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	<title>bois &#8211; The Museba Project</title>
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	<description>Corruption, Human Rights Violations, Illicit Finance Flows</description>
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		<title>Franck Biya, Al Fatih, Alamine Mey : ce qu’un rapport révèle sur les réseaux d’influence autour des forêts du Cameroun</title>
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		<dc:creator><![CDATA[The Newsroom]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 29 May 2026 07:33:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A La Une]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Avec ses 22 millions d’hectares de forêt, le Cameroun possède le second plus important massif du bassin du Congo. La forêt est vitale. Elle fournit des ressources essentielles comme la nourriture, la médecine ou l’habitat à plus de huit millions de personnes vivant dans les zones rurales du pays.  Pendant des années, des exploitants clandestins [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Avec ses 22 millions d’hectares de forêt, le Cameroun possède le second plus important massif du bassin du Congo. La forêt est vitale. Elle fournit des ressources essentielles comme la nourriture, la médecine ou l’habitat à plus de huit millions de personnes vivant dans les zones rurales du pays.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Pendant des années, des exploitants clandestins qui échappaient au contrôle de l’administration ont tiré profit de<span class="Apple-converted-space">  </span>larges espaces forestiers aux dépens de l’environnement, des communautés locales et de l’Etat. Entre 2001 et 2023, les activités d’exploitation illégale ont contribué à faire perdre au Cameroun jusqu’à deux millions d’hectares de forêt. <span class="Apple-converted-space">   </span></p>
<p>Alors que les autorités multiplient des efforts pour réduire la saignée,<span class="Apple-converted-space"> </span>le pillage a changé de visage. Il est désormais organisé à l’abri des regards curieux par des élites corrompues, influentes et protégées depuis le sommet de l’Etat, selon Global Initiative Against Transnational Organized Crime (GI-TOC), une organisation internationale qui lutte contre la criminalité organisée dans le monde. <span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Dans un récent rapport intitulé «<i>uprooting Cameroon’s elite timber networks</i>», GI-TOC révèle qu’un groupe de sociétés forestières et d’agro business liées à Aboubakar Al Fatih, homme d’affaires et membre du Comité central du Rassemblement Démocratique du peuple camerounais (Rdpc), a obtenu de larges concessions dans des circonstances controversées et a alimenté de pratiques douteuses la chaine d’approvisionnement du bois.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>D’après GITOC, le groupe de Al Fatih est constitué de la Société camerounaise d&rsquo;Industrie et d&rsquo;Exploitation des Bois (Scieb), la Société d’Exploitation et de Transformation de bois (Sextransbois), Bois du Cameroun (Boiscam), et la société d’agro business Camvert, spécialisée dans la culture du palmier à huile.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<figure id="attachment_3706" aria-describedby="caption-attachment-3706" style="width: 3024px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-full wp-image-3706" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2026/05/Capture-d’écran-2026-05-29-à-09.17.02.png" alt="" width="3024" height="1964" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2026/05/Capture-d’écran-2026-05-29-à-09.17.02.png 3024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2026/05/Capture-d’écran-2026-05-29-à-09.17.02-300x195.png 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2026/05/Capture-d’écran-2026-05-29-à-09.17.02-1024x665.png 1024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2026/05/Capture-d’écran-2026-05-29-à-09.17.02-768x499.png 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2026/05/Capture-d’écran-2026-05-29-à-09.17.02-1536x998.png 1536w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2026/05/Capture-d’écran-2026-05-29-à-09.17.02-2048x1330.png 2048w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2026/05/Capture-d’écran-2026-05-29-à-09.17.02-600x390.png 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2026/05/Capture-d’écran-2026-05-29-à-09.17.02-750x487.png 750w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2026/05/Capture-d’écran-2026-05-29-à-09.17.02-1140x740.png 1140w" sizes="(max-width: 3024px) 100vw, 3024px" /><figcaption id="caption-attachment-3706" class="wp-caption-text">Une vue du parc à bois du port autonome de Kribi. Credit: The Museba Project.</figcaption></figure>
<p>&nbsp;</p>
<h3><b>La famille Baroux, actionnaire à Sextransbois</b></h3>
<p>Le rapport présente Sextransbois comme un cas anecdotique.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>En Février 2014, cette société voit le jour à Sangmélima dans la région du Sud avec un capital d’un million de Fcfa. Son gérant s’appelle Mahmoud Mourtada, un étudiant âgé de 20 ans. En Aout 2014, Mahmoud signe un contrat de partenariat autorisant Sextransbois à exploiter les forêts denses des communes de Ebolowa I et II situées dans la région du Sud. Le jeune dirigeant s’engage à fournir les moyens techniques, matériels et financiers nécessaires à l’exploitation. En novembre de la même année, le ministre en charge des forêts approuve le contrat. Et dès le mois suivant, Sextransbois devient bénéficiaire de larges concessions forestières, l’une après l’autre, à travers le pays.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Pour une société forestière sans expérience, cette ascension fulgurante suscite de l’admiration. Mahmoud est présenté à l’époque comme une âme bien née. Mais, après avoir consulté le registre de commerce de Sextransbois, GI-TOC révèle que cette société enregistrée dans la région natale du Président Biya avait à sa création comme actionnaires Christine Nyangono Ebolo Baroux, Rene Maurice Joseph Baroux et Serge Mounier. GI-TOC a ensuite découvert que ces trois personnes avaient à l’époque un lien de mariage avec Franck Emmanuel Biya, le premier fils du Président camerounais.</p>
<p>Christine Nyangono Ebolo Baroux était au moment des faits la belle-mère de Frank Biya, Réne Maurice Joseph Baroux en était le beau-père, et Serge Mounier, un autre Baroux, était le beau-frère de Franck. Il n’est pas indiqué si toutes ces personnes avaient une expérience dans le secteur du bois. Mais il est certain que le gérant de Sextransbois, Mahmoud Murtada, âgé de 20 ans, était le demi-frère de Aboubakar Al Fatih. A l’époque, Mahmoud était un étudiant de l’université de Yaoundé qui travaillait dans le même temps comme assistant du Directeur à Cemco, une société minière co-appartenant à Al Fatih.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Selon GI-TOC, René Maurice Baroux, de nationalité française est décédé en 2014 à Cap Martin, près de la ville de Monaco en France où Franck Biya serait propriétaire d’un manoir d’une valeur de trois millions d’euros. En 2008, une société dénommée René Baroux France, alors basée á Dunkerque en France, et qui appartenait à Réné Maurice avait été accusée d’acheter du bois illégal en provenance du Cameroun.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Serge Mounier, le beau-frère de Franck dispose également de liens forts au Cameroun, puisqu’il a été fait Directeur à Sud Cameroun Hevéa, une société qui avait fait raser environ dix mille hectares de forêts dans la région du sud pour faire place à la culture de l’hévéa, d’après GI-TOC. En 2021, serge Mounier a été élevé au rang de chevalier du mérite camerounais par le président Paul Biya.</p>
<h3 style="text-align: center;"><span class="Apple-converted-space"> </span><b>«<i>Les élites </i></b><b><i>ont une influence telle que les interventions viennent de vos supérieurs hierarchiques pour vous demander de laisser passer ce qui ne devrait pas l’être</i>”,</b> explique Ebenezer Ekwalla, fonctionnaire à la retraite, ancien agent contrôleur au ministère des forêts.<span class="Apple-converted-space"> </span></h3>
<p>Comme sa belle-famille, l’odeur du bois attire le fils du Président depuis belle lurette. D’après GI-TOC, Franck Biya a été actionnaire de Compagnie Forestière Assam (Cofa), une société appartenant à son cousin le député Bonaventure Assam Mvondo. Cofa a été épinglée plusieurs fois par l’administration forestière pour des activités illégales. Franck Biya, lui-même, est présenté comme le propriétaire d’Ingénierie Forestière (ING-F) et de la Société commerciale industrielle et forestière (SCIFO), deux sociétés forestières accusées par le passé d’exploitation illégale. <span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>La belle famille de Franck Biya a quitté Sextransbois peu de temps après sa création, laissant la société entre les mains de Mahmoud, le jeune étudiant sans expérience dans le domaine. Ce passage de témoin a fait dire à des experts de Gitoc que le bénéficiaire réel de la société a été soigneusement caché.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Un avis partagé par un officiel ayant pris part à la signature du partenariat entre Sextransbois et les communes de Ebolowa I et II peu de temps après le départ de la belle famille de Franck Biya de la société forestière. D’après cet officiel, les exécutifs des communes ont reçu des pressions pour signer ce contrat de partenariat, ce qui leur a fait comprendre que Mahmoud n’était qu’un «instrument» entre les mains des intérêts puissants, indique GI-TOC. <span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>En 2018, Sextransbois s’est retirée sans raison du registre de commerce de Sangmélima pour s’établir dans la capitale économique. Le changement de lieu d’incorporation est légal. GI-TOC fait toutefois savoir que deux mois après ce mouvement, une concession forestière de Sextransbois a été suspendue durant trois mois par le ministère des forêts pour défaut de preuve de l’origine légale du bois.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Malgré tout, Sextransbois est revenue plus forte deux ans plus tard, aux côtés de Scieb. Les deux sociétés appartenant au groupe de Al Fatih ont décroché deux larges concessions au cœur de la foret d’ Ebo, une zone de conservation et de richesse culturelle abritant plusieurs communautés locales. Cette acquisition, qui avait été dénoncée par la société civile qui trouvait que la réglementation n’avait pas été respectée, est venue conforter l’influence du groupe forestier de Al Fatih.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>D’après GI-TOC, Samuel Mvondo Ayolo, directeur du cabinet civil de la Présidence de la République et ami loyaliste de Franck Biya, aurait pesé de son poids pour que la décision controversée sur la forêt d’Ebo soit en faveur de Scieb et Sextransbois. <span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<h3><b><span class="Apple-converted-space"> </span>Le schéma de la corruption</b></h3>
<p>L’homme d’affaires Aboubakar Al Fatih aurait personnellement représenté ses sociétés au cours des réunions avec des communautés à Ebo. GI-TOC a approché plusieurs sources locales qui ont affirmé que Al Fatih a essayé de les corrompre afin qu’elles abandonnent la campagne lancée par certains riverains contre l’exploitation de la foret d’Ebo. En 2021 par exemple, Al Fatih a offert à un chef autochtone une voiture, une maison et un poste majeur dans le comité de développement local, selon GI-TOC. Objectif : soutenir les projets de développement qui seront financés par l’une des sociétés de l’homme d’affaires.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Un an plus tard, un autre chef autochtone et cinq de ses collègues auraient reçu, au cours d’une rencontre avec Al Fatih, une enveloppe contenant la somme d’un million de Fcfa représentant les frais de leur hébergement à Yaoundé. Les chefs devaient en retour apporter leur soutien pour la construction d’une route illégale dans la forêt d’Ebo. Ce chef a dit à GI-TOC qu’il s’agissait d’un acte de corruption.</p>
<p>“<em><b>La corruption depend de la qualité de l’exploitation et des produits, mais c’est une affaire de gros sous”, dit Ebenezer Ekwalla. “A l’époque, pour laisser passer un camion de Bubinga avec de faux documents, il fallait que l’operateur forestier depose au moins 2 millions de cfa chez l’agent contrôleur</b></em>.”</p>
<p>“ <em><b>Si au niveau du departement, vous avez 2 millions de fcfa, imaginez combien ça peut coûter au niveau national. Plus on monte, plus on paie cher</b>”</em>, dit le fonctionnaire retraité.</p>
<figure id="attachment_3703" aria-describedby="caption-attachment-3703" style="width: 3024px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-full wp-image-3703" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2026/05/Capture-d’écran-2026-05-29-à-08.38.12.png" alt="" width="3024" height="1964" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2026/05/Capture-d’écran-2026-05-29-à-08.38.12.png 3024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2026/05/Capture-d’écran-2026-05-29-à-08.38.12-300x195.png 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2026/05/Capture-d’écran-2026-05-29-à-08.38.12-1024x665.png 1024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2026/05/Capture-d’écran-2026-05-29-à-08.38.12-768x499.png 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2026/05/Capture-d’écran-2026-05-29-à-08.38.12-1536x998.png 1536w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2026/05/Capture-d’écran-2026-05-29-à-08.38.12-2048x1330.png 2048w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2026/05/Capture-d’écran-2026-05-29-à-08.38.12-600x390.png 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2026/05/Capture-d’écran-2026-05-29-à-08.38.12-750x487.png 750w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2026/05/Capture-d’écran-2026-05-29-à-08.38.12-1140x740.png 1140w" sizes="(max-width: 3024px) 100vw, 3024px" /><figcaption id="caption-attachment-3703" class="wp-caption-text">La gare routière de Campo, au sud Cameroun. Credit: The Museba Project</figcaption></figure>
<p>&nbsp;</p>
<p>A Campo Ma’an, toujours dans la région du sud, Camvert et Boiscam, deux autres sociétés de Al Fatih ont aussi fait parler d’elles. Camvert a obtenu une concession d’environ 60.000 hectares pour la plantation du palmier à huile. La société civile a relevé des irrégularités sur la reclassification de la concession et l’absence de consultation des communautés locales. Certains ouvriers de Boiscam et un officiel local du ministère des forêts ont indiqué à GI-TOC que Boiscam a exploité le bois dans la concession attribuée à Camvert.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<h3><b>Soupçons de transfert de prix</b></h3>
<p>En 2024, Boiscam a d’ailleurs été accusée d’exploiter en dehors des limites de la concession. Quatre ans plus tôt, cette société avait été indexée pour la même violation par une organisation indépendante. En 2018, l’administration forestière avait déjà suspendu les activités d’exploitation dans une vente de coupe de Boiscam pendant trois mois au motif que la société avait de la peine à prouver que son bois était d’origine légale.</p>
<p>En 2023, Scieb a exporté le bois vers seize pays en Afrique, en Europe, dans le moyen orient, en Asie et a encaissé des centaines de millions de FCFA. Entre mars 2023 et octobre 2024, et d’après les données douanières obtenues par GI-TOC, Scieb a vendu 109 cargaisons de bois à United Development(HK) Co Ltd, une société basée à Hong Kong très peu connue en ligne. D’après le manifeste d’une des cargaisons, l’adresse physique de United Development est la même que celle du bureau de la poste à Hong Kong et le numero de téléphone de cette société est indisponible, selon GI-TOC. <span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>GI-TOC a comparé la valeur des cargaisons vendues par Scieb à United Development avec le prix des mêmes espèces de bois sur le marché international, et a découvert que le prix du bois de Scieb est la moitié du vrai prix sur le marché international. Un expert a confié à GI-TOC qu’il s’agit d’un cas de transfert de prix, dans lequel la société importatrice revend les produits de la société exportatrice à un autre client. Ce qui empêche aux autorités fiscales du pays dans lequel le bois a été exploité de voir les vrais profits de la société locale.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Scieb, Boiscam et Sextransbois ont exporté de nombreuses cargaisons de bois via les ports de Kribi et de Douala en direction du marché international avec l’appui de nombreuses mains au service de leur propriétaire.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<h3><b>Les soutiens de l’ombre du groupe de Al Fatih</b></h3>
<p>En Mars 2025, le Président Biya a élevé Aboubakar Al Fatih au rang de membre du comité central du Rdpc, un cercle décisionnel puissant qui regroupe des personnalités triées sur le volet. En général, il faut être parrainé par des hommes politiques influents pour figurer dans la liste des membres du comité central. Dans son cas, Al Fatih aurait reçu les premiers soutiens dans le Mayo-Banyo, son département natal, avec comme mentor principal feu Hamadjoda Adjoudji, ancien secrétaire général adjoint du Rdpc et l’un des ministres ayant le plus duré au gouvernement.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Al Fatih a été décoré par le président Biya pour son engagement dans le secteur économique. En peu de temps, il est devenu détenteur d’actions dans trois sociétés forestières, une société d’agro business et même une société minière denommée Cemco.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>D’après les informations de GI-TOC, Al Fatih et Mahmoud Murtada sont des demi-frères qui ont bâti un groupe soutenu dans l’ombre par des personnalités influentes. Plusieurs sources ont indiqué à GI-TOC que Ousmane Alamine Mey aurait aidé le groupe de Al Fatih à obtenir des faveurs politiques importantes et serait même l’un des soutiens financiers du groupe. L’actuel ministre de l’économie, du plan et de l’aménagement du territoire (Minepat) qui coordonne les stratégies de développement dans tous les secteurs y compris la forêt, est un vieil ami et allié de Franck Biya. Ce dernier aurait pesé pour son entrée au gouvernement, d’après plusieurs médias.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Un haut cadre du ministère en charge des forêts a confié à GI-TOC que Alamine Mey est la «main cachée» derrière le groupe de Al Fatih. Plusieurs sources ont confirmé que, bien qu’il n’ait pas un rôle officiel dans l’attribution des permis forestiers, le ministre Alamine Mey exerce son influence pour que le ministère des forêts (Minfof) accorde des faveurs au groupe de Al Fatih.<span class="Apple-converted-space">    </span><span class="Apple-converted-space">     </span></p>
<p>Au Minfof, Ousmane Alamine Mey dispose, d’après GI-TOC, d’un allié de poids :<span class="Apple-converted-space">  </span>Koulsoumi Alhadji Boukar, secrétaire d’Etat au Minfof. Son point de vue compte notamment dans l’attribution des Unités Forestières d’Aménagement (UFA). Koulsoumi serait la personne qui sauvegarde les intérêts du groupe de Al Fatih au Minfof, selon GI-TOC qui ajoute que le gendarme, garde du corps du ministre Alamine Mey, est un frère cadet de Koulsoumi. Le jeune gendarme serait devenu un facilitateur pour les opérateurs forestiers qui souhaitent bénéficier des largesses de Koulsoumi sa sœur ainée. Comme Al Fatih et Mahmoud, Koulsoumi est originaire de la région de l’Adamaoua et est proche du tout puissant sultan de Wandala.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<figure id="attachment_3702" aria-describedby="caption-attachment-3702" style="width: 543px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-full wp-image-3702" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2026/05/Mey.jpeg" alt="" width="543" height="565" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2026/05/Mey.jpeg 543w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2026/05/Mey-288x300.jpeg 288w" sizes="(max-width: 543px) 100vw, 543px" /><figcaption id="caption-attachment-3702" class="wp-caption-text">Alamine Ousmane Mey. Le ministre de l&rsquo;Economie, de la Planification et de l&rsquo;Aménagement du territoire.</figcaption></figure>
<p>GI-TOC dit avoir sollicité les commentaires des personnes et entités citées dans son rapport. Des emails ont été envoyés<span class="Apple-converted-space">  </span>à Alamine Ousmane Mey, Mahmoud Mourtada, Serge Mounier Baroux, Boiscam, Camvert, SCIEB, Sextransbois et Sudcam. Des messages envoyés à Aboubakar al Fatih, Franck Biya, Koulsoumi Alhadji Boukar et United Development (HK) Co. Ltd. Aucune response ou commentaire n’a été reçu. GI-TOC precise que pour les cas de Christine Baroux, le frère de Koulsoumi Alhadji Boukar et de Rémy Ze Meka, aucun contact n’a pu être trouvé, mais que tout commentaire reçu sera publié dans le site internet de GI-TOC.</p>
<p>Sur 36 pages, GI-TOC a documenté les circuits de corruption qui alimentent l’exploitation illégale au Cameroun, à travers des cas de fraude et des activités illégales à toutes les étapes de la chaine d’approvisionnement, allant de la classification des forets à l’exportation du bois.</p>
<p>GI-TOC recommande aux autorités camerounaises, entre autres, de supprimer les Unités Forestières d’ Aménagement(UFA) dans la forêt d’ Ebo, d’enquêter sur les allégations de corruption sur Al Fatih, les faveurs politiques via certains membres du gouvernement, et de soutenir les efforts de la société civile visant à exposer des illégalités et la corruption dans le secteur forestier.<span class="Apple-converted-space"> </span><span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>«<em>L’Etat doit changer sa vision parce qu’on ne va pas travailler avec les corrompus toute une vie», declare Ebenezer Ekwalla. «Il faut cesser d’influencer le travail des techniciens même le plus petit d’entre eux, chacun son role”</em></p>
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		<title>Bois: sur la trace des ventes de coupe déclarées caduques qui n&#8217;existaient réellement pas</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Christian LOCKA]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Nov 2022 19:55:28 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C&#8217;était le 16 mars 2021. Le ministre camerounais des forêts a pris une décision constatant la caducité de cinquantaine sept ventes de coupe dans le domaine national, « en raison du dépassement de leur période de validité ». Une vente de coupe est une parcelle de terrain que l&#8217;Etat met à la disposition d&#8217;une société privée qui [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C&rsquo;était le 16 mars 2021. Le ministre camerounais des forêts a pris une décision constatant la caducité de cinquantaine sept ventes de coupe dans le domaine national, « en raison du dépassement de leur période de validité ».</p>
<p>Une vente de coupe est une parcelle de terrain que l&rsquo;Etat met à la disposition d&rsquo;une société privée qui dispose des capacités financières, administratives et techniques pour l&rsquo;exploitation pendant une durée de trois ans qui peut être renouvelée, a indiqué Ebenezer Ekwalla Dit Toube, ancien brigadier en chef de l&rsquo;unité centrale au ministère des forêts.</p>
<p>« Cette parcelle ne dépasse pas 2500 hectares », a précisé le fonctionnaire à la retraite.</p>
<p>Comme ces ventes de coupe étaient arrivées à expiration depuis plusieurs mois et que les trente huit sociétés forestières concernées n&rsquo;ont pas sollicité une extension de leurs activités, elles ont été déclarées caduques par l&rsquo;administration forestière.</p>
<p>«La caducité ainsi prononcée emporte la perte du titre d’exploitation forestière, l’arrêt définitif et immédiat des activités relatives, le règlement de tous les droits, taxes et redevances dus », a écrit Jules Doret Ndongo, le ministre des forêts. « Ces droits, taxes et redevances, peuvent, le cas échéant, faire l’objet d’un recouvrement forcé».</p>
<p>Ndongo est allé loin en donnant d&rsquo;autres détails importants: le numéro de la vente de coupe, le nom de l&rsquo;exploitant, la date d&rsquo;attribution et d&rsquo;expiration de la vente de coupe, et le motif du retrait.</p>
<p>Mais, la décision du ministre des forêts est contredite par certaines sociétés forestières citées qui ne se souviennent pas avoir obtenu les ventes de coupe qui leur sont attribuées. D&rsquo;autres disent avoir trouvé que les sites qui leur ont été octroyés par l&rsquo;administration forestière étaient déjà occupés par des exploitations frauduleuses, ou comme dans un cas, par une vaste plantation gardée par les militaires qui appartiendrait à une haute personnalité du pays.</p>
<h3><strong>Tromperie</strong></h3>
<p>Méssok est une commune du département du haut Nyong, à l&rsquo;Est Cameroun, où vivent environ 12 mille âmes. Mékoua, un des villages de l&rsquo;arrondissement, est  situé au bord d&rsquo;une piste poussiéreuse qui mène à la capitale de la région. Sa population vit dans des cases recouvertes de paille, de feuilles mortes et se nourrit des produits de la chasse. Pourtant, ce village dispose des richesses naturelles qui pouvaient accélérer son développement, à commencer par la foret communautaire qu&rsquo;il partage avec deux villages voisins.</p>
<p>« Nous sommes un grand fournisseur de bois mais nous ne bénéficions de rien depuis la création de la forêt communautaire », a déclaré jean Paul Diouala Mkpala, chef du village Mekoua. « Les audiences ne sont pas réalisées, il y a toujours une tromperie ».</p>
<figure id="attachment_3483" aria-describedby="caption-attachment-3483" style="width: 1093px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-full wp-image-3483" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/chef-village.jpg" alt="" width="1093" height="615" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/chef-village.jpg 1093w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/chef-village-300x169.jpg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/chef-village-1024x576.jpg 1024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/chef-village-768x432.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/chef-village-600x338.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/11/chef-village-750x422.jpg 750w" sizes="(max-width: 1093px) 100vw, 1093px" /><figcaption id="caption-attachment-3483" class="wp-caption-text">Jean Paul Diouala Mkpala, chef du village Mekoua</figcaption></figure>
<p>Quand il parle de tromperie, Diouala Mkpala fait allusion aux petits exploitants qui entrent discrètement dans la forêt de son village, coupent le bois avec des tronçonneuses puis repartent sans donner quelque chose à la population.</p>
<p>En 2017, une opportunité à frapper à la porte de ce village. Cette année-là, l&rsquo;administration forestière a attribué la vente de coupe No 1002404 d&rsquo;une durée de trois ans à la société forestière « La Rosière ». Cette vente de coupe devait s&rsquo;effectuer dans les villages Mekoua, Mebem et Messea, et apporter du sourire aux riverains. Mais en 2021, cette vente de coupe a été déclarée obsolète à cause du dépassement de la période de validité; au grand étonnement des résidents locaux qui n&rsquo;étaient pas, disent-ils, au courant d&rsquo;une telle vente de coupe encore moins de la société adjudicataire.</p>
<p>« On ne connait pas La Rosière et  je n&rsquo;ai aucune idée de cette société », a déclaré Séraphin Nanga, le président de la forêt communautaire Beuk, Mekoua et Messea. »On n&rsquo;a pas d’entreprise sur le terrain qui exploite; avant on exploitait avec des tronçonneuses, c’est maintenant que nous cherchons des entreprises pour couper le bois en grume. »</p>
<p>Le représentant de la population, Diouala Mkpala, est lui aussi catégorique: « nous n’avons pas encore vu « La Rosière » sur place face à la population ».</p>
<p>Alors que les communautés locales se demandent pourquoi la société forestière n&rsquo;a pas pu exploiter la vente de coupe qui lui aurait été attribuée, The Museba Project a contacté La Rosière pour avoir sa version des faits. Là aussi, c&rsquo;est la surprise.</p>
<p>« Je ne connais par ça (cette vente de coupe) », a déclaré au téléphone un responsable de la société La Rosière, avant de hausser le ton. »Tu me demandes ça en tant que qui?(&#8230;) tu m&rsquo;appelles pourquoi?&#8230; »</p>
<p>Cette société forestière n&rsquo;est pas la seule à ne pas se reconnaitre dans la décision ministérielle. Basée à Douala, la société forestière équatoriale(Sfe)aurait obtenu la vente de coupe No 110223 correspondant à la localité de Nguti dans la région du sud Ouest. L&rsquo;exploitation devait avoir lieu entre septembre 2017 et septembre 2020, selon le ministère des forêts.</p>
<p>Approché dans les locaux de l&rsquo;entreprise, Evariste Nanga, un responsable de la Sfe, a souhaité faire des vérifications internes avant de donner la position de la Sfe. Un jour plus tard, il a déclaré:</p>
<p>« Je n&rsquo;ai pas retrouvé de traces qu&rsquo;on a eu une vente de coupe dans cette zone à cette date là ».</p>
<p>Avec environ 22 millions d&rsquo;hectares de forêts, le Cameroun, pays d&rsquo;Afrique centrale, est le second massif forestier du bassin du Congo derrière la République Démocratique du Congo. Le bois figure parmi les trois premiers produits d&rsquo;exportation du pays. Pour autant,  le secteur forestier contribue encore faiblement au budget de l&rsquo;Etat. Il tourne autour de 3%, d&rsquo;après les chiffres officiels.</p>
<h3><strong>Des militaires à la plantation</strong></h3>
<p>L&rsquo;attribution de ventes de coupe aux sociétés forestières contribue à augmenter les recettes financières, préserver l&rsquo;environnement et améliorer les conditions de vie des communautés locales. Pour ce faire, elle devrait se faire selon une procédure bien définie, a fait savoir Ebenezer Ekwalla. D&rsquo;après le fonctionnaire à la retraite, l&rsquo;administration effectue un travail sur le terrain et sur la carte forestière pour déterminer les sites qui abriteront des ventes de coupe. Après cela, elle fait une publication sur les ventes de coupe disponibles puis les sociétés intéressées se manifestent, dit-il.</p>
<p>« L&rsquo;administration des forêts est structurée pour assurer le contrôle de ces parcelles de terrain », a déclaré cet ancien contrôleur régional des forêts, avant de poursuivre: « le chef de poste forestier est au bas de cette architecture de contrôle, il doit suivre l&rsquo;évolution d&rsquo;une exploitation qui se déroule dans sa circonscription ».</p>
<p>Cela n&rsquo;a pas toujours été le cas sur le terrain. L&rsquo;administration a accordé la vente de coupe No 702101, située à Nkondjock dans le département du Nkam, à la Compagnie Forestière Assam(Cofa) pour une exploitation qui devait prendre fin en 2020. Quand Cofa a voulu lancer l&rsquo;exploitation, le site était déjà occupé.</p>
<p>« On n&rsquo;a pas exploité cette vente de coupe parce qu&rsquo;il y a eu des exploitations frauduleuses dedans », a déclaré au téléphone un responsable de la Cofa, une société liée à Bonaventure Mvondo, député et neveu du président Biya.</p>
<p>« On s&rsquo;est plaint qu&rsquo;il y avait une exploitation, il fallait pas mettre ça en vente ».</p>
<figure id="attachment_2903" aria-describedby="caption-attachment-2903" style="width: 1255px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-full wp-image-2903" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2019/09/Capturekribi.png" alt="" width="1255" height="616" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2019/09/Capturekribi.png 1255w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2019/09/Capturekribi-300x147.png 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2019/09/Capturekribi-768x377.png 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2019/09/Capturekribi-1024x503.png 1024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2019/09/Capturekribi-600x295.png 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2019/09/Capturekribi-750x368.png 750w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2019/09/Capturekribi-1140x560.png 1140w" sizes="(max-width: 1255px) 100vw, 1255px" /><figcaption id="caption-attachment-2903" class="wp-caption-text">Une vue de la forêt dense.</figcaption></figure>
<p>Au cours de la même période, une autre entreprise a été contrainte d&rsquo;abandonner ses sites d&rsquo;exploitation. Il s&rsquo;agit de VERA Forestière, une société qui a acquis deux ventes de coupe, No 110221 et No 801238, à Nguti et Nkoteng, respectivement dans la région du sud ouest et la région du centre. Au moment de lancer les activités sur les sites, la société forestière a rencontré des obstacles.</p>
<p>« Nous avons obtenu ces ventes de coupe mais nous n&rsquo;avons pas pu les exploiter », a regretté au téléphone Nangue Jean Pierre, responsable d&rsquo;exploitation à VERA Forestière. « A Nguti, il y avait la guerre, on a arrêté l&rsquo;exploitation. A Nkoteng, la vente de coupe qu&rsquo;on nous a attribuée se trouvait sur les terres de [Ferdinand] Ngoh Ngoh (Secrétaire général de la Présidence de la République, ndlr), il y avait ses champs dessus sur à peu près 1000 hectares ».</p>
<p>L&rsquo;administration forestière était censée s&rsquo;assurer que ce site était inoccupé avant d&rsquo;en faire une vente de coupe. Face à la réalité, elle était sans voix. « On(l&rsquo;administration, ndlr) nous a dit de nous débrouiller, on était surpris », a dit Nangue.</p>
<p>« C&rsquo;était impossible d&rsquo;exploiter, le site était protégé par plusieurs militaires », a dit Nangue. VERA Forestière qui exportait abondamment le bois vers la Chine est en arrêt d&rsquo;activités depuis environ deux ans. D&rsquo;après son responsable d&rsquo;exploitation, cette société est à la recherche de partenaires pour relancer ses activités.</p>
<h3><strong>Ventes de coupe imaginaires</strong></h3>
<p>Plusieurs autres sociétés qui auraient obtenu des ventes de coupe déclarées désuètes ont dit leur déception parfois à visage couvert. « Nous n&rsquo;avons jamais eu une vente de coupe dans cette localité,  c&rsquo;est plutôt à Bertoua que nous avons par le passé acheté du bois mis aux enchères », a déclaré sous anonymat le propriétaire d&rsquo;une société qui s&rsquo;est vu attribuer une vente de coupe à Bélabo, dans la région de l&rsquo;Est.  » Ce sont des ventes de coupe imaginaires ».</p>
<p>The Museba Project a écrit au ministre des forêts et de la faune pour solliciter son commentaire sur les allégations autour des ventes de coupes déclarées caduques. Jules Doret Ndongo n&rsquo;a pas réagi à la demande d&rsquo;informations.</p>
<p>« Le ministre a été trompé par ses collaborateurs », a déclaré Ebenezer Ekwalla. « Comment peut-on mettre une vente de coupe sur un espace qui abrite une grande plantation depuis plusieurs années? Les collaborateurs doivent donner une information juste et vérifiée au ministre pour lui permettre de prendre la bonne décision, cela n&rsquo;a visiblement pas été le cas dans cette affaire ».</p>
<p>Henri Mevah est le coordonateur du Projet d’Appui à l’élevage et de Préservation de la biodiversité en périphérie des aires protégées au Cameroun (PAPEL), une association qui dénonce souvent les mauvaises pratiques des sociétés forestières. Il a indiqué que certaines sociétés ont, depuis quelques années, l&rsquo;habitude d&rsquo;acquérir des ventes de coupe auprès de l&rsquo;administration juste pour les vendre plus tard au plus offrant.</p>
<p>« Certains adjudicataires camerounais vendent leur ventes de coupe à des libanais ou à des chinois qui disposent d&rsquo;importantes ressources financières et qui sont à la recherche de ressources ligneuses, je ne connais pas les montants des transactions mais c&rsquo;est un phénomène récurrent » , a déclaré Henri Mevah.</p>
<p>Chaque année, l&rsquo;Etat perd environ 33 milliards de F CFA du fait de la corruption et de la mauvaise gouvernance dans le secteur forestier, rapportent des ONG. Et l&rsquo;opacité qui entoure l&rsquo;octroi, le contrôle et la gestion des ventes de coupe pourrait aggraver la situation. Si Rien n&rsquo;est fait.</p>
<p><strong><em>Ce reportage a été réalisé avec le soutien du Rainforest Journalism Fund en partenariat avec Pulitzer Center.</em>      </strong></p>
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		<title>Cameroun, main basse sur le bois !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Christian LOCKA]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Sep 2019 12:17:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Investigation]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une bonne partie des millions de mètres cube de bois et produits dérivés que le Cameroun exporte chaque année vers l&#8217;Europe, l&#8217;Asie et même l&#8217;Amérique, provient d&#8217;opérations forestières illégales qui détruisent l&#8217;environnement, affectent le mode de vie des riverains et font perdre à l&#8217;Etat environ 7 milliards de FCFA par an. En 2010, le gouvernement [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Une bonne partie des millions de mètres cube de <a href="https://www.youtube.com/watch?v=0q5oFCVnRH4">bois et produits dérivés</a> que le Cameroun exporte chaque année vers l&rsquo;Europe, l&rsquo;Asie et même l&rsquo;Amérique, provient d&rsquo;opérations forestières illégales qui détruisent l&rsquo;environnement, affectent le mode de vie des riverains et font perdre à l&rsquo;Etat environ 7 milliards de FCFA par an.</p>
<p>En 2010, le gouvernement et l&rsquo;Union Européenne ont signé un accord de partenariat volontaire relatif à l&rsquo;application des réglementations forestières, la gouvernance et les échanges commerciaux, en abrégé APV FLEGT, dont l&rsquo;une des exigences était la mise en place d&rsquo;un outil de traçabilité du bois.</p>
<p>Pourquoi neuf ans plus tard, et après avoir décaissé plus de 02 milliards de FCFA au profit des cabinets d&rsquo;études étrangers et locaux, le pays ne dispose t-il toujours pas d&rsquo;outil de traçabilité de bois? Pourquoi le processus de passation des marchés a-t-il été entaché de soupçons de corruption et de faux en écriture? Quels rôles ont joué la délégation locale de l&rsquo;Union Européenne et la Banque Allemande de développement (KFW), deux partenaires du projet,  accusées de complot et refus de paiement?</p>
<p>The Museba Project révèle, dans un document exclusif, les secrets du projet foireux de la traçabilité , ainsi que les dégâts du bois illégal qui constitue environ 40% des volumes exportés.</p>
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