jaber dit n&rsquo;avoir « aucune idée » de ce rapport.</p>
<p>Goswami a déclaré que « nous avons toujours respecté les normes locales et les exigences légales du pays dans lequel nous opérons ».</p>
<p>Le maire de la commune de Douala 3eme joint au téléphone n&rsquo;a pas souhaité répondre à The Museba Project. Un cadre de la cette mairie, qui n&rsquo;était pas autorisé à parler à la presse a toutefois indiqué sous anonymat « on croyait que ces entreprises opèrent en symbiose avec les populations, on ne savait pas qu&rsquo;il y avait des plaintes ».</p>
<p>Un matin frais de novembre 2023, Henriette est vêtue d&rsquo;un vieux polo à col roulé, d&rsquo;un pantalon noir avec des chaussures en plastique aux pieds. A coups de houe, elle désherbe son champ de « ndolé » d’un demi-hectare situé près d’un mur défraichi de l’usine de Ganesha Cameroon sarl, en pleine zone franche d’entreprise de Bonaberi, à l&rsquo;Ouest de la ville de Douala.</p>
<p>Au Cameroun, le « ndolé » est aussi populaire que le football.</p>
<p>Ce plat local fait à base des feuilles vertes de vernonia fait saliver du monde pour son goût exquis. Auparavant, le vernonia était cultivé sur de petites portions près des habitations villageoises pour la consommation familiale. Avec le temps, la demande croissante du ndolé même au delà des frontières nationales a obligé des cultivateurs comme Henriette a acquérir des espaces plus vastes pour accroitre l&rsquo;offre.</p>
<p>Pendant les vacances, cette sexagénaire emmène ses petits fils au champ pour travailler mais elle se retrouve toujours seule quelques heures plus tard.</p>
<p>« Chaque fois, les enfants se grattent les yeux et sont intoxiquées par les odeurs fortes. Leur maman a insisté que les enfants continuent de travailler en se protégeant avec des cache-nez mais à un moment, c&rsquo;était devenu insupportable, elle a décidé que les enfants et elle ne mettront plus pied au champ », dit Henriette d&rsquo;un air abattu.</p>
<p>Au cours de leur visite en juillet dernier, les experts disent avoir recueilli un échantillon de sol à l&rsquo;intérieur de l&rsquo;usine de Ganesha près du hangar principal et deux autres échantillons « composites » à environ 100 et 350 mètres de l&rsquo;usine, précisément dans les champs agricoles environnants comme celui de Henriette. Ils ont</p>
<p>Les champs agricoles situés jusqu&rsquo;à une distance de 100 mètres de l&rsquo;usine avaient une concentration de plomb plus de 70 fois plus élevés que la valeur de référence de l&rsquo;EPA pour l&rsquo;élimination des sols contaminés dans les sites résidentiels.</p>
<p>Une mauvaise nouvelle pour les petits enfants de Henriette car les concentrations supérieures à 0,008% sont considérés comme dangereuses pour les enfants, disent les experts.</p>
<p>Les petits enfants de Henriette souffrent de toux, de grippe, dit-elle.  Ils devraient faire des tests pour dépister le plomb et connaitre l&rsquo;ampleur de la contamination, conseillent les scientifiques qui rappellent que le plomb est une substance chimique très toxique pour l&rsquo;organisme humain même lorsqu&rsquo;il est de faibles doses.</p>
<h3><strong>La réglementation manquante</strong></h3>
<p>« La population n&rsquo;est pas informée sur les facteurs de risque de contamination au plomb et encore moins des manifestations cliniques », a déclaré Dr Irène Wagou Nintcheu qui fait savoir qu&rsquo;il faut en moyenne 30.000 f CFA pour effectuer un test de plombémie.  » Sur un long terme, l&rsquo;intoxication peut entrainer un retard de croissance staturo-pondéral, un déficit intellectuel, une anémie réfractaire ».</p>
<p>The Museba project a adressé à sa demande un questionnaire à Ganesha Cameroon qui n&rsquo;a plus réagi.</p>
<p>Le Cameroun ne dispose pas d&rsquo;une réglementation spécifique qui encadre l&rsquo;industrie du recyclage des batteries au plomb usagées.  La loi sur les établissements classés dangereux, insalubres ou incommodes dit que les établissements générateurs de pollution solides, liquides ou gazeuses comme les usines doivent procéder à l’auto surveillance de leurs rejets. Et sont assujettis au paiement de la taxe annuelle de la pollution lorsqu&rsquo;ils polluent l&rsquo;environnement.</p>
<p>« Ces industries profitent de la faiblesse ou absence du cadre juridique pour ne pas investir dans les technologies propres et équipements de contrôle de pollution appropriés » a déclaré Dr Kuepouo.</p>
<p>Contacté dans le cadre de cet article,  le ministre de l&rsquo;environnement n&rsquo;a pas fait de commentaire.</p>
<p>Les experts ont également relevé d&rsquo;autres insuffisances à la charge des entreprises de recyclage: l&rsquo;absence d&rsquo;une station de traitement des effluents, le transport des batteries vers l&rsquo;usine dans des camions ordinaires, le démontage manuel des batteries par des travailleurs sans équipement de protection personnel adéquat, l&rsquo;absence d&rsquo;un système de gestion des flux de déchets dangereux, l&rsquo;absence d&rsquo;un système de ventilation ou de filtration de l&rsquo;air</p>
<p>« Il fautdrait qu&rsquo;on mette sur pied une commission chargée de faire du lobbying à l&rsquo;international pour contraindre ces entreprises à respecter les recommandations et rendre leur activité plus humaine », dit Alain Fréjus Ngompe, le directeur exécutif de Ajafe.</p>
<p>Agathe Ngo Nkot a perdu le sommeil à cause de ses enfants malades. Elle a perdu de vue son conjoint qui a « fui » après sa dernière grossesse. Maintenant, elle n&rsquo;a qu&rsquo;un souhait:  » que les fumées ne nous dérangent plus » .</p>
<p>Images: The Museba project et The Examination</p>
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		<title>Au Cameroun, les forces de l&#8217;ordre passent par des « indics » pour extorquer de l&#8217;argent aux citoyens</title>
		<link>https://www.themusebaproject.org/a-la-une/au-cameroun-les-forces-de-ordre-utilisent-des-indics-pour-extorquer-argent-aux-citoyens/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=au-cameroun-les-forces-de-ordre-utilisent-des-indics-pour-extorquer-argent-aux-citoyens</link>
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		<dc:creator><![CDATA[The Newsroom]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 17 Jul 2023 12:03:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A La Une]]></category>
		<category><![CDATA[Corruption]]></category>
		<category><![CDATA[Special Reports]]></category>
		<category><![CDATA[Cameroun]]></category>
		<category><![CDATA[extorsion]]></category>
		<category><![CDATA[gendarmerie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Assis sur une pierre posée à l’entrée du domicile familial situé à l’est de la capitale économique, Brandon Ndeumeni, un conducteur de moto-taxi âgé de 30 ans, a des frissons lorsqu&#8217;il entend le nom «Gabi»*. Ces quatre lettres rappellent au jeune homme une scène qui s’était produite trois mois auparavant en plein air dans son [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Assis sur une pierre posée à l’entrée du domicile familial situé à l’est de la capitale économique, Brandon Ndeumeni, un conducteur de moto-taxi âgé de 30 ans, a des frissons lorsqu&rsquo;il entend le nom «Gabi»*. Ces quatre lettres rappellent au jeune homme une scène qui s’était produite trois mois auparavant en plein air dans son quartier.</p>
<p>Ce jour-là, alors qu’il joue aux cartes avec trois de ses amis, Brandon est approché par un individu, plus connu sous le nom de Gabi, qui se propose de se joindre au trio. Sans se poser des questions, les jeunes acceptent de partager la partie de cartes avec le nouvel arrivant. Mais, peu de temps après, le petit groupe reçoit une visite surprise. «Des gendarmes armés ont surgi de nulle part et nous ont tous interpellés sans raison», raconte Brandon.</p>
<h3><strong>Le piège</strong></h3>
<p>Arrivés dans les locaux de la gendarmerie, seuls Brandon et ses trois amis ont été entendus pendant une heure de temps par un enquêteur. Il leur a été demandé de payer chacun la somme de 50.000 FCFA pour leur éviter la prison, raconte le conducteur de moto-taxi. Gabi, le joueur qui a rejoint la bande à la dernière minute, n’a pas été inquiété par les gendarmes.</p>
<p>Plus tard, Brandon et ses copains ont compris qu’ils sont tombés dans un piège tendu par Gabi, l’homme qui a fourni le renseignement ayant abouti à l’interpellation. «Gabi a dit qu’il ne peut rien faire pour nous et qu’il faut seulement que nous donnions ce qui nous est demandé», se souvient Brandon. «Nous avons payé 20.000 FCFA chacun pour sortir de la cellule».</p>
<p>Brandon et ses amis ont évité la prison in extremis. Donald n’a pas eu la même chance. En décembre 2022, ce coiffeur a passé deux mois à la prison centrale de New-Bell à Douala après avoir été accusé d’abus sexuels sur un gamin de sept ans. Au moment où Donald s’apprêtait à faire subir des examens médicaux à la victime pour démontrer son innocence,  il a été accroché par deux gendarmes emmenés par Gabi, celui qui a tout manœuvré, selon le coiffeur.</p>
<p>Brandon et Donald se partagent la même peine d&rsquo; avoir un jour rencontré sur leur chemin, Gabi, un homme redouté qui collabore avec les forces de l&rsquo;ordre.</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3580" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/07/carte-Douala.jpg" alt="" width="1309" height="460" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/07/carte-Douala.jpg 1309w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/07/carte-Douala-300x105.jpg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/07/carte-Douala-1024x360.jpg 1024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/07/carte-Douala-768x270.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/07/carte-Douala-600x211.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/07/carte-Douala-750x264.jpg 750w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/07/carte-Douala-1140x401.jpg 1140w" sizes="(max-width: 1309px) 100vw, 1309px" /></p>
<h3><strong>Sécurité sous-traitée</strong></h3>
<p>Au Cameroun, les forces de l’ordre, engagées dans plusieurs fronts, sont à la quête de renseignement prévisionnel pour pouvoir assurer la sécurité des personnes et des biens. Comme la plupart des unités de police et de gendarmerie sont en sous-effectif, certains commandants et commissaires voulant être plus efficaces ont entrepris de recruter au sein de la population, des civils comme Gabi qui ont la charge de leur fournir des informations.</p>
<p>Pourtant, cet enrôlement d’informateurs, communément appelés indics, est non conforme à la règlementation qui encadre le fonctionnement de la police et la gendarmerie.</p>
<p>Jean Achille Engbwang, commandant de la brigade territoriale de gendarmerie de Bépanda, dans le cinquième arrondissement de Douala, a déclaré dans une interview qu’il a recruté cinq indics dans son unité pour étoffer les «réseaux d’informations personnelles». Mais, «Ils(les indics) ne sont pas reconnus par l’État, c’est nous qui les connaissons», précise-t-il avant de justifier la présence de ces civils auprès des hommes en tenue et les critères de leur recrutement.</p>
<p>«Nous avons ordonné à chaque responsable de secteur de recruter des jeunes de bonne moralité qui nous servent de relais sur le terrain», a déclaré Jean Achille Engbwang. «Ça nous permet de gérer efficacement l’aspect sécuritaire dans notre circonscription administrative».</p>
<p>En outre, certains chefs d&rsquo;unité mettent à la disposition des indics, qui sont pour certains des repris de justice, des matériels destinés à l&rsquo;usage exclusif des policiers et gendarmes tels que des menottes, des appareils de communication audio et même des armes à feu.</p>
<p>Quand le reporter du journal en ligne The Museba Project a rencontré Gabi pour la première fois, ce dernier était vêtu d’un pantalon kaki de couleur verte et d’un polo noir estampillé «Garde Présidentielle». Il tenait un appareil de communication audio en main et une paire de menottes était accrochée sur son ceinturon. Avec cet accoutrement, Gabi a de quoi faire croitre aux curieux qu’il est un homme en tenue. Pourtant, ses voisins dans le cinquième arrondissement de la ville savent que le jeune homme d’environ 38 ans se fond dans la population pour recueillir des informations utiles aux forces de l&rsquo;ordre.</p>
<p>De jour comme de nuit, Gabi se promène en permanence avec un appareil de communication audio appelé talkie-walkie, une paire de menottes et une arme à feu.</p>
<blockquote><p>&nbsp;</p>
<p><img class=" wp-image-3581" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/07/gabi.jpg" alt="" width="218" height="218" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/07/gabi.jpg 612w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/07/gabi-300x300.jpg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/07/gabi-150x150.jpg 150w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/07/gabi-600x600.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/07/gabi-100x100.jpg 100w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/07/gabi-75x75.jpg 75w" sizes="(max-width: 218px) 100vw, 218px" /></p>
<p><em>Gabi à coeur ouvert</em></p>
<h3><em><strong>  «Plus vous travaillez, plus vous êtes rémunérés»</strong></em></h3>
<p><em><strong>Reporter : Comment avez-vous été enrôlé ? </strong></em></p>
<p><em><strong>Gabi</strong> :C’est un service trop clé, trop secret et ordonné. Quand tu es rattaché à la gendarmerie, tu envoies tes renseignements au commandant de la brigade pour  solliciter son intervention. Notre rôle est de sillonner, observer la nature et le comportement des hommes. Quand nous constatons des anomalies telles que les agressions, les entreprises qui polluent l’environnement ou des gens qui vendent des produits périmés qui peuvent nuire à la santé des populations, nous contactons immédiatement le commandant de brigade ou le commissaire  de notre poste rattaché, pour l’informer de la situation. Dès qu’il est informé, il prend les dispositions pour intervenir.</em></p>
<p><em><strong>Comment procédez-vous sur le terrain, une fois que vous avez observé toutes ces dérives-là ?</strong></em></p>
<p><em>Dès lors que je constate qu’il y a agression, je contacte ma hiérarchie. Ensuite, je peux demander de l’aide auprès de la population pour neutraliser l’agresseur, en attendant l’arrivée des renforts des forces de l’ordre.</em></p>
<p><em><strong>Comment êtes-vous rémunéré ?</strong></em></p>
<p><em>Il y a parmi nous des personnels qui sont reconnues par le Ministère de la défense; ils travaillent directement au compte de l’ État du Cameroun  comme employés civils, et ils ont un salaire.  Il y a d’autres par contre qui sont rémunérés en fonction de leur travail; c’est-à-dire lorsque le commandant décide de travailler avec toi, il peut de temps à autre te donner une petite somme d&rsquo;argent à la fin de semaine ou à la fin du mois. Cet argent vient de ses poches et il le fait parce qu&rsquo;il sait que tu as une famille à nourrir.</em></p>
<p><em><strong>Nous avons appris auprès des populations, que les indics montent des opérations avec l’aide des forces de l’ordre, pour interpeller des citoyens, afin de les racketter. Est-ce vrai ?</strong></em></p>
<p><em>Ça dépend. Quand un indic observe des choses et informe le commandant. Ce dernier descend sur le terrain et mène une bonne action, alors si tout se passe bien, l&rsquo;indic est rémunéré. Ce que vous dites peut aussi arriver. Généralement, un bon commandant est toujours en train de vous faire de petites enveloppes pour vous féliciter parce que vous faites du bon travail. Plus vous travaillez, plus vous êtes rémunérés.</em></p>
<p><em><strong>Avez-vous déjà mené une action qui a conduit les victimes en prison ?</strong></em></p>
<p><em>Plusieurs fois. D’ailleurs même, c’est notre boulot. Quand vous travaillez et que vous êtes rattaché directement à une unité de gendarmerie ou de commissariat, vous êtes quoi ? Vous êtes de la sécurité publique. Donc c’est de notre droit.</em></p>
<p><em><strong>Est-ce que les populations apprécient votre travail?</strong></em></p>
<p><em>Non. Simplement parce que, même le commandant, qui fait son travail et déferre les gens, puisque ce n’est pas lui qui condamne, on le regarde toujours d’un mauvais œil.</em></p></blockquote>
<h3><strong>Une arme à feu dans la chaussette</strong></h3>
<p>«J’ai l’autorisation de sortir avec une arme à feu», déclare Gabi d’une voix rassurante. «Je cache cette arme dans une des chaussettes lorsque je descends sur le terrain pour une opération dangereuse», ajoute Gabi, qui précise que bien qu’il soit le seul indic de l’unité à avoir accès  à une arme à feu, il n’a pas le droit de passer la nuit avec ce matériel de travail.</p>
<p>«Nos indics n’ont pas le droit d’avoir des menottes, un appareil de communication audio, encore moins des armes à feu, c’est un matériel de travail réservé aux forces de maintien de l’ordre», a déclaré Jean Achille Engbwang, qui dit avoir l’habitude de donner entre 5.000 et 10.000 FCFA par indic comme frais de mission lors des enquêtes.</p>
<p>Gabi est blanchisseur de formation. Faute de moyens, il ne pouvait s’offrir des machines à laver. Pendant plusieurs années, il était contraint de laver à la main les vêtements de ses clients. Gabi qui en avait marre de dépenser son énergie dans une activité peu lucrative a décidé en 2016 de tout abandonner après avoir été approché par un chef d’unité de gendarmerie pour devenir un indic. L’ancien blanchisseur au bout de quelques mois dans son nouvel emploi a commencé à se sentir épanoui.</p>
<p>«On gagne sa vie en faisant le métier d’indic», déclare tout sourire Gabi, en agitant le talkie-walkie de couleur noire qu&rsquo;il tient à sa main droite. «Quand tout marche bien, je peux gagner plus de 200.000 FCFA par semaine». L’indic dit être propriétaire, dans un quartier de la ville de Douala, d’un immeuble R+1 d’une valeur estimée à des dizaines de millions de FCFA.</p>
<p>Si Gabi se fait aussi facilement de l’argent, c’est parce qu’il a appris, en plus de fournir le renseignement, à faire interpeller des innocents qui sont libérés plus tard moyennant le versement d’une somme d’argent. Ces opérations rapportent gros au jeune homme qui a commencé à afficher de signes extérieurs de sa petite fortune.</p>
<p>Au lieu de fournir uniquement le renseignement, certains indics se sont spécialisés dans les arrestations arbitraires, le trafic d&rsquo;influence et le racket des citoyens dans les grandes villes du pays. Il n’existe pas de chiffres officiels sur le nombre d’indics enrôlés dans les unités de police ou de gendarmerie. Malgré de nombreuses plaintes des victimes, il est encore impossible de  connaitre la liste des abus de Droits de l&rsquo;homme que les indics ont commis sur l&rsquo;étendue du territoire.</p>
<p>En outre, les indics ne subissent pas une formation sur le respect des droits humains ou sur le renseignement. pour autant, les chefs d’unité continuent à leur faire confiance.</p>
<p>«Lorsque nous recevons des rapports fournis par nos agents de relais, et que nous interpellons les [présumés] suspects, nous prenons la peine d’ouvrir une enquête afin de mieux comprendre les raisons de leurs interpellations», a déclaré Jean Achille Engbwang.</p>
<p>Dr Marcel Nkouandou, Socio-anthropologue à la faculté des lettres et des sciences humaines à l’Université de Douala, indique que les autorités doivent faire une enquête de moralité aux personnes qui leur rendent compte.</p>
<p>«Il est urgent de former ces personnes à la pédagogie civique des droits humains, à la déontologie du métier de renseignement et ne  pas toujours croire à la lettre ce que ces indics rapportent comme information», dit Dr Nkouandou. «Dès qu’un indic cesse de fournir les renseignements, il cesse aussi de vivre».</p>
<h3><strong>10 ans d&#8217;emprisonnement</strong></h3>
<p>Comme Gabi, Bao* travaille comme indic depuis quelques années. C’est un quarantenaire de petite taille, environ 1m40. Il réside au village Baleng dans le deuxième arrondissement de Bafoussam, où il est connu étant un repris de justice. Il serait à l&rsquo;origine de l&rsquo;incarcération de plus de dix jeunes gens de la localité à la prison de Bafoussam, selon ses voisins. Depuis dix ans, Bao travaille comme informateur de la police mais il ne se limite pas au renseignement. Avec la complicité de certains éléments véreux de la police, il fait aussi interpeller des personnes dans le but de se faire de l&rsquo;argent.</p>
<p>30 janvier 2023, il est environs 16 heures. Junior, 26 ans, franchit la porte de la salle des suspects d’une unité de police à l&rsquo;Ouest du Cameroun. Le jeune dépanneur de téléphones portables se dirige timidement vers un enquêteur assis à un coin de la salle.  La police avait interpellé Junior en compagnie d’un de ses « clients » qui voulait faire reprogrammer son I Phone. Au moment où Junior s&rsquo;avance vers le petit comptoir qui sépare la cellule de la salle d&rsquo;accueil, il découvre que l&rsquo;individu qui s&rsquo;est présenté comme un client n&rsquo;est pas inquiété par les policiers qui lui jettent plutôt des compliments. Le jeune homme qui cherchait à connaitre l’identité du plaignant et le motif de son interpellation apprend que cet individu plus connu sous le nom de Bao, est un indic.</p>
<p>«Junior, tu as fait comment ? », lui demande l&rsquo;enquêteur. « Tu vas passer la nuit ici si tu n&rsquo;appelles pas tes parents », menace le policier qui dit au jeune homme de payer la somme de 300.000 F CFA s&rsquo;il veut regagner sa liberté. « «Je leur ai donné 140.000 F CFA, ils m&rsquo;ont laissé rentrer à la maison» », dit Junior qui a passé une nuit en cellule.</p>
<p>Dans son article 134, le code pénal camerounais condamne à une peine d&#8217;emprisonnement pouvant aller jusqu&rsquo;à dix ans et une amende au plus de deux millions de F CFA, tout fonctionnaire qui  sollicite, agrée ou reçoit un don ou présent  pour  faire, s&rsquo;abstenir de faire ou ajourner un acte de sa fonction. Cette peine est doublée au cas où le fonctionnaire corrompu est un officier de police judiciaire, dit la loi. Conscients de ces dispositions, les chefs d&rsquo;unité de police et de gendarmerie passent désormais par les indics pour dépouiller les citoyens, évitant ainsi de se faire prendre la main dans le sac.</p>
<p>Jean Tchouaffi dirige l’Association Camerounaise des Droits des Jeunes, ACDJ, une organisation qui lutte contre les interpellations arbitraires depuis 32 ans. Il dit avoir sorti plusieurs jeunes des lieux de détention où ils avaient innocemment été envoyés après une intervention des indics et garde un mauvais souvenir du travail des indics.</p>
<p>« Ces gars sont plus dangereux que les hommes en tenue, ils utilisent les cartes de visite des policiers et gendarmes pour prendre de l&rsquo;argent aux gens dans les quartiers », a déclaré le défenseur des Droits humains au cours d&rsquo;une interview. « Si les pouvoirs publics étaient rigoureux, ce genre de chose ne pouvait pas exister ».</p>
<p>En attendant, les indics comme Gabi et leurs chefs continuent paisiblement d&rsquo;extorquer de l&rsquo;argent sans être inquiétés. Malgré les cris de leurs victimes.</p>
<p><strong>*Nom d’emprunt </strong></p>
<p>Cedric kengne</p>
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		<title>Au Cameroun, la vérité est un métier dangereux</title>
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		<dc:creator><![CDATA[The Newsroom]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Jan 2023 14:41:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A La Une]]></category>
		<category><![CDATA[Human rights violations]]></category>
		<category><![CDATA[Special Reports]]></category>
		<category><![CDATA[Cameroun]]></category>
		<category><![CDATA[repression]]></category>
		<category><![CDATA[violations; droits de l'homme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ekukanju*, 10 ans, et ses six jeunes frères et sœurs ne vont plus à l&#8217;école depuis dix mois. Leur père, un journaliste, a été contraint de se cacher pour ses reportages contre la corruption et ne peut plus travailler pour payer leur scolarité et leurs soins. « Nous sommes hébergés par notre mère et notre oncle [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Ekukanju*, 10 ans, et ses six jeunes frères et sœurs ne vont plus à l&rsquo;école depuis dix mois. Leur père, un journaliste, a été contraint de se cacher pour ses reportages contre la corruption et ne peut plus travailler pour payer leur scolarité et leurs soins. « Nous sommes hébergés par notre mère et notre oncle ici à Douala », explique tristement Ekukanju. Mais l&rsquo;oncle a une grande famille à lui tout seul, alors même nourrir les enfants est difficile. « Je suis mince comme ça à cause de la sous-alimentation ». Les membres de la communauté qui ont commencé à aider la famille n&rsquo;accusent pas le père d&rsquo;Ekukanju d&rsquo;être responsable de ces difficultés, cependant ; ils savent qu&rsquo;il avait de bonnes raisons d&rsquo;entrer dans la clandestinité.</p>
<figure id="attachment_3547" aria-describedby="caption-attachment-3547" style="width: 2560px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-full wp-image-3547" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Cameroon_chart-1-scaled.jpg" alt="" width="2560" height="1575" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Cameroon_chart-1-scaled.jpg 2560w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Cameroon_chart-1-300x185.jpg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Cameroon_chart-1-1024x630.jpg 1024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Cameroon_chart-1-768x473.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Cameroon_chart-1-1536x945.jpg 1536w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Cameroon_chart-1-2048x1260.jpg 2048w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Cameroon_chart-1-600x369.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Cameroon_chart-1-750x462.jpg 750w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Cameroon_chart-1-1140x702.jpg 1140w" sizes="(max-width: 2560px) 100vw, 2560px" /><figcaption id="caption-attachment-3547" class="wp-caption-text">Un graphique sur les violations des Droits de l&rsquo;homme au Cameroun de 2017 à 2022. Lire le rapport entier<a href="https://www.zammagazine.com/investigations/1563-human-rights-violations-2017-2022-in-nigeria-cameroon-uganda-zimbabwe-and-kenya"> ici.</a></figcaption></figure>
<p>Dire la vérité sur le régime Biya est une activité très dangereuse au Cameroun. Deux mois seulement avant que cette conversation n&rsquo;ait lieu, le 9 mars 2022, Paul Chouta, rédacteur en ligne et dénonciateur de la corruption, a été enlevé dans un bar de Yaoundé où il regardait le football. Il a été brutalement agressé et laissé pour mort. « Je suis sorti à la mi-temps lorsque trois hommes non identifiés, en civil, à bord d&rsquo;un pick-up vert, m&rsquo;ont accosté et jeté dans leur véhicule », a-t-il déclaré dans une interview. « J&rsquo;ai crié à l&rsquo;aide, mais les agresseurs ont réussi à me pousser à l&rsquo;intérieur et ont utilisé ma chemise pour me bander les yeux.</p>
<blockquote>
<h2><strong>Ils m&rsquo;ont dit que j&rsquo;étais têtu et que je n&rsquo;apprenais jamais une leçon ».</strong></h2>
</blockquote>
<p>Chouta a été conduit dans ce qu&rsquo;il reconnaîtra plus tard comme une zone située à la périphérie de la ville, près de l&rsquo;aéroport. Là, on l&rsquo;a fait sortir du camion et on lui a demandé de s&rsquo;agenouiller. Il se souvient avoir été battu avec des pierres, des briques, une matraque et un fouet, avant de perdre connaissance. Ils m&rsquo;ont dit que j&rsquo;étais têtu et que je n&rsquo;apprenais jamais une leçon », raconte Chouta. Ce n&rsquo;est pas la première fois qu&rsquo;il est détenu : il a déjà été arrêté par le passé et agressé par des forces non identifiées, et il a reçu plusieurs avertissements lui demandant d&rsquo; arrêter d&rsquo;écrire des bêtises « . Ils ont dit que cette fois, ils allaient me tuer, car je voulais montrer que j&rsquo;étais un héros ». Après s&rsquo;être réveillé blessé, nu et seul, Chouta a marché dans la douleur pendant environ trois kilomètres, avant d&rsquo;être trouvé et aidé par des inconnus.</p>
<h4><strong>Un maire et une compagnie forestière</strong></h4>
<p>Quelques mois plus tard, Jean François Channon, éditeur du Messager, le principal quotidien privé francophone du Cameroun, s&rsquo;est retrouvé sous le feu de l&rsquo;ennemi alors qu&rsquo;il rentrait du travail. Son chauffeur a réussi à « manœuvrer habilement » et à échapper à deux individus qui ont tiré sur la voiture dans laquelle ils se trouvaient. M. Channon pense que l&rsquo;attaque est liée à la couverture par son journal d&rsquo;une affaire de détournement de fonds impliquant les relations de l&rsquo;ancien maire d&rsquo;un quartier de Yaoundé avec une société forestière.</p>
<p>Un autre journaliste, qui a demandé à rester anonyme, affirme avoir failli perdre un œil en novembre 2021 alors qu&rsquo;il travaillait sur une enquête concernant une personne puissante et bien connectée. « Des hommes sont venus chez moi, sont entrés par effraction et m&rsquo;ont agressé. Je savais qui ils étaient mais ils ont dit qu&rsquo;ils reviendraient m&rsquo;achever si j&rsquo;osais mentionner leurs noms. Après cela, j&rsquo;ai dû faire traverser la frontière à mes enfants pour les emmener dans un pays voisin « , a-t-il déclaré.</p>
<h4><strong>Des preuves de torture</strong></h4>
<p>Ces journalistes ont tous survécu, mais certains n&rsquo;ont pas eu cette chance. Le journaliste de Chillen Music Television Samuel Ajiekah Abuwe, surnommé Wazizi, parlait régulièrement de la corruption de l&rsquo;État et des violations des droits humains. Il est mort le 17 août 2019 dans un hôpital militaire de Yaoundé après avoir été porté disparu dix jours auparavant. Selon son avocat, Christopher Ndong, le corps de Wazizi portait des traces de torture. Il s&rsquo;était vu refuser la libération sous caution en vertu de la loi antiterroriste de 2014, qui autorise la détention indéfinie sans inculpation pour des infractions telles que « l&rsquo;acclamation du terrorisme dans les médias ».</p>
<figure id="attachment_3543" aria-describedby="caption-attachment-3543" style="width: 856px" class="wp-caption alignleft"><img class=" wp-image-3543" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/jules-koum.jpg" alt="" width="856" height="1200" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/jules-koum.jpg 685w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/jules-koum-214x300.jpg 214w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/jules-koum-600x841.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/jules-koum-360x504.jpg 360w" sizes="(max-width: 856px) 100vw, 856px" /><figcaption id="caption-attachment-3543" class="wp-caption-text">Article de première page relatant la mort du journaliste d&rsquo;investigation Jules Koum Koum</figcaption></figure>
<p>Le terrorisme est défini par la loi comme tout ce qui « crée une situation de crise » ou une « insurrection » et a été largement utilisé par les forces de sécurité comme une excuse pour détenir des manifestants et des militants pacifiques. Les données recueillies par l&rsquo;équipe de ZAM montrent une augmentation constante des violations des droits de l&rsquo;homme commises par l&rsquo;État à l&rsquo;encontre des citoyens ces dernières années, la plupart du temps sous les auspices de cette loi. Ces données peuvent être consultées ici.</p>
<p>Parmi les chefs d&rsquo;accusation figurait l&rsquo;hostilité contre la patrie ».</p>
<p>Parmi les centaines de cas documentés, au moins dix-huit journalistes ont été détenus ou contraints à l&rsquo;exil après l&rsquo;adoption de la loi en 2014. Parmi eux, Ahmed Abba, de Radio France Internationale, qui a réalisé des reportages sur les réfugiés et les zones de conflit dans le pays et a été arrêté en 2015, et le producteur de documentaires Achomba Hans Achomba, dont le tour est venu en 2017 lorsqu&rsquo;il a été ciblé pour avoir filmé des manifestations antigouvernementales dans le sud-ouest du Cameroun. Les charges retenues contre eux comprenaient « complicité d&rsquo;hostilité contre la patrie, sécession, propagation de fausses nouvelles, insurrection, incitation à la guerre civile et complicité d&rsquo;actes de terrorisme », et tous deux ont été torturés. Achomba a finalement été libéré après des mois de pression internationale, tandis qu&rsquo;Abba a passé deux ans en détention. Tous deux vivent aujourd&rsquo;hui en exil au Nigeria.</p>
<h4><strong>La lutte armée</strong></h4>
<p>Ironiquement, c&rsquo;est la répression de longue date par le régime de toutes les manifestations pacifiques, y compris la restriction de leur couverture dans les médias, qui est à l&rsquo;origine de la situation insurrectionnelle dans les régions du Sud et du Nord-Ouest. En 2016, cette région largement anglophone a été saisie par des manifestations populaires dénonçant la discrimination perçue par l&rsquo;élite francophone régnante basée à Yaoundé à l&rsquo;encontre des anglophones. Cependant, c&rsquo;est la réponse militaire sévère du régime central qui a provoqué la transformation de ces manifestations en une véritable lutte armée un an plus tard.</p>
<p>En raison de la répression des manifestations et du journalisme, les médias camerounais ont de moins en moins de marge de manœuvre pour couvrir les violations des droits de l&rsquo;homme commises par les forces de sécurité. La crainte est particulièrement tangible dans les zones anglophones, où les agents de l&rsquo;État peuvent ordonner à n&rsquo;importe quel individu de leur remettre son téléphone portable et utiliser ce qu&rsquo;ils y trouvent pour étayer une accusation de terrorisme. Cette pratique gagne également du terrain dans les zones francophones, où des reporters sont arrêtés dans le cadre de manifestations antigouvernementales générales.</p>
<h2><strong>Les publications favorables au régime défendent leurs sponsors</strong></h2>
<p>La principale victime de cette répression est la vérité, mais au Cameroun, la situation est encore plus complexe. Les reportages véridiques étant pratiquement impossibles, de nombreux membres de l&rsquo;élite au pouvoir ont saisi l&rsquo;occasion et ont lancé des publications pour diffuser de fausses nouvelles à la gloire de leurs propriétaires et pour salir leurs opposants. Malgré le recul de la liberté de la presse, le nombre de diffuseurs et d&rsquo;éditeurs enregistrés a doublé au cours des trois dernières années, passant de trois cents à six cents. L&rsquo;Anecdote et Vision4 TV appartiennent tous deux à Amougou Belinga, un magnat important dont la proximité du pouvoir peut être liée aux décisions de l&rsquo;État de lui accorder des faveurs, notamment un important prêt bancaire sans garantie et une subvention du Trésor de 4 millions de dollars américains. D&rsquo;autres publications proches du régime, dont Quotidien Réalités Plus, Essingan, Le Quotidien et La Grande Tribune, partagent l&rsquo;habitude de L&rsquo;Anecdote de rester en sommeil jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;un commanditaire soit accusé de vol ou de corruption, puis de revenir brusquement dans les kiosques pour salir les accusateurs.</p>
<figure id="attachment_3541" aria-describedby="caption-attachment-3541" style="width: 2560px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-full wp-image-3541" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/kiosk-scaled.jpg" alt="" width="2560" height="1709" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/kiosk-scaled.jpg 2560w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/kiosk-300x200.jpg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/kiosk-1024x684.jpg 1024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/kiosk-768x513.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/kiosk-1536x1025.jpg 1536w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/kiosk-2048x1367.jpg 2048w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/kiosk-600x401.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/kiosk-750x501.jpg 750w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/kiosk-1140x761.jpg 1140w" sizes="(max-width: 2560px) 100vw, 2560px" /><figcaption id="caption-attachment-3541" class="wp-caption-text">Kiosque à journaux dans le centre de Yaoundé. Le public s&rsquo;informe principalement à partir des titres des journaux, notamment des tabloïds, qui tentent d&rsquo;attirer les lecteurs avec des titres farfelus et exagérés. L&rsquo;un des problèmes est que les articles ne reflètent souvent pas le titre de la couverture et que la longueur de l&rsquo;article est souvent inférieure à un paragraphe de 15 lignes. La plupart des gens préfèrent lire les titres sans jamais acheter le journal. Photo par Rodrig Mbock</figcaption></figure>
<h4><strong>Campagnes de dénigrement et peines de prison</strong></h4>
<p>Nsom Kini, chef du bureau du Guardian Post à Yaoundé, note que « ces journaux sortent comme des chiens, pour attaquer les adversaires de leurs maîtres, surtout en période électorale ». Denis Nkwebo, ancien président du Syndicat national des journalistes camerounais, se dit « dégoûté et découragé » de voir « des organes de presse et des journaux se battre entre eux pour des articles concernant des détourneurs de fonds et des voleurs », ajoutant qu&rsquo;au lieu de s&rsquo;attaquer aux voleurs, les organes de presse appartenant aux voleurs luttent vigoureusement contre tout organe de presse ou journal exposant leurs commanditaires ». Il a reproché aux attaques de fake news et aux campagnes de dénigrement de contribuer à un climat général de peur. Même ceux qui, par le passé, ne mâchaient pas leurs mots à propos des vols commis dans les institutions publiques sont aujourd&rsquo;hui silencieux, voire très silencieux. Certains qui ont commencé d&rsquo;excellentes enquêtes ont terminé les histoires à mi-chemin et n&rsquo;ont jamais pris le soin de dire à leurs lecteurs pourquoi ».</p>
<p>Ceux qui essaient encore de tenir le public camerounais informé de la mauvaise gestion de l&rsquo;État et des scandales de corruption voient la machine de l&rsquo;État dirigée contre eux, même s&rsquo;ils sont fonctionnaires. Amadou Vamoulke (72 ans), directeur général du radiodiffuseur public CRTV, a été condamné à douze ans d&#8217;emprisonnement pour détournement de fonds le 20 décembre 2022, bien que les accusations et les preuves de l&rsquo;accusation aient été largement rejetées comme étant fabriquées et  » bidon « **. Avant son arrestation il y a six ans, Vamoulke avait lui-même dénoncé le vol de fonds publics au sein de la société. Il avait également tenté de réformer et de professionnaliser les politiques d&#8217;embauche de l&rsquo;organisation. À l&rsquo;heure actuelle, 80 % des postes de direction de la chaîne seraient occupés par des membres du clan immédiat du président Biya, ce qui amène les contribuables à se demander si les meilleures personnes sont recrutées pour ce travail. Cependant, même dans l&rsquo;environnement médiatique surchargé du Cameroun, peu de journaux sont libres de poser de telles questions.</p>
<h2><strong>L&rsquo;enquêteur sur les fraudes a été transféré dans la zone de guerre</strong></h2>
<p>Le silence entoure également le cas du Dr Albert Ze, fonctionnaire du ministère de la Santé, qui a été transféré à Bamenda, dans le nord Ouest du Cameroun, après avoir travaillé sur plusieurs audits qui ont révélé le vol des budgets de projets de santé par des individus puissants de l&rsquo;État. Dans une rare interview, Ze a déclaré à ZAM que son récent transfert fait suite à des années de harcèlement, y compris des menaces de mort ainsi que des offres de pots-de-vin. Lorsque j&rsquo;ai refusé d&rsquo;accepter de l&rsquo;argent, j&rsquo;ai été agressé physiquement. Ma maison a été cambriolée deux fois, et des ordinateurs portables, des disques durs et des tablettes ont été volés les deux fois. Plusieurs matraques ont également été laissées chez moi, pour indiquer qu&rsquo;elles pouvaient être utilisées contre moi ».</p>
<p>Mais après que l&rsquo;attention de Ze a été attirée par des irrégularités autour d&rsquo;un fonds de solidarité COVID-19 qui avait amassé des dons de personnes morales et physiques au Cameroun entre 2020 et 2021, les choses ont soudainement pris une mauvaise tournure. Après avoir appris qu&rsquo;il  » mettait son nez dans des affaires qui ne le concernent pas « , selon les sources de ZAM, il a été informé qu&rsquo;il allait être muté à la délégation régionale de la santé publique à Bamenda. En tant que francophone et membre du clan Beti du Président Biya, cette affectation au cœur d&rsquo;une région anglophone anti-Biya, où les rebelles sont connus pour s&rsquo;attaquer à ceux qui sont perçus comme ayant des liens avec l&rsquo;élite dirigeante, ce transfert représentait un risque considérable pour sa sécurité physique. Bien que réticent à faire des commentaires détaillés, il déclare dans une interview récente que « cette situation a entraîné une régression de mes activités », ajoutant qu&rsquo;il a dû « se séparer de sa famille, la laissant dans une zone plus sûre » et qu&rsquo;il vit désormais seul.</p>
<p>La collègue d&rsquo;Albert Ze, le Dr Nancy Saiboh, qui devait participer au même audit, a également reçu un avis de mutation tout aussi abrupt l&rsquo;envoyant dans une zone rurale. Le Dr Saiboh a déclaré à ZAM qu&rsquo;elle avait depuis reçu des menaces de la part « d&rsquo;inconnus sur Facebook » et qu&rsquo;elle « regarde toujours par-dessus son épaule où qu&rsquo;elle aille ». Les enquêtes de ZAM ont suggéré que huit autres dénonciateurs de la mauvaise gestion et de la corruption de l&rsquo;État ont également été ciblés pour être harcelés, menacés, arrêtés et parfois torturés. Cependant, lorsque l&rsquo;équipe d&rsquo;enquête s&rsquo;est efforcée d&rsquo;interroger ces huit personnes, aucune n&rsquo;a accepté de nous parler. Au contraire, plusieurs ont exprimé leur colère d&rsquo;être identifiés.</p>
<p style="text-align: center;"><strong>Le FMI est complice.</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Outre les journalistes et les lanceurs d&rsquo;alerte, des centaines de citoyens ordinaires ont également été arrêtés, détenus, torturés et emprisonnés en vertu des lois antiterroristes. Parmi eux figurent des membres de l&rsquo;ONG anticorruption Stand Up 4 Cameroon, dont le président Kah Walla est également président du Cameroon Peoples Party (CPP), parti d&rsquo;opposition. Interrogée sur le taux d&rsquo;attrition, elle ne mâche pas ses mots à propos des responsables. Ils ont l&rsquo;impression que nous essayons d&rsquo;enlever le gombo (ragoût de gombo) de leur bouche », dit-elle.</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Walla, qui a elle-même été détenue, est connue comme la « Dame de fer » dans les milieux progressistes du Cameroun. Elle se dit déçue par le manque de soutien de la communauté internationale. Stand Up 4 Cameroon a appelé le Fonds monétaire international à demander des comptes sur le prêt de 335 millions de dollars accordé au Cameroun pour la lutte contre le COVID-19. Le FMI ne l&rsquo;a pas fait ; au contraire, il a donné plus d&rsquo;argent au gouvernement camerounais. C&rsquo;est de la complicité ».</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Les 335 millions de dollars du FMI ont fait l&rsquo;objet d&rsquo;une enquête de la Cour des comptes de la Cour suprême du Cameroun, qui a indiqué qu&rsquo;elle avait recommandé que dix personnes soient poursuivies pour détournement de fonds. Cependant, les noms de ces dix personnes n&rsquo;ont pas été rendus publics et le rapport n&rsquo;a pas été présenté au parlement.</strong></p>
<figure id="attachment_3542" aria-describedby="caption-attachment-3542" style="width: 720px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-full wp-image-3542" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/wazizi.jpeg" alt="" width="720" height="1280" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/wazizi.jpeg 720w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/wazizi-169x300.jpeg 169w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/wazizi-576x1024.jpeg 576w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/wazizi-600x1067.jpeg 600w" sizes="(max-width: 720px) 100vw, 720px" /><figcaption id="caption-attachment-3542" class="wp-caption-text">Le journaliste Samuel Wazizi, qui a été accusé de terrorisme et arrêté en août 2017. Jusqu&rsquo;à présent, sa dépouille n&rsquo;a pas été rendue à sa famille. Source : Facebook</figcaption></figure>
<h2><strong>Les « tigres » se défendent</strong></h2>
<p>Même les fonctionnaires de la CONAC, la commission anti-corruption, n&rsquo;ont pas voulu nous parler. Comme leurs collègues de l&rsquo;ANIF, l&rsquo;Agence Nationale d&rsquo;Investigation Financière, ils reconnaissent que le bureau existe principalement en raison de la pression des donateurs plutôt que d&rsquo;une volonté politique. Ces « tigres » (surnom commun des politiciens corrompus au Cameroun) se défendent férocement contre nous et contre tous ceux qui les dénoncent », a déclaré un fonctionnaire de la CONAC, sous couvert d&rsquo;anonymat.</p>
<p>Le rapport le plus récent de la CONAC, qui couvre l&rsquo;année 2020, estime qu&rsquo;au cours de cette seule année, les « tigres », qui comprennent des ministres, des directeurs de sociétés d&rsquo;État et de filiales gouvernementales, des fonctionnaires haut placés et des hauts fonctionnaires de l&rsquo;armée et de la police, ont présidé au vol d&rsquo;environ 2 milliards de dollars de fonds publics, soit l&rsquo;équivalent de 20 % du budget du pays pour 2022. Leurs rapports tombent cependant dans l&rsquo;oreille d&rsquo;un sourd ; rien qu&rsquo;en 2018, la CONAC a transféré 94 dossiers de détournement de fonds et de vol à divers tribunaux du pays pour qu&rsquo;ils engagent des poursuites, mais à ce jour, aucun n&rsquo;a abouti à un procès.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em>Une enquête menée par <strong>Chief Bisong Etahoben</strong> et <strong>Elizabeth BanyiTabi</strong> . </em></p>
<p>*Nom modifié</p>
<p>**Malgré les appels à la libération de Vamoulke lancés par plusieurs organisations internationales, dont Reporters sans frontières, le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire et le Fonds monétaire international (FMI), le Cameroun n&rsquo;a pas répondu. Dans un communiqué publié après le verdict, Reporters sans frontières a dénoncé une « monstrueuse machination ».</p>
<h5><u>A propos des auteurs</u></h5>
<p><em><strong><img class="alignleft wp-image-3548" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Chief_Bisong_Etahoben.jpeg" alt="" width="128" height="128" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Chief_Bisong_Etahoben.jpeg 769w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Chief_Bisong_Etahoben-300x300.jpeg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Chief_Bisong_Etahoben-150x150.jpeg 150w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Chief_Bisong_Etahoben-600x600.jpeg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Chief_Bisong_Etahoben-100x100.jpeg 100w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Chief_Bisong_Etahoben-75x75.jpeg 75w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Chief_Bisong_Etahoben-750x750.jpeg 750w" sizes="(max-width: 128px) 100vw, 128px" />Chief Bisong Etahoben</strong> est un journaliste d&rsquo;investigation et un rédacteur en chef camerounais chevronné dont le journal, The Weekly Post, a été mis en faillite au début des années 2000 par des représentants de l&rsquo;État. Il a souvent été menacé et attaqué par les médias gouvernementaux et a été physiquement agressé lors d&rsquo;une récente enquête sur un éminent milliardaire camerounais. Agissant en tant que mentor et rédacteur local pour le Cameroun dans le cadre de ce projet transnational, lui et sa collègue Elizabeth BanyiTabi ont constaté à quel point la peur s&rsquo;est emparée des citoyens dans tout le pays. Plusieurs victimes des kleptocrates ont refusé de parler parce qu&rsquo;elles craignaient pour leur vie », dit-il.</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em><strong><img class="alignleft wp-image-3549" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Elizabeth_BanyiTabi.jpeg" alt="" width="139" height="139" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Elizabeth_BanyiTabi.jpeg 1280w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Elizabeth_BanyiTabi-300x300.jpeg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Elizabeth_BanyiTabi-1024x1024.jpeg 1024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Elizabeth_BanyiTabi-150x150.jpeg 150w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Elizabeth_BanyiTabi-768x768.jpeg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Elizabeth_BanyiTabi-600x600.jpeg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Elizabeth_BanyiTabi-100x100.jpeg 100w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Elizabeth_BanyiTabi-75x75.jpeg 75w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Elizabeth_BanyiTabi-750x750.jpeg 750w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Elizabeth_BanyiTabi-1140x1140.jpeg 1140w" sizes="(max-width: 139px) 100vw, 139px" />Elizabeth BanyiTabi </strong>est une journaliste primée du journal The Post, le quotidien anglais le plus lu au Cameroun. Elle a également travaillé en ligne et à la radio. En 2021, elle a fait partie d&rsquo;une équipe du Guardian britannique qui a enquêté sur les conséquences de la noyade en Turquie d&rsquo;un migrant d&rsquo;origine camerounaise. Peu après, elle a enquêté sur l&rsquo;impact des conflits armés sur les jeunes filles déplacées qui s&rsquo;étaient tournées vers la prostitution pour survivre. Pour cette enquête, menée en collaboration avec le chef Bisong Etahoben, elle a dû trouver un équilibre entre la protection de sources terrifiées et la découverte de la vérité. On dit que la liberté de parole est garantie, mais la liberté après la parole n&rsquo;est pas garantie », dit-elle. Mais nous avons réussi à aller au-delà de la peur ». BanyiTabi est diplômée en études féminines et en communication de masse.</em></p>
<p>Les deux journalistes camerounais font partie de l&rsquo;équipe qui vient de publier « <strong>Cry Freedom</strong>« , une investigation transfrontalière sur des cas de violation des Droits de l&rsquo;Homme dans cinq pays africains: Cameroun, Kenya, Ouganda, Nigeria, Zimbabwe. Cette investigation a été initiée par ZAM Magazine, une publication en ligne partenaire de The Museba Project.</p>
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		<title>Des pesticides interdits dans l&#8217;Union européenne sont homologués et vendus au Cameroun et au Kenya</title>
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		<dc:creator><![CDATA[The Newsroom]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Jan 2023 18:05:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A La Une]]></category>
		<category><![CDATA[Human rights violations]]></category>
		<category><![CDATA[Special Reports]]></category>
		<category><![CDATA[Cameroun]]></category>
		<category><![CDATA[interdits]]></category>
		<category><![CDATA[kenya]]></category>
		<category><![CDATA[pesticides]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une enquête collaborative menée par des journalistes a établi que des pesticides chimiques déjà interdits sur les marchés de l&#8217;Union européenne sont encore utilisés sur les marchés du Kenya et du Cameroun. Ces pesticides contenant des molécules dangereuses ont été signalés comme étant dangereux pour la santé humaine et l&#8217;environnement. Des études scientifiques ont également [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Une enquête collaborative menée par des journalistes a établi que des pesticides chimiques déjà interdits sur les marchés de l&rsquo;Union européenne sont encore utilisés sur les marchés du Kenya et du Cameroun. Ces pesticides contenant des molécules dangereuses ont été signalés comme étant dangereux pour la santé humaine et l&rsquo;environnement. Des <a href="https://routetofood.org/wp-content/uploads/2021/09/Scientific-Report-on-Pesticides-in-the-Kenyan-Market-Report_Final-1.pdf">études</a> scientifiques ont également prouvé que lesdites molécules sont responsables de certaines maladies dont certains types de cancers. Ces produits chimiques préoccupants sont facilement accessibles aux petits et grands agriculteurs qui ignorent leurs effets.</p>
<h3>Le scénario kenyan</h3>
<p>L&rsquo;acéphate, le chlorpyrifos, l&rsquo;imidaclopride, le carbendazim et le mancozèbe sont quelques-unes des molécules utilisées par les agriculteurs. Toutes sont <a href="https://www.pcpb.go.ke/crops/">enregistrées</a> et approuvées par le Pest Control Products Board (PCPB), un <a href="https://www.pcpb.go.ke/crops/">organisme</a> de réglementation et de contrôle des produits antiparasitaires au Kenya.</p>
<p>Ces produits chimiques sont fabriqués par des entreprises d&rsquo;Allemagne, d&rsquo;Inde, de Chine et des États-Unis. L&rsquo;insecticide acéphate et le fongicide chlorothalonil sont les produits chimiques les plus utilisés par les agriculteurs pour lutter contre les pucerons dans les cultures maraîchères et horticoles. Les tomates étaient l&rsquo;une des cultures qui étaient pulvérisées avec ce produit chimique.</p>
<p>De même, la molécule de mancozèbe était un fongicide que nous n&rsquo;avons jamais manqué de rencontrer chez tous les agriculteurs que nous avons interrogés. Il est utilisé pour lutter contre le mildiou de la pomme de terre.</p>
<p>Parallèlement, au moins 42 produits sont homologués sous le nom d&rsquo;Imidaclopride qui est utilisé pour lutter contre les parasites des plantes comme le café, le chou, le chou frisé, le maïs, les tomates, les haricots verts, les piments, les patates douces, la coriandre, le melon, les épinards et les haricots. Bamako, Click, confidor, ovados, thunders sont quelques-unes des marques que nous avons trouvées en usage. Elles sont fabriquées localement et distribuées par les géants Twiga et Syngenta.</p>
<p>Ces molécules ont été <a href="https://european-union.europa.eu/principles-countries-history/country-profiles_en">interdites</a> d&rsquo;utilisation sur les marchés de l&rsquo;UE et ont été parmi d&rsquo;autres listées par des organisations non gouvernementales qui ont déposé une pétition au parlement kényan en 2019 pour leur retrait des marchés kényans.</p>
<p>Les pétitionnaires ont exigé le retrait immédiat de ces pesticides chimiques en raison de leur caractère nocif. Le Conseil des produits de contrôle des pesticides (<a href="https://www.pcpb.go.ke/">PCPB</a>) a été chargé d&rsquo;examiner 30 produits pesticides préoccupants.</p>
<p>Cet examen est en cours alors que les agriculteurs continuent à les utiliser.</p>
<p>Par exemple, dans le comté de Taita- Taveta au Kenya, Jackson Mwendwa âgé de 33 ans, père d&rsquo;un enfant, est un petit agriculteur dans le village de Riata Kubwa. Il pratique l&rsquo;agriculture depuis 2017. Il utilise une variété de pesticides dont il n&rsquo;a aucune idée de la nocivité. Il a planté dans sa ferme de 2 hectares des choux, des concombres, des bananes, des papayes et des tomates.</p>
<figure id="attachment_3528" aria-describedby="caption-attachment-3528" style="width: 2560px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-full wp-image-3528" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/IMG_1398-scaled.jpg" alt="" width="2560" height="1707" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/IMG_1398-scaled.jpg 2560w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/IMG_1398-300x200.jpg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/IMG_1398-1024x683.jpg 1024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/IMG_1398-768x512.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/IMG_1398-1536x1024.jpg 1536w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/IMG_1398-2048x1365.jpg 2048w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/IMG_1398-600x400.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/IMG_1398-750x500.jpg 750w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/IMG_1398-1140x760.jpg 1140w" sizes="(max-width: 2560px) 100vw, 2560px" /><figcaption id="caption-attachment-3528" class="wp-caption-text">Jackson Mwendwa, un agriculteur du comté de Taita-Taveta au Kenya, pulvérise des pesticides dans sa ferme. Crédit photo: Mary Mwendwa</figcaption></figure>
<p> » J&rsquo;utilise des pesticides pour tuer les parasites et les champignons qui s&rsquo;obstinent maintenant dans mes fermes. Je ne peux pas vivre sans les utiliser car je n&rsquo;aurai pas de rendements.  »</p>
<p>Il précise qu&rsquo;il achète les pesticides auprès d&rsquo;un agrovet local. A la question de savoir s&rsquo;il est conscient des dangers, il répond que personne ne lui a parlé des effets nocifs des pesticides qu&rsquo;il utilise.</p>
<p> » Personne ne m&rsquo;a jamais parlé des dangers, je veux juste me débarrasser des parasites qui sont maintenant très tenaces. »</p>
<p>Taveta est une ville frontalière poussiéreuse, humide et chaude de Tanzanie où les pluies sont limitées et imprévisibles. Elle est située à environ 360 km au sud-est de Nairobi.</p>
<p>Ici, les agriculteurs pratiquent une agriculture de subsistance pour assurer leur subsistance malgré l&rsquo;imprévisibilité des pluies. Ils utilisent l&rsquo;eau des sources enneigées du Kilimandjaro pour l&rsquo;irrigation.</p>
<p>Au même moment, Joshua Ngusia pratique l&rsquo;agriculture depuis le début des années 80 et a également été employé comme superviseur dans une ferme. Il explique comment les ravageurs s&rsquo;entêtent en raison de l&rsquo;évolution des schémas climatiques.</p>
<p> » Les nuisibles deviennent plus vicieux chaque jour qui passe et donc, en tant qu&rsquo;agriculteur, je n&rsquo;ai pas d&rsquo;autre choix que de me rendre dans les agrovets pour trouver une solution. J&rsquo;achète les pesticides ici, au centre commercial. Je sais qu&rsquo;ils sont nocifs mais je n&rsquo;ai pas le choix car je dois gagner ma vie. »</p>
<p>Ngusia révèle que les services de conseil agricole ont diminué depuis que les services agricoles ont été déconcentrés.  » Nous bénéficions occasionnellement de services de vulgarisation où des entreprises comme Twiga nous rendent visite et nous conseillent sur les méthodes agricoles, ils viennent généralement avec des produits antiparasitaires qu&rsquo;ils recommandent d&rsquo;utiliser sur des cultures spécifiques.  »</p>
<p>Stanley Katua, un jeune de 22 ans, est ouvrier agricole à la ferme Machungwani, dans le village de Kivalua. Il travaille depuis un an dans une ferme où il utilise régulièrement des pesticides. Il pulvérise des bananes, des haricots, du maïs et des pommes de terre.</p>
<p> » Je pulvérise ces cultures au moins une fois par semaine et je récolte quand c&rsquo;est prêt.  »</p>
<p>Interrogé sur les équipements de protection, Katua répond qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un coût supplémentaire que son employeur ne peut se permettre de lui offrir. » J&rsquo;utilise simplement mes vêtements de ferme normaux, parfois j&rsquo;ai des irritations sur la peau mais je n&rsquo;ai pas d&rsquo;autre choix que de persévérer pour gagner ma vie. »</p>
<p>Le comté central kenyan de Kirinyaga est l&rsquo;une des principales régions agricoles du Kenya. Les agriculteurs d&rsquo;ici sont connus pour fournir leurs produits à divers endroits, même lointains. Il faut environ deux heures pour rejoindre la ville de Kagio où nous rencontrons des agriculteurs qui utilisent des pesticides dans le village de Mukithi.</p>
<p>Joshua Muremi est un négociant en produits agricoles et un cultivateur de tomates et de riz. Il est l&rsquo;un des rares agriculteurs à connaître l&rsquo;existence de ces molécules dangereuses et craint que si rien n&rsquo;est fait dans les dix prochaines années, une catastrophe ne s&rsquo;abatte sur eux.</p>
<p>Il mentionne les molécules d&rsquo;acéphate, de mancozèbe et de chlorpyrifos. Il dit que les escargots sont devenus récalcitrants dans sa rizière et utilise des produits à base de molécules de chlorpyrifos pour les contrôler. » Je suis tout à fait conscient que ces pesticides sont nocifs mais que puis-je utiliser d&rsquo;autre, je dois gagner ma vie ».</p>
<p>Muremi note avec beaucoup d&rsquo;inquiétude qu&rsquo;il y a plusieurs décennies, les bananes n&rsquo;étaient pas pulvérisées.  » Nous pulvérisons les bananes avec la molécule Imadacloprid injectée dans les fleurs de bananiers pour lutter contre les thrips « .</p>
<p>Leah Wangui, mère de deux enfants et vendeuse au marché de Kagio, utilise également la plupart de ces pesticides dans sa ferme. Elle a planté du chou frisé et du poivron qu&rsquo;elle vend à des acheteurs locaux. » Je me rends simplement au magasin agroalimentaire le plus proche pour obtenir les pesticides, je les mélange et les pulvérise moi-même pour minimiser les coûts. »</p>
<p>Elle confie qu&rsquo;elle est consciente que les cultures doivent être récoltées au moins 3 à 7 jours après la pulvérisation, mais parfois elle est obligée de récolter immédiatement après.</p>
<p>Le délai recommandé pour la récolte de toute culture après la pulvérisation est de 3 à 7 jours. Certains agriculteurs ne respectent pas cette recommandation et récoltent les cultures alors que les résidus sont encore actifs à la surface des cultures.</p>
<p><iframe title="PESTICIDES BANNED IN KENYA MARKET" width="500" height="281" src="https://www.youtube.com/embed/sNiNwXUaxpM?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" allowfullscreen></iframe></p>
<h3>Le cancer en hausse</h3>
<p>Il a été prouvé que ces pesticides, qui ont été interdits sur les marchés de l&rsquo;UE, sont dangereux pour la santé humaine et que certaines maladies mortelles comme le cancer y sont liées.</p>
<p>Bien qu&rsquo;il existe des lacunes dans la recherche sur le cancer en raison de nombreux facteurs, les ressources étant un obstacle majeur, des cas continuent de se présenter au Kenya, au Cameroun et dans de nombreux autres pays africains.</p>
<p>Ephantus Maree, chef de service au <a href="https://www.pcpb.go.ke/">ministère de la santé</a>, confirme qu&rsquo;entre 2014 et 2016, 27 % des décès ont été attribués à des maladies non transmissibles (<a href="https://www.who.int/news-room/fact-sheets/detail/noncommunicable-diseases">MNT</a>), et que ce pourcentage est aujourd&rsquo;hui de 40 %.</p>
<p>Ces données incluent le cancer en tête de liste.</p>
<p>« Nous pouvons confirmer que l&rsquo;incidence du cancer est en hausse et que plusieurs facteurs de risque en sont responsables. L&rsquo;environnement, où les pesticides chimiques sont liés, la consommation de tabac et d&rsquo;alcool, le manque d&rsquo;exercice, la génétique et bien d&rsquo;autres facteurs.</p>
<p>Maree ajoute qu&rsquo;il est impossible de déterminer avec précision quel facteur de risque contribue à l&rsquo;incidence élevée du cancer, mais il souligne que tous les facteurs mentionnés sont responsables.</p>
<p>Il souligne à quel point les données sont essentielles dans la lutte contre le cancer.</p>
<p> » Dans le monde des cancers, les chiffres doivent être là. Au Kenya, nous avons maintenant établi des registres qui nous aideront à obtenir ces chiffres. Nous avons des données, mais elles ne sont pas suffisantes.  »</p>
<p>« Le manque de ressources est notre plus grand défi pour avoir des données précises sur l&rsquo;incidence du cancer dans le pays. »</p>
<p>Au <a href="http://texascancercentre.co.ke/">Texas Cancer Centre</a>, un centre privé de traitement et de soins du cancer situé à Nairobi, la capitale du Kenya. L&rsquo;établissement appartient au Dr Catherine Nyongesa, qui est oncologue. Elle confirme que les cas de cancer continuent d&rsquo;augmenter. » Nous avons traité plus de 10 000 patients atteints de cancer depuis 2010, année de la création du Texas. »</p>
<p>Elle affirme que 60 % des cas de cancer sont principalement des femmes. » Les cancers les plus répandus sont ceux du sein, du col de l&rsquo;utérus, de la prostate et de l&rsquo;œsophage, et maintenant le cancer colorectal est de plus en plus fréquent. »</p>
<p>« Le cancer du côlon est assez courant et occupe la sixième place dans les statistiques mondiales après les cancers du col de l&rsquo;utérus et du sein. »</p>
<p>Nyongesa est d&rsquo;accord avec le fait qu&rsquo;il y a eu des controverses autour de l&rsquo;utilisation des pesticides au Kenya et leur relation avec l&rsquo;augmentation des cas de cancer ». En médecine, il faut s&rsquo;appuyer sur des recherches. Cela dit, la tendance à la hausse des cancers colorectaux a été liée à un régime alimentaire riche en graisses et parfois à l&rsquo;utilisation de pesticides, lorsque les gens mangent des légumes contenant des résidus de pesticides et n&rsquo;ayant pas été bien lavés ». Nyongesa ajoute que les facteurs de risque de cancer sont nombreux, certains sont connus et d&rsquo;autres ne le sont pas.</p>
<p>À la réception, qui sert également de salle d&rsquo;attente, les patients affluent lentement pour obtenir un traitement et des soins palliatifs pour différents types de cancers.</p>
<p>Quelques minutes dans cette salle d&rsquo;attente suffisent pour comprendre que le fardeau du cancer augmente chaque jour au Kenya.</p>
<p>Des patients souffrants et affaiblis, certains avec des os de la mâchoire saillants, d&rsquo;autres avec des cathéters, entrent lentement dans l&rsquo;espoir de vaincre le monstre qui menace aujourd&rsquo;hui le secteur de la santé au Kenya.</p>
<p>John Allan Mbanda, 67 ans, père de cinq enfants, est soigné au centre Texas. Il rayonne de joie en nous racontant son parcours de patient atteint d&rsquo;un cancer du côlon.</p>
<figure id="attachment_3529" aria-describedby="caption-attachment-3529" style="width: 2560px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-full wp-image-3529" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/IMG_2293-scaled.jpg" alt="" width="2560" height="1707" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/IMG_2293-scaled.jpg 2560w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/IMG_2293-300x200.jpg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/IMG_2293-1024x683.jpg 1024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/IMG_2293-768x512.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/IMG_2293-1536x1024.jpg 1536w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/IMG_2293-2048x1365.jpg 2048w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/IMG_2293-600x400.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/IMG_2293-750x500.jpg 750w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/IMG_2293-1140x760.jpg 1140w" sizes="(max-width: 2560px) 100vw, 2560px" /><figcaption id="caption-attachment-3529" class="wp-caption-text">John Allan Mbanda, patient atteint d&rsquo;un cancer du côlon, reçoit un traitement au centre anticancéreux du Texas, à Nairobi, la capitale du Kenya. Certains types de cancer ont été liés aux pesticides. Crédit photo : Mary Mwendwa.</figcaption></figure>
<p>On lui insère un goutte-à-goutte d&rsquo;eau dans le doigt avant de lui administrer le médicament pour sa chimiothérapie.</p>
<p>La pièce est pleine de patients, à la fois sous médicaments et sous perfusion d&rsquo;eau. Certains sont endormis, d&rsquo;autres se tordent de douleur et d&rsquo;autres encore nous sourient de temps en temps, prêts à partager leur histoire.</p>
<p>Un nuage de douleur et une lumière d&rsquo;espoir emplissent cette pièce. Mbanda se souvient qu&rsquo;au début de l&rsquo;année, il a commencé à avoir l&rsquo;estomac taché et à vomir beaucoup. « Ma famille s&rsquo;est inquiétée des vomissements et des taches sur l&rsquo;estomac et a décidé de m&#8217;emmener faire un contrôle à l&rsquo;hôpital. Des échantillons ont été prélevés et on a découvert qu&rsquo;une tumeur se développait dans mes intestins et une intervention chirurgicale a été recommandée. On m&rsquo;a immédiatement mis sous chimiothérapie où j&rsquo;ai fait 12 cycles ».</p>
<p>Mbanda confirme que le traitement qu&rsquo;il a reçu l&rsquo;a aidé et a soulagé sa douleur. Cependant, il y a un mois, lorsqu&rsquo;il est venu au Texas pour un contrôle, on lui a dit qu&rsquo;il devait suivre six autres cycles de chimiothérapie, car on a découvert que la tumeur se développait à nouveau.</p>
<p> » Si vous me voyez, vous ne pouvez pas dire que je suis un patient atteint du cancer du côlon, j&rsquo;ai l&rsquo;espoir qu&rsquo;un jour je serai complètement libéré du cancer du côlon. »</p>
<p>Angeline Kitavi, 50 ans, est également atteinte d&rsquo;un cancer du col de l&rsquo;utérus. Elle est venue du comté de Machakos, dans le sud-est du Kenya, pour être soignée. Elle était autrefois une agricultrice qui cultivait des légumes tels que le chou frisé et les épinards. Elle confie qu&rsquo;elle a utilisé des pesticides pendant très longtemps.  » Cela fait plus de 10 ans que j&rsquo;utilise des pesticides pour lutter contre les parasites de mes légumes.  »</p>
<p>En 2019, elle a commencé à saigner anormalement et ses urines dégageaient une odeur nauséabonde.</p>
<p> » Je saignais beaucoup et après avoir uriné, une très mauvaise odeur pouvait se dégager de mon urine. J&rsquo;avais également beaucoup de douleurs sans savoir de quoi je souffrais. Plus tard, on m&rsquo;a diagnostiqué un cancer du col de l&rsquo;utérus. Je viens ici pour mon traitement et j&rsquo;espère guérir ».</p>
<p>Plusieurs autres patients souffraient principalement de cancers du col de l&rsquo;utérus et du sein, qui sont principalement traités ici au Texas cancer center.</p>
<p>Le Dr Nyongesa souligne combien le Kenya est toujours en retard dans la recherche sur le cancer. « Le financement de la recherche est toujours limité. Aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;université de Nairobi oblige les oncologues à faire de la recherche sur le cancer, je sais que ce n&rsquo;est pas suffisant, mais en tant que pays, nous allons dans la bonne direction. »</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://www.ncikenya.or.ke/">Institut national du cancer</a> du Kenya signale que le fardeau du cancer augmente dans le monde. Il indique qu&rsquo;au Kenya, le cancer est la troisième cause de décès après les maladies infectieuses et cardiovasculaires. Ils notent également que les <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/International_Agency_for_Research_on_Cancer">recherches</a> effectuées par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) dans le rapport GLOBOCAN pour 2018 ont estimé à 47 887 le nombre de nouveaux cas de cancer par an, avec une mortalité de 32 987.</p>
<p>Cela représente une augmentation d&rsquo;environ 45 % des cas de cancer par rapport à un précédent rapport de 2012 qui estimait respectivement 37 000 nouveaux cas de cancer et une mortalité de 28 500.</p>
<p>Le cancer du sein, du col de l&rsquo;utérus, de l&rsquo;œsophage, de la prostate et le cancer colorectal sont les nouveaux types de cancer chez les femmes et les hommes. Les cancers de l&rsquo;œsophage, du col de l&rsquo;utérus et du sein entraînent désormais des décès par cancer.</p>
<p>De même, les cancers du sein, du rein, de l&rsquo;ovaire, du pancréas et de l&rsquo;estomac font partie des cancers liés à l&rsquo;exposition aux pesticides.</p>
<p>En juin 2021, un rapport faisant autorité de l&rsquo;institut de recherche français INSERM, basé sur l&rsquo;examen de plus de 5 300 études scientifiques a confirmé un lien entre l&rsquo;exposition professionnelle aux pesticides et six pathologies, dont trois cancers : le <a href="https://www.inserm.fr/expertise-collective/pesticides-et-sante-nouvelles-donnees-2021/">lymphome</a> non hodgkinien (LNH), le myélome multiple et le cancer de la prostate.</p>
<p>Les 3 autres pathologies associées aux pesticides sont la maladie de Parkinson, les troubles cognitifs et certains troubles du système respiratoire tels que la bronchopneumopathie chronique obstructive et la bronchite chronique.</p>
<h3>Études toxicologiques</h3>
<p>Laurence Huc, directrice de recherche INRAE, membre du projet PREHEAT (Interdisciplinary approaches to pesticide-related health effects in Africa/Tanzania) a mené une <a href="https://www.inrae.fr/en">étude toxicologique</a> des pesticides utilisés en Tanzanie avec Liana Arnaud en 2022. Ils ont découvert que la plupart des pesticides qu&rsquo;ils ont échantillonnés présentaient des risques pour la santé.</p>
<p>Certains des dangers pour la santé qu&rsquo;ils ont établis sont neurotoxiques, cancérigènes, génotoxiques, immunotoxiques, reprotoxiques, perturbateurs endocriniens, troubles rénaux et maladies digestives et pulmonaires.</p>
<p>Ils ont étudié plusieurs molécules de pesticides, dont le mancozèbe, le profenofos, le chlorpyrifos, la cyperméthrine et la deltaméthrine, entre autres.</p>
<p>Le mancozèbe était un fongicide courant, très utilisé, avec au moins 103 formulations.</p>
<p>Le Dr Huc a noté que le mancozèbe avait un effet de perturbateur endocrinien chez l&rsquo;homme, ce qui signifie qu&rsquo;il interfère avec le système hormonal du corps.</p>
<p>Parmi les autres dangers, citons les risques de reprotoxicité et de développement. Le mancozèbe a été interdit dans l&rsquo;UE en 2021 et son utilisation est autorisée en Tanzanie.</p>
<p>Le Dr Huc a également souligné qu&rsquo;il n&rsquo;existe pas d&rsquo;utilisation sûre des pesticides, que ce soit pour les professionnels, les personnes vivant à proximité des cultures ou les consommateurs.</p>
<p>« L&rsquo;utilisation des pesticides expose la population à des maladies graves et sévères : cancers, maladies neurologiques, maladies rénales chroniques, infertilité, malformations chez les enfants, entre autres. » Ajoutant que la contamination environnementale affecte également tous les écosystèmes, même à distance des cultures traitées.</p>
<p>Elle recommande que, tandis que les gouvernements promeuvent la santé environnementale et la durabilité de la production alimentaire, il convient d&rsquo;envisager de limiter l&rsquo;utilisation des pesticides et de mettre en œuvre des méthodes agro écologiques pour soutenir les agriculteurs dans le changement de leurs pratiques.</p>
<h3>Le Cameroun accepte les pesticides interdits</h3>
<p>Dans la capitale économique du Cameroun, le marché Sandaga est connu comme un lieu de vente de produits frais. Peu de gens savent cependant qu&rsquo;au milieu des étals disposés de manière anarchique se trouvent des magasins de pesticides. Chaque jour, Jacques, un vendeur de 46 ans, invite les passants à jeter un coup d&rsquo;œil à son étal d&rsquo;environ 9 mètres carrés. Certains produits sont posés sur un sol nu, d&rsquo;autres sont disposés sur des étagères en bois, les plus petits occupent une grande partie d&rsquo;une table en bois.</p>
<p>« Je vends plusieurs types de pesticides, mais le problème est que certains agriculteurs ne connaissent pas le nom des produits ; dans ce cas, nous leur demandons ce qu&rsquo;ils veulent faire et nous leur proposons un produit », explique Jacques, titulaire d&rsquo;un premier diplôme, avant d&rsquo;ajouter en souriant :</p>
<p>« C&rsquo;est vrai que nous ne sommes pas des experts, mais nous donnons quand même des conseils sur la façon de les utiliser ».</p>
<p>Jacques a raison de rappeler qu&rsquo;il n&rsquo;est pas un expert. S&rsquo;il l&rsquo;était, il aurait su que l&rsquo;un des produits qu&rsquo;il propose à ses clients est un pesticide interdit à la vente au Cameroun. Le Captafol, un fongicide utilisé contre les maladies qui attaquent les fruits et légumes, ne devrait pas se trouver sur les étagères de Jacques.</p>
<p>Comme Jacques, de nombreux vendeurs de pesticides sont plus soucieux de réaliser des ventes que de s&rsquo;assurer que leurs produits sont légaux et de bonne qualité. Depuis plusieurs années, le gouvernement met à la disposition du public des listes de pesticides homologués au Cameroun. La dernière liste, qui date de 2021, comprend également des ingrédients actifs et des produits interdits pour leur toxicité aiguë à long terme et leurs effets sur l&rsquo;environnement. Il s&rsquo;agit notamment de produits tels que le Captafol, le Dinosebe Acetate, le Dinosebe, le Binapacryl, le Cyhexatin, la Dieldrine, l&rsquo;Aldrine, l&rsquo;Heptachlor ou le Carta. Ces produits en provenance d&rsquo;Europe sont décrits comme « extrêmement » dangereux lorsqu&rsquo;ils entrent en contact avec la bouche ou la peau.</p>
<p>Cependant, ces avertissements sur le danger que peuvent représenter les pesticides ne découragent pas les agriculteurs comme Derik Kadji. Ce père de deux enfants, âgé de 30 ans, possède une plantation de plus de 20 hectares de bananes plantains dans la ville de Loum, à une centaine de kilomètres de Douala.</p>
<p><iframe title="Pesticide use in Cameroon" width="500" height="281" src="https://www.youtube.com/embed/871rfZt8tl4?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" allowfullscreen></iframe></p>
<p>« Nous ne pouvons plus nous passer des pesticides », a déclaré l&rsquo;agriculteur. « C&rsquo;est ce qui permet à nos plantes de tenir debout car nous ne savons même plus quand il va pleuvoir avec le changement de climat ». Derik, qui est né dans une famille d&rsquo;agriculteurs, a déclaré que lorsque ses parents travaillaient la terre, il ne les voyait pas utiliser des pesticides industriels. Mais, « le sol que nous utilisons aujourd&rsquo;hui est très contaminé par les insectes, nous devons donc nous tourner vers les pesticides ».</p>
<p>Derik a déclaré qu&rsquo;il ne suffit pas d&rsquo;utiliser des pesticides pour être satisfait de sa plantation. Selon lui, tout utilisateur de ces produits doit être conscient de leur dangerosité pour la santé et l&rsquo;environnement. « Le pesticide ne disparaît pas rapidement au sol, même après un an vous pouvez le retrouver », a déclaré Derik.</p>
<p>« Vous pouvez par exemple passer le matin, vous mettez le « Mocap » au fond du plantain, l&rsquo;enfant qui est ignorant passe avec son pain par là et dès que ce pain tombe là, il va le récupérer et le manger sans savoir ce qu&rsquo;il y a par terre parce que le « Mocap » a la même couleur que la terre. Donc si l&rsquo;enfant mange ce pain souillé, il peut mourir ».</p>
<p>Roger Toka est le directeur de la société de vente de pesticides appelée « La voix du paysan agricole » (LVDPA). Il est approvisionné par un homme d&rsquo;affaires qui importe des pesticides de l&rsquo;Union européenne. « Nous sensibilisons les paysans qui achètent nos produits en organisant des séances de formation sur le respect des mesures de précaution, les techniques d&rsquo;utilisation et les nouveaux produits disponibles », explique Roger Toka.</p>
<p>Dans un<a href="https://www.publiceye.ch/fr/thematiques/pesticides/exportations-pesticides-interdits-suisse"> rapport</a> intitulé « Exportations de pesticides interdits : Les lacunes de la réglementation suisse « , l&rsquo;ONG suisse Public Eye a confirmé que des pesticides interdits dans l&rsquo;Union européenne parce qu&rsquo;ils sont dangereux pour la santé et l&rsquo;environnement ont été exportés et enregistrés au Cameroun.</p>
<p>Une enquête journalistique a révélé que le chlorothalonil, une substance cancérigène interdite dans l&rsquo;Union européenne en raison de la pollution des eaux souterraines, figure parmi les pesticides homologués au Cameroun. Il en est de même pour le propiconazole, un fongicide classé comme toxique pour la reproduction, ou le Thiamethoxam, un insecticide impliqué dans l&rsquo;effondrement des insectes pollinisateurs.</p>
<p>« Si un produit est interdit, ce sont les autorités qui doivent l&#8217;empêcher d&rsquo;être sur le marché », a déclaré Jacques. « Nous, à notre niveau, nous voulons juste vendre et satisfaire les clients ».</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Par Mary Mwendwa et Christian Locka</p>
<p><em><b>Cet article, première partie d&rsquo;une série, a été élaboré avec le soutien de Journalismfund.eu.</b></em></p>
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		<title>La grande fraude aux réfugiés</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Christian LOCKA]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 31 Dec 2022 16:39:41 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Investigation]]></category>
		<category><![CDATA[corruption]]></category>
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		<category><![CDATA[HCR]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>23 décembre 2022, 9 heures du matin. Une dizaine de personnes prennent part à la mise en bière de Sepamio Sylver à la morgue d&rsquo;un hôpital de la capitale économique du Cameroun. La dépouille du réfugié centrafricain est revêtue d&rsquo;un costume noir, une chemise blanche et un nœud papillon noir. Ses amis et connaissances, tous en larmes, savaient que Silver vivait dans la précarité. Mais, s&rsquo;ils sont autant bouleversés, c&rsquo;est parce que le jeune homme de 31 ans n&rsquo;est pas mort des suites d&rsquo;une maladie ou d&rsquo;un accident. Il s&rsquo;est donné la mort après avoir longtemps attendu d&rsquo;être réinstallé dans un pays développé.</p>
<p>Dans la petite foule qui disait au revoir au défunt, il y avait Christophe, un homme qui sait pourtant transformer le rêve de voyager à l&rsquo;étranger en réalité. Christophe est membre d&rsquo;un gang qui recrute en toute discrétion des personnes de tous âges, leur établit des documents de voyage réservés aux réfugiés contre de fortes sommes d&rsquo;argent et leur trouve même un emploi décent dans un pays d&rsquo;Europe, d&rsquo;Amérique du Nord ou d&rsquo;Océanie.</p>
<p>Alors que cette pratique viole les principes directeurs du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés(HCR)concernant le service de réinstallation, un employé de la branche locale du HCR est présenté comme étant le cerveau de ce gang constitué également d&rsquo;éléments de la police camerounaise et de facilitateurs au ministère des relations extérieures, comme l&rsquo;a découvert un reporter du journal en ligne The Museba Project au cours d&rsquo;une enquête en immersion de plusieurs années.</p>
<p>Ce reporter de nationalité camerounaise s&rsquo;est fait passer pour un individu à la recherche d&rsquo;une opportunité de voyage. Le gang lui a indiqué qu&rsquo;il payera la somme de 2.500.000 FCFA($4000) pour toutes les prestations: changement de nationalité, choix du pays d&rsquo;accueil, délivrance d&rsquo;une carte de réfugié, d&rsquo;un passeport bleu, d&rsquo;un visa et offre d&rsquo;un emploi à Bratislava, la capitale de la Slovaquie en Europe de l&rsquo;Est, la destination finale du reporter. Le gang a d&rsquo;abord attribué la nationalité congolaise au reporter avant d&rsquo;évoquer la république centrafricaine parce que les réfugiés centrafricains ont plus de chance d&rsquo;entrer en Occident étant donné que leur pays est encore instable, selon le gang.</p>
<p>Le journaliste n&rsquo;était pas seul dans l&rsquo;aventure. Il a croisé un autre citoyen camerounais qui a changé de nom et de nationalité,  et que le gang s&rsquo;apprête à envoyer au Canada. Le reporter a également parlé à de faux réfugiés déjà installés en Occident après avoir utilisés le même réseau.</p>
<p>Plusieurs vrais réfugiés qui devraient bénéficier du service gratuit de réinstallation attendent désespérément. Pendant ce temps, le gang se fait jusqu&rsquo;à 10 millions de FCFA($16000) par famille et par voyage, au point qu&rsquo;un de ses membres a déclaré avec fierté:</p>
<p>« 80% de mes revenus proviennent de ce réseau ».</p>
<p>L&rsquo;Agence des Nations Unies pour les Réfugiés(Hcr) a été fondée en 1950 pour apporter de l&rsquo;aide humanitaire aux réfugiés européens de la deuxième guerre mondiale. En juillet 1951, une convention relative au statut de réfugié a été adoptée par l&rsquo;Assemblée générale dans le but de sceller cette décision. Mais, cette convention s&rsquo;est avérée limitée parce qu&rsquo;elle n&rsquo;a pas tenu compte de l&rsquo;apparition de nouveaux groupes de réfugiés à travers le monde.</p>
<p>En 1967, les nations sont revenues autour de la table en adossant un protocole à la convention, et en donnant au HCR la charge de promouvoir les deux accords internationaux sur la protection des réfugiés et de s&rsquo;assurer de leur application par les signataires. Depuis ce temps, 148 pays dans le monde partagent une même définition du réfugié:</p>
<p>« Toute personne qui craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité; et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays ; ou qui, si elle n’a pas de nationalité et se trouve hors du pays dans lequel elle avait sa résidence habituelle à la suite de tels événements, ne peut ou, en raison de ladite crainte, ne veut y retourner ».</p>
<p>Le HCR sauve des vies et protège les réfugiés, selon ses principes directeurs. Toutefois, lorsque le rapatriement volontaire et l&rsquo;intégration locale du réfugié dans le pays d&rsquo;asile sont impossibles, le HCR fait une demande de réinstallation du réfugié dans un pays tiers pouvant lui garantir la sécurité.</p>
<p>Hamma Hamadou est un ancien diplomate nigérien ayant travaillé de 1996 à 2001 à Bruxelles où il entretenait des relations avec les organisations onusiennes. Il pense qu&rsquo;une attention particulière devrait être accordée aux personnes qui ont des difficultés en raison de leur origine, leur race, leur orientation sexuelle, etc.</p>
<p>« Ces personnes ont besoin d&rsquo;une protection décente de la part de tous les Etats dans la limite de leurs moyens et en relation avec le système des Nations Unies « , a déclaré Hamma Hamadou. « L&rsquo;humanité devrait constituer une seule communauté ».</p>
<p>Le programme de réinstallation ne s&rsquo;adresse pas à tout le monde. Les personnes concernées doivent au préalable être reconnues comme réfugiés par le HCR, selon l&rsquo;Agence des Nations Unies qui dit donner la priorité à la réinstallation des réfugiés « particulièrement vulnérables ».</p>
<p><strong>Suicide </strong></p>
<p>Sepamio Sylver espérait à tout moment être appelé par le HCR. Le temps passait, il prenait de l&rsquo;âge et n&rsquo;avait pas un emploi. Son père, Augustin Torote et lui, vivaient dans une maison construite en planches dans un quartier populeux de Douala. Manger à sa faim, payer le loyer ou se soigner étaient des défis quotidiens pour les deux hommes. Malgré tout, le jeune Sylver n&rsquo;a pas baissé les bras. Il a commencé à emprunter de l&rsquo;argent pour s&rsquo;acheter des bijoux, des lampes rechargeables et des accessoires de téléphone qu&rsquo;il vendait plus tard à la sauvette, raconte son père.</p>
<figure id="attachment_3509" aria-describedby="caption-attachment-3509" style="width: 809px" class="wp-caption alignleft"><img class=" wp-image-3509" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/12/cercueilok.jpg" alt="" width="809" height="607" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/12/cercueilok.jpg 448w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/12/cercueilok-300x225.jpg 300w" sizes="(max-width: 809px) 100vw, 809px" /><figcaption id="caption-attachment-3509" class="wp-caption-text">Le corps sans vie de Sylver dans le cercueil</figcaption></figure>
<p>Sylver avait cependant l&rsquo;air inquiet. « Lorsque je lui ai demandé s&rsquo;il doit quelque chose à quelqu&rsquo;un, il m&rsquo;a répondu : « papa, c&rsquo;est trop tard, tu me pardonnes » », dit Augustin Torote. Le jeune homme venait de prononcer ses derniers mots. Le dimanche 11 décembre 2022, Sylver s&rsquo;est pendu dans la maison familiale. Torote venait de perdre un de ses six enfants. Il a su plus tard que Sylver devait 900.000 Fcfa ($1450) à son fournisseur.</p>
<p>Après une mise en bière à l&rsquo;hôpital Nylon de Douala,  le jeune réfugié a été inhumé en Centrafrique. Torote a dit au revoir à son fils à la frontière, son statut ne lui permettant pas de rentrer dans son pays natal.</p>
<p>Je rencontre Torote deux jours après le suicide de Sylver. Pendant notre entretien, il fond en larmes à maintes reprises et avoue que ce drame ne serait pas arrivé si le HCR avait réinstallé ses enfants et lui dans un autre pays.</p>
<p>« Je demande comme pardon au HCR de jeter un coup d&rsquo;œil sur moi et les autres enfants qui sont encore en vie pour qu&rsquo;on essaie de sortir d&rsquo;ici »,  dit Torote en essuyant le visage avec un t-shirt noir. « Qu&rsquo;on nous mette parmi les gens qui vont partir dans n&rsquo;importe quel pays, on va se battre là bas. Perdre un enfant de 31 ans et rester encore ici, quand je tourne je vois son image, ça ne fait pas du bien ».</p>
<p>The Museba Project a parcouru une note d&rsquo;informations du HCR Cameroun datant de mai 2014. Le document donne des précisions sur la réinstallation des réfugiés qui devrait se dérouler en sept étapes. Quand le HCR soumet un cas au voyage, apprend-t-on, le pays de réinstallation mène sa propre enquête sur le réfugié. Si le réfugié est approuvé, le pays de réinstallation lui fait une visite médicale et un contrôle de sécurité.</p>
<p>« Le pays de réinstallation, et non le HCR, prend la décision finale », dit le document sur lequel il est mentionné que la vulnérabilité ne garantit pas la réinstallation.</p>
<p>« L&rsquo;identification d&rsquo;un réfugié étant particulièrement vulnérable ne veut pas forcement dire que ce réfugié est éligible pour la réinstallation ou même en besoin de réinstallation », précise la note d&rsquo;informations du HCR Cameroun. En clair, le HCR utilise désormais son pouvoir discrétionnaire pour choisir les réfugiés à réinstaller.</p>
<p>Le représentant du HCR au Cameroun a été sollicité dans le cadre de cette investigation. Il n&rsquo;a pas souhaité réagir aux questions de The Museba project à propos des étapes, des quotas par pays tiers et de la fraude liés à la réinstallation des réfugiés.</p>
<p>Torote Sepamio Augustin, 59 ans, était un conducteur de taxi à Bangui, capitale de la république centrafricaine. Un de ses frères était lieutenant d&rsquo;armée. Chaque matin, Torote prenait du plaisir à déposer les enfants de son frère à l&rsquo;école. En 2005, il est interpellé par des gendarmes envoyés , dit-il, par un neveu de François Bozizé,  président de la Centrafrique à cette époque .</p>
<p>« On disait que je sais où le lieutenant est parti parce que nous sommes de la même famille », raconte Torote qui disait aux gendarmes ne rien savoir sur la fuite de son frère. Il est emmené à la brigade de recherche pour être entendu mais les choses ne vont pas se passer comme les gendarmes avaient prévu.</p>
<p>« Il y avait un gendarme de la même ethnie que moi; il a compris que cette affaire n&rsquo;est pas bonne. A 23 heures, il m&rsquo;a appelé et il m&rsquo;a dit: je vais te donner de l&rsquo;argent puis je vais te demander d&rsquo;aller m&rsquo;acheter quelque chose, ne revient plus. C&rsquo;est comme ça que j&rsquo;ai pris fuite », se souvient Torote qui est ensuite passé par Berberati pour entrer à Garoua Boulai au Cameroun. Il dit qu&rsquo;il a retrouvé dans les bureaux du HCR à Douala son frère militaire qui avait fui la Centrafrique.</p>
<p>« On s&rsquo;est rencontré dans le bureau, on s&rsquo;est embrassé et j&rsquo;ai commencé à pleurer », raconte Torote. Il dit que son frère a été réinstallé en France et qu&rsquo;un certain Manga, employé du HCR lui a demandé d&rsquo;attendre son tour. « Pour moi, Manga m&rsquo;a dit ton affaire va s&rsquo;arranger; chaque fois que je passe le voir, il me dit c&rsquo;est en cours », ajoute Torote.</p>
<p><strong>Deux personnes avec la même identité</strong></p>
<p>Pendant que le réfugié centrafricain attendait d&rsquo;être appelé par le HCR pour sa réinstallation, il apprend qu&rsquo;un individu portant son nom complet a été réinstallé aux Etats-Unis.</p>
<p>Tout commence un matin nuageux de février 2015. Torote vient de se réveiller. Il est soucieux parce qu&rsquo;il vit des moments difficiles. Le réfugié se souvient qu&rsquo;il  avait rendu de bons services à un de ses amis qui vit depuis un moment aux Etats-Unis d&rsquo;Amérique. Il décide de lui demander une aide financière.</p>
<p>« Ici au Cameroun, il était technicien comme moi. Il est parti aux Etats-Unis. Il m&rsquo;aidait. De temps en temps, il m&rsquo;envoyait 30.000 FCFA($48) ou 20.000 FCFA($32). Il envoyait les photos. Il disait qu&rsquo;il faut toujours prier »</p>
<p>Au bout d&rsquo;un moment d&rsquo;échange,  l&rsquo;ami accepte une fois encore de faire un transfert d&rsquo;argent à Torote. Le réfugié est tout excité. Il réfléchit déjà à l&rsquo;utilisation de sa future petite fortune et ne se doute de rien.</p>
<p>Pourtant, son ami vient d&rsquo;apprendre une mauvaise nouvelle. La société de transfert lui a fait savoir qu&rsquo;un individu portant le même nom, Augustin Torote, vit déjà sur le sol américain. Comment la même personne peut-elle être à la fois aux Etats-Unis et au Cameroun, s&rsquo;interroge tout confus l&rsquo;ami de Torote. Il réussit à percer le mystère quand, plus tard, il rencontre l&rsquo;individu vivant aux Etats-Unis.</p>
<p>« Il a effectivement rencontré cet individu et a constaté que c&rsquo;est une personne différente qu&rsquo;il a en face de lui », dit le réfugié. Torote conclut que son identité a été vendue à quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre et, sur le champ, il dirige ses soupçons vers Manga, l&#8217;employé du HCR avec qui il avait parlé de sa réinstallation.</p>
<p>« Quand il (l&rsquo;ami) m&rsquo;a fait part de cela, je lui ai dit que ce sont les manipulations de Manga », dit Torote. « C&rsquo;est lui qui gérait tous les dossiers, qui envoyait les gens(à l&rsquo;étranger, Ndlr) ».</p>
<p>Avec ce coup, Torote venait de perdre non seulement l&rsquo;argent qui devait lui permettre de résoudre ses problèmes ponctuels mais aussi son identité; ce qui réduisait ses chances d&rsquo;être réinstallé aux Etats-Unis d&rsquo;Amérique.</p>
<p>Mais, l&rsquo;affaire est allée plus loin. Les réfugiés ont adressé une lettre à Antonio Guterres, qui était au moment des faits le haut commissaire des nations unies en charge des réfugiés, pour dénoncer la vente des identités des réfugiés. La police suisse a ouvert une enquête sur le cas Augustin Torote.</p>
<p>« Un blanc et une dame m&rsquo;ont appelé; ils ont dit qu&rsquo;ils sont de la police de Genève »,  se souvient Torote. « Ils m&rsquo;ont demandé ce que je compte faire. J&rsquo;ai dit que tout ce que Dieu fait est bon; C&rsquo;est à eux là-bas de voir s&rsquo;ils peuvent rapatrier la personne qui a changé son nom ».</p>
<p>Mais, cette proposition a été classée par la police helvétique, dit Torote.</p>
<p>Plusieurs années après cet incident, Torote, encore sous le choc du décès de son fils, affirme que des camerounais ont l&rsquo;habitude de voyager avec des documents de réfugié.</p>
<p>« On a retrouvé 15 musulmans camerounais dans un voyage qui a eu lieu récemment », dit le réfugié.  » On a changé le système. Maintenant, quand vous arrivez il y a un comité qui vous accueille. On te demande en patois le nom de ton village en RCA. Si tu bégaies , on te met de côté. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;on a retrouvé quinze camerounais ».</p>
<p>Avant que le scandale sur son identité éclate, Torote était déjà membre du collectif des communautés des réfugiés de Douala(CCRD), une association qui regroupait environ 10000 réfugiés urbains de diverses nationalités. Le rôle du collectif était de porter ses doléances auprès du HCR et ses partenaires et de défendre les intérêts de ses membres. En peu de temps, le CCRD a recensé d&rsquo;autres cas de fraude sur les identités de réfugiés.</p>
<p>The Museba Project a obtenu une copie de la lettre du CCRD adressée à l&rsquo;inspecteur général du HCR en Suisse. Kalema Ngongo Jean Louis, son président, y relate les mésaventures de Kussu Bienvenu, un réfugié originaire de la République Démocratique du Congo, RDC.</p>
<p>Kussu était un candidat à la réinstallation au Canada. Il a passé avec succès les examens médicaux préludes au voyage, d&rsquo;après la lettre. Mais, le HCR lui a appris plus tard qu&rsquo;il ne pourra plus effectuer le déplacement parce qu&rsquo;il ne remplit pas les critères du pays d&rsquo;accueil, raconte Kalema. Kussu, qui était un médecin de formation, a décidé de voyager avec sa famille par ses propres moyens, d&rsquo;après le président du CCRD.</p>
<p>A son arrivée au Canada, Kussu apprend des services d&rsquo;immigration du Canada  qu&rsquo;  » une famille(a été) réinstallée à leurs lieux et places par les responsables du HCR Cameroun », dit Kalema, « &#8230; avec les mêmes identités que lui ainsi que ses trois enfants ». Malgré plusieurs tentatives, The Museba Project n&rsquo;a pu entrer en contact avec Kussu Bienvenu pour en savoir davantage.</p>
<p>The Museba Project a également sollicité les commentaires du HCR à Ottawa au Canada et à Washington aux Etats-Unis mais aucune des deux organisations n&rsquo;a répondu à nos questions.</p>
<p>Le choix du Canada et des Etats-Unis par le réseau de fraude pour réinstaller les faux refugiés n&rsquo;est pas anodin. Ces deux pays hébergent sur leur sol le plus grand nombre de refugiés réinstallés dans le monde devant l&rsquo;Europe et les pays nordiques, selon le site internet du <a href="https://www.unhcr.org/fr/reinstallation.html#:~:text=Dans%20de%20telles%20circonstances%2C%20le,%C3%A0%20terme%20une%20r%C3%A9sidence%20permanente.">HCR</a>. Le président américain Joe Biden a promis de faire réinstaller jusqu&rsquo;à 125 000 <a href="https://www.unhcr.org/fr/news/briefing/2021/9/6149c158a/hcr-salue-projet-gouvernement-americain-renforcer-reinstallation-refugies">nouveaux</a> réfugiés aux Etats-Unis en 2022.<strong> </strong></p>
<p>Au Cameroun, plusieurs personnes rêvent de s&rsquo;installer en Occident dans l&rsquo;espoir d&rsquo;améliorer leurs conditions de vie souvent déplorables. Certaines d&rsquo;entre elles, découragées par des échecs répétés d&rsquo;obtention de visa, abandonnent au bout de quelques essais. D&rsquo;autres, plus téméraires, finissent souvent leur aventure au fond de la méditerranée, un cimetière marin qui engloutit des centaines d&rsquo;êtres humains chaque année. Quand une opportunité d&rsquo;entrer légalement en Occident, comme celle du réseau de fraude, se présente, les personnes intéressées sont prêtes à dépenser sans compter pour que leur rêve devienne enfin une réalité.</p>
<p>Le président du CCRD dit avoir surpris à maintes reprises des camerounais, en possession des documents de réfugiés, qui s&rsquo;apprêtaient à voyager vers l&rsquo;Occident. Kalema a déclaré dans une lettre que les sommes d&rsquo;argent demandées aux nationaux pour voyager comme réfugiés varient entre 3 millions Cfa ($4900) et 10 millions de FCFA($16000) en fonction de la taille de la famille. Il avait alors commencé à donner de la voix.</p>
<p>« Nous demandons l&rsquo;envoi au Cameroun d&rsquo;une mission internationale pour enquêter sur la réinstallation de tous les réfugiés en provenance du Cameroun, de 2003 à 2015 pour les USA, le Canada, l&rsquo;Australie, les pays scandinaves&#8230; », a écrit Kalema. Le CCRD a envoyé ses plaintes aux autorités locales, au bureau de l&rsquo;inspecteur général du HCR à Genève et même à Antonio Guterres, actuel secrétaire général de l&rsquo;ONU, à l&rsquo;époque des faits haut commissaire des Nations Unies pour les réfugiés. Mais, rien n&rsquo;a changé, dit le CCRD.</p>
<p>Kalema a insisté à dire que « les faits sont réels et le réseau frauduleux de réinstallation des nationaux au détriment des réfugiés existe bel et bien ici au Cameroun ».</p>
<figure id="attachment_3512" aria-describedby="caption-attachment-3512" style="width: 809px" class="wp-caption alignleft"><img class=" wp-image-3512" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/12/camp-refugiés.jpg" alt="" width="809" height="539" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/12/camp-refugiés.jpg 500w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/12/camp-refugiés-300x200.jpg 300w" sizes="(max-width: 809px) 100vw, 809px" /><figcaption id="caption-attachment-3512" class="wp-caption-text">Un camp de réfugiés</figcaption></figure>
<p><strong>Comment fonctionne la fraude</strong></p>
<p>Comme les cris des réfugiés devenaient perçants à travers des documents et leurs témoignages, j&rsquo;ai voulu savoir si les identités des réfugiés continuent d&rsquo;être vendues à des nationaux au Cameroun. Si c&rsquo;est le cas, comment fonctionne cette vaste fraude aux réfugiés, à qui profite-t-elle et pourquoi devrions-nous nous en soucier ?</p>
<p>D&rsquo;après mon observation et les témoignages des victimes, le  commerce lucratif des identités de réfugiés commence presque toujours par le même bout: un employé du HCR découvre une faille dans le système de réinstallation des réfugiés. Avec l&rsquo;aide de collègues consentants, il monte un réseau de recrutement de personnes voulant voyager en Occident comme réfugiés. Comme il doit éviter de se montrer, cet employé fait la passe à un réfugié de confiance chargé de contacter les personnes intéressées.</p>
<p>Puis, l&#8217;employé complète les instructions en indiquant au réfugié démarcheur les frais à payer par candidat, le pourcentage des commissions, les délais de traitement du dossier et si possible les soutiens cachés du réseau au sein de l&rsquo;administration publique locale.</p>
<p>A son tour, le réfugié fait équipe avec un ou plusieurs autres réfugiés. Le but est de ratisser large tout en évitant une fuite, le pire adversaire du réseau. Toutes précautions prises, l&rsquo;équipe enclenche le processus de recrutement qui s&rsquo;achève en général par une bonne nouvelle: la réinstallation d&rsquo;un faux réfugié en Europe, en Australie, aux Etats-Unis ou au Canada.</p>
<p>« Nous avons les vrais réfugiés qui vont être confrontés  à une difficulté étant entendu que les faux réfugiés vont faire un usage frauduleux des procédures et des mécanismes », a déclaré Hamma Hamadou.</p>
<p>« En fait,  le principal risque est que ça va mettre un doute dans la tête des pays qui accueillent ces réfugiés et qui sont en relation avec le haut commissariat aux réfugiés », a t-il ajouté.</p>
<p>L&rsquo;histoire sur la vente des identités des réfugiés étant d&rsquo;un intérêt public, la seule façon de me faire ma propre opinion sur ce qui se passe réellement était d&rsquo;infiltrer le réseau de  fraude comme candidat à l&rsquo;immigration. Sur le chemin qui mène à la vérité, il fallait financièrement motiver le réseau pour qu&rsquo;il explique le fonctionnement de la machine de fraude.</p>
<p>J&rsquo;ai soumis certains documents personnels au réseau. Ma profession était inscrite sur ma carte nationale d&rsquo;identité et j&rsquo;étais déjà détenteur d&rsquo;un passeport ordinaire. Mais, le réseau n&rsquo;a pas prêté attention à ces détails, peut-être parce que beaucoup de journalistes locaux cherchent aussi à fuir la précarité dans laquelle ils se trouvent.</p>
<p>La décision de mener une enquête en immersion ne suffisait pas pour arriver jusqu&rsquo;au cœur du réseau. Il me fallait trouver un réfugié qui avait une parfaite maîtrise de la situation. Par l&rsquo;entremise d&rsquo;une source de longue date, je fais la connaissance de Jean François Missengui, un réfugié congolais âgé d&rsquo;une cinquantaine d&rsquo;années. Il venait d&rsquo;abandonner son poste de secrétaire général du CCRD parce que, dit-il, il a découvert que les réfugiés étaient victimes d&rsquo;abus graves y compris la vente de leurs identités.</p>
<p>« C&rsquo;est criminel ce qui se passe contre les réfugiés, je vais dénoncer ces individus », me dit jean François dès notre première rencontre.  » Avec cette fraude, il est possible qu&rsquo;un terroriste entre facilement en Occident ».</p>
<p>Jean François m&rsquo;avoue qu&rsquo;il ne connait pas les personnes qui constituent le réseau. Il accepte cependant de faire équipe avec moi pour trouver les réfugiés qui travaillent pour le réseau. C&rsquo;était le premier objectif à atteindre avant d&rsquo;espérer aller plus loin. Un jour, alors que nous sommes entrain de réfléchir sur la stratégie à retenir, Jean François me raconte, d&rsquo;une voix grave, l&rsquo;histoire de sa fuite du Congo, son pays natal.</p>
<p>Décembre 1998. Jean François habite Brazzaville lorsque la guerre éclate entre l&rsquo;armée congolaise et les rebelles « Ninja » du pasteur Ntumi. Jean François, originaire du même département que Ntumi, est soupçonné d&rsquo;être un Ninja. Il est traqué par les forces de sécurité congolaises. Il subit intimidations et menaces à répétition.</p>
<p>« Je ne pouvais plus supporter cette situation », dit Jean François. « j&rsquo;ai décidé de fuir vers le nord jusqu&rsquo;à Ouesso à la frontière avec le Cameroun ».</p>
<p>Mais, la fuite sera de courte durée. Jean François est interpellé en chemin par les troupes d&rsquo;un colonel de l&rsquo;armée.</p>
<p>« Ce colonel me dit que, selon ses informations, le Cameroun et la République Démocratique du Congo constituent des bases arrières utilisées par les Ninjas pour attaquer le Congo et il refuse de me laisser passer », raconte Jean François. Il dit que sa carte d&rsquo;identité lui ayant été retirée, il a été contraint de monnayer pour obtenir un laissez passer et continuer le voyage.</p>
<p>En février 1999, Jean François entre au Cameroun par Socambo, un village de la région de l&rsquo;Est, proche de la frontière. Il fait la connaissance d&rsquo;autres citoyens congolais en fuite. Le 20 mars de la même année, Jean François arrive à Douala à bord d&rsquo;un bus. Un an plus tard, il dépose une demande d&rsquo;asile au HCR.</p>
<p>A peine arrivé, le congolais fait déjà parler de lui. En 2001, il est le chef de file d&rsquo;un groupe de réfugiés qui écrit au secrétaire général des Nations Unies. La lettre dénonce les mauvais traitements de certains personnels du HCR vis à vis des réfugiés tels que le mépris, l&rsquo;opacité et la fraude. Un conseil juridique du HCR est dépêché pour rencontrer le groupe de réfugiés mécontents. Il promet d&rsquo;acheminer leurs doléances à sa hiérarchie puis  il dit :</p>
<p>« Quand vous écrivez, faites attention car certaines personnes ont perdu leurs vies à cause du stylo, en tout cas, une copie de votre lettre est envoyée aux autorités de votre pays d&rsquo;origine », se souvient Jean François.</p>
<p>Cette phrase fait son effet. Certains réfugiés abandonnent le projet de dénonciation. Jean François, lui, ne se décourage pas. Il devient plus tard le secrétaire du CCRD.</p>
<p>En décembre 2018, il reçoit un coup de fil du HCR qui lui demande de se faire enrôler pour une réinstallation aux Etats-Unis. Son épouse et lui passent les entretiens préliminaires.  Depuis ce temps, Jean François n&rsquo;a ni été réinstallé ni été informé d&rsquo;un quelconque rejet de son dossier, dit-il.</p>
<p>« Je veux voir ces réfugiés, qui ont tout perdu, qui ont fuit les conflits et les règlements de compte, refaire leurs vies dans la dignité », me dit jean François lorsque je lui demande ce qui motive son combat contre la fraude.</p>
<p>« Je suis sensible à ça. Voilà pourquoi j&rsquo;ai pris mon courage à deux mains pour dénoncer ces mauvaises pratiques ».</p>
<p>Mon premier contact avec le réseau se fait un début de soirée à Douala . Jean François et moi rencontrons Christophe, un réfugié centrafricain. (Celui qui a assisté à la mise en bière de Sepamio Sylver, Ndlr).</p>
<p>« Quand vous avez appelé, j&rsquo;avais peur que peut-être c&rsquo;est une enquête qui commence »,  dit avec un sourire gras Christophe en posant le doigt sur ses lunettes claires . »Comme je suis défenseur des Droits de l&rsquo;homme le réseau a peur que je retourne les preuves que je détiens contre lui ».</p>
<p>Quelques jours auparavant, Christophe, âgé d&rsquo;une quarantaine d&rsquo;années, avait appris au téléphone que je suis un candidat potentiel au voyage. Il s&rsquo;est empressé de venir en personne m&rsquo;expliquer comment ça marche.</p>
<p>« Ce qu&rsquo;il faut savoir, c&rsquo;est que c&rsquo;est le réseau des réfugiés; c&rsquo;est un personnel du service juridique au HCR qui est à la tête de ce réseau », déclare Christophe qui ajoute que ce personnel ne veut pas se faire connaitre. « Le HCR est une organisation internationale et la moindre fuite, c&rsquo;est ta carrière, ta famille qui est en jeu. »</p>
<p>« Ce personnel a donc tissé des relations avec certains réfugiés qui font les affaires. Quand le visa arrive et qu&rsquo;il constate que le réfugié (bénéficiaire, ndlr) ne peut pas voyager ou n&rsquo;est pas prêt, il vend ce visa », dit Christophe.</p>
<p>Ce réfugié centrafricain me dit que le réseau a réussi à faire voyager trois camerounais pour les Etats-Unis d&rsquo;Amérique en vendant les visa des réfugiés. Mais,  ces  camerounais ont été interpellés sur le sol américain, dit-il.</p>
<p>« A leur arrivée, l&rsquo;ambassadeur de la Centrafrique les accueille et les conduit à l&rsquo;ambassade mais quand il leur parle le Sango (langue nationale en Centrafrique, Ndlr), personne ne répond », raconte Christophe. « Voilà comment il s&rsquo;est rendu compte qu&rsquo;on avait donné le visa à des personnes étrangères ».</p>
<p>La réinstallation se déroule en sept étapes, selon le HCR. Lorsque le cas du réfugié est soumis, les autorités du pays de réinstallation s&rsquo;entretiennent avec lui et font une évaluation du cas. La décision est remise au réfugié par les mêmes autorités. L&rsquo;Organisation Internationale pour les Migrations(OIM)organise l&rsquo;examen médical du réfugié après un contrôle de sécurité. Ensuite, l&rsquo;OIM ou le pays de réinstallation organise une orientation culturelle et le voyage.</p>
<p>Le réseau, lui, épargne ses candidats de ce long processus.</p>
<p>Christophe dit que cet échec a fait que le réseau change de stratégie. Il évoque pour la première fois depuis le début de notre conversation le nom du personnel du HCR en question.  » Il est au service juridique, monsieur Ateba;  il travaille avec une équipe pour ça. »Christophe dit qu&rsquo;il travaille pour Adèle, une réfugiée basée à Yaoundé, née d&rsquo;un père congolais et d&rsquo;une mère centrafricaine. Christophe déclare que Adèle à son tour travaille pour Jean Paul Ateba en service au HCR.</p>
<p> » Ce personnel a dit à notre sœur (Adele) si vous avez des gens qui ont leur argent on va leur donner un visa avec garantie d&rsquo;une association humanitaire qui vous prend en charge pendant un mois », raconte le réfugié. Christophe me dit qu&rsquo;il est chargé de convaincre les personnes qui veulent voyager comme réfugiés pour s&rsquo;installer en Occident. Ensuite, il met le candidat en contact avec Adèle et sa mission s&rsquo;arrête à ce niveau, dit-il. Le réseau, dit-il, demande à chaque candidat de payer la somme de 1.500.000 FCFA( $2400).</p>
<p>« La bonne nouvelle est que pour t&rsquo;engager tu paies la moitié de cette somme et quand on te remet tous tes documents de voyage, tu paies le reste d&rsquo;argent », se réjouit Christophe. Il dit que ATEBA n&rsquo;est pas seul dans le coup. Lorsque le candidat paie, déclare le réfugié, il distribue cet argent à des collègues qui l&rsquo;aident dans l&rsquo;opération.</p>
<p>« Le premier versement de 750.000 FCFA($1200) qu&rsquo;il prend, c&rsquo;est pour partager avec ses relations qui l&rsquo;aident: toi tu interviens ici, voici ta part, etc. Il donne à chacun sa part ».</p>
<p>Christophe me montre des documents officiels de nationaux camerounais qui auraient fraîchement voyagé comme des réfugiés centrafricains pour s&rsquo;installer au Canada, aux États-Unis, en Norvège, en Espagne et en France. Il déclare ensuite qu&rsquo;un candidat peut  voyager avec son nom lorsque celui-ci se rapproche d&rsquo;un nom centrafricain. Mais lorsque le nom fait référence à certaines localités du Cameroun, le réseau fait établir au candidat un certificat de nationalité centrafricaine puis lui attribue un nom de famille qui renvoie à la Centrafrique et la procédure de réinstallation peut commencer, dit Christophe.</p>
<p>Dans les deux cas, le candidat obtient une carte de réfugié et un passeport bleu (celui des réfugiés) avec visa. « C&rsquo;est un réseau très fermé, ça dépasse même mon entendement; moi, je joue mon rôle d&rsquo;intermédiaire et je m&rsquo;arrête là, je ne veux même pas savoir comment ça se passe là-bas devant », dit Christophe. Je prends son numéro de téléphone et promet de le contacter plus tard.</p>
<p><strong>Adèle, la plaque tournante du gang</strong></p>
<p>Les derniers propos de Christophe me donnent encore envie de découvrir  ce « réseau très fermé ». Je comprends qu&rsquo;il m&rsquo;a donné ce qu&rsquo;il détenait comme informations et je décide de ne plus le contacter.  Jean François et moi parvenons à avoir le numéro de téléphone de Adèle auprès d&rsquo;autres réfugiés. Coup de grâce, Adèle s&rsquo;exprime bien en lingala, la langue maternelle de Jean François. Au téléphone, à plusieurs reprises, Adèle est intarissable lorsqu&rsquo;elle parle du réseau et de ses avantages. Nous décidons d&rsquo;aller à Yaoundé pour rencontrer Adèle.</p>
<figure id="attachment_3510" aria-describedby="caption-attachment-3510" style="width: 783px" class="wp-caption alignleft"><img class=" wp-image-3510" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/12/adeleokk.jpg" alt="" width="783" height="696" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/12/adeleokk.jpg 378w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/12/adeleokk-300x267.jpg 300w" sizes="(max-width: 783px) 100vw, 783px" /><figcaption id="caption-attachment-3510" class="wp-caption-text">Adele. La dame à tout faire du réseau</figcaption></figure>
<p>Adèle est une dame de courte taille et de teint chocolat. Vu de près, elle serait dans la cinquantaine. Elle était tirée à quatre épingles et a choisi de me recevoir dans une buvette de fortune loin des regards curieux. « C&rsquo;est un réseau sûr, il ne faut pas avoir peur », me rassure Adèle. « J&rsquo;ai  fait voyager deux de mes enfants avec ce réseau, le troisième vit avec moi il partira bientôt ». Adèle dit que le réseau est patronné par Ateba. Ce dernier est secondé par un certain Mvondo qui travaille aussi au HCR, dit-elle.</p>
<p>Après ce discours d&rsquo;accueil, il était temps de donner la première tranche de la somme totale, soit 750.000 FCFA($1200).</p>
<p>« Les temps sont durs, si on peut aider les jeunes comme toi à voyager pour aller se battre et que nous aussi on gagne quelque chose, ça fait plaisir », dit Adèle d&rsquo;une voix douce.</p>
<p>Plus tard, Adèle me fait voir la photo d&rsquo;un jeune homme qu&rsquo;elle dit être basé en Turquie après avoir voyagé du Cameroun grâce au réseau. Jean François et moi réussissons, grâce à nos recherches, à contacter un autre camerounais vivant en France. Il affirme avoir été aidé par Adèle et sa bande.</p>
<p>« J&rsquo;avais peur au départ mais je me suis dit que je n&rsquo;ai rien à perdre puisque c&rsquo;est difficile au pays », dit le jeune homme au téléphone. »J&rsquo;ai donné l&rsquo;argent à une dame, c&rsquo;est elle qui a tout fait ».</p>
<p>Quelques mois sont passés. Adèle me recontacte pour demander de fournir au réseau certains de mes documents officiels en vue de l&rsquo;établissement de mon passeport bleu. Elle dit que le réseau a choisi de m&rsquo;envoyer à Bratislava, la capitale de la Slovaquie, avec un emploi en bonus. Mais, dit-elle, si je ne suis pas d&rsquo;accord, le réseau va me trouver un autre pays. Je maintiens le choix de la Slovaquie.</p>
<p>« On t&rsquo;a donné la nationalité du Congo Brazzaville mais tu ne vas pas te présenter au HCR pour les formalités, on saura que tu n&rsquo;as l&rsquo;accent congolais », me dit Adèle. Plus tard, Adèle m&rsquo;apprend que le réseau m&rsquo;a attribué une nouvelle nationalité. « C&rsquo;est mieux que tu portes la nationalité centrafricaine. C&rsquo;est ça qui passe facilement. Comme le pays là est encore en guerre, les blancs préfèrent les réfugiés qui viennent de là », dit Adèle.</p>
<p>Pendant des mois, j&rsquo;enregistre des conversations audio et vidéos avec le réseau. A chaque fois, Adèle me rend compte des avis de Ateba, de Mvondo et même d&rsquo;une certaine Gladys qui travaillerait aussi pour le HCR. The Museba Project n&rsquo;a pas été en mesure de confirmer que Mvondo et Gladys sont des employés du HCR.</p>
<p>Le réseau va changer de règles en cours de jeu. D&rsquo;après Adèle, Ateba a dit que je vais plutôt payer 2.500.000 FCFA($4000) pour obtenir  la carte de réfugié, le passeport, le visa et un emploi en Slovaquie.</p>
<p>« Si tu trouves ce montant élevé, on maintient la somme de 1.500.000 FCFA mais dès que le passeport est délivré, on te le donne et tu voyages à tes propres frais », me dit Adèle. A ce stade, impossible de reculer. J&rsquo;accepte la proposition.</p>
<p>Adèle appelle affectueusement Mvondo « monsieur le maire ». C&rsquo;est un homme rond de courte taille et de teint clair. Il s&rsquo;est illustré lorsque le réseau a réclamé une nouvelle somme d&rsquo;argent. S&rsquo;adressant à Jean François, Mvondo a déclaré: « Si tu as d&rsquo;autres personnes intéressées, il faut nous les amener, tu vas gagner quelque chose; moi, 80% de mes revenus proviennent de ce réseau ».</p>
<p><strong>Dieudonné ou l&rsquo;onction de la police</strong></p>
<p>Peu de temps après, Adèle me demande de venir à Yaoundé pour un rendez-vous au service des passeports. La veille du jour dit, je croise Adèle avec à ses cotés un homme. Elle fait les présentations: « C&rsquo;est la première fois que vous vous rencontrez? vous irez ensemble demain au service de passeports », dit Adèle en tournant le regard vers le bonhomme à la membrure puissante.</p>
<p>Kemayou est son nom camerounais. Mais, lorsqu&rsquo;il est entré en contact avec le réseau, tout a changé ou presque, me dit-il. Il a la nationalité centrafricaine et un nom centrafricain. Le Canada est sa destination finale.  » J&rsquo;avais déjà fait le passeport mais il y a eu une erreur c&rsquo;est pourquoi je vais repasser là-bas demain », m&rsquo;explique Kemayou.</p>
<p>La présence de Kemayou me rassure d&rsquo;une part que le réseau est vraiment à l&rsquo;œuvre et d&rsquo;autre part que je peux m&rsquo;arrêter à ce niveau pour suivre l&rsquo;évolution du dossier de ce dernier. Mais, il fallait d&rsquo;abord laisser passer l&rsquo;étape du passeport.</p>
<p>Le lendemain matin, Mvondo, Adèle, Jean François, Kemayou et moi, nous nous retrouvons dans un jardin public  à Yaoundé. Soudain, un homme de teint clair apparaît. C&rsquo;est Dieudonné, il est policier. Adèle lui dit que Kemayou et moi sommes les deux candidats pour le passeport. « Monsieur Ateba t&rsquo;a déjà donné quelque chose, non? donc, tu t&rsquo;occupes bien d&rsquo;eux », dit Adele à Dieudonné. Adèle dit que Dieudonné est l&rsquo;un des membres du réseau au sein de la police. Elle ajoute que le réseau a aussi des « facilitateurs » au ministère des relations extérieures.</p>
<figure id="attachment_3511" aria-describedby="caption-attachment-3511" style="width: 798px" class="wp-caption alignleft"><img class=" wp-image-3511" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/12/dieudonné-et-Mvondookk.jpg" alt="" width="798" height="358" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/12/dieudonné-et-Mvondookk.jpg 448w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/12/dieudonné-et-Mvondookk-300x135.jpg 300w" sizes="(max-width: 798px) 100vw, 798px" /><figcaption id="caption-attachment-3511" class="wp-caption-text">Dieudonné(à gauche) et Mvondo.</figcaption></figure>
<p>Après un moment d&rsquo;échange entre Mvondo, Adèle et Dieudonné, il a été décidé que je passe en premier. Kemayou va attendre.</p>
<p>Dieudonné et moi traversons la route. A l&rsquo;entrée du service des passeports, les policiers à la guérite reconnaissent Dieudonné et nous laissent continuer. A l&rsquo;intérieur, plusieurs usagers sont assis sur de longs bancs. Le ballet des policiers en uniforme et en civil est incessant. Mon cœur  commence à battre très fort. Le risque est élevé. Le moindre faux geste à ce niveau pourrait déboucher sur l&rsquo;irréparable. J&rsquo;ai envie, à un moment, de sortir de cette enceinte. Mais quand je pense aux victimes de cette fraude, je reprends mes forces.</p>
<p>Dieudonné me conduit auprès de Ambassa, un de ses collègues chargé d&rsquo;aider les candidats à remplir les formulaires de demande de passeport puis il disparaît. A la question de savoir si je suis déjà détenteur d&rsquo;un passeport, je ne sais quoi dire. Le réseau ne m&rsquo;a pas dit s&rsquo;il fallait répondre par oui ou par non. Ambassa est surpris de mon hésitation. « Tu connais Dieudonné? C&rsquo;est qui pour toi », me demande t-il. Je lui réponds que c&rsquo;est un ami de la famille. Je lui demande s&rsquo;il peut appeler Dieudonné. Ce qu&rsquo;il fait sans hésiter. Quelques instants plus loin, Dieudonné arrive tout anxieux comme s&rsquo;il redoutait quelque incident. Il me dit de cocher la case « non ».</p>
<p><strong>Ateba, Mvondo, Kemayou: le silence fait le bonheur</strong></p>
<p>Ambassa avait t-il  connaissance de l&rsquo;existence du réseau? Je n&rsquo;en sais rien. Dieudonné, lui, était au courant de Ateba. Adèle lui rappelle d&rsquo;ailleurs qu&rsquo;il a reçu une somme d&rsquo;argent de Ateba pour traiter mon cas. A maintes reprises, j&rsquo;ai demandé à rencontrer Ateba, mais Adèle s&rsquo;y est toujours opposée.</p>
<p>« Monsieur Ateba sera là à la fin pour te remettre les documents de voyage », disait-elle toujours.</p>
<p>Je décide d&rsquo;arrêter mon parcours avec le réseau à ce niveau. Et de suivre à distance l&rsquo;avancement du dossier de Kemayou.</p>
<p>A Douala,  Kemayou passe le gros de son temps dans sa petite boutique chichement achalandée en denrées alimentaires. Kemayou est marié et père de cinq enfants. Son premier contact avec le réseau remonte à quelques années . « Un jour, un grand ami qui savait que j&rsquo;avais envie de voyager m&rsquo;a présenté le réseau d&rsquo;Adèle. Il m&rsquo;a dit que son cousin est passé par là pour entrer en Europe. C&rsquo;est cet ami qui me met en contact avec Adèle », me raconte Kemayou.</p>
<p>Le bonhomme brûlait en effet d&rsquo;envie de quitter le Cameroun. Sa dernière tentative devait le conduire en Australie, mais il n&rsquo;a pu obtenir un visa, dit-il. « J&rsquo;avais payé cher pour qu&rsquo;on me fasse passer pour un défenseur des Droits de l&rsquo;Homme qui assistait à un séminaire mais à la fin, le visa m&rsquo;a été refusé ».</p>
<p>Les choses avancent vite avec Adèle. Le réseau a demandé à Kemayou de payer la somme de 2.500.000 FCFA($4000), il a déjà versé la moitié, dit-il. Kemayou me dit qu&rsquo;il est en possession d&rsquo;une carte de réfugié centrafricain et qu&rsquo;il n&rsquo;attend plus que la sortie de son passeport pour s&rsquo;installer au Canada avec sa petite famille.</p>
<p>« C&rsquo;est un réseau qui marche mais il est un peu lent, tu dois seulement être patient », dit Kemayou. Je lui demande s&rsquo;il a rencontré Ateba depuis qu&rsquo;il flirte avec le réseau. Il me dit qu&rsquo;à un moment il commençait à perdre patience et comme chaque fois Adèle lui disait que Ateba a demandé d&rsquo;attendre, il a décidé d&rsquo;aller rencontrer Ateba pour se rassurer, dit-il. Le faux réfugié s&rsquo;est rendu dans les locaux du HCR à Yaoundé à l&rsquo;insu d&rsquo;Adèle.</p>
<p>« On m&rsquo;a montré le bureau de Ateba. Je lui ai dit que je viens de la part d&rsquo;Adèle par rapport à mon dossier. Il m&rsquo;a expliqué que vraiment ça ne dépend pas d&rsquo;eux. Ils font juste une demande, tant que le Canada ne donne pas l&rsquo;accord ils ne peuvent rien, parce que quand vous partez là bas, vous entrez dans le centre des réfugiés », raconte Kemayou.</p>
<p>Kemayou dit avoir rencontré Mvondo dans le bureau de Ateba lors de sa visite.  » Il y avait deux tables dans cette salle, celle de Monsieur Ateba et celle d&rsquo;un autre monsieur qui était assis. Je ne le connaissais pas. C&rsquo;est quand je l&rsquo;ai vu un autre jour avec Adèle que j&rsquo;ai su que c&rsquo;est lui qu&rsquo;on appelle « monsieur le maire ».</p>
<p>Comme Mvondo et Ateba, Kemayou parle peu. Mais, tous ont deux choses en commun avec Adele: l&rsquo;amour de l&rsquo;argent facile et la peur d&rsquo;être dénoncés. Au détour d&rsquo;une conversation, Adèle me raconte la mésaventure de certains camerounais de la partie anglophone qui auraient été récemment interpellés en Australie avec des documents de réfugiés. Rapatriés au Cameroun, ils ont été mis en détention avec leur complice, une employée du HCR qui aurait fait d&rsquo;eux des réfugiés.</p>
<p>The Museba Project a contacté Jean Paul Ateba en service au HCR à Yaoundé pour solliciter son commentaire à propos des allégations de Kemayou et les accusations de complicité de fraude. Il n&rsquo;a pas réagi jusqu&rsquo;au moment de la publication de cette investigation.</p>
<p>« Si les gens s&rsquo;amusent à créer ce genre de trafic, ils mettent en danger l&rsquo;ensemble du processus de protection des personnes qui ont besoin d&rsquo;une véritable protection des Nations Unies, voilà le sujet »,  a déclaré Hamma Hamadou.  L&rsquo;ancien diplomate ajoute: « Ce n&rsquo;est ni bon pour les pays d&rsquo;où ils partent ni bon pour le système global d&rsquo;accueil des réfugiés « .</p>
<p>La vente des identités des réfugiés est une réalité. Torote, Jean François, Kalema et leurs familles ne seront peut-être jamais réinstallés . Mais, l&rsquo;histoire retiendra qu&rsquo;ils ont eu le courage de dénoncer une injustice grave, le courage d&rsquo;alerter leurs semblables.  A temps.</p>
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		<title>Bois: sur la trace des ventes de coupe déclarées caduques qui n&#8217;existaient réellement pas</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Christian LOCKA]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Nov 2022 19:55:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A La Une]]></category>
		<category><![CDATA[Corruption]]></category>
		<category><![CDATA[Investigation]]></category>
		<category><![CDATA[bois]]></category>
		<category><![CDATA[Cameroun]]></category>
		<category><![CDATA[vente]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C&#8217;était le 16 mars 2021. Le ministre camerounais des forêts a pris une décision constatant la caducité de cinquantaine sept ventes de coupe dans le domaine national, « en raison du dépassement de leur période de validité ». Une vente de coupe est une parcelle de terrain que l&#8217;Etat met à la disposition d&#8217;une société privée qui [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C&rsquo;était le 16 mars 2021. Le ministre camerounais des forêts a pris une décision constatant la caducité de cinquantaine sept ventes de coupe dans le domaine national, « en raison du dépassement de leur période de validité ».</p>
<p>Une vente de coupe est une parcelle de terrain que l&rsquo;Etat met à la disposition d&rsquo;une société privée qui dispose des capacités financières, administratives et techniques pour l&rsquo;exploitation pendant une durée de trois ans qui peut être renouvelée, a indiqué Ebenezer Ekwalla Dit Toube, ancien brigadier en chef de l&rsquo;unité centrale au ministère des forêts.</p>
<p>« Cette parcelle ne dépasse pas 2500 hectares », a précisé le fonctionnaire à la retraite.</p>
<p>Comme ces ventes de coupe étaient arrivées à expiration depuis plusieurs mois et que les trente huit sociétés forestières concernées n&rsquo;ont pas sollicité une extension de leurs activités, elles ont été déclarées caduques par l&rsquo;administration forestière.</p>
<p>«La caducité ainsi prononcée emporte la perte du titre d’exploitation forestière, l’arrêt définitif et immédiat des activités relatives, le règlement de tous les droits, taxes et redevances dus », a écrit Jules Doret Ndongo, le ministre des forêts. « Ces droits, taxes et redevances, peuvent, le cas échéant, faire l’objet d’un recouvrement forcé».</p>
<p>Ndongo est allé loin en donnant d&rsquo;autres détails importants: le numéro de la vente de coupe, le nom de l&rsquo;exploitant, la date d&rsquo;attribution et d&rsquo;expiration de la vente de coupe, et le motif du retrait.</p>
<p>Mais, la décision du ministre des forêts est contredite par certaines sociétés forestières citées qui ne se souviennent pas avoir obtenu les ventes de coupe qui leur sont attribuées. D&rsquo;autres disent avoir trouvé que les sites qui leur ont été octroyés par l&rsquo;administration forestière étaient déjà occupés par des exploitations frauduleuses, ou comme dans un cas, par une vaste plantation gardée par les militaires qui appartiendrait à une haute personnalité du pays.</p>
<h3><strong>Tromperie</strong></h3>
<p>Méssok est une commune du département du haut Nyong, à l&rsquo;Est Cameroun, où vivent environ 12 mille âmes. Mékoua, un des villages de l&rsquo;arrondissement, est  situé au bord d&rsquo;une piste poussiéreuse qui mène à la capitale de la région. Sa population vit dans des cases recouvertes de paille, de feuilles mortes et se nourrit des produits de la chasse. Pourtant, ce village dispose des richesses naturelles qui pouvaient accélérer son développement, à commencer par la foret communautaire qu&rsquo;il partage avec deux villages voisins.</p>
<p>« Nous sommes un grand fournisseur de bois mais nous ne bénéficions de rien depuis la création de la forêt communautaire », a déclaré jean Paul Diouala Mkpala, chef du village Mekoua. « Les audiences ne sont pas réalisées, il y a toujours une tromperie ».</p>
<figure id="attachment_3483" aria-describedby="caption-attachment-3483" style="width: 1093px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-full wp-image-3483" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/chef-village.jpg" alt="" width="1093" height="615" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/chef-village.jpg 1093w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/chef-village-300x169.jpg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/chef-village-1024x576.jpg 1024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/chef-village-768x432.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/chef-village-600x338.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/chef-village-750x422.jpg 750w" sizes="(max-width: 1093px) 100vw, 1093px" /><figcaption id="caption-attachment-3483" class="wp-caption-text">Jean Paul Diouala Mkpala, chef du village Mekoua</figcaption></figure>
<p>Quand il parle de tromperie, Diouala Mkpala fait allusion aux petits exploitants qui entrent discrètement dans la forêt de son village, coupent le bois avec des tronçonneuses puis repartent sans donner quelque chose à la population.</p>
<p>En 2017, une opportunité à frapper à la porte de ce village. Cette année-là, l&rsquo;administration forestière a attribué la vente de coupe No 1002404 d&rsquo;une durée de trois ans à la société forestière « La Rosière ». Cette vente de coupe devait s&rsquo;effectuer dans les villages Mekoua, Mebem et Messea, et apporter du sourire aux riverains. Mais en 2021, cette vente de coupe a été déclarée obsolète à cause du dépassement de la période de validité; au grand étonnement des résidents locaux qui n&rsquo;étaient pas, disent-ils, au courant d&rsquo;une telle vente de coupe encore moins de la société adjudicataire.</p>
<p>« On ne connait pas La Rosière et  je n&rsquo;ai aucune idée de cette société », a déclaré Séraphin Nanga, le président de la forêt communautaire Beuk, Mekoua et Messea. »On n&rsquo;a pas d’entreprise sur le terrain qui exploite; avant on exploitait avec des tronçonneuses, c’est maintenant que nous cherchons des entreprises pour couper le bois en grume. »</p>
<p>Le représentant de la population, Diouala Mkpala, est lui aussi catégorique: « nous n’avons pas encore vu « La Rosière » sur place face à la population ».</p>
<p>Alors que les communautés locales se demandent pourquoi la société forestière n&rsquo;a pas pu exploiter la vente de coupe qui lui aurait été attribuée, The Museba Project a contacté La Rosière pour avoir sa version des faits. Là aussi, c&rsquo;est la surprise.</p>
<p>« Je ne connais par ça (cette vente de coupe) », a déclaré au téléphone un responsable de la société La Rosière, avant de hausser le ton. »Tu me demandes ça en tant que qui?(&#8230;) tu m&rsquo;appelles pourquoi?&#8230; »</p>
<p>Cette société forestière n&rsquo;est pas la seule à ne pas se reconnaitre dans la décision ministérielle. Basée à Douala, la société forestière équatoriale(Sfe)aurait obtenu la vente de coupe No 110223 correspondant à la localité de Nguti dans la région du sud Ouest. L&rsquo;exploitation devait avoir lieu entre septembre 2017 et septembre 2020, selon le ministère des forêts.</p>
<p>Approché dans les locaux de l&rsquo;entreprise, Evariste Nanga, un responsable de la Sfe, a souhaité faire des vérifications internes avant de donner la position de la Sfe. Un jour plus tard, il a déclaré:</p>
<p>« Je n&rsquo;ai pas retrouvé de traces qu&rsquo;on a eu une vente de coupe dans cette zone à cette date là ».</p>
<p>Avec environ 22 millions d&rsquo;hectares de forêts, le Cameroun, pays d&rsquo;Afrique centrale, est le second massif forestier du bassin du Congo derrière la République Démocratique du Congo. Le bois figure parmi les trois premiers produits d&rsquo;exportation du pays. Pour autant,  le secteur forestier contribue encore faiblement au budget de l&rsquo;Etat. Il tourne autour de 3%, d&rsquo;après les chiffres officiels.</p>
<h3><strong>Des militaires à la plantation</strong></h3>
<p>L&rsquo;attribution de ventes de coupe aux sociétés forestières contribue à augmenter les recettes financières, préserver l&rsquo;environnement et améliorer les conditions de vie des communautés locales. Pour ce faire, elle devrait se faire selon une procédure bien définie, a fait savoir Ebenezer Ekwalla. D&rsquo;après le fonctionnaire à la retraite, l&rsquo;administration effectue un travail sur le terrain et sur la carte forestière pour déterminer les sites qui abriteront des ventes de coupe. Après cela, elle fait une publication sur les ventes de coupe disponibles puis les sociétés intéressées se manifestent, dit-il.</p>
<p>« L&rsquo;administration des forêts est structurée pour assurer le contrôle de ces parcelles de terrain », a déclaré cet ancien contrôleur régional des forêts, avant de poursuivre: « le chef de poste forestier est au bas de cette architecture de contrôle, il doit suivre l&rsquo;évolution d&rsquo;une exploitation qui se déroule dans sa circonscription ».</p>
<p>Cela n&rsquo;a pas toujours été le cas sur le terrain. L&rsquo;administration a accordé la vente de coupe No 702101, située à Nkondjock dans le département du Nkam, à la Compagnie Forestière Assam(Cofa) pour une exploitation qui devait prendre fin en 2020. Quand Cofa a voulu lancer l&rsquo;exploitation, le site était déjà occupé.</p>
<p>« On n&rsquo;a pas exploité cette vente de coupe parce qu&rsquo;il y a eu des exploitations frauduleuses dedans », a déclaré au téléphone un responsable de la Cofa, une société liée à Bonaventure Mvondo, député et neveu du président Biya.</p>
<p>« On s&rsquo;est plaint qu&rsquo;il y avait une exploitation, il fallait pas mettre ça en vente ».</p>
<figure id="attachment_2903" aria-describedby="caption-attachment-2903" style="width: 1255px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-full wp-image-2903" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2019/09/Capturekribi.png" alt="" width="1255" height="616" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2019/09/Capturekribi.png 1255w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2019/09/Capturekribi-300x147.png 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2019/09/Capturekribi-768x377.png 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2019/09/Capturekribi-1024x503.png 1024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2019/09/Capturekribi-600x295.png 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2019/09/Capturekribi-750x368.png 750w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2019/09/Capturekribi-1140x560.png 1140w" sizes="(max-width: 1255px) 100vw, 1255px" /><figcaption id="caption-attachment-2903" class="wp-caption-text">Une vue de la forêt dense.</figcaption></figure>
<p>Au cours de la même période, une autre entreprise a été contrainte d&rsquo;abandonner ses sites d&rsquo;exploitation. Il s&rsquo;agit de VERA Forestière, une société qui a acquis deux ventes de coupe, No 110221 et No 801238, à Nguti et Nkoteng, respectivement dans la région du sud ouest et la région du centre. Au moment de lancer les activités sur les sites, la société forestière a rencontré des obstacles.</p>
<p>« Nous avons obtenu ces ventes de coupe mais nous n&rsquo;avons pas pu les exploiter », a regretté au téléphone Nangue Jean Pierre, responsable d&rsquo;exploitation à VERA Forestière. « A Nguti, il y avait la guerre, on a arrêté l&rsquo;exploitation. A Nkoteng, la vente de coupe qu&rsquo;on nous a attribuée se trouvait sur les terres de [Ferdinand] Ngoh Ngoh (Secrétaire général de la Présidence de la République, ndlr), il y avait ses champs dessus sur à peu près 1000 hectares ».</p>
<p>L&rsquo;administration forestière était censée s&rsquo;assurer que ce site était inoccupé avant d&rsquo;en faire une vente de coupe. Face à la réalité, elle était sans voix. « On(l&rsquo;administration, ndlr) nous a dit de nous débrouiller, on était surpris », a dit Nangue.</p>
<p>« C&rsquo;était impossible d&rsquo;exploiter, le site était protégé par plusieurs militaires », a dit Nangue. VERA Forestière qui exportait abondamment le bois vers la Chine est en arrêt d&rsquo;activités depuis environ deux ans. D&rsquo;après son responsable d&rsquo;exploitation, cette société est à la recherche de partenaires pour relancer ses activités.</p>
<h3><strong>Ventes de coupe imaginaires</strong></h3>
<p>Plusieurs autres sociétés qui auraient obtenu des ventes de coupe déclarées désuètes ont dit leur déception parfois à visage couvert. « Nous n&rsquo;avons jamais eu une vente de coupe dans cette localité,  c&rsquo;est plutôt à Bertoua que nous avons par le passé acheté du bois mis aux enchères », a déclaré sous anonymat le propriétaire d&rsquo;une société qui s&rsquo;est vu attribuer une vente de coupe à Bélabo, dans la région de l&rsquo;Est.  » Ce sont des ventes de coupe imaginaires ».</p>
<p>The Museba Project a écrit au ministre des forêts et de la faune pour solliciter son commentaire sur les allégations autour des ventes de coupes déclarées caduques. Jules Doret Ndongo n&rsquo;a pas réagi à la demande d&rsquo;informations.</p>
<p>« Le ministre a été trompé par ses collaborateurs », a déclaré Ebenezer Ekwalla. « Comment peut-on mettre une vente de coupe sur un espace qui abrite une grande plantation depuis plusieurs années? Les collaborateurs doivent donner une information juste et vérifiée au ministre pour lui permettre de prendre la bonne décision, cela n&rsquo;a visiblement pas été le cas dans cette affaire ».</p>
<p>Henri Mevah est le coordonateur du Projet d’Appui à l’élevage et de Préservation de la biodiversité en périphérie des aires protégées au Cameroun (PAPEL), une association qui dénonce souvent les mauvaises pratiques des sociétés forestières. Il a indiqué que certaines sociétés ont, depuis quelques années, l&rsquo;habitude d&rsquo;acquérir des ventes de coupe auprès de l&rsquo;administration juste pour les vendre plus tard au plus offrant.</p>
<p>« Certains adjudicataires camerounais vendent leur ventes de coupe à des libanais ou à des chinois qui disposent d&rsquo;importantes ressources financières et qui sont à la recherche de ressources ligneuses, je ne connais pas les montants des transactions mais c&rsquo;est un phénomène récurrent » , a déclaré Henri Mevah.</p>
<p>Chaque année, l&rsquo;Etat perd environ 33 milliards de F CFA du fait de la corruption et de la mauvaise gouvernance dans le secteur forestier, rapportent des ONG. Et l&rsquo;opacité qui entoure l&rsquo;octroi, le contrôle et la gestion des ventes de coupe pourrait aggraver la situation. Si Rien n&rsquo;est fait.</p>
<p><strong><em>Ce reportage a été réalisé avec le soutien du Rainforest Journalism Fund en partenariat avec Pulitzer Center.</em>      </strong></p>
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		<item>
		<title>Revealed : Young people in Ghana addicted to sports betting</title>
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		<dc:creator><![CDATA[The Newsroom]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Nov 2022 16:39:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A La Une]]></category>
		<category><![CDATA[Organized Crime]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>With a betting slip in his hands, Joel, a 32-year-old man wearing a white shirt and a pair of black shorts, cautiously gives an analogy: “Just like someone who is smoking. I am not saying am addicted, but betting has become part of me. I’m finding a way to stop it because it can’t help [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>With a betting slip in his hands, Joel, a 32-year-old man wearing a white shirt and a pair of black shorts, cautiously gives an analogy: “Just like someone who is smoking. I am not saying am addicted, but betting has become part of me. I’m finding a way to stop it because it can’t help me.”</p>
<p>Like Joel, there are many young Ghanaians, mostly men, there are some women too, who are gradually succumbing to the lure of sports betting with the hope that one day, they would win big.</p>
<p>Despite Ghana being largely a religious country, and the fact that religious people are known to abhor betting, betting shops have sprung up in sprawling communities around the country. Some can be found in corners, around busy markets and lorry parks, wherever people can be found – betting shops can be seen.</p>
<p>The sports betting companies slid into the country quietly more than 10 years ago but are now taking front seats – with large advertising billboards decorating streets across Ghana. They have become loud with radio and TV commercials and push hard with all forms of marketing strategies including big budget sponsorships, and they are getting Ghanaian youth hooked. Most of them facing unemployment, poverty and hopelessness are finding solace in sports betting.</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3476" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/BT9-scaled.jpg" alt="" width="2560" height="1707" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/BT9-scaled.jpg 2560w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/BT9-300x200.jpg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/BT9-1024x683.jpg 1024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/BT9-768x512.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/BT9-1536x1024.jpg 1536w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/BT9-2048x1365.jpg 2048w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/BT9-600x400.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/BT9-750x500.jpg 750w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/BT9-1140x760.jpg 1140w" sizes="(max-width: 2560px) 100vw, 2560px" /></p>
<p>According to the World Bank’s 6th Ghana Economic Update titled “Preserving the future: rising to the youth employment challenge,” released in July 2022, Ghana’s youth has grown rapidly and now represents 36 per cent of the population. The economy’s strong growth performance of the past 30 years has however not delivered enough jobs for them, it adds</p>
<p>The National Population Census in 2021 found that approximately three-quarters of unemployed adults were ‘young’. The report notes further that while governments have created multiple policies and programmes to address youth unemployment over the years, the many programmes aimed at helping the youth have often fallen short of the massive needs.</p>
<p>While investigating the phenomena of sports betting in Ghana, I found that some of the young people hooked to betting are traders, but most are unemployed, while others have poorly paid jobs.</p>
<p>Joel is a school drop-out from Nigeria. He migrated to Ghana and settled in the Eastern Regional capital of Koforidua. In the betting shop where I met him in the suburb of Adweso, about 12 young men hunched over computer terminals. Like everyone else, they hoped to make fortunes from their wins. They all have recorded more losses than wins, and yet they keep betting, hoping for their lucky day.</p>
<p>Ebenezer is 28 years old. He completed Senior Secondary School and makes a living as a painter, but when he has no painting jobs, he spends some of his time and earnings betting.</p>
<p>“A friend came and told me he has won a bet. Showed me how much he had won. He won almost GH¢4000 after staking GH¢5. I said I’ll also try my luck. That was how I started,” he said. Then he added, “I have won some, but I have lost more. The highest bet I have ever placed was GH¢50. The highest I have won so far was about GH¢3000. I can bet all day, but I don’t stake lots of money,” he says.</p>
<p>“Work is slow. I don’t have work to do now, so I spend most of my time betting, even though I don’t like betting. When I’m low on cash, I bet and hope to get some money from my wins. I bet around GH¢2 or GH¢5 at any time. I’ll never bet every day. You can’t use your hard-earned money to bet,” he says. “If you bet every day, your chances of winning are small. I don’t spend all my time betting. You can’t spend all your money and time betting,” he argues.</p>
<p>Like most of the young people I spoke to, Ebenezer believes betting is not a good thing. But he bets. Like him, most of the young people who agreed to speak to me, expressed awareness of the Ghanaian society’s abhorrence for sports betting, and therefore, weren’t keen in telling me their full names. They were also unwilling to have their photos taken.</p>
<p>“Betting is not a good game. I won’t advise anybody to go into betting, because it is not a good game at all.  I am betting, but I won’t advise anybody to bet at all, because if you become a bet addict, you can’t even work. Every time, you want to bet. You can put all your hope in betting, that you can win big, and use it to do something, but you can’t win.</p>
<p>I intend to stop betting. I’m stopping. It’s little by little. In the past I used to bet about GH¢20 or GH¢50, but these days the highest amount I bet is GH¢5. I want to stop betting because it’s not a good game,” says Ebenezer.</p>
<h3><strong>Betting addiction in Ghana</strong></h3>
<p>Ghanaian society has for a long time been struggling with various types of addiction. However, in recent times, sports betting has become an obsession to add to Ghana’s list of addictions.</p>
<p>In an interview, Dr Paul Kumi, a Clinical Psychologist at the University of Ghana Medical Centre told <em>Ghana Business News</em> that addiction refers to an inability to stop engaging in a behaviour or using a substance that causes both physical and psychological distress to an individual.</p>
<p>Citing the American Psychological Association, he said an addiction is a state of psychological or physical dependence (or both) on the use of alcohol, other drugs or an activity.</p>
<p>“It sometimes applies to behavioural disorders such as Internet, sexual and gambling addictions. In Ghana, the most common forms of addictions are alcohol, Internet, drug, sex, gambling, for example lottery, and food addiction,” Dr Kumi said.</p>
<p>He explained further that addiction starts when a person, usually unintentionally, engages in an activity which seems to fill a void or helps them cope with an incident, stress and trauma such as loss of a job.</p>
<p>“Addiction starts when there is an over-dependence on the ‘source’ of increased dopamine in the brain. For example; if an individual feels pleasure, satisfaction and motivation from a particular substance, object, activity, he or she begins to depend on the said substance, object, activity,” he said.</p>
<h3><strong>The betting companies</strong></h3>
<p>The Ghana Gaming Commission has licensed 36 sports betting companies in the country. I made a Right to Information request seeking to know how much Ghanaians spend on betting, the Commission replied that it doesn’t have such information, and promised that should it ever have, it would share.</p>
<p>I made further enquiries seeking to know how it regulates online betting sites and what it does about under-age betting, as well as addiction, but I haven’t received their response yet by the time of publication.</p>
<h3><strong>Internet and smart phones make online betting ubiquitous</strong></h3>
<p>With the availability of the Internet and smart phones, sports betting and any form of online betting have become ubiquitous. All one needs is a smart phone, Internet, and a betting app. With these, one can bet at anytime, anywhere and as many times as possible.</p>
<p>Betting companies have come up with systems that enable consumers to load their Mobile Money wallets into accounts for easy betting.</p>
<h3><strong>Number of Ghanaians involved in sports betting</strong></h3>
<p>So far, available data on the number of Ghanaians involved in sports betting is from research on Internet penetration in Ghana published in September 2022 by Hootsuite and We Are Social – two of the globally recognised social media management platforms. The study says Ghana’s Internet population stood at 16.99 million, constituting 53 per cent of the total population as of the first quarter of 2022.</p>
<p>The research also found that about a 11.18 million people in Ghana used the Internet to access sports betting sites, 10.79 million used it to access news sites, 10.68 million for social media sites while only 2.57 million used it to visit informational sites.</p>
<p>With a rough estimate based on this figure even if each person making half of the number which is 5.6 million Ghanaians spend on average GH¢10 weekly to bet, in a four-week month that would amount to GH¢40. In one month therefore, Ghanaians would have spent an amount of GH¢244 million on sports betting, and in a year that would amount to more than GH¢2.9 billion.</p>
<h3><strong>Betting companies are making lots of money</strong></h3>
<p>While it’s not been possible to obtain information on the finances of betting companies, they are nevertheless making lots of money and they are not hiding it. One of the brands, Betway, part of the global Super Group and managed in Ghana by Sports Betting Group Ghana Limited, has signed a sponsorship deal with the Ghana Football Association (GFA). The amount involved has not been disclosed, but it’s likely to be substantial – in the millions of US dollars. Under the deal the betting company will support the local game and clubs as well as periodic training programmes for sports journalists, administrators of National Women&rsquo;s League clubs, Division One League clubs and Ghana Premier League (GPL) clubs.</p>
<p>Just days to the opening of the World Cup, Betway announced a promotion for customers to win GH¢3 million to be shared among winners. They would be expected to predict the correct score in games. The correct predictions would win money prizes.</p>
<p>Another sports betting brand, betPawa signed a deal with the GFA to be the headline sponsor of the GPL, in an agreement valued at $6 million for three years.</p>
<p>MyBet.Africa, is sponsoring three winners of its 2022 World Cup promo, called « Play Ghana, Cheer Ghana » to Qatar on an all-expenses paid trip to watch the Black Stars.</p>
<p>The three winners would be given over GH¢100,000 in packages, which include round trip air tickets, accommodation, and match tickets.</p>
<p>The amount of money these companies are putting in sponsorships and give aways, is an indication of how much they are making. In addition to the profits, betting companies are also able to legitimize their products by associating gambling in the public eye with wholesome activities and brands like sports teams.</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3474" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/BT17-scaled.jpg" alt="" width="2560" height="1982" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/BT17-scaled.jpg 2560w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/BT17-300x232.jpg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/BT17-1024x793.jpg 1024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/BT17-768x595.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/BT17-1536x1189.jpg 1536w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/BT17-2048x1586.jpg 2048w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/BT17-600x465.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/BT17-750x581.jpg 750w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/BT17-1140x883.jpg 1140w" sizes="(max-width: 2560px) 100vw, 2560px" /></p>
<h3><strong>In jail for stealing to bet</strong></h3>
<p>There are records of devastating stories of three young men in jail for stealing large amounts of money from their employers to bet. Two ongoing cases involve the theft of GH¢7000 and a whopping GH¢1 million to bet. In the third case which has been concluded a year ago, the young man is serving a 15-year jail term for stealing GH¢139,000 to bet.</p>
<p>Saddick Amoah is a 23-year-old employed as salesman at a Fan Milk depot located at Ashaiman in Accra. He has been arrested for gambling away GH¢7,000 of his employer’s money.</p>
<p>A 19-year-old man, Nana Nhyira Agyapong, who worked as an Administrative Officer with Kabfam Company Limited, an electronics items company, is standing trial for allegedly stealing over GH¢1 million from his employer. Agyapong told prosecutors that he spent the GH¢1, 079,728 on sports betting. He was found out after an internal audit.</p>
<p>Yussif Abubakar, who was employed by the Hohoe branch of Star Oil Company was given a 15-year jail term for stealing GH¢139,118 belonging to his employer. Abubakar used the money to bet. I made efforts to speak to Abubakar in prison, but he declined.</p>
<p>These three are likely examples of the extreme impacts of betting addiction and its potential to destroy young lives.</p>
<h3><strong>Betting for five years, won only GH</strong><strong>¢</strong><strong>90</strong></h3>
<p>He has bright eyes and exudes lots of confidence. For someone who is 25 years old, he looked like someone who has gone through a lot in life already and knows what he was aiming at, but whatever it was, I couldn’t immediately tell. Five years of his life he has been betting. Tells me his name is Golden. Says he bets every Saturday, and sometimes on Sundays. But I was interviewing him on a Wednesday. He however says it’s because there was a mid-week game.</p>
<p>It turns out from his explanation, that he bets four times a week. Golden who also says he is a Nigerian migrant and has been living in Koforidua for three years, makes a living by selling mobile phone accessories and spends between GH¢30 to GH¢40 daily to bet. He has so far won GH¢90. He has no idea how much he has lost in his five years of betting.</p>
<p>“It was a total of GH¢150, but one of the games was voided and so I was left with GH¢90,” he said, adding that he has had more losses than wins. Golden may not keep tabs of his exact losses but using his own estimated daily spend and assuming three bets a week, Golden wastes around GH¢5000 a year on gambling.</p>
<p>For instance, Joel who dropped out of university at Level 100, says he has been betting for three years now, and was drawn to betting for the love of the game. He says he bets every day. He earns some money from selling phone accessories as well.</p>
<p>“I spend not less than GH¢60 to GH¢70 to bet,” he says.</p>
<p>He however believes that no one should gamble all their money and so he ensures that he saves some of his daily sales before he comes to the betting centre.</p>
<p>“You bet and lose GH¢20. You would want to get back that GH¢20 and you bet again, but then you might end up losing again,” he said.</p>
<p>The highest amount Joel says he has ever won was GH¢2000.</p>
<p>Like most of the patrons in the centre that afternoon, Joel, holding a GH¢20 slip in his hand, says he has lost more than he has won.</p>
<p>When asked why he keeps going to the betting centre, he provides an analogy: “Just like someone who is smoking.” While insisting he is not addicted, he says, “it’s become part of me. I’m finding a way to stop because it can’t help me.”</p>
<p>“I want to stop. In the past I would be holding 4 or 5 slips in my hands, but now I have only one to show that gradually I want to get rid of it,” he says.</p>
<p>Joel also believes that betting makes the youth lazy. “They are supposed to go out there and hustle to make money, but they are here spending the little money they have gambling. Gambling won’t make you have money in your pocket. It would make you spend what you have. While you may win, there is always a slim chance of you winning. It’s like when you get into a coma, there is a slim chance of you coming back, that’s how it is,” he says.</p>
<p>Joel, moreover, doesn’t want others, especially his family members to know he is into sports betting. The sense of shame underlines the fact that betting in Ghana has not yet been normalized as a social activity.</p>
<p>In the historical suburb of Teshie in the Greater Accra Region, I met these impressionable young men. One of them, Abdul, argues that betting is better than working for someone. “If I work for someone, I get paid GH¢800 a month. But I can make that money in a day. I placed GH¢1000 and I won almost GH¢2000 yesterday. GH¢1,753, plus this GH¢200, making GH¢1,953. That’s almost GH¢2000. I can’t go and sit in someone’s shop and be paid GH¢800 a month while I can take 10 minutes and win GH¢1000 or GH¢2000,” he says.</p>
<p>Asked if he has considered how much he has gained against how much he has lost, he responded: “It’s a game of chance. It’s a risk.”</p>
<h3><strong>Betting has reduced crime here</strong></h3>
<p>They told me they are experienced in sports betting, and believe because of betting, crime in their community where they all grew up has gone down.</p>
<p>30-year-old Kpakpo is a graduate of the Kwame Nkrumah University of Science and Technology. He has a degree in construction technology.</p>
<p>“I won’t say betting has disappointed me. I know so many people who bet secretly, they don’t want people to know because of our religiosity,” he says and quickly adds: “Betting has reduced stealing in our community. These days instead of stealing, most young people in the community are betting. If you see a young man sitting quietly in a corner with his phone, he is betting,” Kpakpo said confidently and goes on to narrate his betting experience in the week. “We started with GH¢500. If the GH¢500 gets finished within that week, then we know we have lost. That GH¢500 is gone, so you know you have to get another GH¢500 to get back your money before you get some interest (profit).</p>
<p>For me these days they have destroyed (shut) my account so I go with one, one cedi. They destroyed my account because I was losing too much,” he said.</p>
<p>But his friend and betting partner, 24-year-old Abdul, who started betting 10 years ago when he was 14, believes if he got a job that offered him good pay, he won’t be betting.</p>
<p>“If there was a better job that can pay us good salary, no one would be betting. If I get a job that pays me a minimum of GH¢1,500 a month. I will be fine. All my moves I make as I do other things, in a month I make like GH¢5000. I can’t go and sit in a container for someone and be paid GH¢500 a month.</p>
<p>Now even when you graduate from university you can’t find a job. This one that is here (pointing to his friend Kpakpo), he has a degree. But he is in the house,” says Abdul.</p>
<p>Kpakpo, who at that time was working on a survey for a contractor, said he was supposed to cover 25 households, but he wasn’t done. He however, had come to the betting centre to meet his friends to bet.</p>
<p>He says: “We are working for 17 days, and we are being paid GH¢1,700.”</p>
<p>His friend Abdul chips in, “After the 17 days, you are back to the house. No job, and the government doesn’t give a heck about you,” he snarls.</p>
<p>“The only way we can stop betting is if the economy improves. Look at the way inflation is going?” He asks. “So, for me, the betting is better. While I don’t do betting full-time, for me it’s serious business, it’s an investment,” he adds, and indicates that he also has investments in cryptocurrency.</p>
<p>The young men believe that betting is the only source for their financial freedom, and they are looking to raise money and leave Ghana for another country.</p>
<h3><strong>The young men of Tamale betting for a living</strong></h3>
<p>When I headed off to the Northern Regional capital of Tamale, I had no idea what to expect. But I wasn’t prepared for what I found.</p>
<p>Rahman (not his real name), a Senior High School graduate is 27 years old and jobless. He has lived all his life in Tamale where he was born.</p>
<p>“I consider betting as my job. Betting is the only thing that gives me money and puts food on my table,” he says. Rahman tells me he bets every day and spends not less than GH¢50 daily.</p>
<p>When I asked him how often he wins, he responds: “Sometimes you can bet for a whole month and not win. Your chances of winning are lower than your chances of losing. You lose more than you win.” His highest win so far was GH¢2,500, he tells me.</p>
<p>He says he spends time betting because he has no job and betting is fun.</p>
<p>“If I have a job, I wouldn’t concentrate much on betting. A job would minimise my time betting, even though I would place more money on betting, but I won’t stop,” he says.</p>
<p>Rahman who has betting apps like Betway and SportyBet on his phone, says he’s never been to a betting shop and bets only on his phone.</p>
<p>He also believes betting is helping the youth; it’s brought them opportunities, and they are earning money they probably wouldn’t be able to earn at their age.</p>
<p>For 25-year-old Ibrahim (not his real name) who also has no job, he bets to survive; and when I asked him how he makes money to bet, he says, he works at construction sites and uses the money he makes to bet.</p>
<p>“I have been betting for more than five years now. I am betting because I have no job and I am looking for money. My view is that if I bet, I can make more money than if I was just sitting down doing nothing. I bet everyday so I can earn something to take care of myself,” he says.</p>
<p>Ibrahim says he saves about 30 per cent of what he makes from construction sites into his betting account and sometimes, his girlfriend supports him with money and prayers so he would win. Ibrahim, however, says his highest win so far was GH¢1000, and adds that even if he gets a regular job, he will continue to bet. “If I earn more, I’ll put in more money than I’m doing now to bet,” he says.</p>
<p>Known by his nickname Gbargbar, he is 32 years and married with two children. He works at a betting shop as a bouncer. He says his salary isn’t enough and therefore tries his luck at betting to supplement his income.</p>
<p>“I’ve more wins than losses”, he says and adds that even if he gets a job that pays him more than he was currently earning, he will still bet, because he doesn’t spend too much money on betting. Gbargbar says he spends as little as GH¢2 or GH¢3 to bet and therefore doesn’t see that as a problem. In the meantime, his wife supports his betting and gives him money to bet whenever he asks her.</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3475" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/BT16-scaled.jpg" alt="" width="2560" height="1675" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/BT16-scaled.jpg 2560w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/BT16-300x196.jpg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/BT16-1024x670.jpg 1024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/BT16-768x502.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/BT16-1536x1005.jpg 1536w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/BT16-2048x1340.jpg 2048w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/BT16-600x393.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/BT16-750x491.jpg 750w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/BT16-1140x746.jpg 1140w" sizes="(max-width: 2560px) 100vw, 2560px" /></p>
<h3><strong>Regulation of the Industry</strong></h3>
<p>In most countries where gambling is legal, the practise is subject to laws and regulation by an independent body. In Ghana the Gaming Commission issues licenses, monitors gaming operators, and is supposed to ensure compliance with the law. However, illegal facilities reportedly continue to operate, causing high rates of underage gambling. Abdul from Teshie would have been an underage gambler when he first started at 14.</p>
<p>Besides addiction, children betting is another scourge associated with the industry. Sports betting companies in Ghana are required to block minors from using their services. However, unauthorised betting shops abound, circumventing these rules. The Gaming Commission does not appear to have adequate training and government support to carry out its duties.</p>
<p>International best practice also insists that companies who profit off gambling must issue conspicuous gambling-addiction advice. This includes advertising campaigns about the ills of gambling addiction and being able to self-ban, a fact gambling operators are forced to respect.</p>
<h3><strong>Ghana’s gambling crisis</strong></h3>
<p>It seems, the government and the Gaming Commission have staked a lot on gambling being a net good for society, without enabling effective oversight. This is a dangerous wager.</p>
<p>Ghana is currently in an economic crisis. The country’s debt has spiralled out of control exceeding 80 per cent of GDP. With inflation above 40 per cent, the highest in decades, cost of living and the cost of doing business have gone high. The dire economic situation, worsened by the COVID-19 pandemic, Russia-Ukraine war and mismanagement by the government, doesn’t portend well for the country’s teeming youth, who in search of relief and for a living are getting snared by betting.</p>
<p>While the youth are delving deep and getting hooked, the betting companies are smiling all the way to the bank.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>By Emmanuel K Dogbevi<br />
<strong><em>Copyright ©2022 by NewsBridge Africa</em></strong><br />
<strong><em>All rights reserved. This article or any portion thereof may not be reproduced or used in any manner whatsoever without the express written permission of the publisher except for the use of brief quotations in reviews.</em></strong></p>
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