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	<title>The Newsroom &#8211; The Museba Project</title>
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	<description>Corruption, Human Rights Violations, Illicit Finance Flows</description>
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		<title>Ils ont prélevé leur part pendant des années. Aujourd’hui, ils possèdent Gaz du Cameroun.</title>
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		<pubDate>Fri, 23 Oct 2026 08:12:27 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A un jet de pierres de la centrale à gaz de Logbaba, à l’Est de Douala,  Antoine Tebu se demandait déjà en 2018 ce que la communauté allait bien pouvoir faire de cette usine. «Qu&#8217;allons-nous faire ?», disait-il, embarrassé. Le chef du quartier avait remarqué que les emplois promis n’avaient pas été crées, que l’eau [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>A un jet de pierres de la centrale à gaz de Logbaba, à l’Est de Douala,<span class="Apple-converted-space">  </span>Antoine Tebu se demandait déjà en 2018 ce que la communauté allait bien pouvoir faire de cette usine. «Qu&rsquo;allons-nous faire ?», disait-il, embarrassé.</p>
<p>Le chef du quartier avait remarqué que les emplois promis n’avaient pas été crées, que l’eau du puits était devenue malodorante, que des militaires du Bataillon d’intervention Rapide (BIR), une force d’elite de l’armée, brutalisaient les riverains, et que les habitants<span class="Apple-converted-space">  </span>de ce quartier populeux de la capitale economique attendaient toujours les retombées de ce projet inauguré en grande pompe par le President Paul Biya en 2013.</p>
<p>Ils ont aujourd’hui une partie de la réponse, et elle ne vient ni de la centrale à gaz encore moins de l’Etat. Selon des rapports déposés au registre britannique des sociétés et analysés par le journal en ligne <a href="https://www.investiraucameroun.com/energie/0309-23739-gaz-du-cameroun-passe-sous-le-controle-de-cameroon-holdings-limited-apres-la-cession-de-bramlin"><i>Investir au Cameroun</i></a>, Victoria Oil &amp; Gas Plc (VOG), le groupe londonien qui contrôlait Gaz du Cameroun (GDC), ne détient plus rien dans l’entreprise. Le 29 juillet 2025, les administrateurs judiciaires du groupe ont cédé à Cameroon Holdings Limited (CHL) la totalité des actions de Bramlin Limited, la société de Guernesey qui possède 100 % de GDC.</p>
<h3><b>Une entreprise cédée pour moins de 360 millions de FCFA</b></h3>
<p>Le prix de la transaction est de 470 000 livres sterling, soit environ 356 millions de FCFA. Cette somme couvre les actions de Bramlin et deux créances de VOG sur ses filiales, d’une valeur comptable de près de 68,5 milliards de FCFA. Le cabinet chargé de l’évaluation avait estimé que les actions de Bramlin ne valaient plus rien, compte tenu de la production, des investissements à prévoir et des coûts de démantèlement. Une recherche d’acquéreurs menée en 2024 n’avait débouché sur aucune offre ferme.</p>
<figure id="attachment_3716" aria-describedby="caption-attachment-3716" style="width: 1000px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-full wp-image-3716" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2026/10/GDC1.jpeg" alt="" width="1000" height="665" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2026/10/GDC1.jpeg 1000w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2026/10/GDC1-300x200.jpeg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2026/10/GDC1-768x511.jpeg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2026/10/GDC1-600x399.jpeg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2026/10/GDC1-750x499.jpeg 750w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /><figcaption id="caption-attachment-3716" class="wp-caption-text">Le President Paul Biya inaugurant la centrale à gaz.</figcaption></figure>
<p>Gaz du Cameroun, le producteur du gaz de Douala, présenté il y a dix ans comme un modèle par la presse spécialisée londonienne, change donc de mains pour le prix d’un immeuble de bureaux.</p>
<h3><b>Ce que nous révélions dès 2018</b></h3>
<p>Le nom du nouveau propriétaire n’est pas une surprise pour les lecteurs du journaliste d’investigation Christian Locka, cofondateur de The Museba Project. En février 2018, au terme de deux ans d’enquête publiée par le média américain <i>100Reporters</i> sous le titre <a href="https://100r.org/2018/02/cursed/">« Cursed »</a>, il montrait que CHL déclarait les redevances de GDC comme sa seule source de revenus. Selon les rapports financiers de VOG, cette redevance pouvait atteindre 15 % du chiffre d’affaires de GDC pendant toute la durée du projet. D’autres prélèvements partaient vers Bramlin et d’autres sociétés liées.</p>
<p>Au même moment, GDC refusait de verser à l’État du Cameroun sa redevance de 8 %, prévue par le contrat de concession. L’ entreprise affirmait devoir d’abord récupérer l’ensemble de ses «coûts pétroliers» . En mars 2017, la Société nationale des hydrocarbures (SNH) avait d’ailleurs menacé de résilier la concession pour des sommes impayées.</p>
<p>Quelques mois plus tard, en 2018, The Museba Project publiait <a href="https://www.themusebaproject.org/investigation/millions-evapores-schema-corruption-gaz-du-cameroun/">une seconde enquête</a>. Elle reposait sur des documents internes et les témoignages d’anciens cadres, et portait sur des paiements contestés à des sous-traitants, des contrats attribués à des proches et des inquiétudes exprimées par des actionnaires de VOG à Londres. La direction de l’entreprise n’avait jamais répondu à nos questions.</p>
<h3><b>La justice a validé ce que nous pointions</b></h3>
<p>Ce mécanisme de redevances est au cœur des contentieux qui ont ensuite emporté VOG.</p>
<p>Le premier oppose le groupe à son associé américain RSM Production Corporation. En avril 2022, un tribunal arbitral a jugé que GDC avait indûment intégré la redevance versée à CHL dans le calcul de la récupération de ses coûts, ce qui retardait de plusieurs mois la date à partir de laquelle RSM devait toucher sa part. VOG a été condamnée à indemniser son associé, et la cour d’appel fédérale américaine a confirmé ce calcul en septembre 2024. Le procédé que Christian Locka décrivait en 2018 a donc été sanctionné par la justice.</p>
<p>Le second contentieux oppose VOG à CHL elle-même. Selon <i>Investir au Cameroun</i>, l’arrêt des paiements de la redevance en janvier 2019 a ouvert un conflit entre les deux sociétés. CHL, devenue le principal créancier garanti du groupe, a obtenu la nomination d’administrateurs judiciaires en février 2023. C’est au terme de cette procédure qu’elle a récupéré Gaz du Cameroun.</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3717" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2026/10/GDC.jpeg" alt="" width="1400" height="933" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2026/10/GDC.jpeg 1400w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2026/10/GDC-300x200.jpeg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2026/10/GDC-1024x682.jpeg 1024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2026/10/GDC-768x512.jpeg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2026/10/GDC-600x400.jpeg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2026/10/GDC-750x500.jpeg 750w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2026/10/GDC-1140x760.jpeg 1140w" sizes="(max-width: 1400px) 100vw, 1400px" /></p>
<h3><b>Chronologie des faits</b></h3>
<ul>
<li>2008 : VOG rachète Bramlin et prend le contrôle du projet gazier de Logbaba.</li>
<li>2009 : CHL finance une partie des forages en échange d’une redevance sur les revenus.</li>
<li>2013 : Paul Biya inaugure les opérations de forage à Ndogpassi.</li>
<li>Mars 2017 : la SNH menace de résilier la concession.</li>
<li>Février 2018 : Christian Locka publie « Cursed » dans <i>100Reporters</i>.</li>
<li>2018 : The Museba Project publie son enquête sur les paiements suspects chez GDC.</li>
<li>Janvier 2019 : arrêt des paiements de la redevance à CHL, début du contentieux.</li>
<li>Avril 2022 : sentence arbitrale en faveur de RSM.</li>
<li>Février 2023 : VOG est placé sous administration judiciaire à l’initiative de CHL.</li>
<li>Septembre 2024 : la cour d’appel fédérale américaine confirme le calcul du tribunal arbitral.</li>
<li>29 juillet 2025 : CHL rachète Bramlin, et donc Gaz du Cameroun.</li>
</ul>
<h3><b>Les questions qui restent sans réponse</b></h3>
<p>Cette cession ne referme pas le dossier. Elle en ouvre de nouveaux :</p>
<ul>
<li><b>Qui contrôle aujourd</b>’<b>hui le gaz de Douala ?</b> Les rapports des administrateurs ne publient pas l’identité des actionnaires actuels de CHL.</li>
<li><b>L’État a-t-il été payé ?</b> Les redevances, frais de formation et taxes que la SNH réclamait en 2017 ont-ils été réglés avant la cession, ou ont-ils disparu dans la faillite ?</li>
<li><b>Quel avenir pour les clients industriels de Douala ?</b> Selon <i>Investir au Cameroun</i>, les livraisons de GDC aux industriels ont chuté de 63 % en 2024.</li>
<li><b>Et Ndogpassi ?</b> Les engagements pris envers les riverains suivent-ils le nouveau propriétaire ?</li>
</ul>
<p>The Museba Project continue d’enquêter sur ce dossier. Vous avez des informations ? Écrivez-nous en toute confidentialité à <a href="mailto:contact@themusebaproject.org">contact@themusebaproject.org</a>.</p>
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		<item>
		<title>Franck Biya, Al Fatih, Alamine Mey : ce qu’un rapport révèle sur les réseaux d’influence autour des forêts du Cameroun</title>
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		<dc:creator><![CDATA[The Newsroom]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 29 May 2026 07:33:02 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Avec ses 22 millions d’hectares de forêt, le Cameroun possède le second plus important massif du bassin du Congo. La forêt est vitale. Elle fournit des ressources essentielles comme la nourriture, la médecine ou l’habitat à plus de huit millions de personnes vivant dans les zones rurales du pays.  Pendant des années, des exploitants clandestins [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Avec ses 22 millions d’hectares de forêt, le Cameroun possède le second plus important massif du bassin du Congo. La forêt est vitale. Elle fournit des ressources essentielles comme la nourriture, la médecine ou l’habitat à plus de huit millions de personnes vivant dans les zones rurales du pays.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Pendant des années, des exploitants clandestins qui échappaient au contrôle de l’administration ont tiré profit de<span class="Apple-converted-space">  </span>larges espaces forestiers aux dépens de l’environnement, des communautés locales et de l’Etat. Entre 2001 et 2023, les activités d’exploitation illégale ont contribué à faire perdre au Cameroun jusqu’à deux millions d’hectares de forêt. <span class="Apple-converted-space">   </span></p>
<p>Alors que les autorités multiplient des efforts pour réduire la saignée,<span class="Apple-converted-space"> </span>le pillage a changé de visage. Il est désormais organisé à l’abri des regards curieux par des élites corrompues, influentes et protégées depuis le sommet de l’Etat, selon Global Initiative Against Transnational Organized Crime (GI-TOC), une organisation internationale qui lutte contre la criminalité organisée dans le monde. <span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Dans un récent rapport intitulé «<i>uprooting Cameroon’s elite timber networks</i>», GI-TOC révèle qu’un groupe de sociétés forestières et d’agro business liées à Aboubakar Al Fatih, homme d’affaires et membre du Comité central du Rassemblement Démocratique du peuple camerounais (Rdpc), a obtenu de larges concessions dans des circonstances controversées et a alimenté de pratiques douteuses la chaine d’approvisionnement du bois.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>D’après GITOC, le groupe de Al Fatih est constitué de la Société camerounaise d&rsquo;Industrie et d&rsquo;Exploitation des Bois (Scieb), la Société d’Exploitation et de Transformation de bois (Sextransbois), Bois du Cameroun (Boiscam), et la société d’agro business Camvert, spécialisée dans la culture du palmier à huile.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<figure id="attachment_3706" aria-describedby="caption-attachment-3706" style="width: 3024px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-full wp-image-3706" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2026/05/Capture-d’écran-2026-05-29-à-09.17.02.png" alt="" width="3024" height="1964" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2026/05/Capture-d’écran-2026-05-29-à-09.17.02.png 3024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2026/05/Capture-d’écran-2026-05-29-à-09.17.02-300x195.png 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2026/05/Capture-d’écran-2026-05-29-à-09.17.02-1024x665.png 1024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2026/05/Capture-d’écran-2026-05-29-à-09.17.02-768x499.png 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2026/05/Capture-d’écran-2026-05-29-à-09.17.02-1536x998.png 1536w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2026/05/Capture-d’écran-2026-05-29-à-09.17.02-2048x1330.png 2048w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2026/05/Capture-d’écran-2026-05-29-à-09.17.02-600x390.png 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2026/05/Capture-d’écran-2026-05-29-à-09.17.02-750x487.png 750w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2026/05/Capture-d’écran-2026-05-29-à-09.17.02-1140x740.png 1140w" sizes="(max-width: 3024px) 100vw, 3024px" /><figcaption id="caption-attachment-3706" class="wp-caption-text">Une vue du parc à bois du port autonome de Kribi. Credit: The Museba Project.</figcaption></figure>
<p>&nbsp;</p>
<h3><b>La famille Baroux, actionnaire à Sextransbois</b></h3>
<p>Le rapport présente Sextransbois comme un cas anecdotique.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>En Février 2014, cette société voit le jour à Sangmélima dans la région du Sud avec un capital d’un million de Fcfa. Son gérant s’appelle Mahmoud Mourtada, un étudiant âgé de 20 ans. En Aout 2014, Mahmoud signe un contrat de partenariat autorisant Sextransbois à exploiter les forêts denses des communes de Ebolowa I et II situées dans la région du Sud. Le jeune dirigeant s’engage à fournir les moyens techniques, matériels et financiers nécessaires à l’exploitation. En novembre de la même année, le ministre en charge des forêts approuve le contrat. Et dès le mois suivant, Sextransbois devient bénéficiaire de larges concessions forestières, l’une après l’autre, à travers le pays.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Pour une société forestière sans expérience, cette ascension fulgurante suscite de l’admiration. Mahmoud est présenté à l’époque comme une âme bien née. Mais, après avoir consulté le registre de commerce de Sextransbois, GI-TOC révèle que cette société enregistrée dans la région natale du Président Biya avait à sa création comme actionnaires Christine Nyangono Ebolo Baroux, Rene Maurice Joseph Baroux et Serge Mounier. GI-TOC a ensuite découvert que ces trois personnes avaient à l’époque un lien de mariage avec Franck Emmanuel Biya, le premier fils du Président camerounais.</p>
<p>Christine Nyangono Ebolo Baroux était au moment des faits la belle-mère de Frank Biya, Réne Maurice Joseph Baroux en était le beau-père, et Serge Mounier, un autre Baroux, était le beau-frère de Franck. Il n’est pas indiqué si toutes ces personnes avaient une expérience dans le secteur du bois. Mais il est certain que le gérant de Sextransbois, Mahmoud Murtada, âgé de 20 ans, était le demi-frère de Aboubakar Al Fatih. A l’époque, Mahmoud était un étudiant de l’université de Yaoundé qui travaillait dans le même temps comme assistant du Directeur à Cemco, une société minière co-appartenant à Al Fatih.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Selon GI-TOC, René Maurice Baroux, de nationalité française est décédé en 2014 à Cap Martin, près de la ville de Monaco en France où Franck Biya serait propriétaire d’un manoir d’une valeur de trois millions d’euros. En 2008, une société dénommée René Baroux France, alors basée á Dunkerque en France, et qui appartenait à Réné Maurice avait été accusée d’acheter du bois illégal en provenance du Cameroun.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Serge Mounier, le beau-frère de Franck dispose également de liens forts au Cameroun, puisqu’il a été fait Directeur à Sud Cameroun Hevéa, une société qui avait fait raser environ dix mille hectares de forêts dans la région du sud pour faire place à la culture de l’hévéa, d’après GI-TOC. En 2021, serge Mounier a été élevé au rang de chevalier du mérite camerounais par le président Paul Biya.</p>
<h3 style="text-align: center;"><span class="Apple-converted-space"> </span><b>«<i>Les élites </i></b><b><i>ont une influence telle que les interventions viennent de vos supérieurs hierarchiques pour vous demander de laisser passer ce qui ne devrait pas l’être</i>”,</b> explique Ebenezer Ekwalla, fonctionnaire à la retraite, ancien agent contrôleur au ministère des forêts.<span class="Apple-converted-space"> </span></h3>
<p>Comme sa belle-famille, l’odeur du bois attire le fils du Président depuis belle lurette. D’après GI-TOC, Franck Biya a été actionnaire de Compagnie Forestière Assam (Cofa), une société appartenant à son cousin le député Bonaventure Assam Mvondo. Cofa a été épinglée plusieurs fois par l’administration forestière pour des activités illégales. Franck Biya, lui-même, est présenté comme le propriétaire d’Ingénierie Forestière (ING-F) et de la Société commerciale industrielle et forestière (SCIFO), deux sociétés forestières accusées par le passé d’exploitation illégale. <span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>La belle famille de Franck Biya a quitté Sextransbois peu de temps après sa création, laissant la société entre les mains de Mahmoud, le jeune étudiant sans expérience dans le domaine. Ce passage de témoin a fait dire à des experts de Gitoc que le bénéficiaire réel de la société a été soigneusement caché.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Un avis partagé par un officiel ayant pris part à la signature du partenariat entre Sextransbois et les communes de Ebolowa I et II peu de temps après le départ de la belle famille de Franck Biya de la société forestière. D’après cet officiel, les exécutifs des communes ont reçu des pressions pour signer ce contrat de partenariat, ce qui leur a fait comprendre que Mahmoud n’était qu’un «instrument» entre les mains des intérêts puissants, indique GI-TOC. <span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>En 2018, Sextransbois s’est retirée sans raison du registre de commerce de Sangmélima pour s’établir dans la capitale économique. Le changement de lieu d’incorporation est légal. GI-TOC fait toutefois savoir que deux mois après ce mouvement, une concession forestière de Sextransbois a été suspendue durant trois mois par le ministère des forêts pour défaut de preuve de l’origine légale du bois.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Malgré tout, Sextransbois est revenue plus forte deux ans plus tard, aux côtés de Scieb. Les deux sociétés appartenant au groupe de Al Fatih ont décroché deux larges concessions au cœur de la foret d’ Ebo, une zone de conservation et de richesse culturelle abritant plusieurs communautés locales. Cette acquisition, qui avait été dénoncée par la société civile qui trouvait que la réglementation n’avait pas été respectée, est venue conforter l’influence du groupe forestier de Al Fatih.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>D’après GI-TOC, Samuel Mvondo Ayolo, directeur du cabinet civil de la Présidence de la République et ami loyaliste de Franck Biya, aurait pesé de son poids pour que la décision controversée sur la forêt d’Ebo soit en faveur de Scieb et Sextransbois. <span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<h3><b><span class="Apple-converted-space"> </span>Le schéma de la corruption</b></h3>
<p>L’homme d’affaires Aboubakar Al Fatih aurait personnellement représenté ses sociétés au cours des réunions avec des communautés à Ebo. GI-TOC a approché plusieurs sources locales qui ont affirmé que Al Fatih a essayé de les corrompre afin qu’elles abandonnent la campagne lancée par certains riverains contre l’exploitation de la foret d’Ebo. En 2021 par exemple, Al Fatih a offert à un chef autochtone une voiture, une maison et un poste majeur dans le comité de développement local, selon GI-TOC. Objectif : soutenir les projets de développement qui seront financés par l’une des sociétés de l’homme d’affaires.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Un an plus tard, un autre chef autochtone et cinq de ses collègues auraient reçu, au cours d’une rencontre avec Al Fatih, une enveloppe contenant la somme d’un million de Fcfa représentant les frais de leur hébergement à Yaoundé. Les chefs devaient en retour apporter leur soutien pour la construction d’une route illégale dans la forêt d’Ebo. Ce chef a dit à GI-TOC qu’il s’agissait d’un acte de corruption.</p>
<p>“<em><b>La corruption depend de la qualité de l’exploitation et des produits, mais c’est une affaire de gros sous”, dit Ebenezer Ekwalla. “A l’époque, pour laisser passer un camion de Bubinga avec de faux documents, il fallait que l’operateur forestier depose au moins 2 millions de cfa chez l’agent contrôleur</b></em>.”</p>
<p>“ <em><b>Si au niveau du departement, vous avez 2 millions de fcfa, imaginez combien ça peut coûter au niveau national. Plus on monte, plus on paie cher</b>”</em>, dit le fonctionnaire retraité.</p>
<figure id="attachment_3703" aria-describedby="caption-attachment-3703" style="width: 3024px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-full wp-image-3703" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2026/05/Capture-d’écran-2026-05-29-à-08.38.12.png" alt="" width="3024" height="1964" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2026/05/Capture-d’écran-2026-05-29-à-08.38.12.png 3024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2026/05/Capture-d’écran-2026-05-29-à-08.38.12-300x195.png 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2026/05/Capture-d’écran-2026-05-29-à-08.38.12-1024x665.png 1024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2026/05/Capture-d’écran-2026-05-29-à-08.38.12-768x499.png 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2026/05/Capture-d’écran-2026-05-29-à-08.38.12-1536x998.png 1536w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2026/05/Capture-d’écran-2026-05-29-à-08.38.12-2048x1330.png 2048w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2026/05/Capture-d’écran-2026-05-29-à-08.38.12-600x390.png 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2026/05/Capture-d’écran-2026-05-29-à-08.38.12-750x487.png 750w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2026/05/Capture-d’écran-2026-05-29-à-08.38.12-1140x740.png 1140w" sizes="(max-width: 3024px) 100vw, 3024px" /><figcaption id="caption-attachment-3703" class="wp-caption-text">La gare routière de Campo, au sud Cameroun. Credit: The Museba Project</figcaption></figure>
<p>&nbsp;</p>
<p>A Campo Ma’an, toujours dans la région du sud, Camvert et Boiscam, deux autres sociétés de Al Fatih ont aussi fait parler d’elles. Camvert a obtenu une concession d’environ 60.000 hectares pour la plantation du palmier à huile. La société civile a relevé des irrégularités sur la reclassification de la concession et l’absence de consultation des communautés locales. Certains ouvriers de Boiscam et un officiel local du ministère des forêts ont indiqué à GI-TOC que Boiscam a exploité le bois dans la concession attribuée à Camvert.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<h3><b>Soupçons de transfert de prix</b></h3>
<p>En 2024, Boiscam a d’ailleurs été accusée d’exploiter en dehors des limites de la concession. Quatre ans plus tôt, cette société avait été indexée pour la même violation par une organisation indépendante. En 2018, l’administration forestière avait déjà suspendu les activités d’exploitation dans une vente de coupe de Boiscam pendant trois mois au motif que la société avait de la peine à prouver que son bois était d’origine légale.</p>
<p>En 2023, Scieb a exporté le bois vers seize pays en Afrique, en Europe, dans le moyen orient, en Asie et a encaissé des centaines de millions de FCFA. Entre mars 2023 et octobre 2024, et d’après les données douanières obtenues par GI-TOC, Scieb a vendu 109 cargaisons de bois à United Development(HK) Co Ltd, une société basée à Hong Kong très peu connue en ligne. D’après le manifeste d’une des cargaisons, l’adresse physique de United Development est la même que celle du bureau de la poste à Hong Kong et le numero de téléphone de cette société est indisponible, selon GI-TOC. <span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>GI-TOC a comparé la valeur des cargaisons vendues par Scieb à United Development avec le prix des mêmes espèces de bois sur le marché international, et a découvert que le prix du bois de Scieb est la moitié du vrai prix sur le marché international. Un expert a confié à GI-TOC qu’il s’agit d’un cas de transfert de prix, dans lequel la société importatrice revend les produits de la société exportatrice à un autre client. Ce qui empêche aux autorités fiscales du pays dans lequel le bois a été exploité de voir les vrais profits de la société locale.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Scieb, Boiscam et Sextransbois ont exporté de nombreuses cargaisons de bois via les ports de Kribi et de Douala en direction du marché international avec l’appui de nombreuses mains au service de leur propriétaire.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<h3><b>Les soutiens de l’ombre du groupe de Al Fatih</b></h3>
<p>En Mars 2025, le Président Biya a élevé Aboubakar Al Fatih au rang de membre du comité central du Rdpc, un cercle décisionnel puissant qui regroupe des personnalités triées sur le volet. En général, il faut être parrainé par des hommes politiques influents pour figurer dans la liste des membres du comité central. Dans son cas, Al Fatih aurait reçu les premiers soutiens dans le Mayo-Banyo, son département natal, avec comme mentor principal feu Hamadjoda Adjoudji, ancien secrétaire général adjoint du Rdpc et l’un des ministres ayant le plus duré au gouvernement.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Al Fatih a été décoré par le président Biya pour son engagement dans le secteur économique. En peu de temps, il est devenu détenteur d’actions dans trois sociétés forestières, une société d’agro business et même une société minière denommée Cemco.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>D’après les informations de GI-TOC, Al Fatih et Mahmoud Murtada sont des demi-frères qui ont bâti un groupe soutenu dans l’ombre par des personnalités influentes. Plusieurs sources ont indiqué à GI-TOC que Ousmane Alamine Mey aurait aidé le groupe de Al Fatih à obtenir des faveurs politiques importantes et serait même l’un des soutiens financiers du groupe. L’actuel ministre de l’économie, du plan et de l’aménagement du territoire (Minepat) qui coordonne les stratégies de développement dans tous les secteurs y compris la forêt, est un vieil ami et allié de Franck Biya. Ce dernier aurait pesé pour son entrée au gouvernement, d’après plusieurs médias.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Un haut cadre du ministère en charge des forêts a confié à GI-TOC que Alamine Mey est la «main cachée» derrière le groupe de Al Fatih. Plusieurs sources ont confirmé que, bien qu’il n’ait pas un rôle officiel dans l’attribution des permis forestiers, le ministre Alamine Mey exerce son influence pour que le ministère des forêts (Minfof) accorde des faveurs au groupe de Al Fatih.<span class="Apple-converted-space">    </span><span class="Apple-converted-space">     </span></p>
<p>Au Minfof, Ousmane Alamine Mey dispose, d’après GI-TOC, d’un allié de poids :<span class="Apple-converted-space">  </span>Koulsoumi Alhadji Boukar, secrétaire d’Etat au Minfof. Son point de vue compte notamment dans l’attribution des Unités Forestières d’Aménagement (UFA). Koulsoumi serait la personne qui sauvegarde les intérêts du groupe de Al Fatih au Minfof, selon GI-TOC qui ajoute que le gendarme, garde du corps du ministre Alamine Mey, est un frère cadet de Koulsoumi. Le jeune gendarme serait devenu un facilitateur pour les opérateurs forestiers qui souhaitent bénéficier des largesses de Koulsoumi sa sœur ainée. Comme Al Fatih et Mahmoud, Koulsoumi est originaire de la région de l’Adamaoua et est proche du tout puissant sultan de Wandala.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<figure id="attachment_3702" aria-describedby="caption-attachment-3702" style="width: 543px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-full wp-image-3702" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2026/05/Mey.jpeg" alt="" width="543" height="565" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2026/05/Mey.jpeg 543w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2026/05/Mey-288x300.jpeg 288w" sizes="(max-width: 543px) 100vw, 543px" /><figcaption id="caption-attachment-3702" class="wp-caption-text">Alamine Ousmane Mey. Le ministre de l&rsquo;Economie, de la Planification et de l&rsquo;Aménagement du territoire.</figcaption></figure>
<p>GI-TOC dit avoir sollicité les commentaires des personnes et entités citées dans son rapport. Des emails ont été envoyés<span class="Apple-converted-space">  </span>à Alamine Ousmane Mey, Mahmoud Mourtada, Serge Mounier Baroux, Boiscam, Camvert, SCIEB, Sextransbois et Sudcam. Des messages envoyés à Aboubakar al Fatih, Franck Biya, Koulsoumi Alhadji Boukar et United Development (HK) Co. Ltd. Aucune response ou commentaire n’a été reçu. GI-TOC precise que pour les cas de Christine Baroux, le frère de Koulsoumi Alhadji Boukar et de Rémy Ze Meka, aucun contact n’a pu être trouvé, mais que tout commentaire reçu sera publié dans le site internet de GI-TOC.</p>
<p>Sur 36 pages, GI-TOC a documenté les circuits de corruption qui alimentent l’exploitation illégale au Cameroun, à travers des cas de fraude et des activités illégales à toutes les étapes de la chaine d’approvisionnement, allant de la classification des forets à l’exportation du bois.</p>
<p>GI-TOC recommande aux autorités camerounaises, entre autres, de supprimer les Unités Forestières d’ Aménagement(UFA) dans la forêt d’ Ebo, d’enquêter sur les allégations de corruption sur Al Fatih, les faveurs politiques via certains membres du gouvernement, et de soutenir les efforts de la société civile visant à exposer des illégalités et la corruption dans le secteur forestier.<span class="Apple-converted-space"> </span><span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>«<em>L’Etat doit changer sa vision parce qu’on ne va pas travailler avec les corrompus toute une vie», declare Ebenezer Ekwalla. «Il faut cesser d’influencer le travail des techniciens même le plus petit d’entre eux, chacun son role”</em></p>
<p>The post <a rel="nofollow" href="https://www.themusebaproject.org/a-la-une/franck-biya-al-fatih-alamine-mey-rapport-reseaux-influence-autour-forets-cameroun/">Franck Biya, Al Fatih, Alamine Mey : ce qu’un rapport révèle sur les réseaux d’influence autour des forêts du Cameroun</a> appeared first on <a rel="nofollow" href="https://www.themusebaproject.org">The Museba Project</a>.</p>
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		<title>‘Sowing the Seed:’ The Museba Project’s Ambitious Investigative Journalism in Central Africa</title>
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		<dc:creator><![CDATA[The Newsroom]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 Aug 2025 10:11:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A La Une]]></category>
		<category><![CDATA[Human rights violations]]></category>
		<category><![CDATA[Special Reports]]></category>
		<category><![CDATA[Journalism]]></category>
		<category><![CDATA[Museba]]></category>
		<category><![CDATA[project]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>In September 2018, the veteran Cameroonian investigative journalist Christian Locka met Colombian journalist María Teresa Ronderos in London. They were both attending a training course on investigating illicit financial flows, held at City, University of London in Islington, just north of the Square Mile — the capital’s historic financial district. “I was looking everywhere in [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p dir="ltr">In September 2018, the veteran Cameroonian investigative journalist Christian Locka met Colombian journalist María Teresa Ronderos in London. They were both attending a training course on investigating illicit financial flows, held at City, University of London in Islington, just north of the Square Mile — the capital’s historic financial district.</p>
<aside dir="ltr">“I was looking everywhere in Cameroon or in Central Africa, and there were not enough journalists interested in investigations.” — The Museba Project co-founder Christian Locka</aside>
<p dir="ltr">Ronderos told Locka about a project she was setting up with friends and colleagues — a news organization focused on cross-border and collaborative investigations in Latin America, known as <a href="https://gijn.org/stories/latamfocus-el-clip/">El CLIP</a>, which went on to launch the following year, initially as a trio of seasoned journalists from Argentina, Colombia, and Costa Rica.</p>
<p dir="ltr">The meeting proved to be fateful — as an inspiration for Locka’s own ambitions and because he and Ronderos would later <a href="https://migrantes-otro-mundo.elclip.org/index.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">collaborate</a> on cross-border investigations.</p>
<p dir="ltr">“At that time, I was looking everywhere in Cameroon or in Central Africa, and there were not enough journalists interested in investigations,” Locka remembers. “[Yet] it’s one of the regions where you find scandals, organized crime, corruption, and human rights abuses.”</p>
<h3 dir="ltr">‘Rich Media Landscape’</h3>
<p dir="ltr">In the Central African sub-region, journalists regularly work under threat. Many have been killed, harassed, jailed, or forced into exile. Reporters Without Borders (RSF) <a href="https://rsf.org/en/country/cameroon" target="_blank" rel="noopener noreferrer">ranked</a> Cameroon 130th out of 180 in its <a href="https://rsf.org/en/2024-world-press-freedom-index-journalism-under-political-pressure" target="_blank" rel="noopener noreferrer">2024 World Press Freedom Index</a>; in its report, RSF noted that although Cameroon has one of the “richest media landscapes” in Africa — with more than 600 newspapers, around 200 radio stations, and more than 60 television channels — it is also one of the continent’s most dangerous countries for journalists. Three journalists were <a href="https://www.voaafrica.com/a/colleagues-mark-one-year-anniversary-of-killing-of-cameroon-journalist/7451081.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">killed</a> in Cameroon in 2023.</p>
<div id="attachment_1883673" class="wp-caption alignright" style="width: 820px;"><a href="https://rsf.org/en/country/cameroon" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><img class=" wp-image-1883673" src="https://gijn.org/wp-content/uploads/2024/11/RSF-Press-Freedom-Ranking-2024-Cameroon-771x764.png" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" srcset="https://gijn.org/wp-content/uploads/2024/11/RSF-Press-Freedom-Ranking-2024-Cameroon-771x764.png 771w, https://gijn.org/wp-content/uploads/2024/11/RSF-Press-Freedom-Ranking-2024-Cameroon-336x333.png 336w, https://gijn.org/wp-content/uploads/2024/11/RSF-Press-Freedom-Ranking-2024-Cameroon-140x140.png 140w, https://gijn.org/wp-content/uploads/2024/11/RSF-Press-Freedom-Ranking-2024-Cameroon-768x761.png 768w, https://gijn.org/wp-content/uploads/2024/11/RSF-Press-Freedom-Ranking-2024-Cameroon.png 781w" alt="" width="820" height="812" aria-describedby="caption-attachment-1883673" /></a></p>
<p id="caption-attachment-1883673" class="wp-caption-text"><em>Cameroon ranked 130th worldwide, and lower than all its Central African neighbors, in Reporters Without Borders 2024 Press Freedom Index. Image: Screenshot, RSF</em></p>
</div>
<p dir="ltr">One notorious case was the assassination of Arsène Salomon Mbani Zogo. On January 22, 2023, the mutilated body of the popular 50-year-old radio host, known as ”Martinez Zogo,” was found in a neighborhood near Yaounde, Cameroon’s capital. He had also been tortured. Before his death, he had denounced government corruption. More than 15 suspects have since been arrested; among them are several members of Cameroon’s intelligence agency and a prominent businessman.</p>
<p dir="ltr"><a href="https://cpj.org/africa/cameroon/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">According to the Committee to Protect Journalists</a>, “attacks on the press have escalated as Cameroon prepares for elections in 2025 that could see [Paul] Biya — one of the world’s longest-serving presidents — win another seven-year term.” Six Cameroonian journalists are currently in detention.</p>
<h3 dir="ltr">Double Mission</h3>
<p dir="ltr">After his London trip, Christian Locka was convinced that building a landscape of trained investigative journalists working together throughout the region could help protect them. He started sharing his idea with colleagues in the Democratic Republic of the Congo (DRC) and Central African Republic who were interested in investigative journalism. In both countries, the press freedom situation is similarly difficult: journalists are regularly targeted by the government, armed groups, and wealthy businessmen.</p>
<p dir="ltr">In 2020, Locka launched <a href="https://www.themusebaproject.org/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">The Museba Project</a> as part of the <a href="https://gijn.org/ja/member/museba-journalism-project/">MUSEBA Journalism Project</a> — a nonprofit media organization that promotes investigative journalism in Central Africa and the Great Lakes, bringing together freelance journalists from the region. The MUSEBA Journalism Project has been a <a href="https://gijn.org/%E5%A0%B1%E5%91%8A/from-paraguay-to-palestine-16-new-journalism-groups-join-gijn/">member of GIJN</a> since 2021. (Museba is the word for “trumpet” in one of Cameroon’s coastal languages.)</p>
<aside dir="ltr">“This media outlet is unique. It offers rigorous investigative journalism that tells the truth, often hidden in our regions, through interesting and captivating stories.” — Congolese investigative journalist Saïbe Kabila</aside>
<p dir="ltr">Since the beginning, The Museba Project has had a double mission — first to train journalists, and then, after that, to encourage them to work together. “In this environment, the most important thing is not to start doing investigations,” says Locka, because “there is fear and lack of self-confidence.”</p>
<p dir="ltr">Before each training session, the team identifies journalists interested in investigative reporting by contacting editors or managers of media outlets in host countries. Above all, the organization asks each journalist to prepare at least two story ideas that they will review together — to push them to familiarize themselves with the practice.</p>
<p dir="ltr">During the training, the trainers with different backgrounds and from all over the world (Africans, Cameroonians, Americans, Europeans), share their knowledge and experiences with the journalists. They start from scratch, teaching them the basics of investigative journalism, such as how to protect themselves or their sources. The trainees also learn how to find stories, pitch them, and write an investigation.</p>
<p dir="ltr">“It’s been an enriching experience on every level, especially in terms of how to design an investigation to tell a good story,” says Saïbe Kabila, a Congolese investigative journalist who joined The Museba Project in June 2024, after a training season in Lubumbashi, the second largest city in the DRC.</p>
<p dir="ltr">“In my opinion, this media outlet is unique. It offers rigorous investigative journalism that tells the truth, often hidden in our regions, through interesting and captivating stories,” Kabila adds.</p>
<p dir="ltr">In four years, MUSEBA has trained more than 100 journalists from Cameroon, the DRC, and Central African Republic. After each training, the journalist attendees can apply to join the project.</p>
<h3 dir="ltr">International Collaboration</h3>
<p dir="ltr">The Museba Project’s most valuable advantage involves facilitating networks between journalists. “We show journalists that by collaborating, they gain time, have more protection, spend less money, and do more research,” Locka explains. “It didn’t exist before. It’s our biggest asset.”</p>
<p dir="ltr">The newsroom has already been a part of international and national collaborative projects with the International Consortium of Investigative Journalists (ICIJ) and El CLIP. In 2020, The Museba Project contributed to <a href="https://migrantes-otro-mundo.elclip.org/index.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Migrants from Another World</a>, a cross-border investigation focusing on African and Asian people who, expelled from their countries, make the painful and dangerous journey across Latin America to reach the United States. The project brought together <a href="https://migrantes-otro-mundo.elclip.org/los-aliados.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">18 media organizations in 14 different countries</a> — including the OCCRP, El CLIP, and Bellingcat. The Museba Project told the story of the Cameroonians who died on this journey.</p>
<div id="attachment_1883697" class="wp-caption alignright" style="width: 758px;"><a href="https://awards.journalists.org/entries/indian-companies-are-bringing-one-of-the-worlds-most-toxic-industries-to-africa-people-are-getting-sick-2/" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><img class="wp-image-1883697" src="https://gijn.org/wp-content/uploads/2024/11/Online-Journalism-Award-Museba-Project-lead-battery-recycling-771x751.png" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" srcset="https://gijn.org/wp-content/uploads/2024/11/Online-Journalism-Award-Museba-Project-lead-battery-recycling-771x751.png 771w, https://gijn.org/wp-content/uploads/2024/11/Online-Journalism-Award-Museba-Project-lead-battery-recycling-336x327.png 336w, https://gijn.org/wp-content/uploads/2024/11/Online-Journalism-Award-Museba-Project-lead-battery-recycling-768x748.png 768w, https://gijn.org/wp-content/uploads/2024/11/Online-Journalism-Award-Museba-Project-lead-battery-recycling.png 976w" alt="Online Journalism Award - Museba Project lead battery recycling" width="758" height="738" aria-describedby="caption-attachment-1883697" /></a></p>
<p id="caption-attachment-1883697" class="wp-caption-text"><em>The Museba Project’s investigation into a lead-acid battery recycling plant and its health impact on nearby communities was nominated for a 2024 Online Journalism Award. Image: Screenshot, Online Journalism Awards</em></p>
</div>
<p dir="ltr">In 2023, The Museba Project worked with The Examination, a US-based nonprofit newsroom (and new GIJN member) to uncover how the <a href="https://www.themusebaproject.org/special-reports/human-rights-violations-special-reports/lindustrie-nous-tue-des-enfants-vivant-pres-des-usines-de-recyclage-des-batteries-au-plomb-souffrent-dinfection-pulmonaire-de-retard-de-croissance-et-de-troubles-respiratoires/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">recycling of lead batteries by Indian companies is destroying the health of local populations</a> in Cameroon and Congo-Brazzaville. The investigation was nominated for a <a href="https://awards.journalists.org/entries/indian-companies-are-bringing-one-of-the-worlds-most-toxic-industries-to-africa-people-are-getting-sick-2/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">2024 Online Journalism Award in the Excellence in Social Justice Reporting category</a>.</p>
<p dir="ltr">For Will Fitzgibbon, senior reporter and partnership coordinator at The Examination, who has worked with the newsroom as a partner and a trainer, The Museba project “is trying to create something new that doesn’t exist, and in a political and economic landscape that is a challenge.”</p>
<p dir="ltr">“It is vital to have something like the Museba Project that can act as a source and unifying factor for investigative reporting in the region, encouraging and training not only Cameroonian reporters but those from Chad, Congo, and other countries where freedom of the press is a challenge,” he explains.</p>
<h3 dir="ltr">‘Wall of Insecurity’</h3>
<p dir="ltr">One of The Museba Project’s biggest challenges is fear among journalists in the region. Due to the kidnapping, assassination, imprisonment, or harassment of their colleagues, many choose not to pursue investigative journalism. Several trained journalists have abandoned the field.</p>
<p dir="ltr">“We meet more and more journalists who desist,” Locka observes. “It’s a difficulty because these are talented young people who really want things to change, but they are facing a wall of insecurity.”</p>
<p dir="ltr">Those who keep going also face a lot of risks. Many Museba journalists have been harassed and one from DRC was forced into exile in Canada.</p>
<p dir="ltr">When he worked on his investigation <a href="https://infocongo.org/en/how-rosewood-is-stolen-in-cameroon-laundered-in-nigeria-and-exported-to-china/#:~:text=%5B%E2%80%A6%5D&amp;text=Environmental%20Crime%2C%20Forests-,As%20rosewood%20is%20getting%20rarer%20in%20Nigerian%20forests%2C%20traffickers%20wanting,fraudulent%20timber%20before%20exporting%20it." target="_blank" rel="noopener noreferrer">How Rosewood is Stolen in Cameroon, Laundered in Nigeria, and Exported to China,</a> Locka received various threats and even calls from one of Nigeria’s most notorious traffickers. After the investigation was published, the Convention on International Trade in Endangered Species of Wild Fauna and Flora (known as “CITES”) suspended the trade of this species in Cameroon. Two years later, the government opened an investigation into rosewood trafficking between the two countries.</p>
<p dir="ltr">“The work of a good investigative journalist is to restore the truth,” says Fiacre Salabé, bureau chief for The Museba Project in the Central African Republic. Since he joined the organization in 2021, he has published stories about Chinese companies and forestry royalties. After publishing a story about a minister involved in corruption, he faced physical violence and persecution and received death threats. “I left the country to Cameroon for two years, between 2022 and 2024. Just long enough for the threat to drop a bit,” Salabé recalls.</p>
<h3 dir="ltr">Young Organization</h3>
<p dir="ltr">Journalist safety, and the perennial problem of access to sources, are not the only obstacles to Museba’s development. Like many newsrooms around the world, the organization is struggling with funding. At the beginning, journalists used their personal funds to finance their work.</p>
<aside dir="ltr">“The country now needs journalism that gives itself time to investigate… The Museba Project is an initiative to be encouraged.” — Thomas Atenga, communications professor at Cameroon’s University of Douala</aside>
<p dir="ltr">Over the years, the project has received grants from foundations and other organizations, such as the European Journalism Fund and the Pulitzer Center. In some cases, NGOs have approached The Museba Project to provide training for journalists.</p>
<p dir="ltr">However, the media company is currently at a crossroads — it’s hoping to diversify its revenue streams to become financially independent. According to Locka, it is planning, for example, to produce documentaries to sell in the future. “As a young organization, we need support. Those who want to support us can approach us,” he says.</p>
<p dir="ltr">“At a time when influencers and other whistleblowers have monopolized hot news, the country now needs journalism that gives itself time to investigate,” explains Professor Thomas Atenga, who teaches in the communications department at Cameroon’s University of Douala. “The Museba Project is an initiative to be encouraged.”</p>
<p dir="ltr">For Locka, despite these financial difficulties, one of The Museba Project’s ambitions is to train an army of investigative journalists who will be able to investigate corruption, human rights violations, illicit finance flows, and more.</p>
<p dir="ltr">The aim is not to get as many journalists as possible to join the news outlet, he says, but to promote investigative journalism, its fundamentals and techniques, and to make as many people as possible aware of the importance of the field, which is not yet very developed in the region.</p>
<p dir="ltr">“If you’ve got more investigative journalists in five or 10 years, it’s going to be hard to silence all those voices,” Locka explains. “We’re aware of the danger, but we’re doing it because it’s a choice and we’re taking the precautions we can. The most important thing is that we have sown the seed of investigation.”</p>
<p dir="ltr">
<p dir="ltr">Source: <a href="https://gijn.org/stories/africa-focus-member-profile-museba-project/">GIJN</a></p>
<p>The post <a rel="nofollow" href="https://www.themusebaproject.org/a-la-une/sowing-the-seed-the-museba-projects-ambitious-investigative-journalism-in-central-africa/">‘Sowing the Seed:’ The Museba Project’s Ambitious Investigative Journalism in Central Africa</a> appeared first on <a rel="nofollow" href="https://www.themusebaproject.org">The Museba Project</a>.</p>
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		<title>Après les révélations de The Museba Project, le ministre camerounais des forêts ouvre une enquête sur le trafic illégal de bois entre le Cameroun et le Nigeria</title>
		<link>https://www.themusebaproject.org/special-reports/apres-les-revelations-de-the-museba-project-le-ministre-camerounais-des-forets-ouvre-une-enquete-sur-le-trafic-illegal-de-bois-entre-le-cameroun-et-le-nigeria/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=apres-les-revelations-de-the-museba-project-le-ministre-camerounais-des-forets-ouvre-une-enquete-sur-le-trafic-illegal-de-bois-entre-le-cameroun-et-le-nigeria</link>
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		<dc:creator><![CDATA[The Newsroom]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Aug 2024 19:21:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A La Une]]></category>
		<category><![CDATA[Corruption]]></category>
		<category><![CDATA[Special Reports]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le ministre des forêts et de la faune vient d&#8217;ouvrir une enquête entre le Cameroun et le Nigeria qui vise le trafic illégal des espèces fauniques protégées par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d&#8217;extinction, CITES. Le 12 Août 2024, Jules Doret Ndongo a adressé une [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;">Le ministre des forêts et de la faune vient d&rsquo;ouvrir une enquête entre le Cameroun et le Nigeria qui vise le trafic illégal des espèces fauniques protégées par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d&rsquo;extinction, CITES.</p>
<p style="text-align: center;">Le 12 Août 2024, Jules Doret Ndongo a adressé une correspondance aux délégués des régions de l&rsquo;Extrême nord, du nord, de l&rsquo;Adamaoua, du Littoral et du Sud.</p>
<p style="text-align: center;">Le ministre demande à ces collaborateurs de « <em>bien vouloir mener des investigations(&#8230;) sur la situation des échanges commerciaux avec le Nigeria sur les espèces concernées en termes des statistiques sur les exportations et importations, les procédures réglementaires appliquées, les sources d&rsquo;approvisionnement, les activités illégales le cas échéant</em>« .</p>
<p style="text-align: center;"><img class="alignleft size-full wp-image-3643" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2024/08/image.jpg" alt="" width="1240" height="1755" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2024/08/image.jpg 1240w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2024/08/image-212x300.jpg 212w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2024/08/image-724x1024.jpg 724w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2024/08/image-768x1087.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2024/08/image-1085x1536.jpg 1085w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2024/08/image-600x849.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2024/08/image-750x1061.jpg 750w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2024/08/image-1140x1613.jpg 1140w" sizes="(max-width: 1240px) 100vw, 1240px" /></p>
<p style="text-align: center;">Le 25 avril 2023, le ministre  Ndongo  avait dans un<a href="https://www.minfof.cm/admin/files/com0072_du_25_04_2023.pdf"> communiqué</a> invité les opérateurs économiques de la filière bois a se rapprocher de l&rsquo;organe de gestion CITES-flore et les autorités compétentes pour  l&rsquo;élaboration des avis de commerce de trois espèces arborescentes parmi lesquels le bois de rose, de son nom scientifique « Pterocarpus erinaceus ».</p>
<p style="text-align: center;">Ces sorties du ministre des forêts et de la faune arrivent quelques années après <a href="https://www.themusebaproject.org/investigation/exploitation-forestiere-crime-corruption-bois-de-rose-vole-cameroun-blanchi-nigeria-expedie-chine/">l&rsquo;investigation de The Museba Project</a> qui a en janvier 2022  révélé pour la première fois le trafic illégal de bois de rose entre le Cameroun, le Nigeria et la Chine. Une activité de contrebande qui affecte l&rsquo;environnement, les communautés riveraines et les finances publiques.</p>
<p style="text-align: center;">Après la publication de l&rsquo;article, la CITES a sanctionné le Cameroun en interdisant le commerce de bois de rose. Depuis lors, la CITES accompagne le gouvernement camerounais à renforcer la protection du bois de rose, encore appelé « Kosso » dans la région du nord d&rsquo;où commence la contrebande.</p>
<p style="text-align: center;">Le ministre Ndongo dit attendre les rapports de ses collaborateurs pour « compléter les analyses en cours sur les mesures à prendre visant à anticiper des projets d&rsquo;inscription en annexe 1 ou 2 de la CITES ».  L&rsquo;enjeu est de faire lever la sanction de la CITES pour permettre au pays d&rsquo;ouvrir ces espèces arborescentes à l&rsquo;exploitation forestière industrielle.</p>
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		<title>Au Cameroun, les forces de l&#8217;ordre passent par des « indics » pour extorquer de l&#8217;argent aux citoyens</title>
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		<dc:creator><![CDATA[The Newsroom]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 17 Jul 2023 12:03:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A La Une]]></category>
		<category><![CDATA[Corruption]]></category>
		<category><![CDATA[Special Reports]]></category>
		<category><![CDATA[Cameroun]]></category>
		<category><![CDATA[extorsion]]></category>
		<category><![CDATA[gendarmerie]]></category>
		<category><![CDATA[indic]]></category>
		<category><![CDATA[police]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Assis sur une pierre posée à l’entrée du domicile familial situé à l’est de la capitale économique, Brandon Ndeumeni, un conducteur de moto-taxi âgé de 30 ans, a des frissons lorsqu&#8217;il entend le nom «Gabi»*. Ces quatre lettres rappellent au jeune homme une scène qui s’était produite trois mois auparavant en plein air dans son [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Assis sur une pierre posée à l’entrée du domicile familial situé à l’est de la capitale économique, Brandon Ndeumeni, un conducteur de moto-taxi âgé de 30 ans, a des frissons lorsqu&rsquo;il entend le nom «Gabi»*. Ces quatre lettres rappellent au jeune homme une scène qui s’était produite trois mois auparavant en plein air dans son quartier.</p>
<p>Ce jour-là, alors qu’il joue aux cartes avec trois de ses amis, Brandon est approché par un individu, plus connu sous le nom de Gabi, qui se propose de se joindre au trio. Sans se poser des questions, les jeunes acceptent de partager la partie de cartes avec le nouvel arrivant. Mais, peu de temps après, le petit groupe reçoit une visite surprise. «Des gendarmes armés ont surgi de nulle part et nous ont tous interpellés sans raison», raconte Brandon.</p>
<h3><strong>Le piège</strong></h3>
<p>Arrivés dans les locaux de la gendarmerie, seuls Brandon et ses trois amis ont été entendus pendant une heure de temps par un enquêteur. Il leur a été demandé de payer chacun la somme de 50.000 FCFA pour leur éviter la prison, raconte le conducteur de moto-taxi. Gabi, le joueur qui a rejoint la bande à la dernière minute, n’a pas été inquiété par les gendarmes.</p>
<p>Plus tard, Brandon et ses copains ont compris qu’ils sont tombés dans un piège tendu par Gabi, l’homme qui a fourni le renseignement ayant abouti à l’interpellation. «Gabi a dit qu’il ne peut rien faire pour nous et qu’il faut seulement que nous donnions ce qui nous est demandé», se souvient Brandon. «Nous avons payé 20.000 FCFA chacun pour sortir de la cellule».</p>
<p>Brandon et ses amis ont évité la prison in extremis. Donald n’a pas eu la même chance. En décembre 2022, ce coiffeur a passé deux mois à la prison centrale de New-Bell à Douala après avoir été accusé d’abus sexuels sur un gamin de sept ans. Au moment où Donald s’apprêtait à faire subir des examens médicaux à la victime pour démontrer son innocence,  il a été accroché par deux gendarmes emmenés par Gabi, celui qui a tout manœuvré, selon le coiffeur.</p>
<p>Brandon et Donald se partagent la même peine d&rsquo; avoir un jour rencontré sur leur chemin, Gabi, un homme redouté qui collabore avec les forces de l&rsquo;ordre.</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3580" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/07/carte-Douala.jpg" alt="" width="1309" height="460" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/07/carte-Douala.jpg 1309w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/07/carte-Douala-300x105.jpg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/07/carte-Douala-1024x360.jpg 1024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/07/carte-Douala-768x270.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/07/carte-Douala-600x211.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/07/carte-Douala-750x264.jpg 750w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/07/carte-Douala-1140x401.jpg 1140w" sizes="(max-width: 1309px) 100vw, 1309px" /></p>
<h3><strong>Sécurité sous-traitée</strong></h3>
<p>Au Cameroun, les forces de l’ordre, engagées dans plusieurs fronts, sont à la quête de renseignement prévisionnel pour pouvoir assurer la sécurité des personnes et des biens. Comme la plupart des unités de police et de gendarmerie sont en sous-effectif, certains commandants et commissaires voulant être plus efficaces ont entrepris de recruter au sein de la population, des civils comme Gabi qui ont la charge de leur fournir des informations.</p>
<p>Pourtant, cet enrôlement d’informateurs, communément appelés indics, est non conforme à la règlementation qui encadre le fonctionnement de la police et la gendarmerie.</p>
<p>Jean Achille Engbwang, commandant de la brigade territoriale de gendarmerie de Bépanda, dans le cinquième arrondissement de Douala, a déclaré dans une interview qu’il a recruté cinq indics dans son unité pour étoffer les «réseaux d’informations personnelles». Mais, «Ils(les indics) ne sont pas reconnus par l’État, c’est nous qui les connaissons», précise-t-il avant de justifier la présence de ces civils auprès des hommes en tenue et les critères de leur recrutement.</p>
<p>«Nous avons ordonné à chaque responsable de secteur de recruter des jeunes de bonne moralité qui nous servent de relais sur le terrain», a déclaré Jean Achille Engbwang. «Ça nous permet de gérer efficacement l’aspect sécuritaire dans notre circonscription administrative».</p>
<p>En outre, certains chefs d&rsquo;unité mettent à la disposition des indics, qui sont pour certains des repris de justice, des matériels destinés à l&rsquo;usage exclusif des policiers et gendarmes tels que des menottes, des appareils de communication audio et même des armes à feu.</p>
<p>Quand le reporter du journal en ligne The Museba Project a rencontré Gabi pour la première fois, ce dernier était vêtu d’un pantalon kaki de couleur verte et d’un polo noir estampillé «Garde Présidentielle». Il tenait un appareil de communication audio en main et une paire de menottes était accrochée sur son ceinturon. Avec cet accoutrement, Gabi a de quoi faire croitre aux curieux qu’il est un homme en tenue. Pourtant, ses voisins dans le cinquième arrondissement de la ville savent que le jeune homme d’environ 38 ans se fond dans la population pour recueillir des informations utiles aux forces de l&rsquo;ordre.</p>
<p>De jour comme de nuit, Gabi se promène en permanence avec un appareil de communication audio appelé talkie-walkie, une paire de menottes et une arme à feu.</p>
<blockquote><p>&nbsp;</p>
<p><img class=" wp-image-3581" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/07/gabi.jpg" alt="" width="218" height="218" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/07/gabi.jpg 612w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/07/gabi-300x300.jpg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/07/gabi-150x150.jpg 150w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/07/gabi-600x600.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/07/gabi-100x100.jpg 100w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/07/gabi-75x75.jpg 75w" sizes="(max-width: 218px) 100vw, 218px" /></p>
<p><em>Gabi à coeur ouvert</em></p>
<h3><em><strong>  «Plus vous travaillez, plus vous êtes rémunérés»</strong></em></h3>
<p><em><strong>Reporter : Comment avez-vous été enrôlé ? </strong></em></p>
<p><em><strong>Gabi</strong> :C’est un service trop clé, trop secret et ordonné. Quand tu es rattaché à la gendarmerie, tu envoies tes renseignements au commandant de la brigade pour  solliciter son intervention. Notre rôle est de sillonner, observer la nature et le comportement des hommes. Quand nous constatons des anomalies telles que les agressions, les entreprises qui polluent l’environnement ou des gens qui vendent des produits périmés qui peuvent nuire à la santé des populations, nous contactons immédiatement le commandant de brigade ou le commissaire  de notre poste rattaché, pour l’informer de la situation. Dès qu’il est informé, il prend les dispositions pour intervenir.</em></p>
<p><em><strong>Comment procédez-vous sur le terrain, une fois que vous avez observé toutes ces dérives-là ?</strong></em></p>
<p><em>Dès lors que je constate qu’il y a agression, je contacte ma hiérarchie. Ensuite, je peux demander de l’aide auprès de la population pour neutraliser l’agresseur, en attendant l’arrivée des renforts des forces de l’ordre.</em></p>
<p><em><strong>Comment êtes-vous rémunéré ?</strong></em></p>
<p><em>Il y a parmi nous des personnels qui sont reconnues par le Ministère de la défense; ils travaillent directement au compte de l’ État du Cameroun  comme employés civils, et ils ont un salaire.  Il y a d’autres par contre qui sont rémunérés en fonction de leur travail; c’est-à-dire lorsque le commandant décide de travailler avec toi, il peut de temps à autre te donner une petite somme d&rsquo;argent à la fin de semaine ou à la fin du mois. Cet argent vient de ses poches et il le fait parce qu&rsquo;il sait que tu as une famille à nourrir.</em></p>
<p><em><strong>Nous avons appris auprès des populations, que les indics montent des opérations avec l’aide des forces de l’ordre, pour interpeller des citoyens, afin de les racketter. Est-ce vrai ?</strong></em></p>
<p><em>Ça dépend. Quand un indic observe des choses et informe le commandant. Ce dernier descend sur le terrain et mène une bonne action, alors si tout se passe bien, l&rsquo;indic est rémunéré. Ce que vous dites peut aussi arriver. Généralement, un bon commandant est toujours en train de vous faire de petites enveloppes pour vous féliciter parce que vous faites du bon travail. Plus vous travaillez, plus vous êtes rémunérés.</em></p>
<p><em><strong>Avez-vous déjà mené une action qui a conduit les victimes en prison ?</strong></em></p>
<p><em>Plusieurs fois. D’ailleurs même, c’est notre boulot. Quand vous travaillez et que vous êtes rattaché directement à une unité de gendarmerie ou de commissariat, vous êtes quoi ? Vous êtes de la sécurité publique. Donc c’est de notre droit.</em></p>
<p><em><strong>Est-ce que les populations apprécient votre travail?</strong></em></p>
<p><em>Non. Simplement parce que, même le commandant, qui fait son travail et déferre les gens, puisque ce n’est pas lui qui condamne, on le regarde toujours d’un mauvais œil.</em></p></blockquote>
<h3><strong>Une arme à feu dans la chaussette</strong></h3>
<p>«J’ai l’autorisation de sortir avec une arme à feu», déclare Gabi d’une voix rassurante. «Je cache cette arme dans une des chaussettes lorsque je descends sur le terrain pour une opération dangereuse», ajoute Gabi, qui précise que bien qu’il soit le seul indic de l’unité à avoir accès  à une arme à feu, il n’a pas le droit de passer la nuit avec ce matériel de travail.</p>
<p>«Nos indics n’ont pas le droit d’avoir des menottes, un appareil de communication audio, encore moins des armes à feu, c’est un matériel de travail réservé aux forces de maintien de l’ordre», a déclaré Jean Achille Engbwang, qui dit avoir l’habitude de donner entre 5.000 et 10.000 FCFA par indic comme frais de mission lors des enquêtes.</p>
<p>Gabi est blanchisseur de formation. Faute de moyens, il ne pouvait s’offrir des machines à laver. Pendant plusieurs années, il était contraint de laver à la main les vêtements de ses clients. Gabi qui en avait marre de dépenser son énergie dans une activité peu lucrative a décidé en 2016 de tout abandonner après avoir été approché par un chef d’unité de gendarmerie pour devenir un indic. L’ancien blanchisseur au bout de quelques mois dans son nouvel emploi a commencé à se sentir épanoui.</p>
<p>«On gagne sa vie en faisant le métier d’indic», déclare tout sourire Gabi, en agitant le talkie-walkie de couleur noire qu&rsquo;il tient à sa main droite. «Quand tout marche bien, je peux gagner plus de 200.000 FCFA par semaine». L’indic dit être propriétaire, dans un quartier de la ville de Douala, d’un immeuble R+1 d’une valeur estimée à des dizaines de millions de FCFA.</p>
<p>Si Gabi se fait aussi facilement de l’argent, c’est parce qu’il a appris, en plus de fournir le renseignement, à faire interpeller des innocents qui sont libérés plus tard moyennant le versement d’une somme d’argent. Ces opérations rapportent gros au jeune homme qui a commencé à afficher de signes extérieurs de sa petite fortune.</p>
<p>Au lieu de fournir uniquement le renseignement, certains indics se sont spécialisés dans les arrestations arbitraires, le trafic d&rsquo;influence et le racket des citoyens dans les grandes villes du pays. Il n’existe pas de chiffres officiels sur le nombre d’indics enrôlés dans les unités de police ou de gendarmerie. Malgré de nombreuses plaintes des victimes, il est encore impossible de  connaitre la liste des abus de Droits de l&rsquo;homme que les indics ont commis sur l&rsquo;étendue du territoire.</p>
<p>En outre, les indics ne subissent pas une formation sur le respect des droits humains ou sur le renseignement. pour autant, les chefs d’unité continuent à leur faire confiance.</p>
<p>«Lorsque nous recevons des rapports fournis par nos agents de relais, et que nous interpellons les [présumés] suspects, nous prenons la peine d’ouvrir une enquête afin de mieux comprendre les raisons de leurs interpellations», a déclaré Jean Achille Engbwang.</p>
<p>Dr Marcel Nkouandou, Socio-anthropologue à la faculté des lettres et des sciences humaines à l’Université de Douala, indique que les autorités doivent faire une enquête de moralité aux personnes qui leur rendent compte.</p>
<p>«Il est urgent de former ces personnes à la pédagogie civique des droits humains, à la déontologie du métier de renseignement et ne  pas toujours croire à la lettre ce que ces indics rapportent comme information», dit Dr Nkouandou. «Dès qu’un indic cesse de fournir les renseignements, il cesse aussi de vivre».</p>
<h3><strong>10 ans d&#8217;emprisonnement</strong></h3>
<p>Comme Gabi, Bao* travaille comme indic depuis quelques années. C’est un quarantenaire de petite taille, environ 1m40. Il réside au village Baleng dans le deuxième arrondissement de Bafoussam, où il est connu étant un repris de justice. Il serait à l&rsquo;origine de l&rsquo;incarcération de plus de dix jeunes gens de la localité à la prison de Bafoussam, selon ses voisins. Depuis dix ans, Bao travaille comme informateur de la police mais il ne se limite pas au renseignement. Avec la complicité de certains éléments véreux de la police, il fait aussi interpeller des personnes dans le but de se faire de l&rsquo;argent.</p>
<p>30 janvier 2023, il est environs 16 heures. Junior, 26 ans, franchit la porte de la salle des suspects d’une unité de police à l&rsquo;Ouest du Cameroun. Le jeune dépanneur de téléphones portables se dirige timidement vers un enquêteur assis à un coin de la salle.  La police avait interpellé Junior en compagnie d’un de ses « clients » qui voulait faire reprogrammer son I Phone. Au moment où Junior s&rsquo;avance vers le petit comptoir qui sépare la cellule de la salle d&rsquo;accueil, il découvre que l&rsquo;individu qui s&rsquo;est présenté comme un client n&rsquo;est pas inquiété par les policiers qui lui jettent plutôt des compliments. Le jeune homme qui cherchait à connaitre l’identité du plaignant et le motif de son interpellation apprend que cet individu plus connu sous le nom de Bao, est un indic.</p>
<p>«Junior, tu as fait comment ? », lui demande l&rsquo;enquêteur. « Tu vas passer la nuit ici si tu n&rsquo;appelles pas tes parents », menace le policier qui dit au jeune homme de payer la somme de 300.000 F CFA s&rsquo;il veut regagner sa liberté. « «Je leur ai donné 140.000 F CFA, ils m&rsquo;ont laissé rentrer à la maison» », dit Junior qui a passé une nuit en cellule.</p>
<p>Dans son article 134, le code pénal camerounais condamne à une peine d&#8217;emprisonnement pouvant aller jusqu&rsquo;à dix ans et une amende au plus de deux millions de F CFA, tout fonctionnaire qui  sollicite, agrée ou reçoit un don ou présent  pour  faire, s&rsquo;abstenir de faire ou ajourner un acte de sa fonction. Cette peine est doublée au cas où le fonctionnaire corrompu est un officier de police judiciaire, dit la loi. Conscients de ces dispositions, les chefs d&rsquo;unité de police et de gendarmerie passent désormais par les indics pour dépouiller les citoyens, évitant ainsi de se faire prendre la main dans le sac.</p>
<p>Jean Tchouaffi dirige l’Association Camerounaise des Droits des Jeunes, ACDJ, une organisation qui lutte contre les interpellations arbitraires depuis 32 ans. Il dit avoir sorti plusieurs jeunes des lieux de détention où ils avaient innocemment été envoyés après une intervention des indics et garde un mauvais souvenir du travail des indics.</p>
<p>« Ces gars sont plus dangereux que les hommes en tenue, ils utilisent les cartes de visite des policiers et gendarmes pour prendre de l&rsquo;argent aux gens dans les quartiers », a déclaré le défenseur des Droits humains au cours d&rsquo;une interview. « Si les pouvoirs publics étaient rigoureux, ce genre de chose ne pouvait pas exister ».</p>
<p>En attendant, les indics comme Gabi et leurs chefs continuent paisiblement d&rsquo;extorquer de l&rsquo;argent sans être inquiétés. Malgré les cris de leurs victimes.</p>
<p><strong>*Nom d’emprunt </strong></p>
<p>Cedric kengne</p>
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		<title>Pesticides interdits: la réglementation prise en otage par des intérêts économiques</title>
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		<dc:creator><![CDATA[The Newsroom]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 26 Jan 2023 11:35:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Human rights violations]]></category>
		<category><![CDATA[Special Reports]]></category>
		<category><![CDATA[banned]]></category>
		<category><![CDATA[Cameroun]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Stanley Katua, 22 ans, originaire de la ferme Machungwani dans le comté de Taita-Taveta, utilise certains des pesticides jugés dangereux et interdits dans l&#8217;Union européenne. Il n&#8217;a aucune idée de la nature toxique des pesticides ni des lois qui régissent leur utilisation. Katua est employé comme ouvrier agricole où il pulvérise les cultures sans aucun [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left;">Stanley Katua, 22 ans, originaire de la ferme Machungwani dans le comté de Taita-Taveta, utilise certains des pesticides jugés dangereux et interdits dans l&rsquo;<a href="https://european-union.europa.eu/index_en">Union européenne</a>. Il n&rsquo;a aucune idée de la nature toxique des pesticides ni des lois qui régissent leur utilisation. Katua est employé comme ouvrier agricole où il pulvérise les cultures sans aucun équipement de protection.</p>
<h4>Pulvériser sans protection</h4>
<p style="text-align: left;">« <em>J&rsquo;ai des irritations de la peau et des yeux après avoir pulvérisé les cultures, mais je n&rsquo;ai pas d&rsquo;argent supplémentaire pour acheter des équipements de protection et mon patron ne peut pas non plus m&rsquo;en acheter ».</em></p>
<p style="text-align: left;">Des cas similaires d&rsquo;agriculteurs n&rsquo;utilisant pas de matériel de protection ont été observés au cours de cette enquête dans le comté de Kirinyaga, dans la partie centrale du Kenya.</p>
<figure id="attachment_3565" aria-describedby="caption-attachment-3565" style="width: 1536px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-full wp-image-3565" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/stanley.jpg" alt="" width="1536" height="1024" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/stanley.jpg 1536w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/stanley-300x200.jpg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/stanley-1024x683.jpg 1024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/stanley-768x512.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/stanley-600x400.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/stanley-750x500.jpg 750w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/stanley-1140x760.jpg 1140w" sizes="(max-width: 1536px) 100vw, 1536px" /><figcaption id="caption-attachment-3565" class="wp-caption-text">Stanley Katua, ouvrier agricole à la ferme Machungwani, dans le comté de Taita-Taveta au Kenya, utilise des pesticides dangereux sans équipement de protection/ Mary Mwendwa.</figcaption></figure>
<p style="text-align: left;">Anne Njambi, mère de trois enfants, confirme qu&rsquo;elle utilise des pesticides sur ses légumes : « <em>Je sais seulement que ces produits chimiques tuent les parasites, je ne sais rien d&rsquo;autre. Lorsque je pulvérise, je suis affectée, ma peau me démange et même mes yeux. Mais nous sommes habitués à cela, nous ne pouvons pas nous payer des vêtements de protection »</em>. dit Njambi.</p>
<p style="text-align: left;">Njambi confie qu&rsquo;elle assiste de temps en temps à des formations destinées aux agriculteurs. Lorsqu&rsquo;on lui demande s&rsquo;il y est question de réglementation sur l&rsquo;utilisation des pesticides, elle répond qu&rsquo;elle n&rsquo;en a jamais entendu parler. Elle est même choquée par l&rsquo;existence d&rsquo;une loi.</p>
<p style="text-align: left;">« <em>Je n&rsquo;ai jamais entendu parler d&rsquo;une loi sur l&rsquo;utilisation des pesticides, et si elle existe, personne ne fait l&rsquo;effort de nous le faire savoir »</em>. s&rsquo;étonne Njambi.</p>
<p style="text-align: left;">Njambi et Katua ne savent pas qu&rsquo;il existe des réglementations locales et internationales censées les guider et les protéger contre l&rsquo;utilisation de pesticides dangereux qui peuvent nuire à leur santé et à l&rsquo;environnement.</p>
<figure id="attachment_3566" aria-describedby="caption-attachment-3566" style="width: 1536px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-full wp-image-3566" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Anne.jpg" alt="" width="1536" height="1024" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Anne.jpg 1536w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Anne-300x200.jpg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Anne-1024x683.jpg 1024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Anne-768x512.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Anne-600x400.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Anne-750x500.jpg 750w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Anne-1140x760.jpg 1140w" sizes="(max-width: 1536px) 100vw, 1536px" /><figcaption id="caption-attachment-3566" class="wp-caption-text">Anne Njambi, du comté de Kirinyaga au Kenya, utilise certains des dangereux pesticides sur ses légumes. Elle ne sait pas qu&rsquo;il existe une réglementation sur l&rsquo;utilisation des pesticides/ Mary Mwemdwa.</figcaption></figure>
<p style="text-align: left;">Selon le Conseil des produits de contrôle des pesticides (<a href="https://www.pcpb.go.ke/">PCPB</a>), il a approuvé au moins 32 molécules qui, selon lui, peuvent être utilisées par les agriculteurs.</p>
<p style="text-align: left;">Cependant, le Dr Paul Ngaruiya, responsable de la stratégie et de la planification de la recherche au PCPB, confirme que l&rsquo;analyse des produits pesticides est en cours dans ses laboratoires.</p>
<p style="text-align: left;">Il confirme qu&rsquo;ils n&rsquo;ont pas été en mesure de mener des études sur les organismes pour déterminer le niveau des résidus de pesticides.</p>
<p style="text-align: left;">Ces études essentielles doivent être réalisées pour les aider à prendre des décisions fondées sur des données scientifiques afin d&rsquo;aider les agriculteurs et les Kenyans en général à choisir le type de pesticides à utiliser.</p>
<p style="text-align: left;">« <em>Un tel exercice est très coûteux et nous manquons de ressources pour les mener. Bien que nous nous associions à des donateurs, nous espérons qu&rsquo;un jour nous pourrons y parvenir</em>« . , déclare le Dr Ngariuya.</p>
<h4>Le diktat des donateurs</h4>
<p style="text-align: left;">Les données de l&rsquo;Organisation des Nations unies pour l&rsquo;alimentation et l&rsquo;agriculture (<a href="https://www.fao.org/home/en">FAO</a>) pour 2020 placent l&rsquo;Afrique du Sud en tête des pays utilisant des pesticides avec 26 875 tonnes, suivie de l&rsquo;Égypte avec 11 352 tonnes, puis du Cameroun avec 7 322 tonnes et de l&rsquo;Éthiopie en Afrique de l&rsquo;Est avec 4 128 tonnes respectivement.</p>
<p style="text-align: left;">Le même rapport a montré que les importations de pesticides du Kenya sont passées de 6 400 tonnes en 2015 à 15 000 tonnes en 2018.</p>
<p style="text-align: left;">La loi sur le contrôle des pesticides de 1983 est l&rsquo;une des législations relatives à l&rsquo;utilisation des pesticides au Kenya. Cette loi a permis la création d&rsquo;un Conseil des produits antiparasitaires (PCPB) dont les fonctions sont les suivantes : Évaluer les produits antiparasitaires conformément à la loi et aux règlements, recommander l&rsquo;enregistrement des produits antiparasitaires et conseiller le ministère de l&rsquo;Agriculture sur l&rsquo;application de la loi et des règlements.</p>
<p style="text-align: left;">Il existe également de nombreuses autres lois relatives aux pesticides.</p>
<p style="text-align: left;">Emmanuel Atamba, coordinateur de programme de l&rsquo;initiative « <a href="https://routetofood.org/"><em>Route to Food</em></a>« , confirme qu&rsquo;ils ont commencé à travailler sur la question des pesticides il y a trois ans. « <em>Grâce aux recherches et aux données disponibles, nous avons constaté que la plupart des produits proviennent de l&rsquo;UE et nous avons donc soulevé des inquiétudes</em>. »</p>
<blockquote>
<h3 style="text-align: left;">« <em>Nous considérons qu&rsquo;il y a deux poids deux mesures car d&rsquo;un côté, l&rsquo;UE a pris des mesures pour protéger son environnement et ses consommateurs et en même temps, elle autorise l&rsquo;exportation des mêmes produits vers certains pays comme le Kenya. Nous trouvons cela très inquiétant »</em>. dit Atamba.</h3>
</blockquote>
<p style="text-align: left;">Atamba ajoute que les gouvernements n&rsquo;ont pas encore pris leurs responsabilités en termes de pouvoir et de mandat par le biais du PCPB qui est censé examiner certains produits.</p>
<p style="text-align: left;">« <em>C&rsquo;est à nous de traiter les pesticides préoccupants avec la même attention qu&rsquo;ils requièrent</em>« , ajoute-t-il.<br />
M. Atamba estime que toutes les cultures cultivées au Kenya n&rsquo;ont pas besoin de pesticides, mais que les agriculteurs sont au fait de cette culture. Ils les achètent même avant la saison des semis.</p>
<p style="text-align: left;">Le <a href="https://www.fao.org/agriculture/crops/thematic-sitemap/theme/pests/code/en/">code</a> de conduite international sur la gestion des pesticides fournit des normes aux organismes de réglementation gouvernementaux et au secteur privé sur les meilleures pratiques de gestion des pesticides. Le code, qui a été approuvé par la conférence de la <a href="https://www.fao.org/kenya/en/">FAO</a> en 2013, est censé être un point de référence pour l&rsquo;industrie des pesticides.</p>
<p style="text-align: left;">De même, le code doit répondre à la nécessité d&rsquo;une collaboration entre les gouvernements et les entreprises exportatrices et importatrices de pesticides afin de minimiser les risques potentiels pour l&rsquo;environnement et la santé associés aux pesticides.</p>
<p style="text-align: left;">Le règlement européen sur les pesticides (<a href="https://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:L:2009:309:0001:0050:en:PDF">CE 1107/2009</a>) est l&rsquo;une des législations les plus strictes au monde en la matière. Avec ce type de réglementation, de nombreux pesticides interdits produits par les pays européens continuent de les vendre à des pays comme le Kenya et le Cameroun.</p>
<p style="text-align: left;">Rien qu&rsquo;en 2018, plus de 81 000 tonnes de 41 pesticides dangereux, interdits d&rsquo;utilisation agricole dans l&rsquo;UE, ont été exportées par des entreprises européennes. Un avis juridique du Centre pour le droit international de l&rsquo;environnement, une organisation non gouvernementale, indique que les exportations européennes de pesticides interdits en Afrique et en Amérique centrale violent les traités internationaux et les droits de l&rsquo;homme.</p>
<p style="text-align: left;">La Commission européenne avait précédemment promis de mettre en œuvre une interdiction de l&rsquo;exportation de pesticides interdits dans l&rsquo;UE d&rsquo;ici 2023. Toutefois, ce point a été retiré de l&rsquo;ordre du jour de manière inattendue. Cela a suscité des interrogations quant à la volonté de la Commission européenne de rester engagée sur cette question malgré la pression des entreprises chimiques.</p>
<p style="text-align: left;">L&rsquo;eurodéputée française des Verts/ALE Michèle Rivasi est profondément préoccupée par cette décision. Elle est la coauteure d&rsquo;une lettre ouverte signée en 2020 par près de 80 députés européens de tout l&rsquo;éventail politique pour demander à la <a href="https://www.michele-rivasi.eu/politique/il-faut-en-finir-avec-lexportation-de-pesticides-toxiques">Commission</a> d&rsquo;interdire l&rsquo;exportation de ces produits toxiques hors de l&rsquo;UE.</p>
<p style="text-align: left;">« <em>La Commission a pris un engagement et ne fait rien. Au final, c&rsquo;est le lobby de la chimie qui gagne et continue de profiter de cette pratique honteuse</em>« , a-t-elle déclaré.</p>
<p style="text-align: left;">Michèle Rivasi demande fréquemment à la Commission européenne d&rsquo;agir rapidement sur cette question. Le commissaire à l&rsquo;environnement doit proposer des mesures dans les plus brefs délais et le commissaire en charge des <a href="https://www.michele-rivasi.eu/politique/pesticides-interdits-en-europe-mais-vendus-dans-les-pays-du-sud">partenariats internationaux</a>. Mais aujourd&rsquo;hui, les enquêtes et les témoignages s&rsquo;accumulent de telle sorte que l&rsquo;on ne peut plus nier la question.</p>
<figure id="attachment_3563" aria-describedby="caption-attachment-3563" style="width: 1536px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-full wp-image-3563" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/pesticides.jpg" alt="" width="1536" height="1024" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/pesticides.jpg 1536w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/pesticides-300x200.jpg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/pesticides-1024x683.jpg 1024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/pesticides-768x512.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/pesticides-600x400.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/pesticides-750x500.jpg 750w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/pesticides-1140x760.jpg 1140w" sizes="(max-width: 1536px) 100vw, 1536px" /><figcaption id="caption-attachment-3563" class="wp-caption-text">Pesticides exposés dans un magasin de détail. De nombreux produits de pesticides jugés dangereux sont vendus au détail sur les marchés du Kenya et du Cameroun/ Mary Mwendwa.</figcaption></figure>
<h4 style="text-align: left;">Manque de coordination</h4>
<p style="text-align: left;">Au Cameroun, le <a href="https://forestsnews.cifor.org/tag/ministry-of-agriculture-and-rural-development-cameroon/">ministère de l&rsquo;agriculture et du développement rural</a> a pris plusieurs décisions pour interdire l&rsquo;utilisation de certains pesticides au cours des dernières années.</p>
<p style="text-align: left;">Cependant, cette évolution vers une meilleure réglementation est en contradiction avec l&rsquo;acceptation par le gouvernement des pesticides dangereux. Les exportateurs européens à qui nous avons parlé disent qu&rsquo;ils exportent des pesticides dangereux avec le « consentement » des pays importateurs.</p>
<p style="text-align: left;">Les pesticides sont définis comme des organismes de quarantaine, également appelés organismes nuisibles, selon les dispositions du <a href="https://www.informea.org/en/legislation/décret-n°-20050771pm-fixant-les-modalités-d’exécution-des-opérations-de-quarantaine">décret</a> n° 2005/0771/PM du 6 avril 2005 fixant les modalités d&rsquo;exécution des opérations de quarantaine végétale. Toute personne souhaitant introduire ces organismes sur le territoire national a besoin principalement de deux documents.</p>
<p style="text-align: left;">« <em>A l&rsquo;importation, les articles réglementés à haut risque d&rsquo;introduction d&rsquo;organismes de quarantaine sont accompagnés d&rsquo;un certificat phytosanitaire respectant les exigences du permis d&rsquo;importation correspondant</em>« , stipule l&rsquo;article 8 du décret.</p>
<p style="text-align: left;">Alain Frejus Ngompe est un journaliste qui a écrit plusieurs articles sur l&rsquo;environnement. Il a récemment publié un recueil des lois environnementales au Cameroun pour faciliter l&rsquo;accès à la législation concernant ce secteur, dit-il.<br />
Nous lui avons demandé pourquoi les pouvoirs publics acceptent de transporter ailleurs des produits déclarés dangereux.</p>
<p style="text-align: left;">« <em>Les organes chargés de la répression ou de l&rsquo;homologation des pesticides ne fonctionnent pas à plein régime</em>« , explique M. Ngompe.</p>
<p style="text-align: left;">« <em>Il y a aussi un manque de coordination entre ces organes</em>« , a-t-il ajouté. « <em>Dans le contrôle des pesticides, le ministère en charge de l&rsquo;agriculture ne consulte pas le ministère de l&rsquo;environnement avant de prendre une décision qui concerne les deux institutions. C&rsquo;est pourquoi il y a ce double langage</em>« .</p>
<p style="text-align: left;">Le ministère de l&rsquo;Agriculture et du Développement rural contacté dans le cadre de cette enquête pour commenter l&rsquo;homologation des pesticides dangereux au Cameroun n&rsquo;a pas réagi à notre demande d&rsquo;information.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: left;"><em>Cette enquête a été menée par <b>Mary Mwendwa et Christian Locka</b> avec le soutien de <a href="https://www.journalismfund.eu/">Journalismfund.eu</a>. </em><em>Vous pouvez lire la première partie de cette enquête sur les pesticides interdits <a href="https://www.talkafrica.co.ke/banned-pesticides-hazardous-pesticides-in-eu-markets-retail-in-kenya-and-cameroon/">ici</a>.</em></p>
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		<title>Au Cameroun, la vérité est un métier dangereux</title>
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		<dc:creator><![CDATA[The Newsroom]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Jan 2023 14:41:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A La Une]]></category>
		<category><![CDATA[Human rights violations]]></category>
		<category><![CDATA[Special Reports]]></category>
		<category><![CDATA[Cameroun]]></category>
		<category><![CDATA[repression]]></category>
		<category><![CDATA[violations; droits de l'homme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ekukanju*, 10 ans, et ses six jeunes frères et sœurs ne vont plus à l&#8217;école depuis dix mois. Leur père, un journaliste, a été contraint de se cacher pour ses reportages contre la corruption et ne peut plus travailler pour payer leur scolarité et leurs soins. « Nous sommes hébergés par notre mère et notre oncle [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Ekukanju*, 10 ans, et ses six jeunes frères et sœurs ne vont plus à l&rsquo;école depuis dix mois. Leur père, un journaliste, a été contraint de se cacher pour ses reportages contre la corruption et ne peut plus travailler pour payer leur scolarité et leurs soins. « Nous sommes hébergés par notre mère et notre oncle ici à Douala », explique tristement Ekukanju. Mais l&rsquo;oncle a une grande famille à lui tout seul, alors même nourrir les enfants est difficile. « Je suis mince comme ça à cause de la sous-alimentation ». Les membres de la communauté qui ont commencé à aider la famille n&rsquo;accusent pas le père d&rsquo;Ekukanju d&rsquo;être responsable de ces difficultés, cependant ; ils savent qu&rsquo;il avait de bonnes raisons d&rsquo;entrer dans la clandestinité.</p>
<figure id="attachment_3547" aria-describedby="caption-attachment-3547" style="width: 2560px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-full wp-image-3547" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Cameroon_chart-1-scaled.jpg" alt="" width="2560" height="1575" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Cameroon_chart-1-scaled.jpg 2560w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Cameroon_chart-1-300x185.jpg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Cameroon_chart-1-1024x630.jpg 1024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Cameroon_chart-1-768x473.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Cameroon_chart-1-1536x945.jpg 1536w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Cameroon_chart-1-2048x1260.jpg 2048w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Cameroon_chart-1-600x369.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Cameroon_chart-1-750x462.jpg 750w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Cameroon_chart-1-1140x702.jpg 1140w" sizes="(max-width: 2560px) 100vw, 2560px" /><figcaption id="caption-attachment-3547" class="wp-caption-text">Un graphique sur les violations des Droits de l&rsquo;homme au Cameroun de 2017 à 2022. Lire le rapport entier<a href="https://www.zammagazine.com/investigations/1563-human-rights-violations-2017-2022-in-nigeria-cameroon-uganda-zimbabwe-and-kenya"> ici.</a></figcaption></figure>
<p>Dire la vérité sur le régime Biya est une activité très dangereuse au Cameroun. Deux mois seulement avant que cette conversation n&rsquo;ait lieu, le 9 mars 2022, Paul Chouta, rédacteur en ligne et dénonciateur de la corruption, a été enlevé dans un bar de Yaoundé où il regardait le football. Il a été brutalement agressé et laissé pour mort. « Je suis sorti à la mi-temps lorsque trois hommes non identifiés, en civil, à bord d&rsquo;un pick-up vert, m&rsquo;ont accosté et jeté dans leur véhicule », a-t-il déclaré dans une interview. « J&rsquo;ai crié à l&rsquo;aide, mais les agresseurs ont réussi à me pousser à l&rsquo;intérieur et ont utilisé ma chemise pour me bander les yeux.</p>
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<h2><strong>Ils m&rsquo;ont dit que j&rsquo;étais têtu et que je n&rsquo;apprenais jamais une leçon ».</strong></h2>
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<p>Chouta a été conduit dans ce qu&rsquo;il reconnaîtra plus tard comme une zone située à la périphérie de la ville, près de l&rsquo;aéroport. Là, on l&rsquo;a fait sortir du camion et on lui a demandé de s&rsquo;agenouiller. Il se souvient avoir été battu avec des pierres, des briques, une matraque et un fouet, avant de perdre connaissance. Ils m&rsquo;ont dit que j&rsquo;étais têtu et que je n&rsquo;apprenais jamais une leçon », raconte Chouta. Ce n&rsquo;est pas la première fois qu&rsquo;il est détenu : il a déjà été arrêté par le passé et agressé par des forces non identifiées, et il a reçu plusieurs avertissements lui demandant d&rsquo; arrêter d&rsquo;écrire des bêtises « . Ils ont dit que cette fois, ils allaient me tuer, car je voulais montrer que j&rsquo;étais un héros ». Après s&rsquo;être réveillé blessé, nu et seul, Chouta a marché dans la douleur pendant environ trois kilomètres, avant d&rsquo;être trouvé et aidé par des inconnus.</p>
<h4><strong>Un maire et une compagnie forestière</strong></h4>
<p>Quelques mois plus tard, Jean François Channon, éditeur du Messager, le principal quotidien privé francophone du Cameroun, s&rsquo;est retrouvé sous le feu de l&rsquo;ennemi alors qu&rsquo;il rentrait du travail. Son chauffeur a réussi à « manœuvrer habilement » et à échapper à deux individus qui ont tiré sur la voiture dans laquelle ils se trouvaient. M. Channon pense que l&rsquo;attaque est liée à la couverture par son journal d&rsquo;une affaire de détournement de fonds impliquant les relations de l&rsquo;ancien maire d&rsquo;un quartier de Yaoundé avec une société forestière.</p>
<p>Un autre journaliste, qui a demandé à rester anonyme, affirme avoir failli perdre un œil en novembre 2021 alors qu&rsquo;il travaillait sur une enquête concernant une personne puissante et bien connectée. « Des hommes sont venus chez moi, sont entrés par effraction et m&rsquo;ont agressé. Je savais qui ils étaient mais ils ont dit qu&rsquo;ils reviendraient m&rsquo;achever si j&rsquo;osais mentionner leurs noms. Après cela, j&rsquo;ai dû faire traverser la frontière à mes enfants pour les emmener dans un pays voisin « , a-t-il déclaré.</p>
<h4><strong>Des preuves de torture</strong></h4>
<p>Ces journalistes ont tous survécu, mais certains n&rsquo;ont pas eu cette chance. Le journaliste de Chillen Music Television Samuel Ajiekah Abuwe, surnommé Wazizi, parlait régulièrement de la corruption de l&rsquo;État et des violations des droits humains. Il est mort le 17 août 2019 dans un hôpital militaire de Yaoundé après avoir été porté disparu dix jours auparavant. Selon son avocat, Christopher Ndong, le corps de Wazizi portait des traces de torture. Il s&rsquo;était vu refuser la libération sous caution en vertu de la loi antiterroriste de 2014, qui autorise la détention indéfinie sans inculpation pour des infractions telles que « l&rsquo;acclamation du terrorisme dans les médias ».</p>
<figure id="attachment_3543" aria-describedby="caption-attachment-3543" style="width: 856px" class="wp-caption alignleft"><img class=" wp-image-3543" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/jules-koum.jpg" alt="" width="856" height="1200" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/jules-koum.jpg 685w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/jules-koum-214x300.jpg 214w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/jules-koum-600x841.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/jules-koum-360x504.jpg 360w" sizes="(max-width: 856px) 100vw, 856px" /><figcaption id="caption-attachment-3543" class="wp-caption-text">Article de première page relatant la mort du journaliste d&rsquo;investigation Jules Koum Koum</figcaption></figure>
<p>Le terrorisme est défini par la loi comme tout ce qui « crée une situation de crise » ou une « insurrection » et a été largement utilisé par les forces de sécurité comme une excuse pour détenir des manifestants et des militants pacifiques. Les données recueillies par l&rsquo;équipe de ZAM montrent une augmentation constante des violations des droits de l&rsquo;homme commises par l&rsquo;État à l&rsquo;encontre des citoyens ces dernières années, la plupart du temps sous les auspices de cette loi. Ces données peuvent être consultées ici.</p>
<p>Parmi les chefs d&rsquo;accusation figurait l&rsquo;hostilité contre la patrie ».</p>
<p>Parmi les centaines de cas documentés, au moins dix-huit journalistes ont été détenus ou contraints à l&rsquo;exil après l&rsquo;adoption de la loi en 2014. Parmi eux, Ahmed Abba, de Radio France Internationale, qui a réalisé des reportages sur les réfugiés et les zones de conflit dans le pays et a été arrêté en 2015, et le producteur de documentaires Achomba Hans Achomba, dont le tour est venu en 2017 lorsqu&rsquo;il a été ciblé pour avoir filmé des manifestations antigouvernementales dans le sud-ouest du Cameroun. Les charges retenues contre eux comprenaient « complicité d&rsquo;hostilité contre la patrie, sécession, propagation de fausses nouvelles, insurrection, incitation à la guerre civile et complicité d&rsquo;actes de terrorisme », et tous deux ont été torturés. Achomba a finalement été libéré après des mois de pression internationale, tandis qu&rsquo;Abba a passé deux ans en détention. Tous deux vivent aujourd&rsquo;hui en exil au Nigeria.</p>
<h4><strong>La lutte armée</strong></h4>
<p>Ironiquement, c&rsquo;est la répression de longue date par le régime de toutes les manifestations pacifiques, y compris la restriction de leur couverture dans les médias, qui est à l&rsquo;origine de la situation insurrectionnelle dans les régions du Sud et du Nord-Ouest. En 2016, cette région largement anglophone a été saisie par des manifestations populaires dénonçant la discrimination perçue par l&rsquo;élite francophone régnante basée à Yaoundé à l&rsquo;encontre des anglophones. Cependant, c&rsquo;est la réponse militaire sévère du régime central qui a provoqué la transformation de ces manifestations en une véritable lutte armée un an plus tard.</p>
<p>En raison de la répression des manifestations et du journalisme, les médias camerounais ont de moins en moins de marge de manœuvre pour couvrir les violations des droits de l&rsquo;homme commises par les forces de sécurité. La crainte est particulièrement tangible dans les zones anglophones, où les agents de l&rsquo;État peuvent ordonner à n&rsquo;importe quel individu de leur remettre son téléphone portable et utiliser ce qu&rsquo;ils y trouvent pour étayer une accusation de terrorisme. Cette pratique gagne également du terrain dans les zones francophones, où des reporters sont arrêtés dans le cadre de manifestations antigouvernementales générales.</p>
<h2><strong>Les publications favorables au régime défendent leurs sponsors</strong></h2>
<p>La principale victime de cette répression est la vérité, mais au Cameroun, la situation est encore plus complexe. Les reportages véridiques étant pratiquement impossibles, de nombreux membres de l&rsquo;élite au pouvoir ont saisi l&rsquo;occasion et ont lancé des publications pour diffuser de fausses nouvelles à la gloire de leurs propriétaires et pour salir leurs opposants. Malgré le recul de la liberté de la presse, le nombre de diffuseurs et d&rsquo;éditeurs enregistrés a doublé au cours des trois dernières années, passant de trois cents à six cents. L&rsquo;Anecdote et Vision4 TV appartiennent tous deux à Amougou Belinga, un magnat important dont la proximité du pouvoir peut être liée aux décisions de l&rsquo;État de lui accorder des faveurs, notamment un important prêt bancaire sans garantie et une subvention du Trésor de 4 millions de dollars américains. D&rsquo;autres publications proches du régime, dont Quotidien Réalités Plus, Essingan, Le Quotidien et La Grande Tribune, partagent l&rsquo;habitude de L&rsquo;Anecdote de rester en sommeil jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;un commanditaire soit accusé de vol ou de corruption, puis de revenir brusquement dans les kiosques pour salir les accusateurs.</p>
<figure id="attachment_3541" aria-describedby="caption-attachment-3541" style="width: 2560px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-full wp-image-3541" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/kiosk-scaled.jpg" alt="" width="2560" height="1709" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/kiosk-scaled.jpg 2560w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/kiosk-300x200.jpg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/kiosk-1024x684.jpg 1024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/kiosk-768x513.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/kiosk-1536x1025.jpg 1536w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/kiosk-2048x1367.jpg 2048w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/kiosk-600x401.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/kiosk-750x501.jpg 750w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/kiosk-1140x761.jpg 1140w" sizes="(max-width: 2560px) 100vw, 2560px" /><figcaption id="caption-attachment-3541" class="wp-caption-text">Kiosque à journaux dans le centre de Yaoundé. Le public s&rsquo;informe principalement à partir des titres des journaux, notamment des tabloïds, qui tentent d&rsquo;attirer les lecteurs avec des titres farfelus et exagérés. L&rsquo;un des problèmes est que les articles ne reflètent souvent pas le titre de la couverture et que la longueur de l&rsquo;article est souvent inférieure à un paragraphe de 15 lignes. La plupart des gens préfèrent lire les titres sans jamais acheter le journal. Photo par Rodrig Mbock</figcaption></figure>
<h4><strong>Campagnes de dénigrement et peines de prison</strong></h4>
<p>Nsom Kini, chef du bureau du Guardian Post à Yaoundé, note que « ces journaux sortent comme des chiens, pour attaquer les adversaires de leurs maîtres, surtout en période électorale ». Denis Nkwebo, ancien président du Syndicat national des journalistes camerounais, se dit « dégoûté et découragé » de voir « des organes de presse et des journaux se battre entre eux pour des articles concernant des détourneurs de fonds et des voleurs », ajoutant qu&rsquo;au lieu de s&rsquo;attaquer aux voleurs, les organes de presse appartenant aux voleurs luttent vigoureusement contre tout organe de presse ou journal exposant leurs commanditaires ». Il a reproché aux attaques de fake news et aux campagnes de dénigrement de contribuer à un climat général de peur. Même ceux qui, par le passé, ne mâchaient pas leurs mots à propos des vols commis dans les institutions publiques sont aujourd&rsquo;hui silencieux, voire très silencieux. Certains qui ont commencé d&rsquo;excellentes enquêtes ont terminé les histoires à mi-chemin et n&rsquo;ont jamais pris le soin de dire à leurs lecteurs pourquoi ».</p>
<p>Ceux qui essaient encore de tenir le public camerounais informé de la mauvaise gestion de l&rsquo;État et des scandales de corruption voient la machine de l&rsquo;État dirigée contre eux, même s&rsquo;ils sont fonctionnaires. Amadou Vamoulke (72 ans), directeur général du radiodiffuseur public CRTV, a été condamné à douze ans d&#8217;emprisonnement pour détournement de fonds le 20 décembre 2022, bien que les accusations et les preuves de l&rsquo;accusation aient été largement rejetées comme étant fabriquées et  » bidon « **. Avant son arrestation il y a six ans, Vamoulke avait lui-même dénoncé le vol de fonds publics au sein de la société. Il avait également tenté de réformer et de professionnaliser les politiques d&#8217;embauche de l&rsquo;organisation. À l&rsquo;heure actuelle, 80 % des postes de direction de la chaîne seraient occupés par des membres du clan immédiat du président Biya, ce qui amène les contribuables à se demander si les meilleures personnes sont recrutées pour ce travail. Cependant, même dans l&rsquo;environnement médiatique surchargé du Cameroun, peu de journaux sont libres de poser de telles questions.</p>
<h2><strong>L&rsquo;enquêteur sur les fraudes a été transféré dans la zone de guerre</strong></h2>
<p>Le silence entoure également le cas du Dr Albert Ze, fonctionnaire du ministère de la Santé, qui a été transféré à Bamenda, dans le nord Ouest du Cameroun, après avoir travaillé sur plusieurs audits qui ont révélé le vol des budgets de projets de santé par des individus puissants de l&rsquo;État. Dans une rare interview, Ze a déclaré à ZAM que son récent transfert fait suite à des années de harcèlement, y compris des menaces de mort ainsi que des offres de pots-de-vin. Lorsque j&rsquo;ai refusé d&rsquo;accepter de l&rsquo;argent, j&rsquo;ai été agressé physiquement. Ma maison a été cambriolée deux fois, et des ordinateurs portables, des disques durs et des tablettes ont été volés les deux fois. Plusieurs matraques ont également été laissées chez moi, pour indiquer qu&rsquo;elles pouvaient être utilisées contre moi ».</p>
<p>Mais après que l&rsquo;attention de Ze a été attirée par des irrégularités autour d&rsquo;un fonds de solidarité COVID-19 qui avait amassé des dons de personnes morales et physiques au Cameroun entre 2020 et 2021, les choses ont soudainement pris une mauvaise tournure. Après avoir appris qu&rsquo;il  » mettait son nez dans des affaires qui ne le concernent pas « , selon les sources de ZAM, il a été informé qu&rsquo;il allait être muté à la délégation régionale de la santé publique à Bamenda. En tant que francophone et membre du clan Beti du Président Biya, cette affectation au cœur d&rsquo;une région anglophone anti-Biya, où les rebelles sont connus pour s&rsquo;attaquer à ceux qui sont perçus comme ayant des liens avec l&rsquo;élite dirigeante, ce transfert représentait un risque considérable pour sa sécurité physique. Bien que réticent à faire des commentaires détaillés, il déclare dans une interview récente que « cette situation a entraîné une régression de mes activités », ajoutant qu&rsquo;il a dû « se séparer de sa famille, la laissant dans une zone plus sûre » et qu&rsquo;il vit désormais seul.</p>
<p>La collègue d&rsquo;Albert Ze, le Dr Nancy Saiboh, qui devait participer au même audit, a également reçu un avis de mutation tout aussi abrupt l&rsquo;envoyant dans une zone rurale. Le Dr Saiboh a déclaré à ZAM qu&rsquo;elle avait depuis reçu des menaces de la part « d&rsquo;inconnus sur Facebook » et qu&rsquo;elle « regarde toujours par-dessus son épaule où qu&rsquo;elle aille ». Les enquêtes de ZAM ont suggéré que huit autres dénonciateurs de la mauvaise gestion et de la corruption de l&rsquo;État ont également été ciblés pour être harcelés, menacés, arrêtés et parfois torturés. Cependant, lorsque l&rsquo;équipe d&rsquo;enquête s&rsquo;est efforcée d&rsquo;interroger ces huit personnes, aucune n&rsquo;a accepté de nous parler. Au contraire, plusieurs ont exprimé leur colère d&rsquo;être identifiés.</p>
<p style="text-align: center;"><strong>Le FMI est complice.</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Outre les journalistes et les lanceurs d&rsquo;alerte, des centaines de citoyens ordinaires ont également été arrêtés, détenus, torturés et emprisonnés en vertu des lois antiterroristes. Parmi eux figurent des membres de l&rsquo;ONG anticorruption Stand Up 4 Cameroon, dont le président Kah Walla est également président du Cameroon Peoples Party (CPP), parti d&rsquo;opposition. Interrogée sur le taux d&rsquo;attrition, elle ne mâche pas ses mots à propos des responsables. Ils ont l&rsquo;impression que nous essayons d&rsquo;enlever le gombo (ragoût de gombo) de leur bouche », dit-elle.</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Walla, qui a elle-même été détenue, est connue comme la « Dame de fer » dans les milieux progressistes du Cameroun. Elle se dit déçue par le manque de soutien de la communauté internationale. Stand Up 4 Cameroon a appelé le Fonds monétaire international à demander des comptes sur le prêt de 335 millions de dollars accordé au Cameroun pour la lutte contre le COVID-19. Le FMI ne l&rsquo;a pas fait ; au contraire, il a donné plus d&rsquo;argent au gouvernement camerounais. C&rsquo;est de la complicité ».</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Les 335 millions de dollars du FMI ont fait l&rsquo;objet d&rsquo;une enquête de la Cour des comptes de la Cour suprême du Cameroun, qui a indiqué qu&rsquo;elle avait recommandé que dix personnes soient poursuivies pour détournement de fonds. Cependant, les noms de ces dix personnes n&rsquo;ont pas été rendus publics et le rapport n&rsquo;a pas été présenté au parlement.</strong></p>
<figure id="attachment_3542" aria-describedby="caption-attachment-3542" style="width: 720px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-full wp-image-3542" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/wazizi.jpeg" alt="" width="720" height="1280" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/wazizi.jpeg 720w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/wazizi-169x300.jpeg 169w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/wazizi-576x1024.jpeg 576w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/wazizi-600x1067.jpeg 600w" sizes="(max-width: 720px) 100vw, 720px" /><figcaption id="caption-attachment-3542" class="wp-caption-text">Le journaliste Samuel Wazizi, qui a été accusé de terrorisme et arrêté en août 2017. Jusqu&rsquo;à présent, sa dépouille n&rsquo;a pas été rendue à sa famille. Source : Facebook</figcaption></figure>
<h2><strong>Les « tigres » se défendent</strong></h2>
<p>Même les fonctionnaires de la CONAC, la commission anti-corruption, n&rsquo;ont pas voulu nous parler. Comme leurs collègues de l&rsquo;ANIF, l&rsquo;Agence Nationale d&rsquo;Investigation Financière, ils reconnaissent que le bureau existe principalement en raison de la pression des donateurs plutôt que d&rsquo;une volonté politique. Ces « tigres » (surnom commun des politiciens corrompus au Cameroun) se défendent férocement contre nous et contre tous ceux qui les dénoncent », a déclaré un fonctionnaire de la CONAC, sous couvert d&rsquo;anonymat.</p>
<p>Le rapport le plus récent de la CONAC, qui couvre l&rsquo;année 2020, estime qu&rsquo;au cours de cette seule année, les « tigres », qui comprennent des ministres, des directeurs de sociétés d&rsquo;État et de filiales gouvernementales, des fonctionnaires haut placés et des hauts fonctionnaires de l&rsquo;armée et de la police, ont présidé au vol d&rsquo;environ 2 milliards de dollars de fonds publics, soit l&rsquo;équivalent de 20 % du budget du pays pour 2022. Leurs rapports tombent cependant dans l&rsquo;oreille d&rsquo;un sourd ; rien qu&rsquo;en 2018, la CONAC a transféré 94 dossiers de détournement de fonds et de vol à divers tribunaux du pays pour qu&rsquo;ils engagent des poursuites, mais à ce jour, aucun n&rsquo;a abouti à un procès.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em>Une enquête menée par <strong>Chief Bisong Etahoben</strong> et <strong>Elizabeth BanyiTabi</strong> . </em></p>
<p>*Nom modifié</p>
<p>**Malgré les appels à la libération de Vamoulke lancés par plusieurs organisations internationales, dont Reporters sans frontières, le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire et le Fonds monétaire international (FMI), le Cameroun n&rsquo;a pas répondu. Dans un communiqué publié après le verdict, Reporters sans frontières a dénoncé une « monstrueuse machination ».</p>
<h5><u>A propos des auteurs</u></h5>
<p><em><strong><img class="alignleft wp-image-3548" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Chief_Bisong_Etahoben.jpeg" alt="" width="128" height="128" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Chief_Bisong_Etahoben.jpeg 769w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Chief_Bisong_Etahoben-300x300.jpeg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Chief_Bisong_Etahoben-150x150.jpeg 150w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Chief_Bisong_Etahoben-600x600.jpeg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Chief_Bisong_Etahoben-100x100.jpeg 100w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Chief_Bisong_Etahoben-75x75.jpeg 75w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Chief_Bisong_Etahoben-750x750.jpeg 750w" sizes="(max-width: 128px) 100vw, 128px" />Chief Bisong Etahoben</strong> est un journaliste d&rsquo;investigation et un rédacteur en chef camerounais chevronné dont le journal, The Weekly Post, a été mis en faillite au début des années 2000 par des représentants de l&rsquo;État. Il a souvent été menacé et attaqué par les médias gouvernementaux et a été physiquement agressé lors d&rsquo;une récente enquête sur un éminent milliardaire camerounais. Agissant en tant que mentor et rédacteur local pour le Cameroun dans le cadre de ce projet transnational, lui et sa collègue Elizabeth BanyiTabi ont constaté à quel point la peur s&rsquo;est emparée des citoyens dans tout le pays. Plusieurs victimes des kleptocrates ont refusé de parler parce qu&rsquo;elles craignaient pour leur vie », dit-il.</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em><strong><img class="alignleft wp-image-3549" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Elizabeth_BanyiTabi.jpeg" alt="" width="139" height="139" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Elizabeth_BanyiTabi.jpeg 1280w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Elizabeth_BanyiTabi-300x300.jpeg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Elizabeth_BanyiTabi-1024x1024.jpeg 1024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Elizabeth_BanyiTabi-150x150.jpeg 150w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Elizabeth_BanyiTabi-768x768.jpeg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Elizabeth_BanyiTabi-600x600.jpeg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Elizabeth_BanyiTabi-100x100.jpeg 100w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Elizabeth_BanyiTabi-75x75.jpeg 75w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Elizabeth_BanyiTabi-750x750.jpeg 750w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/Elizabeth_BanyiTabi-1140x1140.jpeg 1140w" sizes="(max-width: 139px) 100vw, 139px" />Elizabeth BanyiTabi </strong>est une journaliste primée du journal The Post, le quotidien anglais le plus lu au Cameroun. Elle a également travaillé en ligne et à la radio. En 2021, elle a fait partie d&rsquo;une équipe du Guardian britannique qui a enquêté sur les conséquences de la noyade en Turquie d&rsquo;un migrant d&rsquo;origine camerounaise. Peu après, elle a enquêté sur l&rsquo;impact des conflits armés sur les jeunes filles déplacées qui s&rsquo;étaient tournées vers la prostitution pour survivre. Pour cette enquête, menée en collaboration avec le chef Bisong Etahoben, elle a dû trouver un équilibre entre la protection de sources terrifiées et la découverte de la vérité. On dit que la liberté de parole est garantie, mais la liberté après la parole n&rsquo;est pas garantie », dit-elle. Mais nous avons réussi à aller au-delà de la peur ». BanyiTabi est diplômée en études féminines et en communication de masse.</em></p>
<p>Les deux journalistes camerounais font partie de l&rsquo;équipe qui vient de publier « <strong>Cry Freedom</strong>« , une investigation transfrontalière sur des cas de violation des Droits de l&rsquo;Homme dans cinq pays africains: Cameroun, Kenya, Ouganda, Nigeria, Zimbabwe. Cette investigation a été initiée par ZAM Magazine, une publication en ligne partenaire de The Museba Project.</p>
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		<title>Des pesticides interdits dans l&#8217;Union européenne sont homologués et vendus au Cameroun et au Kenya</title>
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		<dc:creator><![CDATA[The Newsroom]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Jan 2023 18:05:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A La Une]]></category>
		<category><![CDATA[Human rights violations]]></category>
		<category><![CDATA[Special Reports]]></category>
		<category><![CDATA[Cameroun]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une enquête collaborative menée par des journalistes a établi que des pesticides chimiques déjà interdits sur les marchés de l&#8217;Union européenne sont encore utilisés sur les marchés du Kenya et du Cameroun. Ces pesticides contenant des molécules dangereuses ont été signalés comme étant dangereux pour la santé humaine et l&#8217;environnement. Des études scientifiques ont également [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Une enquête collaborative menée par des journalistes a établi que des pesticides chimiques déjà interdits sur les marchés de l&rsquo;Union européenne sont encore utilisés sur les marchés du Kenya et du Cameroun. Ces pesticides contenant des molécules dangereuses ont été signalés comme étant dangereux pour la santé humaine et l&rsquo;environnement. Des <a href="https://routetofood.org/wp-content/uploads/2021/09/Scientific-Report-on-Pesticides-in-the-Kenyan-Market-Report_Final-1.pdf">études</a> scientifiques ont également prouvé que lesdites molécules sont responsables de certaines maladies dont certains types de cancers. Ces produits chimiques préoccupants sont facilement accessibles aux petits et grands agriculteurs qui ignorent leurs effets.</p>
<h3>Le scénario kenyan</h3>
<p>L&rsquo;acéphate, le chlorpyrifos, l&rsquo;imidaclopride, le carbendazim et le mancozèbe sont quelques-unes des molécules utilisées par les agriculteurs. Toutes sont <a href="https://www.pcpb.go.ke/crops/">enregistrées</a> et approuvées par le Pest Control Products Board (PCPB), un <a href="https://www.pcpb.go.ke/crops/">organisme</a> de réglementation et de contrôle des produits antiparasitaires au Kenya.</p>
<p>Ces produits chimiques sont fabriqués par des entreprises d&rsquo;Allemagne, d&rsquo;Inde, de Chine et des États-Unis. L&rsquo;insecticide acéphate et le fongicide chlorothalonil sont les produits chimiques les plus utilisés par les agriculteurs pour lutter contre les pucerons dans les cultures maraîchères et horticoles. Les tomates étaient l&rsquo;une des cultures qui étaient pulvérisées avec ce produit chimique.</p>
<p>De même, la molécule de mancozèbe était un fongicide que nous n&rsquo;avons jamais manqué de rencontrer chez tous les agriculteurs que nous avons interrogés. Il est utilisé pour lutter contre le mildiou de la pomme de terre.</p>
<p>Parallèlement, au moins 42 produits sont homologués sous le nom d&rsquo;Imidaclopride qui est utilisé pour lutter contre les parasites des plantes comme le café, le chou, le chou frisé, le maïs, les tomates, les haricots verts, les piments, les patates douces, la coriandre, le melon, les épinards et les haricots. Bamako, Click, confidor, ovados, thunders sont quelques-unes des marques que nous avons trouvées en usage. Elles sont fabriquées localement et distribuées par les géants Twiga et Syngenta.</p>
<p>Ces molécules ont été <a href="https://european-union.europa.eu/principles-countries-history/country-profiles_en">interdites</a> d&rsquo;utilisation sur les marchés de l&rsquo;UE et ont été parmi d&rsquo;autres listées par des organisations non gouvernementales qui ont déposé une pétition au parlement kényan en 2019 pour leur retrait des marchés kényans.</p>
<p>Les pétitionnaires ont exigé le retrait immédiat de ces pesticides chimiques en raison de leur caractère nocif. Le Conseil des produits de contrôle des pesticides (<a href="https://www.pcpb.go.ke/">PCPB</a>) a été chargé d&rsquo;examiner 30 produits pesticides préoccupants.</p>
<p>Cet examen est en cours alors que les agriculteurs continuent à les utiliser.</p>
<p>Par exemple, dans le comté de Taita- Taveta au Kenya, Jackson Mwendwa âgé de 33 ans, père d&rsquo;un enfant, est un petit agriculteur dans le village de Riata Kubwa. Il pratique l&rsquo;agriculture depuis 2017. Il utilise une variété de pesticides dont il n&rsquo;a aucune idée de la nocivité. Il a planté dans sa ferme de 2 hectares des choux, des concombres, des bananes, des papayes et des tomates.</p>
<figure id="attachment_3528" aria-describedby="caption-attachment-3528" style="width: 2560px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-full wp-image-3528" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/IMG_1398-scaled.jpg" alt="" width="2560" height="1707" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/IMG_1398-scaled.jpg 2560w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/IMG_1398-300x200.jpg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/IMG_1398-1024x683.jpg 1024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/IMG_1398-768x512.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/IMG_1398-1536x1024.jpg 1536w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/IMG_1398-2048x1365.jpg 2048w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/IMG_1398-600x400.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/IMG_1398-750x500.jpg 750w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/IMG_1398-1140x760.jpg 1140w" sizes="(max-width: 2560px) 100vw, 2560px" /><figcaption id="caption-attachment-3528" class="wp-caption-text">Jackson Mwendwa, un agriculteur du comté de Taita-Taveta au Kenya, pulvérise des pesticides dans sa ferme. Crédit photo: Mary Mwendwa</figcaption></figure>
<p> » J&rsquo;utilise des pesticides pour tuer les parasites et les champignons qui s&rsquo;obstinent maintenant dans mes fermes. Je ne peux pas vivre sans les utiliser car je n&rsquo;aurai pas de rendements.  »</p>
<p>Il précise qu&rsquo;il achète les pesticides auprès d&rsquo;un agrovet local. A la question de savoir s&rsquo;il est conscient des dangers, il répond que personne ne lui a parlé des effets nocifs des pesticides qu&rsquo;il utilise.</p>
<p> » Personne ne m&rsquo;a jamais parlé des dangers, je veux juste me débarrasser des parasites qui sont maintenant très tenaces. »</p>
<p>Taveta est une ville frontalière poussiéreuse, humide et chaude de Tanzanie où les pluies sont limitées et imprévisibles. Elle est située à environ 360 km au sud-est de Nairobi.</p>
<p>Ici, les agriculteurs pratiquent une agriculture de subsistance pour assurer leur subsistance malgré l&rsquo;imprévisibilité des pluies. Ils utilisent l&rsquo;eau des sources enneigées du Kilimandjaro pour l&rsquo;irrigation.</p>
<p>Au même moment, Joshua Ngusia pratique l&rsquo;agriculture depuis le début des années 80 et a également été employé comme superviseur dans une ferme. Il explique comment les ravageurs s&rsquo;entêtent en raison de l&rsquo;évolution des schémas climatiques.</p>
<p> » Les nuisibles deviennent plus vicieux chaque jour qui passe et donc, en tant qu&rsquo;agriculteur, je n&rsquo;ai pas d&rsquo;autre choix que de me rendre dans les agrovets pour trouver une solution. J&rsquo;achète les pesticides ici, au centre commercial. Je sais qu&rsquo;ils sont nocifs mais je n&rsquo;ai pas le choix car je dois gagner ma vie. »</p>
<p>Ngusia révèle que les services de conseil agricole ont diminué depuis que les services agricoles ont été déconcentrés.  » Nous bénéficions occasionnellement de services de vulgarisation où des entreprises comme Twiga nous rendent visite et nous conseillent sur les méthodes agricoles, ils viennent généralement avec des produits antiparasitaires qu&rsquo;ils recommandent d&rsquo;utiliser sur des cultures spécifiques.  »</p>
<p>Stanley Katua, un jeune de 22 ans, est ouvrier agricole à la ferme Machungwani, dans le village de Kivalua. Il travaille depuis un an dans une ferme où il utilise régulièrement des pesticides. Il pulvérise des bananes, des haricots, du maïs et des pommes de terre.</p>
<p> » Je pulvérise ces cultures au moins une fois par semaine et je récolte quand c&rsquo;est prêt.  »</p>
<p>Interrogé sur les équipements de protection, Katua répond qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un coût supplémentaire que son employeur ne peut se permettre de lui offrir. » J&rsquo;utilise simplement mes vêtements de ferme normaux, parfois j&rsquo;ai des irritations sur la peau mais je n&rsquo;ai pas d&rsquo;autre choix que de persévérer pour gagner ma vie. »</p>
<p>Le comté central kenyan de Kirinyaga est l&rsquo;une des principales régions agricoles du Kenya. Les agriculteurs d&rsquo;ici sont connus pour fournir leurs produits à divers endroits, même lointains. Il faut environ deux heures pour rejoindre la ville de Kagio où nous rencontrons des agriculteurs qui utilisent des pesticides dans le village de Mukithi.</p>
<p>Joshua Muremi est un négociant en produits agricoles et un cultivateur de tomates et de riz. Il est l&rsquo;un des rares agriculteurs à connaître l&rsquo;existence de ces molécules dangereuses et craint que si rien n&rsquo;est fait dans les dix prochaines années, une catastrophe ne s&rsquo;abatte sur eux.</p>
<p>Il mentionne les molécules d&rsquo;acéphate, de mancozèbe et de chlorpyrifos. Il dit que les escargots sont devenus récalcitrants dans sa rizière et utilise des produits à base de molécules de chlorpyrifos pour les contrôler. » Je suis tout à fait conscient que ces pesticides sont nocifs mais que puis-je utiliser d&rsquo;autre, je dois gagner ma vie ».</p>
<p>Muremi note avec beaucoup d&rsquo;inquiétude qu&rsquo;il y a plusieurs décennies, les bananes n&rsquo;étaient pas pulvérisées.  » Nous pulvérisons les bananes avec la molécule Imadacloprid injectée dans les fleurs de bananiers pour lutter contre les thrips « .</p>
<p>Leah Wangui, mère de deux enfants et vendeuse au marché de Kagio, utilise également la plupart de ces pesticides dans sa ferme. Elle a planté du chou frisé et du poivron qu&rsquo;elle vend à des acheteurs locaux. » Je me rends simplement au magasin agroalimentaire le plus proche pour obtenir les pesticides, je les mélange et les pulvérise moi-même pour minimiser les coûts. »</p>
<p>Elle confie qu&rsquo;elle est consciente que les cultures doivent être récoltées au moins 3 à 7 jours après la pulvérisation, mais parfois elle est obligée de récolter immédiatement après.</p>
<p>Le délai recommandé pour la récolte de toute culture après la pulvérisation est de 3 à 7 jours. Certains agriculteurs ne respectent pas cette recommandation et récoltent les cultures alors que les résidus sont encore actifs à la surface des cultures.</p>
<p><iframe title="PESTICIDES BANNED IN KENYA MARKET" width="500" height="281" src="https://www.youtube.com/embed/sNiNwXUaxpM?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" allowfullscreen></iframe></p>
<h3>Le cancer en hausse</h3>
<p>Il a été prouvé que ces pesticides, qui ont été interdits sur les marchés de l&rsquo;UE, sont dangereux pour la santé humaine et que certaines maladies mortelles comme le cancer y sont liées.</p>
<p>Bien qu&rsquo;il existe des lacunes dans la recherche sur le cancer en raison de nombreux facteurs, les ressources étant un obstacle majeur, des cas continuent de se présenter au Kenya, au Cameroun et dans de nombreux autres pays africains.</p>
<p>Ephantus Maree, chef de service au <a href="https://www.pcpb.go.ke/">ministère de la santé</a>, confirme qu&rsquo;entre 2014 et 2016, 27 % des décès ont été attribués à des maladies non transmissibles (<a href="https://www.who.int/news-room/fact-sheets/detail/noncommunicable-diseases">MNT</a>), et que ce pourcentage est aujourd&rsquo;hui de 40 %.</p>
<p>Ces données incluent le cancer en tête de liste.</p>
<p>« Nous pouvons confirmer que l&rsquo;incidence du cancer est en hausse et que plusieurs facteurs de risque en sont responsables. L&rsquo;environnement, où les pesticides chimiques sont liés, la consommation de tabac et d&rsquo;alcool, le manque d&rsquo;exercice, la génétique et bien d&rsquo;autres facteurs.</p>
<p>Maree ajoute qu&rsquo;il est impossible de déterminer avec précision quel facteur de risque contribue à l&rsquo;incidence élevée du cancer, mais il souligne que tous les facteurs mentionnés sont responsables.</p>
<p>Il souligne à quel point les données sont essentielles dans la lutte contre le cancer.</p>
<p> » Dans le monde des cancers, les chiffres doivent être là. Au Kenya, nous avons maintenant établi des registres qui nous aideront à obtenir ces chiffres. Nous avons des données, mais elles ne sont pas suffisantes.  »</p>
<p>« Le manque de ressources est notre plus grand défi pour avoir des données précises sur l&rsquo;incidence du cancer dans le pays. »</p>
<p>Au <a href="http://texascancercentre.co.ke/">Texas Cancer Centre</a>, un centre privé de traitement et de soins du cancer situé à Nairobi, la capitale du Kenya. L&rsquo;établissement appartient au Dr Catherine Nyongesa, qui est oncologue. Elle confirme que les cas de cancer continuent d&rsquo;augmenter. » Nous avons traité plus de 10 000 patients atteints de cancer depuis 2010, année de la création du Texas. »</p>
<p>Elle affirme que 60 % des cas de cancer sont principalement des femmes. » Les cancers les plus répandus sont ceux du sein, du col de l&rsquo;utérus, de la prostate et de l&rsquo;œsophage, et maintenant le cancer colorectal est de plus en plus fréquent. »</p>
<p>« Le cancer du côlon est assez courant et occupe la sixième place dans les statistiques mondiales après les cancers du col de l&rsquo;utérus et du sein. »</p>
<p>Nyongesa est d&rsquo;accord avec le fait qu&rsquo;il y a eu des controverses autour de l&rsquo;utilisation des pesticides au Kenya et leur relation avec l&rsquo;augmentation des cas de cancer ». En médecine, il faut s&rsquo;appuyer sur des recherches. Cela dit, la tendance à la hausse des cancers colorectaux a été liée à un régime alimentaire riche en graisses et parfois à l&rsquo;utilisation de pesticides, lorsque les gens mangent des légumes contenant des résidus de pesticides et n&rsquo;ayant pas été bien lavés ». Nyongesa ajoute que les facteurs de risque de cancer sont nombreux, certains sont connus et d&rsquo;autres ne le sont pas.</p>
<p>À la réception, qui sert également de salle d&rsquo;attente, les patients affluent lentement pour obtenir un traitement et des soins palliatifs pour différents types de cancers.</p>
<p>Quelques minutes dans cette salle d&rsquo;attente suffisent pour comprendre que le fardeau du cancer augmente chaque jour au Kenya.</p>
<p>Des patients souffrants et affaiblis, certains avec des os de la mâchoire saillants, d&rsquo;autres avec des cathéters, entrent lentement dans l&rsquo;espoir de vaincre le monstre qui menace aujourd&rsquo;hui le secteur de la santé au Kenya.</p>
<p>John Allan Mbanda, 67 ans, père de cinq enfants, est soigné au centre Texas. Il rayonne de joie en nous racontant son parcours de patient atteint d&rsquo;un cancer du côlon.</p>
<figure id="attachment_3529" aria-describedby="caption-attachment-3529" style="width: 2560px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-full wp-image-3529" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/IMG_2293-scaled.jpg" alt="" width="2560" height="1707" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/IMG_2293-scaled.jpg 2560w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/IMG_2293-300x200.jpg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/IMG_2293-1024x683.jpg 1024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/IMG_2293-768x512.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/IMG_2293-1536x1024.jpg 1536w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/IMG_2293-2048x1365.jpg 2048w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/IMG_2293-600x400.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/IMG_2293-750x500.jpg 750w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2023/01/IMG_2293-1140x760.jpg 1140w" sizes="(max-width: 2560px) 100vw, 2560px" /><figcaption id="caption-attachment-3529" class="wp-caption-text">John Allan Mbanda, patient atteint d&rsquo;un cancer du côlon, reçoit un traitement au centre anticancéreux du Texas, à Nairobi, la capitale du Kenya. Certains types de cancer ont été liés aux pesticides. Crédit photo : Mary Mwendwa.</figcaption></figure>
<p>On lui insère un goutte-à-goutte d&rsquo;eau dans le doigt avant de lui administrer le médicament pour sa chimiothérapie.</p>
<p>La pièce est pleine de patients, à la fois sous médicaments et sous perfusion d&rsquo;eau. Certains sont endormis, d&rsquo;autres se tordent de douleur et d&rsquo;autres encore nous sourient de temps en temps, prêts à partager leur histoire.</p>
<p>Un nuage de douleur et une lumière d&rsquo;espoir emplissent cette pièce. Mbanda se souvient qu&rsquo;au début de l&rsquo;année, il a commencé à avoir l&rsquo;estomac taché et à vomir beaucoup. « Ma famille s&rsquo;est inquiétée des vomissements et des taches sur l&rsquo;estomac et a décidé de m&#8217;emmener faire un contrôle à l&rsquo;hôpital. Des échantillons ont été prélevés et on a découvert qu&rsquo;une tumeur se développait dans mes intestins et une intervention chirurgicale a été recommandée. On m&rsquo;a immédiatement mis sous chimiothérapie où j&rsquo;ai fait 12 cycles ».</p>
<p>Mbanda confirme que le traitement qu&rsquo;il a reçu l&rsquo;a aidé et a soulagé sa douleur. Cependant, il y a un mois, lorsqu&rsquo;il est venu au Texas pour un contrôle, on lui a dit qu&rsquo;il devait suivre six autres cycles de chimiothérapie, car on a découvert que la tumeur se développait à nouveau.</p>
<p> » Si vous me voyez, vous ne pouvez pas dire que je suis un patient atteint du cancer du côlon, j&rsquo;ai l&rsquo;espoir qu&rsquo;un jour je serai complètement libéré du cancer du côlon. »</p>
<p>Angeline Kitavi, 50 ans, est également atteinte d&rsquo;un cancer du col de l&rsquo;utérus. Elle est venue du comté de Machakos, dans le sud-est du Kenya, pour être soignée. Elle était autrefois une agricultrice qui cultivait des légumes tels que le chou frisé et les épinards. Elle confie qu&rsquo;elle a utilisé des pesticides pendant très longtemps.  » Cela fait plus de 10 ans que j&rsquo;utilise des pesticides pour lutter contre les parasites de mes légumes.  »</p>
<p>En 2019, elle a commencé à saigner anormalement et ses urines dégageaient une odeur nauséabonde.</p>
<p> » Je saignais beaucoup et après avoir uriné, une très mauvaise odeur pouvait se dégager de mon urine. J&rsquo;avais également beaucoup de douleurs sans savoir de quoi je souffrais. Plus tard, on m&rsquo;a diagnostiqué un cancer du col de l&rsquo;utérus. Je viens ici pour mon traitement et j&rsquo;espère guérir ».</p>
<p>Plusieurs autres patients souffraient principalement de cancers du col de l&rsquo;utérus et du sein, qui sont principalement traités ici au Texas cancer center.</p>
<p>Le Dr Nyongesa souligne combien le Kenya est toujours en retard dans la recherche sur le cancer. « Le financement de la recherche est toujours limité. Aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;université de Nairobi oblige les oncologues à faire de la recherche sur le cancer, je sais que ce n&rsquo;est pas suffisant, mais en tant que pays, nous allons dans la bonne direction. »</p>
<p>L&rsquo;<a href="https://www.ncikenya.or.ke/">Institut national du cancer</a> du Kenya signale que le fardeau du cancer augmente dans le monde. Il indique qu&rsquo;au Kenya, le cancer est la troisième cause de décès après les maladies infectieuses et cardiovasculaires. Ils notent également que les <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/International_Agency_for_Research_on_Cancer">recherches</a> effectuées par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) dans le rapport GLOBOCAN pour 2018 ont estimé à 47 887 le nombre de nouveaux cas de cancer par an, avec une mortalité de 32 987.</p>
<p>Cela représente une augmentation d&rsquo;environ 45 % des cas de cancer par rapport à un précédent rapport de 2012 qui estimait respectivement 37 000 nouveaux cas de cancer et une mortalité de 28 500.</p>
<p>Le cancer du sein, du col de l&rsquo;utérus, de l&rsquo;œsophage, de la prostate et le cancer colorectal sont les nouveaux types de cancer chez les femmes et les hommes. Les cancers de l&rsquo;œsophage, du col de l&rsquo;utérus et du sein entraînent désormais des décès par cancer.</p>
<p>De même, les cancers du sein, du rein, de l&rsquo;ovaire, du pancréas et de l&rsquo;estomac font partie des cancers liés à l&rsquo;exposition aux pesticides.</p>
<p>En juin 2021, un rapport faisant autorité de l&rsquo;institut de recherche français INSERM, basé sur l&rsquo;examen de plus de 5 300 études scientifiques a confirmé un lien entre l&rsquo;exposition professionnelle aux pesticides et six pathologies, dont trois cancers : le <a href="https://www.inserm.fr/expertise-collective/pesticides-et-sante-nouvelles-donnees-2021/">lymphome</a> non hodgkinien (LNH), le myélome multiple et le cancer de la prostate.</p>
<p>Les 3 autres pathologies associées aux pesticides sont la maladie de Parkinson, les troubles cognitifs et certains troubles du système respiratoire tels que la bronchopneumopathie chronique obstructive et la bronchite chronique.</p>
<h3>Études toxicologiques</h3>
<p>Laurence Huc, directrice de recherche INRAE, membre du projet PREHEAT (Interdisciplinary approaches to pesticide-related health effects in Africa/Tanzania) a mené une <a href="https://www.inrae.fr/en">étude toxicologique</a> des pesticides utilisés en Tanzanie avec Liana Arnaud en 2022. Ils ont découvert que la plupart des pesticides qu&rsquo;ils ont échantillonnés présentaient des risques pour la santé.</p>
<p>Certains des dangers pour la santé qu&rsquo;ils ont établis sont neurotoxiques, cancérigènes, génotoxiques, immunotoxiques, reprotoxiques, perturbateurs endocriniens, troubles rénaux et maladies digestives et pulmonaires.</p>
<p>Ils ont étudié plusieurs molécules de pesticides, dont le mancozèbe, le profenofos, le chlorpyrifos, la cyperméthrine et la deltaméthrine, entre autres.</p>
<p>Le mancozèbe était un fongicide courant, très utilisé, avec au moins 103 formulations.</p>
<p>Le Dr Huc a noté que le mancozèbe avait un effet de perturbateur endocrinien chez l&rsquo;homme, ce qui signifie qu&rsquo;il interfère avec le système hormonal du corps.</p>
<p>Parmi les autres dangers, citons les risques de reprotoxicité et de développement. Le mancozèbe a été interdit dans l&rsquo;UE en 2021 et son utilisation est autorisée en Tanzanie.</p>
<p>Le Dr Huc a également souligné qu&rsquo;il n&rsquo;existe pas d&rsquo;utilisation sûre des pesticides, que ce soit pour les professionnels, les personnes vivant à proximité des cultures ou les consommateurs.</p>
<p>« L&rsquo;utilisation des pesticides expose la population à des maladies graves et sévères : cancers, maladies neurologiques, maladies rénales chroniques, infertilité, malformations chez les enfants, entre autres. » Ajoutant que la contamination environnementale affecte également tous les écosystèmes, même à distance des cultures traitées.</p>
<p>Elle recommande que, tandis que les gouvernements promeuvent la santé environnementale et la durabilité de la production alimentaire, il convient d&rsquo;envisager de limiter l&rsquo;utilisation des pesticides et de mettre en œuvre des méthodes agro écologiques pour soutenir les agriculteurs dans le changement de leurs pratiques.</p>
<h3>Le Cameroun accepte les pesticides interdits</h3>
<p>Dans la capitale économique du Cameroun, le marché Sandaga est connu comme un lieu de vente de produits frais. Peu de gens savent cependant qu&rsquo;au milieu des étals disposés de manière anarchique se trouvent des magasins de pesticides. Chaque jour, Jacques, un vendeur de 46 ans, invite les passants à jeter un coup d&rsquo;œil à son étal d&rsquo;environ 9 mètres carrés. Certains produits sont posés sur un sol nu, d&rsquo;autres sont disposés sur des étagères en bois, les plus petits occupent une grande partie d&rsquo;une table en bois.</p>
<p>« Je vends plusieurs types de pesticides, mais le problème est que certains agriculteurs ne connaissent pas le nom des produits ; dans ce cas, nous leur demandons ce qu&rsquo;ils veulent faire et nous leur proposons un produit », explique Jacques, titulaire d&rsquo;un premier diplôme, avant d&rsquo;ajouter en souriant :</p>
<p>« C&rsquo;est vrai que nous ne sommes pas des experts, mais nous donnons quand même des conseils sur la façon de les utiliser ».</p>
<p>Jacques a raison de rappeler qu&rsquo;il n&rsquo;est pas un expert. S&rsquo;il l&rsquo;était, il aurait su que l&rsquo;un des produits qu&rsquo;il propose à ses clients est un pesticide interdit à la vente au Cameroun. Le Captafol, un fongicide utilisé contre les maladies qui attaquent les fruits et légumes, ne devrait pas se trouver sur les étagères de Jacques.</p>
<p>Comme Jacques, de nombreux vendeurs de pesticides sont plus soucieux de réaliser des ventes que de s&rsquo;assurer que leurs produits sont légaux et de bonne qualité. Depuis plusieurs années, le gouvernement met à la disposition du public des listes de pesticides homologués au Cameroun. La dernière liste, qui date de 2021, comprend également des ingrédients actifs et des produits interdits pour leur toxicité aiguë à long terme et leurs effets sur l&rsquo;environnement. Il s&rsquo;agit notamment de produits tels que le Captafol, le Dinosebe Acetate, le Dinosebe, le Binapacryl, le Cyhexatin, la Dieldrine, l&rsquo;Aldrine, l&rsquo;Heptachlor ou le Carta. Ces produits en provenance d&rsquo;Europe sont décrits comme « extrêmement » dangereux lorsqu&rsquo;ils entrent en contact avec la bouche ou la peau.</p>
<p>Cependant, ces avertissements sur le danger que peuvent représenter les pesticides ne découragent pas les agriculteurs comme Derik Kadji. Ce père de deux enfants, âgé de 30 ans, possède une plantation de plus de 20 hectares de bananes plantains dans la ville de Loum, à une centaine de kilomètres de Douala.</p>
<p><iframe title="Pesticide use in Cameroon" width="500" height="281" src="https://www.youtube.com/embed/871rfZt8tl4?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" allowfullscreen></iframe></p>
<p>« Nous ne pouvons plus nous passer des pesticides », a déclaré l&rsquo;agriculteur. « C&rsquo;est ce qui permet à nos plantes de tenir debout car nous ne savons même plus quand il va pleuvoir avec le changement de climat ». Derik, qui est né dans une famille d&rsquo;agriculteurs, a déclaré que lorsque ses parents travaillaient la terre, il ne les voyait pas utiliser des pesticides industriels. Mais, « le sol que nous utilisons aujourd&rsquo;hui est très contaminé par les insectes, nous devons donc nous tourner vers les pesticides ».</p>
<p>Derik a déclaré qu&rsquo;il ne suffit pas d&rsquo;utiliser des pesticides pour être satisfait de sa plantation. Selon lui, tout utilisateur de ces produits doit être conscient de leur dangerosité pour la santé et l&rsquo;environnement. « Le pesticide ne disparaît pas rapidement au sol, même après un an vous pouvez le retrouver », a déclaré Derik.</p>
<p>« Vous pouvez par exemple passer le matin, vous mettez le « Mocap » au fond du plantain, l&rsquo;enfant qui est ignorant passe avec son pain par là et dès que ce pain tombe là, il va le récupérer et le manger sans savoir ce qu&rsquo;il y a par terre parce que le « Mocap » a la même couleur que la terre. Donc si l&rsquo;enfant mange ce pain souillé, il peut mourir ».</p>
<p>Roger Toka est le directeur de la société de vente de pesticides appelée « La voix du paysan agricole » (LVDPA). Il est approvisionné par un homme d&rsquo;affaires qui importe des pesticides de l&rsquo;Union européenne. « Nous sensibilisons les paysans qui achètent nos produits en organisant des séances de formation sur le respect des mesures de précaution, les techniques d&rsquo;utilisation et les nouveaux produits disponibles », explique Roger Toka.</p>
<p>Dans un<a href="https://www.publiceye.ch/fr/thematiques/pesticides/exportations-pesticides-interdits-suisse"> rapport</a> intitulé « Exportations de pesticides interdits : Les lacunes de la réglementation suisse « , l&rsquo;ONG suisse Public Eye a confirmé que des pesticides interdits dans l&rsquo;Union européenne parce qu&rsquo;ils sont dangereux pour la santé et l&rsquo;environnement ont été exportés et enregistrés au Cameroun.</p>
<p>Une enquête journalistique a révélé que le chlorothalonil, une substance cancérigène interdite dans l&rsquo;Union européenne en raison de la pollution des eaux souterraines, figure parmi les pesticides homologués au Cameroun. Il en est de même pour le propiconazole, un fongicide classé comme toxique pour la reproduction, ou le Thiamethoxam, un insecticide impliqué dans l&rsquo;effondrement des insectes pollinisateurs.</p>
<p>« Si un produit est interdit, ce sont les autorités qui doivent l&#8217;empêcher d&rsquo;être sur le marché », a déclaré Jacques. « Nous, à notre niveau, nous voulons juste vendre et satisfaire les clients ».</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Par Mary Mwendwa et Christian Locka</p>
<p><em><b>Cet article, première partie d&rsquo;une série, a été élaboré avec le soutien de Journalismfund.eu.</b></em></p>
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		<title>Revealed : Young people in Ghana addicted to sports betting</title>
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		<dc:creator><![CDATA[The Newsroom]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Nov 2022 16:39:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A La Une]]></category>
		<category><![CDATA[Organized Crime]]></category>
		<category><![CDATA[Special Reports]]></category>
		<category><![CDATA[addiction]]></category>
		<category><![CDATA[betting]]></category>
		<category><![CDATA[Ghana]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>With a betting slip in his hands, Joel, a 32-year-old man wearing a white shirt and a pair of black shorts, cautiously gives an analogy: “Just like someone who is smoking. I am not saying am addicted, but betting has become part of me. I’m finding a way to stop it because it can’t help [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>With a betting slip in his hands, Joel, a 32-year-old man wearing a white shirt and a pair of black shorts, cautiously gives an analogy: “Just like someone who is smoking. I am not saying am addicted, but betting has become part of me. I’m finding a way to stop it because it can’t help me.”</p>
<p>Like Joel, there are many young Ghanaians, mostly men, there are some women too, who are gradually succumbing to the lure of sports betting with the hope that one day, they would win big.</p>
<p>Despite Ghana being largely a religious country, and the fact that religious people are known to abhor betting, betting shops have sprung up in sprawling communities around the country. Some can be found in corners, around busy markets and lorry parks, wherever people can be found – betting shops can be seen.</p>
<p>The sports betting companies slid into the country quietly more than 10 years ago but are now taking front seats – with large advertising billboards decorating streets across Ghana. They have become loud with radio and TV commercials and push hard with all forms of marketing strategies including big budget sponsorships, and they are getting Ghanaian youth hooked. Most of them facing unemployment, poverty and hopelessness are finding solace in sports betting.</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3476" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/BT9-scaled.jpg" alt="" width="2560" height="1707" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/BT9-scaled.jpg 2560w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/BT9-300x200.jpg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/BT9-1024x683.jpg 1024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/BT9-768x512.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/BT9-1536x1024.jpg 1536w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/BT9-2048x1365.jpg 2048w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/BT9-600x400.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/BT9-750x500.jpg 750w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/BT9-1140x760.jpg 1140w" sizes="(max-width: 2560px) 100vw, 2560px" /></p>
<p>According to the World Bank’s 6th Ghana Economic Update titled “Preserving the future: rising to the youth employment challenge,” released in July 2022, Ghana’s youth has grown rapidly and now represents 36 per cent of the population. The economy’s strong growth performance of the past 30 years has however not delivered enough jobs for them, it adds</p>
<p>The National Population Census in 2021 found that approximately three-quarters of unemployed adults were ‘young’. The report notes further that while governments have created multiple policies and programmes to address youth unemployment over the years, the many programmes aimed at helping the youth have often fallen short of the massive needs.</p>
<p>While investigating the phenomena of sports betting in Ghana, I found that some of the young people hooked to betting are traders, but most are unemployed, while others have poorly paid jobs.</p>
<p>Joel is a school drop-out from Nigeria. He migrated to Ghana and settled in the Eastern Regional capital of Koforidua. In the betting shop where I met him in the suburb of Adweso, about 12 young men hunched over computer terminals. Like everyone else, they hoped to make fortunes from their wins. They all have recorded more losses than wins, and yet they keep betting, hoping for their lucky day.</p>
<p>Ebenezer is 28 years old. He completed Senior Secondary School and makes a living as a painter, but when he has no painting jobs, he spends some of his time and earnings betting.</p>
<p>“A friend came and told me he has won a bet. Showed me how much he had won. He won almost GH¢4000 after staking GH¢5. I said I’ll also try my luck. That was how I started,” he said. Then he added, “I have won some, but I have lost more. The highest bet I have ever placed was GH¢50. The highest I have won so far was about GH¢3000. I can bet all day, but I don’t stake lots of money,” he says.</p>
<p>“Work is slow. I don’t have work to do now, so I spend most of my time betting, even though I don’t like betting. When I’m low on cash, I bet and hope to get some money from my wins. I bet around GH¢2 or GH¢5 at any time. I’ll never bet every day. You can’t use your hard-earned money to bet,” he says. “If you bet every day, your chances of winning are small. I don’t spend all my time betting. You can’t spend all your money and time betting,” he argues.</p>
<p>Like most of the young people I spoke to, Ebenezer believes betting is not a good thing. But he bets. Like him, most of the young people who agreed to speak to me, expressed awareness of the Ghanaian society’s abhorrence for sports betting, and therefore, weren’t keen in telling me their full names. They were also unwilling to have their photos taken.</p>
<p>“Betting is not a good game. I won’t advise anybody to go into betting, because it is not a good game at all.  I am betting, but I won’t advise anybody to bet at all, because if you become a bet addict, you can’t even work. Every time, you want to bet. You can put all your hope in betting, that you can win big, and use it to do something, but you can’t win.</p>
<p>I intend to stop betting. I’m stopping. It’s little by little. In the past I used to bet about GH¢20 or GH¢50, but these days the highest amount I bet is GH¢5. I want to stop betting because it’s not a good game,” says Ebenezer.</p>
<h3><strong>Betting addiction in Ghana</strong></h3>
<p>Ghanaian society has for a long time been struggling with various types of addiction. However, in recent times, sports betting has become an obsession to add to Ghana’s list of addictions.</p>
<p>In an interview, Dr Paul Kumi, a Clinical Psychologist at the University of Ghana Medical Centre told <em>Ghana Business News</em> that addiction refers to an inability to stop engaging in a behaviour or using a substance that causes both physical and psychological distress to an individual.</p>
<p>Citing the American Psychological Association, he said an addiction is a state of psychological or physical dependence (or both) on the use of alcohol, other drugs or an activity.</p>
<p>“It sometimes applies to behavioural disorders such as Internet, sexual and gambling addictions. In Ghana, the most common forms of addictions are alcohol, Internet, drug, sex, gambling, for example lottery, and food addiction,” Dr Kumi said.</p>
<p>He explained further that addiction starts when a person, usually unintentionally, engages in an activity which seems to fill a void or helps them cope with an incident, stress and trauma such as loss of a job.</p>
<p>“Addiction starts when there is an over-dependence on the ‘source’ of increased dopamine in the brain. For example; if an individual feels pleasure, satisfaction and motivation from a particular substance, object, activity, he or she begins to depend on the said substance, object, activity,” he said.</p>
<h3><strong>The betting companies</strong></h3>
<p>The Ghana Gaming Commission has licensed 36 sports betting companies in the country. I made a Right to Information request seeking to know how much Ghanaians spend on betting, the Commission replied that it doesn’t have such information, and promised that should it ever have, it would share.</p>
<p>I made further enquiries seeking to know how it regulates online betting sites and what it does about under-age betting, as well as addiction, but I haven’t received their response yet by the time of publication.</p>
<h3><strong>Internet and smart phones make online betting ubiquitous</strong></h3>
<p>With the availability of the Internet and smart phones, sports betting and any form of online betting have become ubiquitous. All one needs is a smart phone, Internet, and a betting app. With these, one can bet at anytime, anywhere and as many times as possible.</p>
<p>Betting companies have come up with systems that enable consumers to load their Mobile Money wallets into accounts for easy betting.</p>
<h3><strong>Number of Ghanaians involved in sports betting</strong></h3>
<p>So far, available data on the number of Ghanaians involved in sports betting is from research on Internet penetration in Ghana published in September 2022 by Hootsuite and We Are Social – two of the globally recognised social media management platforms. The study says Ghana’s Internet population stood at 16.99 million, constituting 53 per cent of the total population as of the first quarter of 2022.</p>
<p>The research also found that about a 11.18 million people in Ghana used the Internet to access sports betting sites, 10.79 million used it to access news sites, 10.68 million for social media sites while only 2.57 million used it to visit informational sites.</p>
<p>With a rough estimate based on this figure even if each person making half of the number which is 5.6 million Ghanaians spend on average GH¢10 weekly to bet, in a four-week month that would amount to GH¢40. In one month therefore, Ghanaians would have spent an amount of GH¢244 million on sports betting, and in a year that would amount to more than GH¢2.9 billion.</p>
<h3><strong>Betting companies are making lots of money</strong></h3>
<p>While it’s not been possible to obtain information on the finances of betting companies, they are nevertheless making lots of money and they are not hiding it. One of the brands, Betway, part of the global Super Group and managed in Ghana by Sports Betting Group Ghana Limited, has signed a sponsorship deal with the Ghana Football Association (GFA). The amount involved has not been disclosed, but it’s likely to be substantial – in the millions of US dollars. Under the deal the betting company will support the local game and clubs as well as periodic training programmes for sports journalists, administrators of National Women&rsquo;s League clubs, Division One League clubs and Ghana Premier League (GPL) clubs.</p>
<p>Just days to the opening of the World Cup, Betway announced a promotion for customers to win GH¢3 million to be shared among winners. They would be expected to predict the correct score in games. The correct predictions would win money prizes.</p>
<p>Another sports betting brand, betPawa signed a deal with the GFA to be the headline sponsor of the GPL, in an agreement valued at $6 million for three years.</p>
<p>MyBet.Africa, is sponsoring three winners of its 2022 World Cup promo, called « Play Ghana, Cheer Ghana » to Qatar on an all-expenses paid trip to watch the Black Stars.</p>
<p>The three winners would be given over GH¢100,000 in packages, which include round trip air tickets, accommodation, and match tickets.</p>
<p>The amount of money these companies are putting in sponsorships and give aways, is an indication of how much they are making. In addition to the profits, betting companies are also able to legitimize their products by associating gambling in the public eye with wholesome activities and brands like sports teams.</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3474" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/BT17-scaled.jpg" alt="" width="2560" height="1982" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/BT17-scaled.jpg 2560w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/BT17-300x232.jpg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/BT17-1024x793.jpg 1024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/BT17-768x595.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/BT17-1536x1189.jpg 1536w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/BT17-2048x1586.jpg 2048w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/BT17-600x465.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/BT17-750x581.jpg 750w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/BT17-1140x883.jpg 1140w" sizes="(max-width: 2560px) 100vw, 2560px" /></p>
<h3><strong>In jail for stealing to bet</strong></h3>
<p>There are records of devastating stories of three young men in jail for stealing large amounts of money from their employers to bet. Two ongoing cases involve the theft of GH¢7000 and a whopping GH¢1 million to bet. In the third case which has been concluded a year ago, the young man is serving a 15-year jail term for stealing GH¢139,000 to bet.</p>
<p>Saddick Amoah is a 23-year-old employed as salesman at a Fan Milk depot located at Ashaiman in Accra. He has been arrested for gambling away GH¢7,000 of his employer’s money.</p>
<p>A 19-year-old man, Nana Nhyira Agyapong, who worked as an Administrative Officer with Kabfam Company Limited, an electronics items company, is standing trial for allegedly stealing over GH¢1 million from his employer. Agyapong told prosecutors that he spent the GH¢1, 079,728 on sports betting. He was found out after an internal audit.</p>
<p>Yussif Abubakar, who was employed by the Hohoe branch of Star Oil Company was given a 15-year jail term for stealing GH¢139,118 belonging to his employer. Abubakar used the money to bet. I made efforts to speak to Abubakar in prison, but he declined.</p>
<p>These three are likely examples of the extreme impacts of betting addiction and its potential to destroy young lives.</p>
<h3><strong>Betting for five years, won only GH</strong><strong>¢</strong><strong>90</strong></h3>
<p>He has bright eyes and exudes lots of confidence. For someone who is 25 years old, he looked like someone who has gone through a lot in life already and knows what he was aiming at, but whatever it was, I couldn’t immediately tell. Five years of his life he has been betting. Tells me his name is Golden. Says he bets every Saturday, and sometimes on Sundays. But I was interviewing him on a Wednesday. He however says it’s because there was a mid-week game.</p>
<p>It turns out from his explanation, that he bets four times a week. Golden who also says he is a Nigerian migrant and has been living in Koforidua for three years, makes a living by selling mobile phone accessories and spends between GH¢30 to GH¢40 daily to bet. He has so far won GH¢90. He has no idea how much he has lost in his five years of betting.</p>
<p>“It was a total of GH¢150, but one of the games was voided and so I was left with GH¢90,” he said, adding that he has had more losses than wins. Golden may not keep tabs of his exact losses but using his own estimated daily spend and assuming three bets a week, Golden wastes around GH¢5000 a year on gambling.</p>
<p>For instance, Joel who dropped out of university at Level 100, says he has been betting for three years now, and was drawn to betting for the love of the game. He says he bets every day. He earns some money from selling phone accessories as well.</p>
<p>“I spend not less than GH¢60 to GH¢70 to bet,” he says.</p>
<p>He however believes that no one should gamble all their money and so he ensures that he saves some of his daily sales before he comes to the betting centre.</p>
<p>“You bet and lose GH¢20. You would want to get back that GH¢20 and you bet again, but then you might end up losing again,” he said.</p>
<p>The highest amount Joel says he has ever won was GH¢2000.</p>
<p>Like most of the patrons in the centre that afternoon, Joel, holding a GH¢20 slip in his hand, says he has lost more than he has won.</p>
<p>When asked why he keeps going to the betting centre, he provides an analogy: “Just like someone who is smoking.” While insisting he is not addicted, he says, “it’s become part of me. I’m finding a way to stop because it can’t help me.”</p>
<p>“I want to stop. In the past I would be holding 4 or 5 slips in my hands, but now I have only one to show that gradually I want to get rid of it,” he says.</p>
<p>Joel also believes that betting makes the youth lazy. “They are supposed to go out there and hustle to make money, but they are here spending the little money they have gambling. Gambling won’t make you have money in your pocket. It would make you spend what you have. While you may win, there is always a slim chance of you winning. It’s like when you get into a coma, there is a slim chance of you coming back, that’s how it is,” he says.</p>
<p>Joel, moreover, doesn’t want others, especially his family members to know he is into sports betting. The sense of shame underlines the fact that betting in Ghana has not yet been normalized as a social activity.</p>
<p>In the historical suburb of Teshie in the Greater Accra Region, I met these impressionable young men. One of them, Abdul, argues that betting is better than working for someone. “If I work for someone, I get paid GH¢800 a month. But I can make that money in a day. I placed GH¢1000 and I won almost GH¢2000 yesterday. GH¢1,753, plus this GH¢200, making GH¢1,953. That’s almost GH¢2000. I can’t go and sit in someone’s shop and be paid GH¢800 a month while I can take 10 minutes and win GH¢1000 or GH¢2000,” he says.</p>
<p>Asked if he has considered how much he has gained against how much he has lost, he responded: “It’s a game of chance. It’s a risk.”</p>
<h3><strong>Betting has reduced crime here</strong></h3>
<p>They told me they are experienced in sports betting, and believe because of betting, crime in their community where they all grew up has gone down.</p>
<p>30-year-old Kpakpo is a graduate of the Kwame Nkrumah University of Science and Technology. He has a degree in construction technology.</p>
<p>“I won’t say betting has disappointed me. I know so many people who bet secretly, they don’t want people to know because of our religiosity,” he says and quickly adds: “Betting has reduced stealing in our community. These days instead of stealing, most young people in the community are betting. If you see a young man sitting quietly in a corner with his phone, he is betting,” Kpakpo said confidently and goes on to narrate his betting experience in the week. “We started with GH¢500. If the GH¢500 gets finished within that week, then we know we have lost. That GH¢500 is gone, so you know you have to get another GH¢500 to get back your money before you get some interest (profit).</p>
<p>For me these days they have destroyed (shut) my account so I go with one, one cedi. They destroyed my account because I was losing too much,” he said.</p>
<p>But his friend and betting partner, 24-year-old Abdul, who started betting 10 years ago when he was 14, believes if he got a job that offered him good pay, he won’t be betting.</p>
<p>“If there was a better job that can pay us good salary, no one would be betting. If I get a job that pays me a minimum of GH¢1,500 a month. I will be fine. All my moves I make as I do other things, in a month I make like GH¢5000. I can’t go and sit in a container for someone and be paid GH¢500 a month.</p>
<p>Now even when you graduate from university you can’t find a job. This one that is here (pointing to his friend Kpakpo), he has a degree. But he is in the house,” says Abdul.</p>
<p>Kpakpo, who at that time was working on a survey for a contractor, said he was supposed to cover 25 households, but he wasn’t done. He however, had come to the betting centre to meet his friends to bet.</p>
<p>He says: “We are working for 17 days, and we are being paid GH¢1,700.”</p>
<p>His friend Abdul chips in, “After the 17 days, you are back to the house. No job, and the government doesn’t give a heck about you,” he snarls.</p>
<p>“The only way we can stop betting is if the economy improves. Look at the way inflation is going?” He asks. “So, for me, the betting is better. While I don’t do betting full-time, for me it’s serious business, it’s an investment,” he adds, and indicates that he also has investments in cryptocurrency.</p>
<p>The young men believe that betting is the only source for their financial freedom, and they are looking to raise money and leave Ghana for another country.</p>
<h3><strong>The young men of Tamale betting for a living</strong></h3>
<p>When I headed off to the Northern Regional capital of Tamale, I had no idea what to expect. But I wasn’t prepared for what I found.</p>
<p>Rahman (not his real name), a Senior High School graduate is 27 years old and jobless. He has lived all his life in Tamale where he was born.</p>
<p>“I consider betting as my job. Betting is the only thing that gives me money and puts food on my table,” he says. Rahman tells me he bets every day and spends not less than GH¢50 daily.</p>
<p>When I asked him how often he wins, he responds: “Sometimes you can bet for a whole month and not win. Your chances of winning are lower than your chances of losing. You lose more than you win.” His highest win so far was GH¢2,500, he tells me.</p>
<p>He says he spends time betting because he has no job and betting is fun.</p>
<p>“If I have a job, I wouldn’t concentrate much on betting. A job would minimise my time betting, even though I would place more money on betting, but I won’t stop,” he says.</p>
<p>Rahman who has betting apps like Betway and SportyBet on his phone, says he’s never been to a betting shop and bets only on his phone.</p>
<p>He also believes betting is helping the youth; it’s brought them opportunities, and they are earning money they probably wouldn’t be able to earn at their age.</p>
<p>For 25-year-old Ibrahim (not his real name) who also has no job, he bets to survive; and when I asked him how he makes money to bet, he says, he works at construction sites and uses the money he makes to bet.</p>
<p>“I have been betting for more than five years now. I am betting because I have no job and I am looking for money. My view is that if I bet, I can make more money than if I was just sitting down doing nothing. I bet everyday so I can earn something to take care of myself,” he says.</p>
<p>Ibrahim says he saves about 30 per cent of what he makes from construction sites into his betting account and sometimes, his girlfriend supports him with money and prayers so he would win. Ibrahim, however, says his highest win so far was GH¢1000, and adds that even if he gets a regular job, he will continue to bet. “If I earn more, I’ll put in more money than I’m doing now to bet,” he says.</p>
<p>Known by his nickname Gbargbar, he is 32 years and married with two children. He works at a betting shop as a bouncer. He says his salary isn’t enough and therefore tries his luck at betting to supplement his income.</p>
<p>“I’ve more wins than losses”, he says and adds that even if he gets a job that pays him more than he was currently earning, he will still bet, because he doesn’t spend too much money on betting. Gbargbar says he spends as little as GH¢2 or GH¢3 to bet and therefore doesn’t see that as a problem. In the meantime, his wife supports his betting and gives him money to bet whenever he asks her.</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3475" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/BT16-scaled.jpg" alt="" width="2560" height="1675" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/BT16-scaled.jpg 2560w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/BT16-300x196.jpg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/BT16-1024x670.jpg 1024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/BT16-768x502.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/BT16-1536x1005.jpg 1536w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/BT16-2048x1340.jpg 2048w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/BT16-600x393.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/BT16-750x491.jpg 750w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/BT16-1140x746.jpg 1140w" sizes="(max-width: 2560px) 100vw, 2560px" /></p>
<h3><strong>Regulation of the Industry</strong></h3>
<p>In most countries where gambling is legal, the practise is subject to laws and regulation by an independent body. In Ghana the Gaming Commission issues licenses, monitors gaming operators, and is supposed to ensure compliance with the law. However, illegal facilities reportedly continue to operate, causing high rates of underage gambling. Abdul from Teshie would have been an underage gambler when he first started at 14.</p>
<p>Besides addiction, children betting is another scourge associated with the industry. Sports betting companies in Ghana are required to block minors from using their services. However, unauthorised betting shops abound, circumventing these rules. The Gaming Commission does not appear to have adequate training and government support to carry out its duties.</p>
<p>International best practice also insists that companies who profit off gambling must issue conspicuous gambling-addiction advice. This includes advertising campaigns about the ills of gambling addiction and being able to self-ban, a fact gambling operators are forced to respect.</p>
<h3><strong>Ghana’s gambling crisis</strong></h3>
<p>It seems, the government and the Gaming Commission have staked a lot on gambling being a net good for society, without enabling effective oversight. This is a dangerous wager.</p>
<p>Ghana is currently in an economic crisis. The country’s debt has spiralled out of control exceeding 80 per cent of GDP. With inflation above 40 per cent, the highest in decades, cost of living and the cost of doing business have gone high. The dire economic situation, worsened by the COVID-19 pandemic, Russia-Ukraine war and mismanagement by the government, doesn’t portend well for the country’s teeming youth, who in search of relief and for a living are getting snared by betting.</p>
<p>While the youth are delving deep and getting hooked, the betting companies are smiling all the way to the bank.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>By Emmanuel K Dogbevi<br />
<strong><em>Copyright ©2022 by NewsBridge Africa</em></strong><br />
<strong><em>All rights reserved. This article or any portion thereof may not be reproduced or used in any manner whatsoever without the express written permission of the publisher except for the use of brief quotations in reviews.</em></strong></p>
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		<title>CITES suspends Cameroon after The Museba Project&#8217;s revelations on rosewood trafficking</title>
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		<dc:creator><![CDATA[The Newsroom]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 19 Jun 2022 13:20:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Investigation]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>On June 8, the Convention on International Trade in Endangered Species of Wild Fauna and Flora (CITES) suspended trade in rosewood in Cameroon. The sanction comes months after a groundbreaking investigation by the online newspaper The Museba Project that revealed how traffickers are laundering illegally cut rosewood from Cameroon in Nigeria before shipping it to [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>On June 8, the Convention on International Trade in Endangered Species of Wild Fauna and Flora (CITES) <a href="https://cites.org/sites/default/files/notifications/E-Notif-2022-045.pdf">suspended</a> trade in rosewood in Cameroon.</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3454" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/06/capture-Kosso.jpg" alt="" width="736" height="176" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/06/capture-Kosso.jpg 736w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/06/capture-Kosso-300x72.jpg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/06/capture-Kosso-600x143.jpg 600w" sizes="(max-width: 736px) 100vw, 736px" /><br />
The sanction comes months after a groundbreaking <a href="https://www.themusebaproject.org/investigation/exploitation-forestiere-crime-corruption-bois-de-rose-vole-cameroun-blanchi-nigeria-expedie-chine/">investigation</a> by the online newspaper The Museba Project that revealed how traffickers are laundering illegally cut rosewood from Cameroon in Nigeria before shipping it to China.<br />
The Cameroonian government was supposed to provide CITES with evidence of the legal acquisition of rosewood. But the country submitted evidence that « did not comply with the guidelines, practical steps and quick guide for verifying legal acquisition, » CITES wrote in its report.<br />
Nigeria, a transit country for rosewood stolen from Cameroon, saw its suspension extended by CITES after The Museba Project article.</p>
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