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	<title>Corruption &#8211; The Museba Project</title>
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	<description>Corruption, Human Rights Violations, Illicit Finance Flows</description>
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	<title>Corruption &#8211; The Museba Project</title>
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		<title>Bois: sur la trace des ventes de coupe déclarées caduques qui n&#8217;existaient réellement pas</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Christian LOCKA]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Nov 2022 19:55:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A La Une]]></category>
		<category><![CDATA[Corruption]]></category>
		<category><![CDATA[Investigation]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C&#8217;était le 16 mars 2021. Le ministre camerounais des forêts a pris une décision constatant la caducité de cinquantaine sept ventes de coupe dans le domaine national, « en raison du dépassement de leur période de validité ». Une vente de coupe est une parcelle de terrain que l&#8217;Etat met à la disposition d&#8217;une société privée qui [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C&rsquo;était le 16 mars 2021. Le ministre camerounais des forêts a pris une décision constatant la caducité de cinquantaine sept ventes de coupe dans le domaine national, « en raison du dépassement de leur période de validité ».</p>
<p>Une vente de coupe est une parcelle de terrain que l&rsquo;Etat met à la disposition d&rsquo;une société privée qui dispose des capacités financières, administratives et techniques pour l&rsquo;exploitation pendant une durée de trois ans qui peut être renouvelée, a indiqué Ebenezer Ekwalla Dit Toube, ancien brigadier en chef de l&rsquo;unité centrale au ministère des forêts.</p>
<p>« Cette parcelle ne dépasse pas 2500 hectares », a précisé le fonctionnaire à la retraite.</p>
<p>Comme ces ventes de coupe étaient arrivées à expiration depuis plusieurs mois et que les trente huit sociétés forestières concernées n&rsquo;ont pas sollicité une extension de leurs activités, elles ont été déclarées caduques par l&rsquo;administration forestière.</p>
<p>«La caducité ainsi prononcée emporte la perte du titre d’exploitation forestière, l’arrêt définitif et immédiat des activités relatives, le règlement de tous les droits, taxes et redevances dus », a écrit Jules Doret Ndongo, le ministre des forêts. « Ces droits, taxes et redevances, peuvent, le cas échéant, faire l’objet d’un recouvrement forcé».</p>
<p>Ndongo est allé loin en donnant d&rsquo;autres détails importants: le numéro de la vente de coupe, le nom de l&rsquo;exploitant, la date d&rsquo;attribution et d&rsquo;expiration de la vente de coupe, et le motif du retrait.</p>
<p>Mais, la décision du ministre des forêts est contredite par certaines sociétés forestières citées qui ne se souviennent pas avoir obtenu les ventes de coupe qui leur sont attribuées. D&rsquo;autres disent avoir trouvé que les sites qui leur ont été octroyés par l&rsquo;administration forestière étaient déjà occupés par des exploitations frauduleuses, ou comme dans un cas, par une vaste plantation gardée par les militaires qui appartiendrait à une haute personnalité du pays.</p>
<h3><strong>Tromperie</strong></h3>
<p>Méssok est une commune du département du haut Nyong, à l&rsquo;Est Cameroun, où vivent environ 12 mille âmes. Mékoua, un des villages de l&rsquo;arrondissement, est  situé au bord d&rsquo;une piste poussiéreuse qui mène à la capitale de la région. Sa population vit dans des cases recouvertes de paille, de feuilles mortes et se nourrit des produits de la chasse. Pourtant, ce village dispose des richesses naturelles qui pouvaient accélérer son développement, à commencer par la foret communautaire qu&rsquo;il partage avec deux villages voisins.</p>
<p>« Nous sommes un grand fournisseur de bois mais nous ne bénéficions de rien depuis la création de la forêt communautaire », a déclaré jean Paul Diouala Mkpala, chef du village Mekoua. « Les audiences ne sont pas réalisées, il y a toujours une tromperie ».</p>
<figure id="attachment_3483" aria-describedby="caption-attachment-3483" style="width: 1093px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-full wp-image-3483" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/chef-village.jpg" alt="" width="1093" height="615" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/chef-village.jpg 1093w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/chef-village-300x169.jpg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/chef-village-1024x576.jpg 1024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/chef-village-768x432.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/chef-village-600x338.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/chef-village-750x422.jpg 750w" sizes="(max-width: 1093px) 100vw, 1093px" /><figcaption id="caption-attachment-3483" class="wp-caption-text">Jean Paul Diouala Mkpala, chef du village Mekoua</figcaption></figure>
<p>Quand il parle de tromperie, Diouala Mkpala fait allusion aux petits exploitants qui entrent discrètement dans la forêt de son village, coupent le bois avec des tronçonneuses puis repartent sans donner quelque chose à la population.</p>
<p>En 2017, une opportunité à frapper à la porte de ce village. Cette année-là, l&rsquo;administration forestière a attribué la vente de coupe No 1002404 d&rsquo;une durée de trois ans à la société forestière « La Rosière ». Cette vente de coupe devait s&rsquo;effectuer dans les villages Mekoua, Mebem et Messea, et apporter du sourire aux riverains. Mais en 2021, cette vente de coupe a été déclarée obsolète à cause du dépassement de la période de validité; au grand étonnement des résidents locaux qui n&rsquo;étaient pas, disent-ils, au courant d&rsquo;une telle vente de coupe encore moins de la société adjudicataire.</p>
<p>« On ne connait pas La Rosière et  je n&rsquo;ai aucune idée de cette société », a déclaré Séraphin Nanga, le président de la forêt communautaire Beuk, Mekoua et Messea. »On n&rsquo;a pas d’entreprise sur le terrain qui exploite; avant on exploitait avec des tronçonneuses, c’est maintenant que nous cherchons des entreprises pour couper le bois en grume. »</p>
<p>Le représentant de la population, Diouala Mkpala, est lui aussi catégorique: « nous n’avons pas encore vu « La Rosière » sur place face à la population ».</p>
<p>Alors que les communautés locales se demandent pourquoi la société forestière n&rsquo;a pas pu exploiter la vente de coupe qui lui aurait été attribuée, The Museba Project a contacté La Rosière pour avoir sa version des faits. Là aussi, c&rsquo;est la surprise.</p>
<p>« Je ne connais par ça (cette vente de coupe) », a déclaré au téléphone un responsable de la société La Rosière, avant de hausser le ton. »Tu me demandes ça en tant que qui?(&#8230;) tu m&rsquo;appelles pourquoi?&#8230; »</p>
<p>Cette société forestière n&rsquo;est pas la seule à ne pas se reconnaitre dans la décision ministérielle. Basée à Douala, la société forestière équatoriale(Sfe)aurait obtenu la vente de coupe No 110223 correspondant à la localité de Nguti dans la région du sud Ouest. L&rsquo;exploitation devait avoir lieu entre septembre 2017 et septembre 2020, selon le ministère des forêts.</p>
<p>Approché dans les locaux de l&rsquo;entreprise, Evariste Nanga, un responsable de la Sfe, a souhaité faire des vérifications internes avant de donner la position de la Sfe. Un jour plus tard, il a déclaré:</p>
<p>« Je n&rsquo;ai pas retrouvé de traces qu&rsquo;on a eu une vente de coupe dans cette zone à cette date là ».</p>
<p>Avec environ 22 millions d&rsquo;hectares de forêts, le Cameroun, pays d&rsquo;Afrique centrale, est le second massif forestier du bassin du Congo derrière la République Démocratique du Congo. Le bois figure parmi les trois premiers produits d&rsquo;exportation du pays. Pour autant,  le secteur forestier contribue encore faiblement au budget de l&rsquo;Etat. Il tourne autour de 3%, d&rsquo;après les chiffres officiels.</p>
<h3><strong>Des militaires à la plantation</strong></h3>
<p>L&rsquo;attribution de ventes de coupe aux sociétés forestières contribue à augmenter les recettes financières, préserver l&rsquo;environnement et améliorer les conditions de vie des communautés locales. Pour ce faire, elle devrait se faire selon une procédure bien définie, a fait savoir Ebenezer Ekwalla. D&rsquo;après le fonctionnaire à la retraite, l&rsquo;administration effectue un travail sur le terrain et sur la carte forestière pour déterminer les sites qui abriteront des ventes de coupe. Après cela, elle fait une publication sur les ventes de coupe disponibles puis les sociétés intéressées se manifestent, dit-il.</p>
<p>« L&rsquo;administration des forêts est structurée pour assurer le contrôle de ces parcelles de terrain », a déclaré cet ancien contrôleur régional des forêts, avant de poursuivre: « le chef de poste forestier est au bas de cette architecture de contrôle, il doit suivre l&rsquo;évolution d&rsquo;une exploitation qui se déroule dans sa circonscription ».</p>
<p>Cela n&rsquo;a pas toujours été le cas sur le terrain. L&rsquo;administration a accordé la vente de coupe No 702101, située à Nkondjock dans le département du Nkam, à la Compagnie Forestière Assam(Cofa) pour une exploitation qui devait prendre fin en 2020. Quand Cofa a voulu lancer l&rsquo;exploitation, le site était déjà occupé.</p>
<p>« On n&rsquo;a pas exploité cette vente de coupe parce qu&rsquo;il y a eu des exploitations frauduleuses dedans », a déclaré au téléphone un responsable de la Cofa, une société liée à Bonaventure Mvondo, député et neveu du président Biya.</p>
<p>« On s&rsquo;est plaint qu&rsquo;il y avait une exploitation, il fallait pas mettre ça en vente ».</p>
<figure id="attachment_2903" aria-describedby="caption-attachment-2903" style="width: 1255px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-full wp-image-2903" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2019/09/Capturekribi.png" alt="" width="1255" height="616" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2019/09/Capturekribi.png 1255w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2019/09/Capturekribi-300x147.png 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2019/09/Capturekribi-768x377.png 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2019/09/Capturekribi-1024x503.png 1024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2019/09/Capturekribi-600x295.png 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2019/09/Capturekribi-750x368.png 750w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2019/09/Capturekribi-1140x560.png 1140w" sizes="(max-width: 1255px) 100vw, 1255px" /><figcaption id="caption-attachment-2903" class="wp-caption-text">Une vue de la forêt dense.</figcaption></figure>
<p>Au cours de la même période, une autre entreprise a été contrainte d&rsquo;abandonner ses sites d&rsquo;exploitation. Il s&rsquo;agit de VERA Forestière, une société qui a acquis deux ventes de coupe, No 110221 et No 801238, à Nguti et Nkoteng, respectivement dans la région du sud ouest et la région du centre. Au moment de lancer les activités sur les sites, la société forestière a rencontré des obstacles.</p>
<p>« Nous avons obtenu ces ventes de coupe mais nous n&rsquo;avons pas pu les exploiter », a regretté au téléphone Nangue Jean Pierre, responsable d&rsquo;exploitation à VERA Forestière. « A Nguti, il y avait la guerre, on a arrêté l&rsquo;exploitation. A Nkoteng, la vente de coupe qu&rsquo;on nous a attribuée se trouvait sur les terres de [Ferdinand] Ngoh Ngoh (Secrétaire général de la Présidence de la République, ndlr), il y avait ses champs dessus sur à peu près 1000 hectares ».</p>
<p>L&rsquo;administration forestière était censée s&rsquo;assurer que ce site était inoccupé avant d&rsquo;en faire une vente de coupe. Face à la réalité, elle était sans voix. « On(l&rsquo;administration, ndlr) nous a dit de nous débrouiller, on était surpris », a dit Nangue.</p>
<p>« C&rsquo;était impossible d&rsquo;exploiter, le site était protégé par plusieurs militaires », a dit Nangue. VERA Forestière qui exportait abondamment le bois vers la Chine est en arrêt d&rsquo;activités depuis environ deux ans. D&rsquo;après son responsable d&rsquo;exploitation, cette société est à la recherche de partenaires pour relancer ses activités.</p>
<h3><strong>Ventes de coupe imaginaires</strong></h3>
<p>Plusieurs autres sociétés qui auraient obtenu des ventes de coupe déclarées désuètes ont dit leur déception parfois à visage couvert. « Nous n&rsquo;avons jamais eu une vente de coupe dans cette localité,  c&rsquo;est plutôt à Bertoua que nous avons par le passé acheté du bois mis aux enchères », a déclaré sous anonymat le propriétaire d&rsquo;une société qui s&rsquo;est vu attribuer une vente de coupe à Bélabo, dans la région de l&rsquo;Est.  » Ce sont des ventes de coupe imaginaires ».</p>
<p>The Museba Project a écrit au ministre des forêts et de la faune pour solliciter son commentaire sur les allégations autour des ventes de coupes déclarées caduques. Jules Doret Ndongo n&rsquo;a pas réagi à la demande d&rsquo;informations.</p>
<p>« Le ministre a été trompé par ses collaborateurs », a déclaré Ebenezer Ekwalla. « Comment peut-on mettre une vente de coupe sur un espace qui abrite une grande plantation depuis plusieurs années? Les collaborateurs doivent donner une information juste et vérifiée au ministre pour lui permettre de prendre la bonne décision, cela n&rsquo;a visiblement pas été le cas dans cette affaire ».</p>
<p>Henri Mevah est le coordonateur du Projet d’Appui à l’élevage et de Préservation de la biodiversité en périphérie des aires protégées au Cameroun (PAPEL), une association qui dénonce souvent les mauvaises pratiques des sociétés forestières. Il a indiqué que certaines sociétés ont, depuis quelques années, l&rsquo;habitude d&rsquo;acquérir des ventes de coupe auprès de l&rsquo;administration juste pour les vendre plus tard au plus offrant.</p>
<p>« Certains adjudicataires camerounais vendent leur ventes de coupe à des libanais ou à des chinois qui disposent d&rsquo;importantes ressources financières et qui sont à la recherche de ressources ligneuses, je ne connais pas les montants des transactions mais c&rsquo;est un phénomène récurrent » , a déclaré Henri Mevah.</p>
<p>Chaque année, l&rsquo;Etat perd environ 33 milliards de F CFA du fait de la corruption et de la mauvaise gouvernance dans le secteur forestier, rapportent des ONG. Et l&rsquo;opacité qui entoure l&rsquo;octroi, le contrôle et la gestion des ventes de coupe pourrait aggraver la situation. Si Rien n&rsquo;est fait.</p>
<p><strong><em>Ce reportage a été réalisé avec le soutien du Rainforest Journalism Fund en partenariat avec Pulitzer Center.</em>      </strong></p>
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		<item>
		<title>#FinCEN Files: Deux femmes au Cameroun auraient pris de l&#8217;argent pour témoigner en faveur de Jean-Pierre Bemba à la CPI</title>
		<link>https://www.themusebaproject.org/a-la-une/fincen-files-deux-femmes-cameroun-auraient-pris-argent-pour-temoigner-en-faveur-de-jean-pierre-bemba-cpi/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=fincen-files-deux-femmes-cameroun-auraient-pris-argent-pour-temoigner-en-faveur-de-jean-pierre-bemba-cpi</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Christian LOCKA]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 20 Sep 2020 17:39:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A La Une]]></category>
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		<category><![CDATA[Arido]]></category>
		<category><![CDATA[Cameroun]]></category>
		<category><![CDATA[corruption des temoins]]></category>
		<category><![CDATA[Jean Pierre Bemba]]></category>
		<category><![CDATA[Tongui Bengue]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un jeune homme venu de Centrafrique est discrètement entré dans la capitale économique camerounaise. Il a rencontré au plus quatre individus à qui il a expliqué que son ami,  un chef de guerre, est traduit devant la justice internationale pour des accusations de crimes. Il a dit vouloir faire d&#8217;eux des témoins de son ami. [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Un jeune homme venu de Centrafrique est discrètement entré dans la capitale économique camerounaise. Il a rencontré au plus quatre individus à qui il a expliqué que son ami,  un chef de guerre, est traduit devant la justice internationale pour des accusations de crimes. Il a dit vouloir faire d&rsquo;eux des témoins de son ami.</p>
<p>Ils se présenteraient au tribunal comme des soldats de l&rsquo;armée centrafricaine, il a ajouté. Pendant deux jours, l&rsquo;homme de 35 ans a construit un récit et adapté les témoignages que ces individus auront à répéter plus tard devant les juges.</p>
<p>Puis, il leur a attribué des grades de l&rsquo;armée, leur a remis des insignes militaires, leur a promis de l&rsquo;argent et une installation en Europe.</p>
<p>L&rsquo;homme en question s&rsquo;appelle Narcisse Arido, ex-soldat de l&rsquo;armée centrafricaine qui, selon un <a href="https://www.icc-cpi.int/CourtRecords/CR2018_02968.PDF">jugement</a> de la chambre de première instance de la Cour pénale internationale(CPI) rendu le 19 octobre 2016, a été reconnu coupable d&rsquo;avoir « personnellement » corrompu quatre témoins pour apporter un coup de main à son ami Jean Pierre Bemba Gombo, chef de guerre congolais, accusé d&rsquo;avoir commis des crimes de guerre et des crimes contre l&rsquo;humanité en Centrafrique.</p>
<p>La juridiction basée à la Haye en Hollande a fait savoir qu&rsquo;entre 2011 et 2014, Monsieur Arido a donné des instructions à quatre témoins en leur expliquant ou faisant expliquer qu&rsquo;ils devaient faire croire au tribunal qu&rsquo;ils sont des militaires « alors même qu’il pensait qu’ils n’avaient pas de tels<br />
antécédents ».</p>
<h3>Faux témoignages</h3>
<p>Par la suite, Arido a non seulement donné des grades et insignes militaires à ces gens, dit le jugement de première instance de la CPI, mais il leur a également promis des récompenses financières consistantes et une installation en Europe en guise d&rsquo;encouragement afin qu&rsquo;ils fournissent à l&rsquo;audience de faux témoignages et faux éléments de preuve profitables à Bemba.</p>
<p>« C’est de sa propre initiative et avec ténacité que Narcisse Arido a commis ces infractions sur deux jours à Douala », dit le jugement de première instance de la CPI.</p>
<p>Corrompre un témoin, dit la cour, rend impossible d&rsquo;apprécier ce que le témoin a personnellement vécu et empêche la cour de s&rsquo;acquitter de son mandat.</p>
<p>«La CPI s&rsquo;occupe de la criminalité systémique », a déclaré Robert Cryer, professeur international de droit à l&rsquo;Université de Birmingham en Angleterre.</p>
<p>« Si vous en poursuivez un, vous en avez d&rsquo;autres qui ont un très grand intérêt à faire en sorte qu&rsquo;il y ait un acquittement », a dit Cryer.</p>
<p>Toutefois, la CPI dans son jugement n&rsquo;a mentionné ni les noms des témoins manipulés ni les détails des transactions d&rsquo;argent entre Arido et eux.</p>
<p>Mais, grâce à des documents confidentiels du Trésor américain obtenus par The Museba Project en collaboration avec le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), The Museba Project a découvert que sur une période de dix ans, Arido aurait effectué une dizaine de transferts d&rsquo;argent, évalués à plus de 5000$, à trois bénéficiaires parmi lesquels figureraient Arlette Josiane Tongui Bengue et Sylvie Ngo Manding, deux femmes basées au Cameroun au moment des faits.</p>
<p>L’information sur les transferts se trouve dans un document qui fait partie du FinCEN Files, la nouvelle enquête internationale de l’ICIJ et ses partenaires, dont The Museba Project. Les documents viennent du FINCEN, l’agence au sein du trésor américain chargé d&#8217;empêcher le blanchiment d’argent. Les transferts impliquant Arido, Bemba et d’autres associés se trouvent dans un document préparé par Western Union qui aurait facilité les transferts.</p>
<p>Les documents des FinCEN Files ont été reçus d’abord par BuzzFeed News qui les a ensuite partagés avec ICIJ qui a crée une collaboration mondiale.</p>
<p>The Museba Project n&rsquo;a pu joindre Narcisse Arido pour avoir sa version des faits. Le centre d&rsquo;accueil des demandeurs d&rsquo;asile de Lyon en France où il a résidé pendant un moment dit avoir perdu ses traces.</p>
<p>« Après enquête, nous n&rsquo;avons aucune information sur l&rsquo;endroit où vit actuellement Narcisse Arido et comment le joindre », a dit dans un mail le 21 juillet dernier Madame Capucine Brochier, chef de mission communication du centre Forum Refugiés.</p>
<p>« Il a en effet été hébergé dans notre centre d&rsquo;hébergement pour demandeurs d&rsquo;asile pendant un certain temps, mais l&rsquo;a quitté en janvier 2019 », a ajouté Madame Brochier.</p>
<p>Le premier jour d&rsquo;Août 2019, des milliers de supporters étaient massés à l&rsquo;aéroport international de Kinshasa pour vivre le retour au bercail de Jean Pierre Bemba Gombo à bord d&rsquo;un jet privé. L&rsquo;ancien vice président en charge de l&rsquo;économie dans le gouvernement de transition en République Démocratique du Congo(RDC), avait annoncé depuis l&rsquo;étranger sa candidature à l&rsquo;élection présidentielle. La commission électorale a plus tard invalidé cette candidature et la place que Bemba convoitait est occupée par Felix Tshisekedi, l&rsquo;actuel président de la RDC.</p>
<p>Mais, la foule bigarrée venait surtout s&rsquo;assurer que leur leader respire bien un air de liberté après une longue absence. Bemba n&rsquo;avait pas mis pied en RDC depuis dix ans. Il était détenu à la CPI pour répondre des accusations de crimes de guerre et crimes contre l&rsquo;humanité commis en République centrafricaine.</p>
<p>Né le 4 novembre 1962 à Bokada, dans la Province de l&rsquo;Equateur, Jean pierre Bemba Gombo a fondé en 1998 le Mouvement de Libération du Congo(MLC), un parti politique dont la branche armée a, entre 2002 et 2003, volé au secours du président centrafricain Ange Félix Patassé qui combattait militairement la rébellion menée par le général François Bozizé. Le violent conflit armé qui s&rsquo;en est suivi aux entours du fleuve Oubangui a fait plusieurs <a href="https://www.fidh.org/IMG/pdf/cf355f.pdf">victimes</a> civiles et militaires.</p>
<p>En juin 2005, l&rsquo;Etat centrafricain avec à sa tête Bozizé a adressé au procureur de la CPI une plainte contre Jean Pierre Bemba et ses troupes pour meurtres, viols et pillages, des infractions classées parmi les crimes de guerre et crimes contre l&rsquo;humanité.</p>
<p>Au camp d&rsquo;en face, Bemba et certains de ses lieutenants ont commencé à préparer la bataille judiciaire sans exclure la possibilité de recruter et de corrompre des témoins à décharge. La CPI a indiqué, dans un <a href="https://web.archive.org/web/20180927113253/http://www.icc-cpi.int/iccdocs/PIDS/publications/Bemba-et-alEng.pdf">article</a> paru sur son site internet, qu&rsquo;entre 2011 et 2014, Bemba et certains de ses proches ont corrompu des témoins « <em>en leur donnant de l&rsquo;argent et des instructions pour fournir de faux témoignages</em> » dans la salle d&rsquo;audience.</p>
<p>« La falsification de témoins est probablement répandue dans les affaires portées devant la CPI », a déclaré Dr Rossella Pulvirenti, enseignant de droit à l&rsquo;Université John Moores de Liverpool, même si Bemba et ses associés restent les seules personnes condamnées.</p>
<p>La CPI s&rsquo;appuie fortement sur les témoignages pour se prononcer sur les affaires enrôlées, a indiqué Dr Pulvirenti.</p>
<p>« Si vous réussissez à corrompre un témoin, vous avez très probablement résolu votre problème », a déclaré Dr Pulvirenti.</p>
<h3>« Je veux arrêter cette conversation maintenant&#8230; »</h3>
<p>Lors d&rsquo;un bref appel WhatsApp avec un journaliste de l&rsquo;ICIJ, Bemba a nié la falsification de témoins et a nié avoir payé des pots-de-vin via Western Union ou Moneygram.</p>
<p>«Non, c&rsquo;est absolument faux», a déclaré Bemba. « Je n&rsquo;étais pas en mesure de le faire. »</p>
<p>Bemba a suggéré que l&rsquo;affaire de falsification de témoins était en cours, mais a refusé de s&rsquo;étendre. La CPI a déclaré à l&rsquo;ICIJ que l&rsquo;affaire était [en attente].</p>
<p>« Je veux arrêter cette conversation maintenant car elle est toujours en suspens », a déclaré Bemba. « Bye Bye. »</p>
<p>On ne sait si Bemba était au courant de tout ce que faisaient ses proches pour manipuler les témoignages en sa faveur. Mais, la chambre de première instance de la CPI a condamné Narcisse Arido, un de ses hommes de main, pour avoir suborné quatre des quatorze témoins de l&rsquo;affaire principale.</p>
<p>Né le 15 mai 1978 à Bangui en RCA, Arido a fait ses études de droit et de<br />
«Défense, sécurité et gestion des conflits et des catastrophes» à l&rsquo;université de Yaoundé au Cameroun avant d&rsquo;intégrer les forces armées centrafricaines jusqu’en 2001. Il a fait appel et a demandé l&rsquo;annulation de sa condamnation et son acquittement.</p>
<p>Mais, de nouveaux détails pourraient changer le cours des choses. D&rsquo;après des documents confidentiels des FinCEN Files, Arido aurait effectué entre le 28/12/2005 et le 09/04/2015, dix-neuf transactions d&rsquo;un montant total de $5,491 auprès de sept agences Western Union basées en France et au Cameroun au profit, entre autres, de Arlette Josiane Tongui Bengue et de Sylvie Ngo Manding, deux femmes présentes au Cameroun.</p>
<p>Vous n’avez pas besoin du système financier international pour «faire le tour et menacer un témoin avec une clé à molette», a déclaré Cryer; mais les banques, les entreprises de services monétaires et autres paiements électroniques sont au cœur des autres formes d’intimidation des témoins d&rsquo;aujourd’hui, a dit Cryer.</p>
<p>The Museba Project et ICIJ ont voulu savoir si les deux femmes savaient que Arido manipulait les témoignages et si les transferts qu&rsquo;elles auraient reçus de lui avaient un lien avec cette activité.</p>
<p>Sylvie Ngo Manding n&rsquo;a pu être jointe pour commenter.</p>
<p>En revanche, au cours d&rsquo;un court échange téléphonique le 5 Août dernier, une dame qui serait Arlette Josiane Tongui Bengue, et qui réside actuellement à Sherbrooke au Canada, a d&rsquo;abord dit que c&rsquo;est illégal de chercher à la contacter.</p>
<p>« C&rsquo;est illégal de me chercher jusqu&rsquo;ici », a-t-elle déclaré au reporter de The Museba Project. « Je ne peux pas quitter le Cameroun jusqu&rsquo;au canada et on cherche mon numéro ».</p>
<p>Elle a ensuite haussé le ton en citant le nom de Arido.</p>
<p>« Monsieur, tu ne dois pas me chercher jusqu&rsquo;au canada pour dire que Arido a fait quoi, quoi », a-t-elle dit.</p>
<p>« Je suis entrain de t&rsquo;enregistrer et ne m&rsquo;appelle plus jamais ».(Elle a raccroché).</p>
<p>Plus tard, The Museba Project et ICIJ ont fait déposer un questionnaire à l&rsquo;adresse canadienne de Arlette Josiane Tongui Bengue. Aucune réaction n&rsquo;a été faite avant la publication de cet article.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em><a class="_58cn" href="https://web.facebook.com/hashtag/fincenfiles?__eep__=6&amp;source=feed_text&amp;epa=HASHTAG" data-ft="{&quot;type&quot;:104,&quot;tn&quot;:&quot;*N&quot;}"><span class="_5afx"><span class="_58cl _5afz" aria-label="hashtag">#</span><span class="_58cm">FinCEN Files</span></span></a> est la nouvelle enquête internationale du Consortium International des Journalistes d&rsquo;Investigation(ICIJ) en collaboration avec @BuzzFeedNews, The Museba Project &#8211; et plus de 400 reporters, 108 médias dans 88 pays.</em></p>
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			</item>
		<item>
		<title>EXCLUSIVE: The Godfathers who own the projects in Cameroon</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chief Bisong Etahoben]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Jul 2019 10:16:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A La Une]]></category>
		<category><![CDATA[Corruption]]></category>
		<category><![CDATA[Investigation]]></category>
		<category><![CDATA[Cameroon]]></category>
		<category><![CDATA[corruption]]></category>
		<category><![CDATA[disservice]]></category>
		<category><![CDATA[paul Biya]]></category>
		<category><![CDATA[public]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>There is no road connecting the Obang villages in Manyu in South West Cameroon to any market town – a sad state of affairs, considering that farmers need a road to be able to bring their produce to consumers. It is not that there was never any money to build one, though. An annual budgetary [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>There is no road connecting the Obang villages in Manyu in South West Cameroon to any market town – a sad state of affairs, considering that farmers need a road to be able to bring their produce to consumers.</p>
<p>It is not that there was never any money to build one, though. An annual budgetary allocation to construct the needed roads was made to a contractor, a Mr Ndifor (1), starting from the early 2000’s. When I encountered the elusive Mr Ndifor at a party in Yaoundé, I asked him about it. Ndifor said he did not know the said villages. Reminded that he was supposed to have built roads through these very villages, the man laughed and said: “Oh, that. Don’t believe everything you read in the state budget.”</p>
<p>That meeting took place fourteen years ago, in 2005. Today there are no roads in the Obang area save for the old timber extraction sand roads that were always there. And since the timber companies, after depleting it, have stopped extracting wood from the forest, they are virtually impassable now.</p>
<blockquote>
<h3><strong><em>You should not believe everything you read in the state budget</em></strong></h3>
</blockquote>
<p>Ordinary citizens of Cameroon have spent the past four decades, all governed over by President Paul Biya, now 86, like this: seeing money pass by like mirages and rarely receiving any benefit of it. During the October 2018 presidential election campaign in Cameroon, in a TV debate, a panelist for an opposition candidate asked a Biya representative to name just one single development project that his government in its thirty-six years in power had completed successfully. Hard-pressed for an answer, the representative started harping on Biya’s long experience as a head of state without answering the question.</p>
<p>Even official reports note that state activities very often do not benefit the population. The 2016 report of the Regional Follow-up Commission for Public Investment Projects of the East Region (2) says that in 2015 alone, forty percent of all investment projects earmarked for the region were abandoned. They included road infrastructure projects, health facilities, classrooms, and water bore holes: all executed badly by those charged with managing them and, probably, most often also fleeced.</p>
<p><img class="alignnone wp-image-2828" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2019/07/camairco-300x169.jpg" alt="Cameroon airlines corporation " width="744" height="419" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2019/07/camairco-300x169.jpg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2019/07/camairco-768x433.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2019/07/camairco-600x338.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2019/07/camairco-750x423.jpg 750w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2019/07/camairco.jpg 780w" sizes="(max-width: 744px) 100vw, 744px" /></p>
<p>Reports on losses to corruption in the country differ wildly, from two million US$ in a five year period to one and a half billion US$ over the past decade. Deciding which one you go with depends for a large part on your definition of corruption: where does it start and stop? Outright theft from state contracts -such as roads- may happen in a part of the cases, but what about state salaries paid to nepotist appointments of incompetent individuals, massive perks and bonuses for ministers and high officials, subsidies for development NGOs and catering companies that happen to be run by friends and relatives of ruling party politicians? The Organised Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP) calculated last year that President Biya spends at least three US$ million every year on visits to Geneva, Switzerland, alone (3).</p>
<p>The anti-corruption commission CONAC does good work in unearthing fraudulent state expenditure on big projects. But the political powers-that-be decide if the identified culprits go to jail or whether the report in question is ignored. (More on this below.)</p>
<h3><strong> Ghost farmers </strong></h3>
<p>This, then, is Cameroon as we know it: a country that could hardly ever build or maintain a road, hospital, school, bus route, agricultural or employment project without it being used for own gain by those close to power; that is, to Paul Biya. It is the country where in 1982, the year President Biya came to power, a new paper mill burned down two months after its opening after ‘experts’ without much expertise -their feasibility studies were never subjected to verification or peer review- had pocketed the equivalent of sixteen million US$ (4).</p>
<p>It is the country where the farmers’ loans bank Fonader went bankrupt in 1989 after having loaned most of the moneys to non-existent ‘ghost’ farmer accounts behind which hid friends and relatives of the managers (5); and where the grains development initiative Sodeblé closed its doors after barely producing only one twentieth of the 120,000 tonnes of corn per year the government had promised.</p>
<p>The downfall happened amid much muttering about how the outfit had “financed voyages, baptisms, marriages and various kinds of gifts for senior staff of the company as well as administrative officials of the region.” (6) Sodeblé never reopened; Cameroon still spends around three million US$ of its foreign reserves yearly on the importation of corn alone.</p>
<blockquote>
<h3><strong><em>Sodeblé had financed voyages, baptisms, marriages and various kinds of gifts</em></strong></h3>
</blockquote>
<h3><strong>Immunity</strong></h3>
<p>Under the pressure of donor countries an anti-corruption commission was established in the country in 2006. The investigations of the Anti-Corruption Commission of Cameroon, CONAC, have since led to some hard-hitting reports, incidental recovery of moneys and occasionally even to arrests and imprisonment of culprits. Most notably among these was a former Prime Minister, Ephraim Inoni, who was arrested in 2012 after having been implicated in decades of large scale embezzlement that had bankrupted the national airline Camair. (Ironically, Inoni himself had kickstarted the judicial anti-corruption drive – called Operation Sparrowhawk – to add to the work of the anti-corruption commission six years earlier).</p>
<p>However, Biya’s inner circle and favourites always seemed immune. A report by CONAC in 2011 (7) that accused then secretary general in the Prime Minister’s office Jules Doret Ndongo of complicity in double-invoicing the state for the construction of a road in the centre of the country – at an extra cost of thirty-one million US$ – was strongly contested by the Ministry of Public Works, which called it “false.” Its implications were ignored and Doret Ndongo is still a minister today. Likewise, nothing at all happened when current Minister of Finance Louis Motaze – in 2011, when he was Minister of Transport – overspent twelve million US$ state money on an inflated invoice for two Chinese airplanes, even after opposition MP Joshua Osih accused Motaze in parliament of diversion of the funds to benefit a ‘mafia.’</p>
<blockquote>
<h3><strong><em>Nothing happened when the Minister of Transport overspent US$ 12 million</em></strong></h3>
</blockquote>
<p>Media and opposition parties have denounced Cameroon’s corrupt systems and judicial favoritism for years. But, like CONAC, these are often also ignored, which is made easier because of the abundant amounts of fake news and ‘brown envelope’ journalism – the practice whereby hacks in the media accept money from powerful individuals to publish stories that favour these individuals and slander their rivals in the country. As a result, the system always remained the system: to advance in Cameroon, you simply had to maneuver yourself as close as you could get to any Biya government and ruling party official, hope for spoils, and start living the high life when your efforts paid off.</p>
<p>As former Minister of National Education, now one of Cameroon’s opposition party leaders, Adamu Ndam Njoya once put it: “We are yet to see the day that, when a Cameroonian is appointed to a high post of responsibility, they bend their heads down and cry due to the heavy responsibilities that go along with the post. On the contrary, people always organise feasts to celebrate appointments and this because the appointees and their families and close ones see in the appointments the opportunities to enrich themselves from the budgets allocated to positions to which they have been appointed. The bigger the budget, the bigger the festivities ».</p>
<blockquote>
<h3><strong><em>The bigger the budget, the bigger the festivities</em></strong></h3>
</blockquote>
<h3><strong>Very unpopular </strong></h3>
<p>Even when new enterprises were established with the explicit intention to put them on good management footing, often with outside help, it kept going wrong. In 2012, a new farmers’ loan scheme, Credit Agricole, suffered the same fate as the previous rural bank Fonader, even though it had been assisted by the German Investment and Development Corporation (DEG) and was managed by an equally German manager, Hubert Rauch. When it was liquidated, Credit Agricole was owing its customers the equivalent of US$ 314 million due to bad debts contracted mostly by ministers, general managers of state corporations and other senior government officials.</p>
<p>And though a source in the Ministry of Finance at the time roundly admitted that “big government and ruling party officials had borrowed large sums of money knowing they would never pay back” and that “manager Hubert Rauch was induced in error to grant (the) loans to several barons of the ruling party,” the downfall was blamed on one sole individual: the bank’s liquidator Frederick Ekande, a judicial expert and former Member of Parliament. Convicted of embezzling the equivalent of over and a half million US$, Ekande still languishes in jail.</p>
<p>The pattern again repeated itself when in 2011 a new airline was started to replace the bankrupt Camair. Even though two managers had already been jailed, and a Prime Minister was about to follow the same fate, for the “mismanagement, embezzlement, and excessive borrowing,” that had destroyed the previous airline enterprise, the practice by “ministers and general managers of state corporations (to) take their wives and girlfriends on jolly rides round the world without buying tickets (8)” simply started again in Camair-Co. Once again, also, there was “excessive recruitment” of workers “without necessary qualifications” who had been “brought in by the usual godfathers in high places (9).” All this happened again, even if there were now two Dutch new managers seconded to the enterprise with an explicit mission to put the airline on the right path.</p>
<p>They lasted less than two years. At his departure in 2012 the first Dutch manager, Alex van Elk told local press that his attempts to “streamline the recruitment process according to international norms” had been thwarted by senior government officials who had once again imposed “unskilled staff” on the company. Johannes Boertien, who had been Van Elk’s deputy and took over after the latters’ departure, lasted until September 2013 but then also left, saying that he had not been able to “put into practice his management roadmap.” A Cameroonian publication revealed that Boertien had become “very unpopular for solely appointing a commercial director for the corporation without the concern of the other board directors,” with the directors’ concern, presumably, for the individuals they had wanted to appoint (10).</p>
<p>Even a whole series of six public-private partnerships – called CARPA (Conseil d’Appui a la Realisation des Contrats de Partenariat) – that was, under the watchful eye of French development organisations and the World Bank, to create tramways, a hospital, an entire university city and rail transport network from 2013 onwards- delivered little besides, as one Cameroon news site called it in April his year, ‘flops.’ “Most of those charged with seeing to the realisation of the projects are not enthusiastic about them because (…) they don’t see the possibility of personal gains for themselves by way of kickbacks and bribes”, a senior official in the Ministry of the Economy, Planning and Regional Development said when asked to comment.</p>
<h3><strong>Palace wars </strong></h3>
<p>But as Paul Biya ages, some change finally seems to be on the horizon. What anti-corruption investigations, opposition parties and foreign development partners’ consultancies could not achieve, -an end to the Biya kleptocracy-, might now occur naturally as its founder is about to turn 87 years old. The problem is that no one can foresee what will replace it.</p>
<p><img class="alignnone wp-image-2829" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2019/07/eau-300x200.jpg" alt="a water point in Douala" width="720" height="480" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2019/07/eau-300x200.jpg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2019/07/eau-768x512.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2019/07/eau-600x400.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2019/07/eau-750x500.jpg 750w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2019/07/eau.jpg 900w" sizes="(max-width: 720px) 100vw, 720px" /></p>
<p>The supreme godfather started leaving the reins of Cameroon in the hands of a new generation in January this year. A new state minister, a confidante of Paul Biya’s wife Chantal called Ferdinand Ngoh Ngoh, started taking over the day to day work of governing. It set tongues wagging in Yaoundé. Was Ngoh Ngoh going to be a seamless successor, a new Biya? Or was he, as a close friend of Biya’s much younger wife Chantal (48) – the two even came from the same village in Cameroon’s Nanga Eboko community – actually part of a new faction about to take power away from Biya’s predominantly ethnic Bulu elite? And if there was such a new faction, what would that mean in terms of privileged access to state coffers and legal protection?</p>
<blockquote>
<h3><strong><em>Chantal was holding Paul Biya’s hands and doing his waving for him</em></strong></h3>
</blockquote>
<p>Simultaneous new appointments in the government seemed to confirm that Chantal Pulchérie Biya-Vigouroux – whose flaming red big hairdos have inspired the creation of entire websites – had her own designs on power. Not only was her old friend Ngoh Ngoh, now the most powerful minister in Cameroon, another four new ministers and high level bureaucrats had all previously worked, or still worked, with Chantal’s office, charity foundations, or church. Chantal had for some time been seen as a force ready to take over from her husband, an impression that was reinforced again when she, at a public event in May this year, appeared next to a very old and weak looking Paul, holding his hands and doing his waving for him.</p>
<p>The rumours were fueled by the pan-African francophone monthly Jeune Afrique, which, in February this year, wrote about Chantal’s rise. Not to be outdone, the pro-Biya newspaper l’Avocat then even printed a picture of Ferdinand Ngoh Ngoh on its front pages headlining “a mafia out to conquer power.” In a tweet Chantal Biya angrily denied having any such designs and insisted that she remained only interested in charity work.</p>
<p>But then, yet another former Biya acolyte, veteran minister Laurent Esso – now minister of justice – was said to make a play for the succession. Many a Yaoundé palace watcher interpreted the increased public antics of Esso’s close associate, TV mogul Amougou Belinga, as a sign of the justice ministers’ participation in the race. When Belinga’s TV Channel Vision4 published ethnic hate speech (11) of a kind that could have meant a prison term under the country’s strict defamation laws, not only did Belinga get off scot free, but the head of the Communications Commission, Peter Essoka, was fined the equivalent of US$ 30, 000 after Belinga complained that he had ‘damaged’ him by comparing his TV station to the genocidal Radio Mil Collines in Rwanda.</p>
<p>Next, relatively lowly Vision4 reporter Parfait Ayissi was mysteriously released after having been arrested for the rape of a 14-year old. When, after his release, Ayissi repeatedly mocked the girl on TV with impunity, too, Yaoundé’s elites started asking themselves which powerful new godfathers they should now turn to for assistance and protection.</p>
<h3><strong> A weakened hand </strong></h3>
<p>It was surely not so much Biya anymore. Because even individuals who had always been close to the president, had recently been rounded up by the police. Last year that fate already befell businessman Mohammadou Dabo, a big sponsor of the ruling party and a close associate of Biya himself. Though the fact that Dabo had pocketed an advance of over one million US$ to renovate Garoua airport in 2011 and had delivered nothing since had not bothered the justice system for seven years, Dabo was suddenly in and out of court for interrogation and could, according to a source at the Special Criminal Tribunal, soon be doing actual jail time for “deceit of associates, crookery, forgery of commercial and bank documents and embezzlement of public funds.” “All indications are that it is almost certain that he will not (remain) a free man for long,” the source, a senior lawyer in the office of the prosecutor at the Special Criminal Tribunal, said.</p>
<blockquote>
<h3><strong><em>Suddenly even ‘sons’ of Biya were arrested</em></strong></h3>
</blockquote>
<p>Then in January this year, even more shockingly, former Minister of Defence Edgar Alain Mebe Ngo’o was arrested for a corrupt arms procurement deal with French company MagForce (12). The contracts in question had been signed years ago, in 2010 and 2011, and French justice authorities -who had arrested MagForce counterparts in France- had pressured Cameroon to take action against him since at least 2014, but publications both in France and Cameroon had surmised that Mebe Ngo’o enjoyed so much protection that he would never face the law. The man was always very intimately connected to President Paul Biya after all; Yaoundé pundits and their radio trottoir even commonly refer to him as Biya’s illegitimate “son.”</p>
<p>The arrest in January therefore sent a shockwave through Cameroon. The pundits, quoted in many a newspaper and on radio, now said that “the faction” of Ferdinand Ngoh Ngoh and Chantal Biya were “behind the arrest.”</p>
<p>And then it happened to yet another Biya ‘son’, too (13). This time the target was Gilbert Baongla, a politician who leads the opposition Republican Party. Baongla, who has gone around saying he is Biya’s son for years without being contradicted, had also always enjoyed protection. He seemed to have an extraordinary privilege when it came to speaking his mind wherever and whenever he wanted: he even once accused powerful minister Atanga Nji of corruption, conspiracy and ‘betraying the people’ on prime time TV without suffering any consequence.</p>
<p>But in early June Gilbert Baongla, too was arrested, after a complaint by none other than Justice Minister Esso’s close friend, TV boss Amougou Belinga, whom he had accused of smuggling and espionage (14).</p>
<h3><strong>A good looking road </strong></h3>
<p>Whether the succession struggle, with its weakening of the presidents’ iron grip on the state, will result in a better-run country remains doubtful. The judiciary under Esso seem to suffer as much from favouritism as always, and new minister of State Ferdinand Ngoh Ngoh -he who is associated with the ‘Chantal faction’ – has already been implicated in disastrous construction contracts around the African Cup of Nations, as a result of which – simply because needed roads, hotels and stadia were never built Cameroon lost the opportunity to host the soccer event this year.</p>
<p>There have been signs, though, even if ever so faint, that civil servants – perhaps motivated by uncertainty around their positions and career paths, or, in contrast, perhaps finally enjoying space to focus on their actual jobs – have started to achieve better results than before. The Ayos-Abong Mbang-Bognis road, the focus of the 2010 double billing scandal, is actually looking well-maintained today. A recent set of roads scheduled to be completed last year in the usually neglected south-and north west of Cameroon, has been almost totally completed.</p>
<p>Even if in some cases the roads had once again come with a heavier price tag than they should have had, and a few were delayed due to armed action by militants who have taken up arms against the Yaoundé state, our team (15) found that almost all had indeed been built. What seems to have helped is the increasingly rigorous practice by donor organizations of withholding money until actual results are visible.</p>
<p>Another new development is the establishment by law enforcement agencies of toll free numbers through which citizens can denounce wrongdoings.</p>
<blockquote>
<h3><strong><em>The old elite may spawn new kleptocratic factions</em></strong></h3>
</blockquote>
<p>On the other hand, as the interregnum plays out, there is a real danger that the victorious candidate for Paul Biya’s succession may simply re-establish the kleptocracy in his -or her- own image. Another scenario is a prolonged fight between the factions for access to various troughs, which will risk fragmenting the entire state. If that happens, the military may feel justified to take power with the excuse of re-establishing law and order.</p>
<p>A first sign of such a possible scenario unfolding was the circulation in the media, early June, of a rather curious unsigned declaration purportedly from senior military officers which criticised the factional fighting between what it called the (ethnic) “Bulu clan” around Paul Biya and Chantal Biya’s “Nanga Eboko” community. In the letter, the anonymous military men threatened to intervene if the situation was not redressed pronto.</p>
<p>If that letter is authentic (which it may not be, because you never know in Cameroon), there is a third force building up within the military. And with Cameroon’s military riddled with embezzlement as well as human rights abuse scandals, this would undoubtedly be the worst case scenario. The international community might take note.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em>This story is part of « Public Disservice: How poor African countries waste billions », a transnational investigation by African Investigative Publishers Collective (AIPC).</em></p>
<p>References:</p>
<ol>
<li>Name changed; he has since died and could therefore not be asked for comment.</li>
<li>For the Regional Report see: https://allafrica.com/stories/201602241006.html.</li>
<li>For the OCCRP investigation click here https://www. occrp.org/en/investigations/7653-paul-biya-cameroon-s-roaming-president.</li>
<li>According to an investigation done by a group of journalists (of which Chief Bisong Etahoben was part) at the time.</li>
<li>The takeover by the ‘elites’ of smallholdings previously formally subsidised by Fonader is documented here: http://www.cifor.org/publications/pdf_files/ WPapers/WPaper139Nkongho.pdf.</li>
<li>According to interviewed Sodeblé staff members at the time.</li>
<li>The affair is described by Franklin Tougwa on www. researchgate.net.</li>
<li>According to Camair sources and later also CamairCo sources who were interviewed at different occasions over time.</li>
<li>Idem</li>
<li>See https://cameroonpostline.com/cameroonianborn-mbotto-edimo-is-new-camair-co-gm/</li>
<li>The hate speech was directed against Cameroons’ anglophone population, who have long felt disadvantaged by the francophone elite in Yaoundé. During the rant, the senior commentator on Vision4 equated all anglophones to a small group of insurgents now active in the country’s north west region and called for action against “all the terrorists.” See: http://cameroonnewsagency.com/40-bitter-anglophone-journalists-petition-ncc-hate-speech-vision-4-journalist-anglophones/.</li>
<li>See for example https://www.jeuneafrique. com/748540/societe/soupcons-de-corruption-au-cameroun-les-enquetes-qui-touchent-mebe-ngoo-sepoursuivent/ (French).</li>
<li>Biya has, next to his official offspring, at least three such ‘illegitimate sons’: Minister of Finance Louis Motaze -he of the Chinese planes-is rumoured to be the third one.</li>
<li>See: http://natimesnews.com/yaoundenational-timesthe-purported-eldest-son-of-president-paul-biyageorges-gilbert-baongla-has-been-arrested-and-detained-at-the-yaounde-judicial-police/</li>
<li>The NGO Data Cameroon http://datacameroon.com/ helped to map a set of roads and then carry out the check on their completion.</li>
</ol>
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			</item>
		<item>
		<title>Est-Cameroun : Comment des élites aident les chinois à piller l’or</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Christian LOCKA]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Jan 2019 16:26:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Corruption]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le bulldozer vient de terrasser un arbre géant sur la piste en terre ocre.  L’engin lourd conduit par un trentenaire de teint noir a déjà balayé sur son passage de hautes herbes, des troncs d’arbres secs et des rochers qui empêchaient à la société minière chinoise d’étendre son site d’exploitation d’or à Guiwa Yangamo, un [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le bulldozer vient de terrasser un arbre géant sur la piste en terre ocre.  L’engin lourd conduit par un trentenaire de teint noir a déjà balayé sur son passage de hautes herbes, des troncs d’arbres secs et des rochers qui empêchaient à la société minière chinoise d’étendre son site d’exploitation d’or à Guiwa Yangamo, un village de l’arrondissement de Ngoura dans la région de l’Est Cameroun.</p>
<p>En cette matinée glaciale de septembre dernier, deux militaires montent la garde près d’une rangée de chambres encerclées de tôles réservées à quelques ouvriers et leurs familles. Au loin, un second bulldozer stationné à proximité d’un tas de gravier tamisé complète le décor coutumier des sites d’exploitation d’or opérés par les chinois dans ce pays d’Afrique centrale.</p>
<p>Alerté d’une présence étrangère, un mineur chinois vêtu d’un T-shirt blanc pianote sur son téléphone portable pour contacter une dame présentée plus tard comme l’interprète de la société chinoise.</p>
<figure id="attachment_2648" aria-describedby="caption-attachment-2648" style="width: 753px" class="wp-caption alignnone"><img class=" wp-image-2648" src="http://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2019/01/site-chinois-300x169.png" alt="" width="753" height="424" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2019/01/site-chinois-300x169.png 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2019/01/site-chinois-768x432.png 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2019/01/site-chinois-1024x576.png 1024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2019/01/site-chinois-600x338.png 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2019/01/site-chinois.png 1280w" sizes="(max-width: 753px) 100vw, 753px" /><figcaption id="caption-attachment-2648" class="wp-caption-text">Le site d&rsquo;exploitation d&rsquo;or des chinois à Guiwa Yangamo. Credit: Christian Locka</figcaption></figure>
<h1> La méfiance</h1>
<p>«Seul le patron peut parler aux journalistes», indique d’une voix fine au téléphone celle qui dit s’appeler Marie. «Je peux seulement vous dire que les difficultés qu’ils [les chinois] rencontrent, c’est qu’il n’y a plus assez d’espace et l’Etat a resserré les choses». Marie avait promis de s’exprimer sur l’identité et les activités des mineurs chinois. Contactée plus tard, elle a changé d’avis et de ton : «pourquoi vous insistez sur nous, il y a d’autres sociétés, non ?»</p>
<p>Les mineurs chinois ne se méfient pas seulement de la presse. La plupart des autorités locales et les villageois ignorent tout de la présence des asiatiques.</p>
<p>«Quand les chinois sont arrivés, ils ont donné à manger à la population mais on ne sait pas comment cette société s’appelle ; on sait seulement qu’ils exploitent l’or dans notre village», dit Moussa Douka, adjoint au maire  de la commune de Ngoura, basé à Guiwa Yangamo.</p>
<p>Depuis quelques années, certains ressortissants chinois ont investi le sous-sol camerounais à la quête d’une partie des réserves d’or qui, selon le gouvernement, couvrent une superficie de 20.000 kilomètres carré reparties sur une centaine de villages. Munis des équipements modernes, les chinois étaient censés faciliter l’extraction du métal jaune et accroître les recettes du secteur minier qui constitue officiellement moins de 1% du PIB.</p>
<p>Mais, la population et les autorités publiques se plaignent de mauvaises pratiques minières des chinois qui, comme le révèle l’enquête du journal en ligne The Museba Project, ont fait des deals financiers avec des sociétés minières appartenant à certaines élites politiques influentes pour exploiter illégalement l’or, écouler les quantités d’or non déclarées et être fiscalement indétectables.</p>
<p>Au Cameroun, l’or était pendant des années extrait uniquement à l’aide des outils rudimentaires des artisans miniers locaux, jusqu’en 2007 lorsque le gouvernement a demandé à la société sud-coréenne, C &amp; K Mining, de pratiquer l’exploitation artisanale semi mécanisée pour récupérer 13 tonnes d&rsquo;or emportés par l&rsquo;eau du barrage Lom Pangar à l’Est. Cette mesure enfreignait la loi minière de l’époque mais les autorités avaient déclaré que la situation était urgente.</p>
<p>Les opérateurs miniers chinois ont utilisé ce précèdent pour signer des partenariats technico-financiers avec certains nationaux en vue d’acquérir plus d’espaces et d’intensifier l’exploitation artisanale semi mécanisée à l’aide des outils modernes comme les pelles, les chargeurs mécaniques, les machines et les produits chimiques.</p>
<p>«A un moment, les chinois ne faisaient plus de partenariats, ils utilisaient simplement les cartes d’identité de leurs employés camerounais pour obtenir des autorisations d’exploitation artisanale», a indiqué Justin Chekoua, chef de projet Mines-Environnement-Santé et Société (ProMESS), un programme de l’Ong Forêts et Développement rural (Foder) qui vise à améliorer la bonne gouvernance des ressources minières.</p>
<p>Dans une étude récente sur le processus d’acquisition de titre minier au Cameroun, cette Ong révèle en effet que certains employés des sociétés minières locale et étrangère «étaient induits en erreur ou à juste titre trompés que la collecte de leurs cartes d’identité visait certaines procédures administratives alors que ces cartes étaient destinées au dépôt de demandes soit d’une carte de prospecteur individuel soit d’une autorisation d’exploitation artisanale».</p>
<p>En 2016, un nouveau code minier a été adopté. Il stipule notamment que seules les personnes morales de droit camerounais sont autorisées à pratiquer l’exploitation artisanale semi mécanisée des substances précieuse et semi précieuse. Cette loi visait à encourager plus de nationaux à investir dans le secteur minier encore dominé par les étrangers. C’est plutôt les chinois qui ont intensifié l’exploitation illégale de l’or à travers l’abandon des trous ouverts, les fausses déclarations sur la production ou le manque de documents administratifs, au point de causer la destruction de l’environnement, des pertes en vie humaine et animale, la fuite des capitaux et la vente illicite de l’or.</p>
<p>«Le Cameroun n’est pas un no man’s land»,  avait déclaré à la télévision publique en avril 2018, Ernest Ngwaboubou, alors ministre des mines après avoir constaté les activités illégales des opérateurs miniers chinois à Betaré Oya dans la région de l’Est. «Le Cameroun a ses lois et ses règlements qu’il faut respecter. Il n’y a pas de raison que ceux qui viennent les foulent au pied», avait-il ajouté, en menaçant de suspendre ou de faire partir les sociétés ou les individus concernés.</p>
<p>Les menaces du gouvernement et le renforcement de la loi n’ont pas fait reculer les chinois qui bénéficient de forts soutiens internes, à commencer par l’armée qui protège leurs installations minières ; un privilège hors de portée des artisans miniers locaux qui utilisent des moyens de bord pour assurer leur sécurité.</p>
<p>«La région de l’Est est un point crisogène ; s’il y a des menaces terroristes ou d’enlèvements qui planent sur les chinois, l’armée est là pour faire le travail de protection», a indiqué au téléphone colonel Didier Badjeck, porte-parole de l’armée camerounaise.</p>
<h1> « Derrière chaque chinois se trouve une personnalité de la République »</h1>
<p>Outre l’armée, les opérateurs miniers chinois peuvent compter sur des élites politiques y compris du parti au pouvoir pour exploiter illégalement. Le gouvernement a octroyé des permis de recherche de l’or à des sociétés minières appartenant à certaines personnalités. Au lieu de faire de la recherche, ces personnalités ont cédé ces espaces aux chinois qui, en contrepartie, ont versé aux propriétaires des permis plusieurs millions de FCFA difficilement traçables par le fisc. Avec ces accords, les asiatiques sont devenus  presque intouchables.</p>
<p>«Derrière chaque chinois se trouve une personnalité de la république », a expliqué Justin Chekoua. «Comme ils ont des appuis très hauts, les chinois méprisent les autorités administratives locales, la presse, les organisations de la société civile. Certains délégués régionaux des mines ont voulu en savoir plus sur les activités des chinois, on leur a dit d’appeler la Présidence».</p>
<p>Avec de tels appuis, les chinois ne se sentent pas obligés de rendre compte de leurs activités ou de décliner leur identité aux autorités locales. A Guiwa Yangamo, Moussa Douka a finalement découvert après plusieurs mois d’enquête que la société chinoise opère sur un permis de recherche de Xplor-Tech, une société minière créée par Maitre Emmanuel Mbiam, avocat au barreau du Cameroun et député Rdpc &#8211; parti au pouvoir – de la région du Sud.</p>
<p>«C’est plus tard que j’ai appris que ce permis appartient à Maitre Mbiam et que c’est lui qui a fait venir les chinois », a dit Moussa Douka, en indiquant que Xplor-Tech a même des représentants à Guiwa.</p>
<p>En janvier 2015, le gouvernement a octroyé à Xplor-Tech, pour une durée de trois ans, le permis de recherche d’or appelé Yangamo II couvrant une superficie de 355 Kilomètres carré, selon le rapport 2015 de l’Initiative de Transparence des Industries Extractives(Itie). D’après la loi, le permis de recherche donne droit à son titulaire d’effectuer des travaux de recherche sur un périmètre précis et non d’exploiter les substances précieuses.  Xplor-Tech aurait, à en croire le maire, aidé les opérateurs miniers chinois à exploiter l’or dans son permis de recherche.</p>
<p>Contacté, Alexandre Mbiam, fils de Emmanuel Mbiam et actuel directeur général de Xplor-Tech s’est d’abord dit surpris de la présence des chinois sur le permis Yangamo, avant d’indiquer qu’ «il semble effectivement avoir eu des incursions de sociétés chinoises au sein du permis». Après avoir nié l’existence des représentants de Xplor-Tech aux côtés des chinois à Guiwa, le jeune directeur a dit avoir une équipe sur place mais il a affirmé n’avoir pas fait de deal avec les chinois.</p>
<p>D’autres mineurs chinois ont exploité illégalement l’or dans des permis de recherche appartenant à des élites influentes à Colombine, un autre village aurifère de la région de l’Est.</p>
<figure id="attachment_2649" aria-describedby="caption-attachment-2649" style="width: 831px" class="wp-caption alignnone"><img class=" wp-image-2649" src="http://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2019/01/image6-300x199.jpg" alt="" width="831" height="551" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2019/01/image6-300x199.jpg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2019/01/image6-768x510.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2019/01/image6-1024x680.jpg 1024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2019/01/image6-600x399.jpg 600w" sizes="(max-width: 831px) 100vw, 831px" /><figcaption id="caption-attachment-2649" class="wp-caption-text">Des mineurs locaux ruent vers les trous abandonnés par des chinois. credit: christian Locka</figcaption></figure>
<p>En Août 2015, le gouvernement a accordé le permis de recherche ‘Colomine’ d’une superficie de 305 Kilomètres carré à Gold Label Mining Sarl, une société minière appartenant à Marie Gisèle Ndanga Ndinga, cadre du Rdpc et épouse de l’ancien ministre des mines, Badel Ndanga Ndinga. Ensuite, Marie Gisèle Ndanga Ndinga a signé un partenariat avec des chinois qui ont aussitôt entrepris l’exploitation semi mécanisée du site en violation de la loi minière. Elle se souvient plusieurs années plus tard comment le deal avec les chinois s’était déroulé.</p>
<p>«Pour les partenariats, certains chinois envoyaient des prospecteurs pour rechercher des espaces ; d’autres passaient par le ministère des mines pour contacter les sociétés minières camerounaises. Dans mon cas, c’est le ministère qui m’a mis en contact avec les chinois», a expliqué au téléphone Marie Gisèle Ndanga Ndinga. Elle n’a pas souhaité donner l’identité des partenaires chinois, les termes de l’accord ou dire si Gold Label Mining avait pris des mesures pour empêcher une exploitation illégale ; ces informations sont confidentielles, d’après elle.</p>
<p>En septembre 2015, le partenariat entre les chinois et Gold Label Mining a pris une tournure inespérée lorsque Codias S.A, une société minière appartenant à Bonaventure Assam Mvondo, député Rdpc et neveu du président Paul Biya, a introduit un recours auprès du ministre des mines pour demander le retrait du permis Colomine à Gold Label Mining. Quelques semaines plus tard, Codias a porté plainte contre Gold Label Mining pour «exploitation illégale» et «violation des règles de sécurité, d’hygiène et de protection de l’environnement». Trois ressortissants chinois &#8211; Mao Dexi, Mme Lu E Lan et Liu Xingwang – qui exploitaient l’or avec le permis Colomine de Gold label Mining avaient été gardés à vue pendant plusieurs jours avant d’être remis en liberté sous caution dans cette affaire encore pendante devant les tribunaux.</p>
<p>«Je ne travaille plus avec les chinois», a indiqué Marie Gisèle Ndanga Ndinga. «Certains des chinois qui avaient été arrêtés puis relaxés dans l’affaire contre Codias sont repartis, d’autres travaillent ailleurs. Je n’ai plus de contact avec eux». Lu e Lang par exemple est allé poursuivre l’exploitation illégale au village Ngoe Ngoe où dans l’un de ses chantiers non protégés, des mottes de terre ont nuitamment enseveli en novembre 2017 neuf riverains qui recherchaient de l’or.</p>
<p>A Colomine, la société Codias qui avait accusé Gold Label Mining d’exploitation illégale d’or  serait à son tour impliquée dans des deals financiers avec une multitude de sociétés et de ressortissants chinois, d’après Symphorien Haito. Ce chef traditionnel, présenté par la population locale comme l’homme de confiance de Bonaventure Assam Mvondo à Colomine, a indiqué que douze sociétés minières chinoises exploitent l’or dans le permis de recherche Colomine de Codias S.A. Il a même donné des détails sur la procédure à suivre pour rentrer en possession d’une parcelle de terrain. « Il faut faire une levée topographique de la parcelle à exploiter, puis aller verser au propriétaire du permis une caution d’un million de FCFA par hectare», a dit Symphorien Haito.</p>
<p>Joint au téléphone, Bonaventure Assam Mvondo n’a pas démenti l’information sur la présence des chinois dans le permis de recherche de Codias ou celle sur les frais de caution à débourser par hectare. Il a dit que Codias ne fait pas d’exploitation artisanale semi mécanisée à Colomine. «Peut-être que cela se passe dans d’autres permis, chez moi il n’y a pas d’exploitation artisanale». Le député dit n’avoir pas pris des précautions pour empêcher l’exploitation illégale dans son permis de recherche. «Il y a des gens chargés des contrôles qui peuvent dire s’il y a une exploitation illégale. Eux, ils prennent des précautions, nous nous travaillons», a-t-il ajouté.</p>
<p>Le ministre des mines n’a pas réagi à la demande d’informations de The Museba project.</p>
<h1> Où va l’or?</h1>
<p>En quelques années, les transactions financières entre certaines élites politiques et des opérateurs miniers chinois pour l’exploitation de l’or à l’Est se chiffrent annuellement en centaines de millions de FCFA, estiment des ONG locales. «Il y a une grosse mafia autour des permis ; dans certains cas, le montant de la transaction peut atteindre 20 millions de Fcfa par permis », a indiqué Justin Chekoua.</p>
<p>Pendant ce temps, plusieurs villages aurifères de la région portent les stigmates de la chasse illégale au métal jaune, à commencer par la destruction de l’environnement et les pertes en vie humaine. En 2017, cinquante-sept villageois ont trouvé la mort dans des trous miniers abandonnés par les opérateurs miniers y compris des chinois, ont rapporté les medias.</p>
<p>D’après la règlementation, les opérateurs miniers ont l’obligation de déclarer les quantités d’or lavées aux brigades minières du Cadre d’Appui et de Promotion de l’Artisanat Minier(Capam), une structure de l’Etat chargée de canaliser les produits miniers vers les circuits formels. Pour se soustraire des contrôles, les chinois lavent nuitamment l’or en l’absence des représentants du Capam et déclarent plus tard des quantités insignifiantes. «Quand par exemple les chinois produisent 50 Kg, ils déclarent avoir produit 50 grammes, et le reste est vendu au marché noir», a noté Moussa Douka.</p>
<p>En 2017, le Capam a seulement rétrocédé 255 kg d’or sous forme de lingots au ministère des finances. Selon les calculs du gouvernement, 90% d’or produit au Cameroun prend le chemin des circuits informels actifs qui font perdre à l’Etat en moyenne 5 milliards de FCFA par mois.  L’or non déclaré par les opérateurs miniers chinois est vendu à prix d’or principalement dans les Emirats Arabes Unis et en chine, selon le Foder. Mais, ces pertes ne sont pas seulement l’œuvre des mineurs mal intentionnés.</p>
<p>«Certains agents de l’Etat corrompus prennent jusqu’à trois millions de CFA aux chinois par mission de contrôle et ne sont plus en mesure d’exiger le respect de la réglementation», a dit Moussa Douka qui accompagne souvent ces missions sur le terrain. Le maire a indiqué que la corruption des agents contrôleurs de l’Etat réduit les recettes minières des mairies de la région. La commune de Ngoura a, dit-il, seulement reçu 400.000 FCFA du trésor public représentant les impôts versés en 2017 par vingt-sept sociétés minières.</p>
<p>«D’ici dix ans, quand les chinois partiront en laissant un environnement désolant, les populations vont commencer à revendiquer parce qu’elles seront fatiguées des injustices», s’est inquiété Moussa Douka.</p>
<p><strong><em>Cette enquête a été produite avec l’aide financière du projet Afrique-Chine de l’Université WITS en Afrique du Sud. </em> </strong></p>
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		<title>Une trace de sang de la Centrafrique vers le Cameroun : le «business» du blanchiment des diamants de conflit</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Christian LOCKA]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 26 Oct 2018 11:04:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Corruption]]></category>
		<category><![CDATA[Human rights violations]]></category>
		<category><![CDATA[Investigation]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Malgré le renforcement de la législation, le trafic de diamants bruts centrafricains dans les villes frontalières de l’est du Cameroun s’intensifie. Cette enquête  raconte comment les trafiquants contournent les lois et la surveillance. Le marché est haut en couleur dans la bourgade de Gbitti, sur les bords de la rivière Kadéï, dans l’est du Cameroun. Les [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<h3>Malgré le renforcement de la législation, le trafic de diamants bruts centrafricains dans les villes frontalières de l’est du Cameroun s’intensifie. Cette enquête  raconte comment les trafiquants contournent les lois et la surveillance.</h3>
<p>Le marché est haut en couleur dans la bourgade de Gbitti, sur les bords de la rivière Kadéï, dans l’est du Cameroun. Les fermiers s’assoient à même la terre rouge, leurs marchandises étalées devant eux. Sur l’étroite bande d’eau de la Kadéï, qui sépare le Cameroun de la République centrafricaine, des marchands et des acheteurs font péniblement glisser des canoës de bois en tirant sur une corde d’acier tendue d’une rive à l’autre. Des enfants pépient et s’éclaboussent dans les eaux boueuses, à côté de femmes qui battent leur linge sur des pierres.</p>
<p>En ce mois de février, debout sur les rives sableuses de la rivière, un homme vêtu d’un jeans, d’une veste et d’un bonnet gris affiche un air nonchalant. Mais ses yeux le trahissent, lançant des regards furtifs devant et derrière, à droite et à gauche, évaluant les dangers alors qu’il est en train de négocier la livraison de diamants bruts, pour le lundi suivant peut-être.</p>
<p>Soudain, le deal est écourté. Un adolescent brandissant une lance crie depuis l’autre côté de la rivière : <em>“Arrête de parler à notre frère !”</em></p>
<p>De jeunes hommes armés, membres de la milice chrétienne rebelle antibalaka, qui s’est formée durant la violente guerre civile centrafricaine [de 2013], observaient la scène depuis l’autre rive et ont repéré ma caméra. <em>“Nous avons perdu nos familles pendant la guerre. Nous ne voulons pas être filmés”,</em> me lance un jeune homme portant un bandana rouge vif. <em>“Le diamant dans deux semaines”,</em> marmonne le vendeur. Puis il s’éloigne rapidement pour apaiser le chahut de ses camarades de l’autre côté de la rivière.</p>
<p><strong>De l’argent pour les rebelles</strong></p>
<p>Le commerce illégal de diamants bruts dans les villes frontalières de Gbitti, Kentzou et Garoua-Boulaï, dans l’est du Cameroun, constitue une source de revenus réguliers pour les groupes rebelles des deux camps impliqués dans le conflit qui ensanglante la Centrafrique.</p>
<p><u><a href="http://www.un.org/en/peacekeeping/missions/minusca/background.shtml">Selon les chiffres des Nations unies</a></u>, la guerre a fait plus de 5 000 morts et déplacé plus ou moins 1 million de personnes depuis que les rebelles musulmans de la Seleka ont pris le pouvoir il y a trois ans. En représailles, les groupes chrétiens et animistes connus sous le nom d’antibalaka s’en prennent aux musulmans, les repoussant dans le sud du pays, ce qui conduit de facto à une partition du pays.</p>
<p>Même si, en février dernier, les élections ont amené un autre gouvernement au pouvoir, le conflit a anéanti l’économie, provoqué des famines et obligé des centaines de milliers de personnes à fuir, beaucoup partant se réfugier dans les camps de l’ONU au Cameroun. Le gouvernement est trop faible pour prendre pleinement le contrôle de ce pays riche en minerai, et un conflit “de basse intensité” perdure.</p>
<p>Ces violences privent le gouvernement centrafricain de l’importante source de revenus que constitue le commerce du diamant, lequel assurait autrefois 20 % de son budget. Quand la guerre a éclaté, ce petit pays au cœur de l’Afrique a été exclu du <u><a href="https://www.kimberleyprocess.com/fr/historique-et-fondements-0">processus de Kimberley (PK)</a></u>, un accord de 2003 signé par 81 pays pour certifier l’origine des diamants et éviter de financer des groupes rebelles armés. Privée de cette certification, la Centrafrique a été exclue du marché international des pierres précieuses. Puis, en juin dernier, elle a obtenu une levée partielle de l’embargo.</p>
<figure id="attachment_2591" aria-describedby="caption-attachment-2591" style="width: 418px" class="wp-caption alignright"><img class=" wp-image-2591" src="http://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2018/10/DSC_0779-300x201.jpg" alt="" width="418" height="280" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2018/10/DSC_0779-300x201.jpg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2018/10/DSC_0779-768x516.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2018/10/DSC_0779-1024x687.jpg 1024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2018/10/DSC_0779-600x403.jpg 600w" sizes="(max-width: 418px) 100vw, 418px" /><figcaption id="caption-attachment-2591" class="wp-caption-text"><em>Un site d&rsquo;exploitation de minerais à l&rsquo;ouest de la Centrafrique. Photo credit : Eric Ngaba</em></figcaption></figure>
<p>Quand les portes du commerce légal de diamants se sont fermées, son voisin, le Cameroun, est devenu un pivot pour blanchir les diamants centrafricains et les réinjecter sur le marché mondial. Le Cameroun n’a rejoint le processus de Kimberley qu’en 2012. Le gouvernement a alors lancé des campagnes dans les villes frontalières pour apprendre aux représentants du processus de Kimberley à repérer les “diamants de la guerre”. Or une enquête menée pendant un an par 100Reporters a mis au jour de sérieuses failles dans le système du Cameroun : ici, les diamants bruts de Centrafrique sont faciles à acheter, l’application des règles de certification est peu rigoureuse et les trafiquants parlent ouvertement de représentants du processus de Kimberley prêts à certifier – pour un certain prix – que des pierres provenant de l’autre côté de la frontière n’ont rien à voir avec aucun conflit, peu importe leur origine.</p>
<h3><strong>50 % des diamants du pays vendus illégalement</strong></h3>
<p>Me faisant passer pour un acheteur, j’ai trouvé un agent du processus de Kimberley prêt à établir de faux certificats et à m’aider à payer moins de taxes d’exportation. Le ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique du Cameroun, Ernest Ngwaboubou, qui est chargé de surveiller le secteur du diamant brut et de faire appliquer les règles du processus de Kimberley, se refuse à tout commentaire.</p>
<p>À Gbitti, des trafiquants de diamants centrafricains achètent des armes légères qu’ils transportent de l’autre côté de la rivière et vendent ensuite en Centrafrique aux rebelles des deux camps. Au Cameroun, où les acheteurs font leurs achats en plusieurs fois, à quelques jours d’intervalle, pour éviter d’éveiller les soupçons, on fait pression sur les forces de l’ordre pour qu’elles contrôlent le trafic d’armes. <em>“Il est difficile de déterminer, même en temps de guerre, si une machette ou une lance est destinée à un usage légal”,</em> explique un officier d’un bataillon d’infanterie stationné dans la région de l’Est du Cameroun, à environ 250 kilomètres de la capitale régionale Bertoua. Il refuse de révéler son nom car il n’est pas autorisé à parler au nom de l’armée.</p>
<p>Le trafic de diamants et d’or sévissait déjà dans la région bien avant la guerre civile centrafricaine. Le secrétariat du processus de Kimberley estime qu’avant 2013 20 % des diamants bruts de Centrafrique étaient vendus illégalement. En 2010, la Banque mondiale émettait une estimation encore plus élevée : 50 %.</p>
<p>Le négoce de diamants bruts entre les deux pays était autrefois fort lucratif. François Nganke, un mineur artisanal de Gbitti, raconte qu’il a quitté un emploi stable au sein de l’organisation humanitaire Médecins sans frontières pour céder à l’appel des diamants, qu’il vendait de l’autre côté de la frontière, en République centrafricaine. <em>“Les prix des bureaux d’achat centrafricains étaient intéressants. Alors on leur vendait nos pierres”,</em> explique-t-il. Mais ce commerce s’est effondré quand la Centrafrique s’est fait exclure du processus de Kimberley, en 2013, et les prix proposés pour les diamants bruts ont dégringolé. Aujourd’hui, François Nganke regrette d’avoir quitté son précédent emploi. Le travail dans les mines est éreintant. À Gbitti, chaque jour, les hommes, les femmes et les enfants charcutent la terre sèche, généralement avec de vieux outils – pioches, houes, pelles – et passent au crible les dépôts alluviaux à la recherche de trésors cachés.</p>
<p><em>“C’est un travail pénible. Nous avons besoin d’une pompe pour laver les pierres pleines de terre”,</em> se plaint une mère qui travaille dans la mine depuis cinq ans. Autour d’elle, d’immenses mottes de terre et des trous béants témoignent du labeur physique nécessaire pour gagner sa vie de chercheur de diamants. <em>“Parfois, nous faisons tout cela pour rien.”</em></p>
<p>De nos jours, ces petits mineurs du Cameroun sont de plus confrontés à la concurrence des trafiquants. <em>“La majorité des diamants vendus à Gbitti vient de République centrafricaine”,</em> fait savoir Issa Bouba, un négociant en diamants enregistré qui travaille pour le ministère des Mines camerounais. Il achète ses pierres aux mineurs et les vend sur les marchés internationaux.</p>
<h3><strong>Source de violence</strong></h3>
<p>L’ampleur du trafic et son impact sur ce pays qui peine à se remettre de la guerre sont difficiles à mesurer. Selon le rapport d’un panel d’experts de l’ONU, depuis que la Centrafrique est exclue du processus de Kimberley, la vente illégale de 140 000 carats de diamants bruts a coûté à son gouvernement 24 millions de dollars de manque à gagner, soit 2,3 % de son budget annuel.<br />
Quand le conflit a éclaté en 2013, le pays exportait 62,1 millions de dollars de diamants bruts par an, ce qui représentait sa principale exportation.</p>
<p>La République centrafricaine est le 12<sup>e</sup> plus grand pays producteur de diamant brut au monde en termes de valeur. Il s’agit de pierres rondes, à 12 facettes, de teinte vert-brun. Malgré ces caractéristiques, il est très difficile de déterminer leur origine. La vaste majorité de la production est assurée par des mineurs artisanaux, qui tamisent les dépôts alluviaux à la main et vendent leur butin à des intermédiaires appelés “collecteurs”.</p>
<p>En outre, 80 % de la production centrafricaine provient d’une zone située dans le sud-ouest du pays, à la frontière du Cameroun, et les pierres produites dans les deux pays sont très proches en termes de couleur et de qualité.<br />
Les représentants du processus de Kimberley au Cameroun chargés de certifier l’origine des produits ont de la peine à les identifier. Ils s’appuient sur les cahiers de production des collecteurs, où ceux-ci consignent la zone d’origine des pierres que leur communiquent les mineurs.</p>
<p><em>“Avec ses 20 000 mineurs artisanaux et ses capacités de contrôle limitées, le Cameroun ne peut pas garantir à 100 % la provenance de chaque diamant inscrit dans les cahiers en question”, </em>regrette Amnesty International <u><a href="https://www.amnesty.be/IMG/pdf/afr1924942015french.pdf">dans son rapport “Violations en chaîne : la chaîne d’approvisionnement mondiale en diamants et le cas de la République centrafricaine”.</a></u></p>
<p>Plusieurs groupes de défense des droits humains dénoncent les liens entre le trafic de diamants et le cercle vicieux de la violence des deux côtés de la frontière. Ce trafic contribue à faire perdurer un conflit de basse intensité en République centrafricaine, donnant lieu à d’épouvantables attaques qui font fuir les populations de chez elles.</p>
<p>Des familles entières traversent à pied la Kadéï pour aller au Cameroun, s’inquiètent les Nations unies. Plus de 200 000 réfugiés centrafricains se sont installés dans la région de l’Est du pays, et certains ont importé avec eux le trafic de diamants.</p>
<h3><strong>Complicités à tous les niveaux</strong></h3>
<p>Adam Abba, un marchand centrafricain qui vit aujourd’hui à Kentzou, est assis en tailleur sur une natte dans sa maison de deux pièces fournie par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés – une maison peinte dans le bleu caractéristique de l’agence. Ici, à Kentzou, ces centaines de musulmans comme lui collectent et vendent des diamants centrafricains provenant de zones contrôlées par la milice musulmane Seleka.</p>
<p>Adam Abba, homme jovial, partage avec moi son petit déjeuner, composé de thé rouge et de riz blanc, tandis qu’il explique comment il blanchit au Cameroun des diamants du sang originaires de Centrafrique et de république démocratique du Congo.</p>
<p><em>“Au bureau du processus de Kimberley, même quand un diamant vient de Centrafrique, ce n’est pas compliqué. Les agents disent qu’il vient du Cameroun. Il suffit de payer [un pot-de-vin]. Les affaires sont les affaires, non ?” c</em>onclut-il en gloussant.</p>
<p><em>“Nous sommes africains. Nous nous comprenons”,</em> ajoute-t-il.<br />
À cinq heures de route vers le nord, à Garoua-Boulaï, Aladji Samassa, un autre marchand centrafricain, pianote sur sa nouvelle tablette Samsung Galaxy pour faire défiler les images de diamants qu’il a récemment vendus à Dubaï.<br />
<em>“Vous voyez cette pierre avec un fond rouge ? C’est la plus chère. Les clients arabes adorent”,</em> commente-t-il en montrant une photo de la gemme étincelante. Certains des diamants les plus chers échappent à la taxe camerounaise sur les exportations grâce à <em>“quelqu’un”</em> qui, au secrétariat du processus de Kimberley, <em>“facilite les choses”,</em> selon les mots d’Aladji Samassa.</p>
<p><u><a href="https://100r.org/">L’ONG 100Reporters</a></u> a voulu en savoir davantage sur ce “quelqu’un” et sur le fonctionnement du trafic. J’ai appelé des responsables du secrétariat régional du processus de Kimberley à Bertoua, la capitale de la province, et je me suis présenté comme un collecteur de diamants en quête de certificats pour des pierres centrafricaines.</p>
<h3><strong>Comment obtenir un faux certificat</strong></h3>
<p>Je parle à Dubois Ndamba, un haut fonctionnaire camerounais de la région de l’Est responsable de l’application du processus de Kimberley et de la certification des diamants. Quand j’évoque les instructions de ses supérieurs, qui imposent un contrôle vigilant des diamants de la guerre, il balaie mes inquiétudes. Il m’explique qu’il sait ce qu’il fait, précisant que cela <em>“ne doit pas être divulgué”. </em>Dubois Ndamba me propose d’abaisser mes taxes et de me fournir de faux certificats.</p>
<p>Voici un extrait de notre conversation téléphonique.<br />
Christian Locka : Bonjour monsieur Dubois.<br />
Dubois Ndamba : Oui, bonjour ?<br />
CL : Dieudonné m’envoie vers vous. Je ne sais pas s’il vous a parlé de mon cas ? Je suis dans le négoce de diamants et j’ai des pierres centrafricaines à exporter. Nous en avons parlé hier. Il m’a donné le numéro de Saffana, mais il ne fonctionne pas. C’est pour cela qu’il m’a aussi donné le vôtre.<br />
DN : Oui, expliquez-vous clairement pour que je comprenne.<br />
CL : J’ai un partenaire qui souhaite exporter des pierres. Je voudrais savoir comment vous pourriez nous aider.<br />
DN : Vous aider à faire quoi ?<br />
CL : A les exporter.<br />
DN : Vous avez déjà les diamants entre les mains ?<br />
CL : Ils sont à Garoua-Boulaï.<br />
DN : Quel statut avez-vous ? Vous êtes collecteur ? Vous avez les papiers du collecteur ?<br />
CL : Je travaille avec M. Ndoko.<br />
DN : Combien de carats ?<br />
CL : Environ 500.<br />
DN : 500 carats ?<br />
CL : Oui.<br />
DN : OK. Je suis à Yaoundé [la capitale du Cameroun] en ce moment. Où vous trouvez-vous, à Bertoua ?<br />
CL : Je suis presque à Bertoua, je suis en train d’entrer dans la ville.<br />
DN : Je vais aussi aller à Bertoua, j’aimerais que vous me rappeliez. Je devrais y être ce soir ou demain matin.<br />
CL : OK. Que dois-je faire ?<br />
DN : Nous ferons les paperasseries à la base pour que le certificat soit émis à Yaoundé, vous comprenez ?<br />
CL : Oui.<br />
DN : Vous, vous faites les papiers à Bertoua, là où on donne les rendez-vous. Nous signons ce que nous devons signer – voilà pour le certificat. Vous retournez à Yaoundé au bureau central de Kimberley. Nous estimons la valeur des diamants et ce que vous devez payer. On vous donne un autre certificat avec la valeur et vous payez des taxes sur cette base. Ensuite, vous recevrez un document qui vous permettra de sortir du pays avec les pierres.<br />
CL : Le fait que ces diamants viennent de Centrafrique, je pensais que ça poserait problème ?<br />
DN : Cela pourrait poser problème, mais sur le papier, nous ferons comme s’ils venaient de chez nous [du Cameroun] – vous comprenez ? Ils ne viendront plus de là-bas [de Centrafrique].<br />
CL : Je comprends.<br />
DN : Je sais comment ça se passe, ne vous inquiétez pas. Nous nous occupons de tout. Et s’il y a de gros diamants, vous pourrez les mettre de côté et les prendre avec vous dans l’avion [pour les vendre à l’étranger] pour que vos bagages ne soient pas trop lourds.<br />
CL : OK.<br />
DN : Pour calculer les taxes, nous prenons les plus légers, ce qui peut revenir moins cher. Nous nous occupons de tout ce qui concerne le certificat.<br />
CL : Alors, les plus gros, on les mettra de côté ?<br />
DN : Oui, ne vous inquiétez pas. Les diamants qui ont le plus de valeur, pour lesquels les taxes sont élevées, vous pourrez les mettre de côté. Quand vous aurez le certificat d’origine des plus petits, j’ajouterai les autres et vous pourrez tous les exporter.<br />
CL : OK. Vous êtes à Yaoundé ­– quand avez-vous dit que vous seriez à Bertoua ?<br />
DN : Ce soir. Là, je suis au ministère des Mines.<br />
CL : Je vous appelle demain…<br />
Le lendemain, j’appelle Dubois Ndamba et je lui dis que, dans sa fonction de représentant du processus de Kimberley, il m’a fait une proposition qui enfreint la loi. Ce qu’il s’empresse de nier. <em>“Je n’ai pas parlé de diamants centrafricains. C’est vous qui m’avez parlé de diamants centrafricains. Je sais que si vous êtes au Cameroun et que si vous êtes en possession de diamants, ce ne sont pas des pierres étrangères. Moi, je donne un certificat d’origine pour ces diamants. Je n’aime pas les gens qui vont chercher des diamants et qui les amènent ici pour que je les certifie”, </em>proteste-t-il.</p>
<p>Début 2014, le secrétariat national du processus de Kimberley au Cameroun a lancé une campagne pour sensibiliser les mineurs artisanaux, les acheteurs et les collecteurs, ainsi que les agents du processus de Kimberley aux dangers du commerce des diamants du sang. Mais ces efforts n’ont guère porté de fruits.<br />
Le Cameroun est entré dans le processus de Kimberley en 2012. En 2013, il a déclaré une production annuelle de diamants bruts de 2 721 carats et en 2014 d’environ 3 400 carats. Quant au nombre de faux certificats saisis, il excède de loin sa production annuelle, selon les données de l’International Peace Information Service (Ipis), un institut de recherche basé à Anvers spécialisé dans les ressources naturelles.</p>
<figure id="attachment_2592" aria-describedby="caption-attachment-2592" style="width: 821px" class="wp-caption alignnone"><img class=" wp-image-2592" src="http://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2018/10/997_0200-300x225.jpg" alt="" width="821" height="616" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2018/10/997_0200-300x225.jpg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2018/10/997_0200-768x576.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2018/10/997_0200-1024x768.jpg 1024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2018/10/997_0200-600x450.jpg 600w" sizes="(max-width: 821px) 100vw, 821px" /><figcaption id="caption-attachment-2592" class="wp-caption-text"><em>Certains déplacés internes ont trouvé refuge au camp Mpoko. photo credit: Eric Ngaba</em></figcaption></figure>
<p><em>“Les faux certificats camerounais du processus de Kimberley présentés à l’étranger indiquent que le volume des exportations illégales est significatif. En 2013, le secrétariat du processus de Kimberley au Cameroun a confirmé que les faux certificats camerounais présentés à l’étranger correspondaient à un total de 6 722 carats.</em> <em>Avec un potentiel de production de diamants de seulement 5 000 carats au Cameroun, il ne fait aucun doute que ces quantités comprennent des diamants de la Centrafrique</em>”, explique l’Ipis dans son rapport “Diamonds in the Central African Republic”.</p>
<p>La plupart des faux certificats et des diamants non taxés transitent par l’aéroport international de Douala, pivot de l’économie camerounaise. Trois ans après que le Cameroun a signé l’accord par lequel il s’est engagé à n’exporter que des diamants qui n’ont rien à voir avec aucun conflit, son aéroport n’a toujours pas d’agence de contrôle du processus de Kimberley, malgré les promesses du gouvernement et quantité de preuves montrant que l’aéroport sert de plaque tournante au trafic.</p>
<p>Cas extrême d’exportation frauduleuse, un paquet contenant 281 869 carats accompagnés d’un certificat d’origine du Cameroun ainsi que d’un faux certificat du processus de Kimberley a quitté le pays via l’aéroport de Douala à la fin de l’année 2009, selon le rapport de l’Ipis.</p>
<p>Les vendeurs de diamants interviewés pour cette enquête disent que les pierres de Centrafrique qui transitent par le Cameroun finissent en Inde, en Belgique et aux Émirats arabes unis – des pôles du commerce diamantaire international.<br />
Les diamants sont petits, leur valeur est élevée et il est difficile de déterminer leur origine. Ajoutez à cela la tentation de la corruption, une gouvernance laxiste et la facilité avec laquelle le processus de Kimberley peut être contourné. Résultat : un flot constant de diamants du sang se déverse sur le marché international.</p>
<p>Consciente du fait que la certification Kimberley risquait de devenir guère plus qu’un cache-misère pour donner bonne conscience aux acheteurs occidentaux, en 2011, l’ONG de défense des droits humains Global Witness a retiré son soutien au processus de Kimberley, expliquant qu’il s’agit à ses yeux d’un<em> “mécanisme dépassé”</em>.<em> “La triste vérité, c’est que la plupart des consommateurs ne peuvent toujours pas être certains de l’origine de leurs diamants, ni qu’ils ne financent pas des violences armées ou des régimes répressifs”,</em> déplore Charmian Gooch, fondateur de Global Witness.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em>Cette enquête a été premièrement été publiée en septembre 2016.<br />
</em></p>
<p>The post <a rel="nofollow" href="https://www.themusebaproject.org/investigation/trace-sang-centrafrique-vers-cameroun-business-blanchiment-diamants-conflit/">Une trace de sang de la Centrafrique vers le Cameroun : le «business» du blanchiment des diamants de conflit</a> appeared first on <a rel="nofollow" href="https://www.themusebaproject.org">The Museba Project</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Des centaines de millions évaporés: immersion dans le schéma de corruption à Gaz Du Cameroun</title>
		<link>https://www.themusebaproject.org/investigation/millions-evapores-schema-corruption-gaz-du-cameroun/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=millions-evapores-schema-corruption-gaz-du-cameroun</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Christian LOCKA]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Oct 2018 21:43:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Corruption]]></category>
		<category><![CDATA[Investigation]]></category>
		<category><![CDATA[corruption]]></category>
		<category><![CDATA[Gaz du Cameroun]]></category>
		<category><![CDATA[gaz naturel]]></category>
		<category><![CDATA[victoria oil and gas]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La filiale camerounaise de la société britannique Victoria Oil and Gas (VOG), déjà menacée de suspension de ses activités au Cameroun, a été confrontée à de nouveaux défis, notamment  l&#8217;annulation d&#8217;un important contrat, des retards dans l&#8217;approbation de nouvelles concessions et des poursuites judiciaires d&#8217;anciens employés alléguant des paiements frauduleux, le harcèlement sexuel et la [&#8230;]</p>
<p>The post <a rel="nofollow" href="https://www.themusebaproject.org/investigation/millions-evapores-schema-corruption-gaz-du-cameroun/">Des centaines de millions évaporés: immersion dans le schéma de corruption à Gaz Du Cameroun</a> appeared first on <a rel="nofollow" href="https://www.themusebaproject.org">The Museba Project</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h4><em>La filiale camerounaise de la société britannique Victoria Oil and Gas (VOG), déjà menacée de suspension de ses activités au Cameroun, a été confrontée à de nouveaux défis, notamment  l&rsquo;annulation d&rsquo;un important contrat, des retards dans l&rsquo;approbation de nouvelles concessions et des poursuites judiciaires d&rsquo;anciens employés alléguant des paiements frauduleux, le harcèlement sexuel</em> <em>et la falsification de signature</em>.</h4>
<p>Début février, le journal Américain <a href="https://100r.org/2018/02/cursed/"><em>100Reporters</em></a> a rapporté que l&rsquo;Etat du Cameroun a menacé de résilier son contrat avec Gaz du Cameroun (GDC) après avoir constaté que la filiale camerounaise de VOG, qui réalise plusieurs millions de dollars de recettes annuelles dans l&rsquo;exploitation du gaz naturel de Ndogpassi, a manqué à ses obligations sociales et fiscales.</p>
<p>En outre, GDC a conclu deux concessions de gaz en violation du code pétrolier camerounais qui prévoit qu&rsquo;un contrat de partage de production entre deux sociétés privées n&rsquo;est valable qu&rsquo;après obtention d&rsquo;une licence de l&rsquo;État. La première est la reprise par GDC de 75% des actions de Glencore Exploration dans le bloc Matanda, une concession gazière soixante fois plus grande que celle de Ndogpassi. La seconde concerne l&rsquo;acquisition auprès de Bowleven Plc de 80% du bloc Bomono, d&rsquo;une superficie de 2 237 Km2. Depuis plus d’an, la société gazière attend l&rsquo;approbation du gouvernement. Elle a déclaré dans son rapport financier intermédiaire de 2017 qu&rsquo;elle était prête à céder à l&rsquo;Etat entre 5% et 25% des actions du bloc Matanda et 10% des actions du bloc Bomono une fois les concessions approuvées.</p>
<p>Dans ce dernier cas, GDC et Bowleven avaient convenu que si avant la fin du mois de juin 2017, l’Etat ne donnait pas son accord, le contrat devait être rompu, a déclaré le représentant local de Bowleven Plc dans une interview. Cependant, GDC a convaincu son partenaire de continuer à attendre la réaction des autorités. «Je sais pourquoi les négociations (entre l&rsquo;Etat et GDC) sont restées bloquées mais je ne peux pas vous le dire », a dit Eric Arah Taku, également directeur financier d&rsquo;Euroil Limited, filiale locale de Bowleven.</p>
<p>Déjà, GDC qui prévoit d’émettre des actions ordinaires d&rsquo;une valeur de 100.000 livre sterling et effectuer des paiements de redevances de 20 millions de dollars dans le seul bloc Bomono, a d&rsquo;autres soucis à se faire, à commencer par la perte d&rsquo;un client de poids. En janvier dernier, Eneo-Cameroon S.A, société de production et de distribution d&rsquo;électricité, a suspendu son contrat d&rsquo;approvisionnement en gaz avec GDC. Eneo a attribué sa décision aux difficultés financières. « VOG estime qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un problème temporaire et s&rsquo;attend à une résolution à court et moyen terme », a commenté Kevin Foo, fondateur de VOG, dans une note aux investisseurs qui souligne qu’Eneo a représenté 53% des revenus de vente de gaz naturel de GDC en 2017.</p>
<h2><strong>Transactions suspectes et poursuites judiciaires</strong></h2>
<p>Pendant ce temps, la société de gaz a dépensé de l&rsquo;argent dans des transactions suspectes et des procès intentés par certains de ses anciens employés. Quatre cadres camerounais limogés ont porté plainte contre GDC et même un de ses directeurs expatriés pour licenciement abusif et harcèlement sexuel. Les poursuites engagées par d&rsquo;anciens membres du personnel comprennent également des allégations d&rsquo;actes répréhensibles allant de la surfacturation de contrats et des paiements indus pour des travaux non exécutés, à des conflits d&rsquo;intérêts et à la corruption d&rsquo;autorités gouvernementales par des dirigeants de la société.</p>
<figure id="attachment_2600" aria-describedby="caption-attachment-2600" style="width: 300px" class="wp-caption alignright"><img class="size-medium wp-image-2600" src="http://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2018/10/Akoa-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2018/10/Akoa-300x300.jpg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2018/10/Akoa-150x150.jpg 150w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2018/10/Akoa-100x100.jpg 100w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2018/10/Akoa.jpg 480w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /><figcaption id="caption-attachment-2600" class="wp-caption-text"><em>Alain Akoa.</em></figcaption></figure>
<p>Alain Frank Akoa Akoa II est l&rsquo;un de ceux qui ont poursuivi cette société avec succès. Après avoir été limogé en juillet 2016, l&rsquo;ancien contrôleur de projet et délégué du personnel, a trainé GDC au tribunal pour «licenciement irrégulier». Environ huit mois de procès plus tard, la Cour d&rsquo;appel du Littoral à Douala a confirmé le jugement en instance qui oblige GDC à réintégrer Akoa dans ses effectifs et à lui verser 6 millions de CFA, représentant ses arriérés de salaires depuis Novembre 2016.   Mais, cette décision des juges ne semble pas suffisante.</p>
<p>« Je suis un peu déçu par la décision du tribunal parce que ces gens n&rsquo;ont pas été punis pour tout le mal qu&rsquo;ils m&rsquo;ont fait », a réagi Akoa, 43 ans, en ajustant ses lunettes claires. « Le poste que j&rsquo;ai occupé a été annulé après mon départ, qu’ils me réintègrent ou non,  je vais engager un procès au pénal pour dédommagement du préjudice matériel, moral et intellectuel causé par les dirigeants de Gaz du Cameroun ».</p>
<p>Cet ancien employé des projets de reinstrumentation et d’extension de la Société Nationale de Raffinage (Sonara) a été recruté à GDC en juin 2013 pour occuper le nouveau poste de contrôleur de projet. Son travail, dit-il, consistait à planifier, budgétiser et assurer l&rsquo;évolution et la validation du projet gazier de Ndogpassi. C&rsquo;est à partir de cette position stratégique qu&rsquo;il dit être tombé plus tard sur des mouvements de fonds étranges entre la société de gaz et certains sous-traitants.</p>
<p>« Tout a commencé à mon retour de congé en 2015 lorsque le département des finances m’a demandé de produire et de signer le certificat d&rsquo;achèvement du travail attestant qu&rsquo;une entreprise appelée Imegap a fait des travaux électriques à la centrale à gaz », a dit Akoa, qui continue cependant à insister que ce travail a plutôt été effectué par un autre sous-traitant. Il a dit avoir même fouillé son bureau et le registre des gardes de sécurité pour voir si le personnel d&rsquo;Imegap était entré dans l&rsquo;usine à gaz pendant son absence.</p>
<p>« Imegap n&rsquo;est jamais intervenue dans ce projet mais la direction m&rsquo;a demandé de valider le paiement de plus de  8 millions de francs CFA à cette entreprise pour un travail imaginaire », a expliqué Akoa. « Le cas d’Imegap a attiré mon attention et j’ai commencé à rassembler des preuves irréfutables de cette fraude à GDC parce qu’auparavant, j’avais entendu des rumeurs de paiements frauduleux sans preuves », a ajouté l’ancien contrôleur de projet qui vit des consultations en gestion de projet et de la recherche professionnelle depuis son licenciement.</p>
<p>Akoa dit que comme il s’est opposé à ce paiement, GDC a fait signer par un autre employé le bordereau qui a permis à Imegap de toucher les 8 millions de FCFA. Le 20 juillet 2016, Akoa qui dénonçait également les mauvaises conditions de travail des employés camerounais à l&rsquo;usine de gaz, a été licencié pour «insultes répétées et déclarations diffamatoires contre vos employés», a écrit Mark Wilson, directeur général de GDC à l&rsquo;époque, ajoutant que « à plusieurs reprises (&#8230;), vous avez traité la direction de GDC de «menteuse» et fait circuler de telles accusations par écrit pour inciter à une émeute».</p>
<p>Quelques semaines plus tard, Akoa a saisi le tribunal de grande instance du Wouri à Douala. Puis, il s’est plaint auprès du Haut-Commissariat de Grande-Bretagne au Cameroun, de l&rsquo;Agence Nationale des Investigations Financières(Anif), de la Commission Nationale Anti-corruption(Conac) et de la branche camerounaise de Transparency International, dénonçant  les « Fraudes et Violations de la loi Camerounaise » à GDC. À cette fin, il a dressé un tableau résumant, d’après lui, les paiements douteux  entre GDC et Abaapcam Engineering Ltd, Imegap et Global Marine Engineering S.A, trois sociétés locales de sous-traitance.</p>
<table>
<tbody>
<tr>
<td>
<h6>Preuves</h6>
</td>
<td>
<h6>Description</h6>
</td>
<td>
<h6>montant</h6>
</td>
<td>
<h6>Observation</h6>
</td>
</tr>
<tr>
<td></td>
<td></td>
<td></td>
<td></td>
</tr>
<tr>
<td><em>Facture de Global Marine Engineering</em></td>
<td>Services de raccords et de tuyauterie rendus en mars 2016</td>
<td><em>62.621.300 FCFA </em></td>
<td>Service jamais rendu</td>
</tr>
<tr>
<td><em>Facture de Global Marine Engineering</em></td>
<td>Services de raccords et de tuyauterie rendus en Avril 2016</td>
<td><em>53.489.785 FCFA </em></td>
<td><em>Service jamais rendu</em></td>
</tr>
<tr>
<td><em>Facture de IMEGAP </em></td>
<td>Facture pour station de traitement d&rsquo;eau</td>
<td><em>8.703.750 FCFA</em></td>
<td><em>Service jamais rendu </em></td>
</tr>
<tr>
<td><em>Factures de Abaapcam </em></td>
<td>Travaux de génie civil pour la campagne de forage</td>
<td><em>639.687.370FCFA</em></td>
<td>Ce montant est constitué de 327. 995. 180 FCFA, soit le budget global initial et surestimé pour tous les travaux. Tous les autres coûts (311.692.190 FCFA) ne sont certainement pas pour le projet.</td>
</tr>
<tr>
<td></td>
<td></td>
<td></td>
<td></td>
</tr>
<tr>
<td><em>TOTAL</em></td>
<td></td>
<td><em>764.502.205 FCFA</em></td>
<td><em>Perte effective de 436.507.025 FCFA entre Février et juillet 2016 </em></td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p><strong><em>Source: Alain Akoa</em></strong></p>
<p>Au total, GDC aurait payé en cinq mois plus de 436 millions de FCFA à trois sous-traitants locaux pour des travaux non exécutés, selon les calculs d’Akoa. La direction de GDC contactée à maintes reprises a refusé de commenter ces allégations.</p>
<p>Imegap se décrit comme une Pme spécialisée dans les services de construction, d&rsquo;entretien, d&rsquo;ingénierie et de main-d&rsquo;œuvre. Son directeur général avait initialement promis de fournir la feuille de présence de son personnel à GDC pour prouver que le travail avait été fait. Plus tard, Emmanuel Mbui, a dit vouloir identifier la source de l&rsquo;information concernant son entreprise avant de donner sa version des faits.</p>
<p>Le comptable de Abaapcam Engineering Ltd a reconnu que son employeur a bénéficié de multiples versements d’argent venant de GDC. Cependant, « Certains paiements ont été faits pour des travaux additionnels comme la maintenance qui ne figuraient pas sur le contrat et dans ce cas, nous avons fait des bons de commande», a dit John Ayuk avant d’ajouter que «GDC ne paie jamais pour un travail non effectué». Cela n&rsquo;a pas toujours été le cas.</p>
<p>En mars et avril 2016, la filiale de VOG a versé plus de 116 millions de FCFA à Global Marine Engineering (Glomae) pour des travaux de tuyauterie et de soudure, comme en témoignent des documents internes. Pourtant, le directeur général de Glomae a déclaré dans une interview qu&rsquo;il n&rsquo;est pas au courant de ces travaux et paiements puisque à l’époque, Glomae et GDC n’étaient pas encore partenaires.  «Je suis confus quand vous me parlez des paiements qui datent de 2016 parceque c’est seulement depuis janvier 2018 que nous faisons de petits raccords de tuyauterie et de soudure à la centrale à gaz», a dit Chris Ngu Akong au téléphone.</p>
<p>Une version des faits confirmée plus tard par Daniel Fru, directeur général adjoint de cette entreprise. Chris Ngu s’est également dit surpris d’apprendre que l’argent devait être viré dans un compte bancaire de Glomae ouvert à United Bank for Africa(UBA) à Douala. Il a dit que Glomae n’a jamais ouvert un compte dans cette banque et qu’il n’a plus les nouvelles de son collègue Ben.A. Kolling, directeur des opérations, qui a fait les demandes de paiement. Contacté plus tard, Ben Kollinz a déclaré qu&rsquo;il ne pouvait pas savoir si le travail était réellement fait parce qu&rsquo;il n&rsquo;avait jamais visité l&rsquo;usine à gaz, mais il a admis avoir fait les demandes de paiement sur instructions de son directeur général. « C&rsquo;est M. Ngu Chris qui m&rsquo;a demandé de faire les factures », a-t-il dit au téléphone. « L&rsquo;argent a été transféré sur le compte bancaire de l&rsquo;entreprise à UBA et M. Ngu est l&rsquo;un des signataires de ce compte, je ne sais pas de quoi il parle là ». Les curiosités ne s’arrêtent pas à ces opinions divergentes. Le certificat d’achèvement de ces travaux, un document qui confirme l’effectivité du travail, a été signé deux mois après le paiement des factures.</p>
<p>Pour Christian Penda Ekoka, consultant en économie de développement et conseiller au cabinet civil de la Présidence, si les marchés n’ont pas été exécutés, cela signifie qu’il y a eu complicité entre les gérants de la société de Gaz et les bénéficiaires. «Il pourrait avoir eu des versements de retro commissions, il faut dénoncer ces pratiques d’évasion fiscale et de blanchiment d’argent».</p>
<p>Ben Kollinz a dit que les fonds décaissés par GDC ont été virés à UBA. Quelques semaines auparavant, la société de gaz avait déjà octroyé un important marché à Ekoko Mukete, directeur général de cette banque au Cameroun, selon des documents de GDC. Fils de chief Nfon Mukete, doyen d’âge au Senat camerounais, Ekoko Mukete, par ailleurs vice-président de la Chambre de Commerce, d&rsquo;Industrie, des Mines et de l&rsquo;Artisanat du Cameroun, a obtenu en février 2016 via son entreprise Universal Logistics Sarl(Unilog) le marché exclusif du transport du condensat de la centrale à gaz de Ndogpassi jusqu’à la Sonara à Limbe. Akoa a indiqué que le transport de ce dérivé du gaz naturel était assuré sans incident par divers opérateurs privés qui ont été écartés au profit de Unilog. «Les prix de Unilog sont plus élévés que ceux des anciens transporteurs, et c’est curieux que les camions censés appartenir à Unilog portent les couleurs de GDC », a dit Akoa.</p>
<h2><strong>Le consul honoraire</strong></h2>
<p>En Octobre 2016, Ekoko Mukete est devenu le responsable des relations avec le public et le gouvernement de GDC après avoir signé un contrat comme consultant avec Ahmed Dik, directeur général de VOG de nationalité turque. Selon les termes du contrat, Ekoko Mukete également consul honoraire de Turquie à Douala avait pour mission de «résoudre les problèmes rencontrés avec le gouvernement et les départements ministériels, de faire progresser les demandes et l&rsquo;octroi de licences, de traiter les questions soulevées par la SNH et de faire pression sur le gouvernement». En contrepartie, GDC s’est engagée à donner à son consultant un salaire mensuel de 50.000 dollars américains (28 millions FCFA), des billets d’avion en classe business sur les vols internationaux et même des frais d’hôtel pendant la durée du contrat. Ekoko Mukete exerçait comme consultant quand la Société Nationale des Hydrocarbures(SNH) a menacé par voie d’huissier de résilier le contrat entre la société de gaz et l’Etat du Cameroun pour non-respect des engagements.</p>
<p>En un an, GDC a octroyé quatre marchés importants à cet homme d’affaires. Outre le transport du condensat et le poste de consultant, Ekoko Mukete et William Bill Egbe, alors directeur général adjoint de GDC, ont signé en decembre 2016, deux contrats de sous-locations des locaux d’Unilog à Bekoko, à la peripherie de la capitale économique. Le premier stipulait que GDC devait occuper un bureau au premier étage, avoir un  personnel de sécurité, des chiens de garde et des caméras de surveillance contre un loyer mensuel de plus d’un million 300.000 F Cfa à verser à Unilog. Le second contrat disait que Unilog devait céder à GDC une cour de 5.000 mètres carré, du personnel de sécurité, des chiens de garde et des caméras de surveillance pour plus de 650.000 FCFA de loyer mensuel. Dans ces deux contrats de sous location, la filiale de VOG n’a pas mentionné les raisons l’ayant poussé à rechercher de nouveaux locaux.</p>
<p>Ekoko Mukete a été contacté dans le cadre de cette investigation. Il a refusé de donner sa version des faits.</p>
<h2>Allégations<strong> d’abus sexuel</strong></h2>
<p>Plus d’un an et demi après avoir été saisie, la Conac a réagi à la plainte d’Akoa, juste pour dire à l’ancien contrôleur des projets que les faits qu’il dénonce relèvent de la compétence des juridictions judiciaires. Outre Akoa, d’autres cadres camerounais ont trainé GDC en justice pour «licenciement abusif», parmi lesquels Honoré Mbouombouo Dairou, ancien directeur général adjoint et Henri Serge Job, ancien directeur du développement commercial. Brigitte Grace Bayemi, ancienne responsable du développement des affaires, a en plus de la plainte pour licenciement abusif contre GDC, accusé Mark Wilson de harcèlement sexuel.</p>
<p>Mark Wilson aimait faire les choses en secret. En juillet 2015, il a accordé à William Egbe, alors Directeur des affaires juridiques de GDC, un prêt de 20 millions Fcfa, en violation de l’article 450 des textes OHADA sur le droit des affaires,  à un moment où GDC disait avoir des soucis financiers et refusait de payer des impôts et des redevances à l’Etat. William Egbe en savait beaucoup sur les transactions financières à GDC, d’après des anciens cadres licenciés qui, dans un courriel remontant à mars 2017, ont dit à la Conac que William Egbe prenait «d&rsquo;énormes sommes d&rsquo;argent dans des mallettes pour se rendre à Yaoundé pour (obtenir)  diverses facilités de la haute administration centrale publique ».</p>
<p>A Londres, certains actionnaires de VOG avaient déjà évoqué le scandale des pots-de-vin versés aux autorités camerounaises par certains dirigeants de GDC. Micheal Taylor, un actionnaire majeur de VOG, a même avancé des montants. «Nous avons également été informés d&rsquo;importants retraits d&rsquo;espèces en 2016, totalisant environ 100.000 dollars (55 millions de francs CFA), emportés par Mark Wilson, William Egbe et Ahmet Dik lors des voyages dans la capitale, Yaoundé, mais pour des raisons peu claires &#8230;», a dit Micheal Taylor dans un courriel aux avocats de VOG en janvier 2017 .</p>
<p>Contacté au téléphone, William Ebge avait promis de réagir aux multiples demandes d’informations mais il est resté silencieux. Ahmed Dik et Mark Wilson n’ont pas fait de commentaires sur les allégations de Micheal Taylor.</p>
<h2><strong>Où est parti l’argent ?</strong></h2>
<p>Beaucoup d’argent sortait de GDC pour des services peu clairs. D’autres documents internes de la société de gaz révèlent qu’en Avril 2016, BlackWood General Trading LLC, une entreprise associée à Ahmed Dik, a réçu de GDC environ 1.370.000 dollars américains (774 millions de FCFA) pour la fourniture des tuyaux de divers diamètres utilisés dans l’extension du pipeline du gaz naturel.  Akoa a dit que les prix de cette société basée à Dubai aux Emirats Arabes Unis étaient trois fois plus élevés que ceux des entreprises Ghanéenne et indienne qui fournissaient ce type de tuyaux à GDC.</p>
<p>La chaîne d’approvisionnement de GDC s’est étendue jusqu’en Afrique du Sud. Entre Août 2014 et Novembre 2016, la filiale de VOG a dépensé 397.088 rands (16,5 millions de FCFA) pour l’achat des chemises, des bottes, des casquettes et ceintures de sécurité auprès de A-Call-Away (ACA), une entreprise sud-africaine de plomberie et d&rsquo;électricité dirigée par Heilie Friend, l’épouse de Eric Friend, l’actuel Directeur général de GDC. Les mêmes documents financiers internes révèlent que GDC a versé dans la même période la somme de 184.553 rands (7,7 million de FCFA) à Contractors Equipment Store(CES), une autre entreprise sud-africaine basée comme ACA à Cape Town, pour la fourniture des costumes, des manteaux et des chaussures de sécurité. Dans ces deux contrats, le représentant de ACA et de CES s’appelle Ruhan Lombard, directeur de CES et frère de Heilie Friend, l’épouse de Eric Friend.</p>
<p>GDC effectuait ces achats coûteux au moment où environ une trentaine de ses employés camerounais avait été licenciée au motif que la société de gaz voulait réduire les coûts. Un autre employé actuellement au tribunal contre son ex employeur pour licenciement abusif dit avoir découvert que sa signature a été forgée. Licencié le 26 septembre 2017 après avoir fait un accident à bord d’une voiture de GDC, Eric Fokam a trainé son employeur au tribunal pour licenciement abusif. Cet ancien chauffeur a dit que la défense a présenté lors d’une audience au tribunal un rapport de test d’alcool qu’il aurait subi après l’accident. « Je n’ai fait aucun test d’alcool après l’accident», a dit Fokam lors d’une interview. « Ils ont voulu imiter ma signature pour crédibiliser le faux document ; je ne peux pas laisser passer cela». Eric Friend n’a pas commenté les allégations formulées par d&rsquo;anciens membres du personnel.</p>
<p>Cependant, certains actionnaires de VOG informés des allégations, y compris l&rsquo;ancien directeur général de GDC, Jonathan Scott Barrett, ont exigé l’ouverture d’une enquête indépendante afin de «produire suffisamment de preuves pour que tous les dirigeants soient immédiatement congédiés et sans aucune chance de rester en attente d&rsquo;une longue enquête perturbatrice», a dit Scott Barrett dans un courriel interne. Après quelques hésitations, le comité d&rsquo;audit de VOG a sélectionné le cabinet Price Waterhouse Coopers Nigeria pour entendre Akoa sur ses allégations et faire un audit interne de GDC. Plus tard, VOG a averti les investisseurs dans un courriel qu&rsquo;après avoir examiné le rapport, le comité d’audit choisirait les informations à communiquer aux actionnaires et aux autorités.</p>
<p>L’ancien contrôleur de projet de GDC a dit avoir été entendu début 2017 mais que Price Waterhouse Coopers    n’avait pas encore audité GDC. Price Waterhouse Coopers  n’a pas fait de commentaire sur cette allégation. En tant qu’entreprise cotée à la bourse de Londres, VOG a le devoir de rapporter des informations importantes à ses actionnaires. Contacté, Iain Patrick, président du comité d&rsquo;audit de VOG, a dit que toute question concernant le groupe de sociétés devrait être adressée à la direction générale ou aux conseillers en relations publiques.</p>
<p>Mais, de hauts responsables de GDC et de VOG, y compris Kevin Foo, sont restés silencieux à toutes les demandes d&rsquo;information.</p>
<p><em>Cette enquête a été premièrement publiée en juin 2018.</em></p>
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