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	<title>Dechets médicaux &#8211; The Museba Project</title>
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	<description>Corruption, Human Rights Violations, Illicit Finance Flows</description>
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	<title>Dechets médicaux &#8211; The Museba Project</title>
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		<title>Les déchets médicaux déversés dans la nature causent des infections, des meurtres à Douala</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Theodore Tchopa, Josiane Kouagheu, Cedric Kengne, Audrey Talom, Marie Louise Mamgue]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 27 Nov 2020 11:30:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A La Une]]></category>
		<category><![CDATA[Special Reports]]></category>
		<category><![CDATA[Cameroun]]></category>
		<category><![CDATA[Dechets médicaux]]></category>
		<category><![CDATA[infections]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Sandra* a des frémissements chaque fois qu&#8217;on évoque le nom Jean Germain Mékan. Comme cet après-midi du 25 juillet 2020 où la jeune femme de 25 ans, résidant à Boko-Plage II dans le 3ème arrondissement de Douala, a failli laisser tomber son bébé pendant qu&#8217;elle se ravitaillait en vivres dans la boutique la plus achalandée [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Sandra*</strong> a des frémissements chaque fois qu&rsquo;on évoque le nom Jean Germain Mékan. Comme cet après-midi du 25 juillet 2020 où la jeune femme de 25 ans, résidant à Boko-Plage II dans le 3ème arrondissement de Douala, a failli laisser tomber son bébé pendant qu&rsquo;elle se ravitaillait en vivres dans la boutique la plus achalandée du quartier.</p>
<p>Assise ce jour-là sur un tabouret plus haut que ses jambes, les pieds balançant dans le vide – à défaut de les poser sur une traverse horizontale assurant la stabilité de la chaise en bois – <strong>Sandra*</strong> tend les oreilles pour capter un curieux échange entre la tenancière de la boutique et deux reporters du journal en ligne The Museba Project qui se sont faits passer pour des étudiants.</p>
<p>Du 1<sup>er</sup> février au 30 septembre 2020, cinq journalistes camerounais ont enquêté auprès de 125 centres de santé privés sélectionnés au hasard dans la capitale économique. Pendant neuf mois, ils ont effectué plus de soixante descentes sur le terrain, une quinzaine de réunions de mise au point, deux cents enregistrements et environ deux cent-cinquante photographies, et ont découvert qu&rsquo;à cause de la corruption qui gangrène le système national de santé, la majorité des centres de soins privés comme celui de Jean Germain Mékan violent impunément la réglementation sur la gestion des déchets médicaux et pharmaceutiques, détruisent l&rsquo;environnement, les ressources naturelles, et que certains de leurs déchets tranchants comme les seringues usées sont utilisés par des populations pour donner la mort aux bandits.</p>
<figure id="attachment_3150" aria-describedby="caption-attachment-3150" style="width: 464px" class="wp-caption alignleft"><img class=" wp-image-3150" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/dechets3.jpg" alt="" width="464" height="619" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/dechets3.jpg 576w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/dechets3-225x300.jpg 225w" sizes="(max-width: 464px) 100vw, 464px" /><figcaption id="caption-attachment-3150" class="wp-caption-text">Déchets médicaux et ménagers abandonnés à l&rsquo;air libre</figcaption></figure>
<p>Plus connu sous le sobriquet de «Docta Kotto», Jean Germain Mékan, infirmier diplômé d&rsquo;Etat, est propriétaire d&rsquo;un centre de santé situé à proximité du domicile de <strong>Sandra*</strong>, une mère de deux enfants. Avec des cheveux formant quatre nœuds cernés de pousses dues à la vieillesse des nattes, <strong>Sandra*</strong>, tête baissée, suit la conversation entre la tenancière de la boutique et les journalistes sans dire un mot. Tout à coup, elle serre plus fort le bébé qu&rsquo;elle tient dans ses bras posés sur les cuisses, sans doute pour l&rsquo;épargner du froid mordant qu&rsquo;il fait en ce jour pluvieux.</p>
<p>Ensuite, elle ajuste la couette dans laquelle est emballé le nourrisson pour le protéger des grosses gouttes, puis commence l’achat du charbon, du riz, des arachides, de l&rsquo;huile de palme semi raffinée servie dans un contenant plastique noir, et du poisson fumé appelé «bounga» dans le jargon local. « Docta Kotto » rappelle à <strong>Sandra*</strong> de mauvais souvenirs, notamment cet autre après-midi de février où, de retour du marché, elle a surpris sa fille <strong>Angela*</strong>, l&rsquo;aînée du bébé de deux mois que la ménagère à la petite robe blanche porte dans les bras, en train de sucer une seringue souillée.</p>
<p>Agée d&rsquo;à peine deux ans à l&rsquo;époque, <strong>Angela*</strong>, assise à la véranda de la maison familiale avait, par innocence, pris le déchet médical souillé pour un objet à sucer. «Q<em>uand j&rsquo;ai commencé à fouetter <strong>Angela*</strong>, elle m&rsquo;a dit qu&rsquo;elle a ramassé cette seringue derrière le centre de santé de « Docta »</em>», se souvient <strong>Sandra*</strong>, encore sous le choc.</p>
<p>Depuis ce jour, <strong>Sandra*</strong> en veut à « Docta Kotto » qu&rsquo;elle accuse de négligence et d&rsquo;insouciance dans la gestion des déchets produits quotidiennement dans le centre de santé aménagé dans un compartiment du domicile de l&rsquo;infirmier. Faute d&rsquo;argent, elle dit n&rsquo;avoir pu faire des examens médicaux à <strong>Angela*</strong> pour savoir si l&rsquo;enfant a été contaminée en manipulant la seringue usée.</p>
<p>L&rsquo;infirmier stocke ses déchets hospitaliers, tous genres confondus, dans des sacs de polyéthylène inappropriés, entreposés derrière la clôture de son domicile, dans une broussaille traversée par un sentier fréquenté par ses voisins. Il les brûle ensuite, parfois après plusieurs mois de stockage, dans un champ qui sépare sa résidence aux murs carrelés et peinte en jaune, du domicile de la tenancière de la boutique où <strong>Sandra*</strong> a acheté des provisions. Le brûlage génère une fumée noire qui pollue l&rsquo;environnement et nuit au voisinage, d&rsquo;après la tenancière de la boutique.</p>
<p>Pendant longtemps, « Docta Kotto », a été présenté par des habitants de ce quartier populeux comme un « dieu » parce qu&rsquo;il était en situation de monopole dans son activité. Désormais, le centre de santé de l&rsquo;infirmier est au centre des critiques même de ses supporters d&rsquo;hier à cause de la mauvaise gestion de ses déchets médicaux.</p>
<p>«<em>Cela fait six ans qu&rsquo;il ne m&rsquo;adresse plus la parole, simplement parce que, chaque fois que je demandais aux enfants du quartier de défricher la broussaille séparant nos deux maisons, et dans laquelle il stocke et brûle ses déchets, il s&rsquo;énervait </em>»<em>, </em>raconte toute furieuse la tenancière de la boutique.</p>
<p>« <em>Parfois, il arrachait même la houe entre les mains des enfants </em>», dit-elle.</p>
<h3> <strong>Des seringues souillées pour « se faire la guerre » entre enfants&#8230;</strong></h3>
<p>A Douala, les quartiers grouillants comme Village, Bonabéri ou Bépanda, respectivement du 3è, 4è et 5e arrondissement, ne sont pas que de grands pôles démographiques ; ils concentrent aussi le plus grand nombre de centres de santé privés de la ville dont la plupart sont clandestins. Il est difficile de circuler dans le périmètre d&rsquo;une formation sanitaire dans ces quartiers sans trouver un déchet médical abandonné en bordure de la route, dans un dépotoir ou un bac à ordures en violation de la réglementation.</p>
<p>En son article 6 en effet, l&rsquo;Arrêté N° 003/ MINEPDED du 15 octobre 2012 fixant les conditions spécifiques de gestion des déchets médicaux et pharmaceutiques, stipule que dès leur génération, ces déchets doivent être triés selon leurs catégories et mis dans des contenants de couleurs différentes à usage unique répondant aux normes de fabrication en vigueur.</p>
<p>En outre, la collecte et le transport des déchets médicaux et pharmaceutiques par toute personne physique ou morale sont soumis à un permis environnemental délivré par l&rsquo;administration en charge de l&rsquo;environnement, selon le Décret N°20 12/2809/PM du 26 Sept 2012 fixant les conditions de tri, de collecte, de stockage, de transport, de récupération, de recyclage, de traitement et d&rsquo;élimination finale des déchets.</p>
<p>Pourtant, dans les quartiers visités par les reporters et dans plusieurs autres, les centres de santé privés naissent comme des champignons, à une fréquence indéfinie, mais seul un petit nombre est équipé pour fournir des soins de qualité et éviter de mettre la vie des populations en danger.</p>
<p>Sur la rue non bitumée qui traverse le quartier de <strong>Sandra*</strong> en provenance de Boko-Plateau, et qui mène au lieu-dit Port Gentil, des seringues, des aiguilles, des perfuseurs et souvent des gants d&rsquo;hôpitaux flottent sur des flaques d&rsquo;eau en cette saison pluvieuse.</p>
<p>Jovis Prince <strong>K</strong>ene, 10 ans, élève et habitant de Boko-Plage II, a déclaré que la présence de ces déchets sur les eaux constitue une aubaine pour les enfants du coin et ceux du quartier voisin. Le gamin a raconté comment, les week-end, à leurs heures perdues, ses camarades du quartier voisin, associés aux autres enfants, se ruent vers ces eaux de ruissellement ou dans la petite broussaille transformée en dépotoir où « Docta Kotto » déverse les déchets produits dans son centre de santé. Ils collectent ensuite des seringues, les remplissent d&rsquo;eau et les réutilisent pour « se faire la guerre ».</p>
<p>Russel Nana, une adolescente de 15 ans vivant dans le coin, a souvent été témoin de ces jeux au cours desquels les plus jeunes « <em>remplissent les seringues avec de l&rsquo;eau et se pulvérisent le corps », </em>a dit Russel Nana.</p>
<h3><strong>&#8230;Et injecter du pétrole aux voleurs  </strong></h3>
<p>Mais, les habitants du quartier y compris Jovis et Russel n&rsquo;ont pas connaissance des cas de piqûres ou d&rsquo;infections causées par la manipulation des aiguilles et seringues répandues dans la nature après leur utilisation. En revanche, ils se souviennent des traitements inhumains infligés, au moyen des aiguilles, à des bandits présumés pris en flagrant délit par la population.  <em>« Lorsque nous arrêtons un voleur dans ce quartier, nous ramassons une seringue déjà utilisée, nous la remplissons de pétrole et nous injectons le voleur », </em>racontent sous anonymat deux parents abrités sous un arbre, pendant qu’il pleut des cordes.</p>
<p>Dans certains quartiers de la ville, les populations préfèrent torturer parfois jusqu&rsquo;au dernier soupir des présumés malfaiteurs pris en flagrant délit au lieu de les remettre aux forces du maintien de l&rsquo;ordre qu&rsquo;elles accusent d&rsquo;être corrompues. « <em>On s&rsquo;en fout de savoir s&rsquo;il </em><em>[le malfrat]</em><em> va vivre ou pas </em>», dit un parent, sans remords. Il n&rsquo;existe cependant pas de statistiques officielles sur les personnes tuées après l&#8217;emploi des déchets médicaux usagées. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 15% des déchets liés aux soins de santé sont considérés comme dangereux et peuvent être infectieux, chimiques ou radioactifs.</p>
<p>Le 09 mai dernier derrière le domicile de « Docta Kotto » à Boko-Plage II, sept sacs de 50 kg chacun contenant des déchets hospitaliers étaient abandonnés dans une broussaille qu&rsquo;il a transformée en dépotoir. Un liquide noirâtre et nauséabond dégoulinant des sacs s&rsquo;écoulait en direction d&rsquo;un champ semé de maïs et d&rsquo;arachides appartenant à certains de ses voisins en colère contre lui.</p>
<p>Dans une interview au téléphone le 9 novembre dernier, Jean Germain Mekan, encore appelé « Docta Kotto », a déclaré à un reporter qu&rsquo;il trie les déchets médicaux de son centre de santé selon leur nature. « <em>Les déchets tranchants comme les seringues, il y a une boite réserv<strong>ée</strong> pour ça ; dès que nous injectons, nous jetons la seringue dans une boite de sécurité qui est scellée, les autres déchets sont brulés</em> », a dit l&rsquo;infirmier.</p>
<p>Il a ajouté : « <em>On met les déchets dans un carton et dès que le carton est plein, on passe à l&rsquo;incinération</em> ».</p>
<p>A propos des déchets médicaux retrouvés dans les eaux aux alentours de son centre de santé<strong> :</strong> «<em>peut-être que c&rsquo;est ailleurs, chez moi, il y a une boite de sécurité </em>», a dit « Docta Kotto ».</p>
<p>Sur la question du reporter relative aux allégations de <strong>Sandra*</strong>, l&rsquo;infirmier a dit qu&rsquo;il existe une multitude de centres aux environs. « <em>Après 200 mètres, vous trouvez un centre</em> », a-t-il conclu. Des propos qui tranchent avec le constat des reporters.</p>
<p>Une enquête faite par le groupe de journalistes sur la gestion du matériel de stockage des déchets tranchants pré-collectés (aiguilles de seringues, lames de scalpel, <strong>etc.</strong>) par zones sanitaires révèle par exemple que seuls 14 centres de santé sur un échantillon de 27 dans les aires de santé de Bépanda, Bonamoussadi et le district de De<strong>ï</strong>do utilisent des boites à sécurité conventionnelle pour conserver leurs déchets solides. En plus, 11 autres formations sanitaires sur 23 conservent leurs déchets solides dans des matériels non sécurisés, affirment les reporters après des descentes sur le terrain. (Voir tableaux ci-dessous).</p>
<figure id="attachment_3161" aria-describedby="caption-attachment-3161" style="width: 1190px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-full wp-image-3161" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/jpeg1.jpg" alt="" width="1190" height="1390" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/jpeg1.jpg 1190w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/jpeg1-257x300.jpg 257w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/jpeg1-877x1024.jpg 877w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/jpeg1-768x897.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/jpeg1-600x701.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/jpeg1-750x876.jpg 750w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/jpeg1-1140x1332.jpg 1140w" sizes="(max-width: 1190px) 100vw, 1190px" /><figcaption id="caption-attachment-3161" class="wp-caption-text">Tableau 1 : Gestion des déchets.</figcaption></figure>
<h3><strong>Monnayer la collecte des déchets</strong></h3>
<p>Certains centres de santé sous-traitent le transport et l&rsquo;évacuation de leurs déchets d&rsquo;activité de soins à risques infectieux (DASRI) à des tiers n&rsquo;ayant parfois aucune qualification requise. Ces intermédiaires, qui opèrent de manière informelle, en privé, sont payés par semaine ou par mois dans certains cas. Le coût de la prestation varie entre 1000F et 5000F.</p>
<p>D&rsquo;autres centres trouvent cette dépense onéreuse, inutile, et préfèrent dissimuler leurs déchets dans des sacs plastiques qu&rsquo;ils abandonnent, souvent nuitamment, dans le dépotoir d&rsquo;ordures le plus proche, les grands seaux-poubelles verts ou dans des bacs à ordures de l&rsquo;Hygiène et Salubrité du Cameroun (Hysacam), une société privée chargée de la collecte des déchets ménagers dans les grandes villes du pays en partenariat négocié avec l&rsquo;Etat à travers les communautés urbaines.</p>
<p>Au cours de la collecte des ordures, des agents Hysacam ont affirmé qu&rsquo;ils retrouvent régulièrement des déchets médicaux dans les bacs à ordures entreposés dans les quartiers de la ville de Douala. La collecte des déchets hospitaliers spécifiques ne fait pas partie du cahier de charges de Hysacam. Mais, certains de ses agents véreux ont eu à demander de l&rsquo;argent à certains centres de santé pour collecter ou transporter leurs déchets, selon des témoignages.</p>
<p>Responsable de la communication à l&rsquo;agence Hysacam à Douala, Josiane Tientcheu ne se souvient pas, dit-elle, d&rsquo;un cas d&rsquo;agent ayant pris de l&rsquo;argent à un centre de santé qui ait été remonté jusqu&rsquo;à la hiérarchie de la société. Elle parle cependant de « cas isolés » et rappelle que de tels agents &#8211; des brebis galeuses, selon elle, &#8211; savent à quelles sanctions ils s&rsquo;exposent au cas où ils sont pris en flagrant délit de corruption.</p>
<p>Des personnes vivant ou exerçant une activité économique à proximité des bacs à ordures, elles aussi, ont dit avoir plusieurs fois été témoins de la présence des perfuseurs, des aiguilles et des poches de sang dans les décharges.</p>
<figure id="attachment_3162" aria-describedby="caption-attachment-3162" style="width: 1022px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-full wp-image-3162" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/jpeg2.jpg" alt="" width="1022" height="1333" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/jpeg2.jpg 1022w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/jpeg2-230x300.jpg 230w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/jpeg2-785x1024.jpg 785w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/jpeg2-768x1002.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/jpeg2-600x783.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/jpeg2-750x978.jpg 750w" sizes="(max-width: 1022px) 100vw, 1022px" /><figcaption id="caption-attachment-3162" class="wp-caption-text">Tableau 2 : Gestion des déchets(suite).</figcaption></figure>
<h3><strong>Mises en garde aux hôpitaux</strong></h3>
<p>« <em>Mon chef est descendu sur le terrain afin de sensibiliser les différents centres hospitaliers qui se trouvaient aux alentours [des bacs à ordures] </em>»<em>,</em> déplore un superviseur de bac à ordures Hysacam rencontré un jour d&rsquo;avril au marché du quartier Makèpè Missokè. «<em>Quand ils ont été sensibilisés, ils ont cessé pour un moment et, après, ils ont repris </em>».</p>
<p>Avec son ancienne tutelle, la Communauté urbaine de Douala en abrégé CUD (appelée depuis quelques mois la Mairie de Douala), Hysacam dit avoir mis en place une stratégie consistant en des sensibilisations ciblées. Quand la société retrouve des déchets d&rsquo;activité de soins à risques infectieux dans un de ses bacs à ordures, elle procède à l&rsquo;identification des centres de santé environnants et sensibilise leur personnel sur les bonnes pratiques.</p>
<p>En 2015, Hysacam est allé plus loin en saisissant à maintes reprises le délégué régional de la Santé publique du Littoral pour se plaindre de la situation sur le terrain. A son tour, Dr Martin Yamba Beas, le délégué de l&rsquo;époque, a adressé le 18 novembre 2016 des mises en garde aux hôpitaux de district de santé de De<strong>ï</strong>do, de Nylon, au Centre médical d&rsquo;arrondissement de Soboum, tous des hôpitaux publics, et aux formations sanitaires privées suivantes : Polyclinique IDIMED, clinique Solidarité, clinique Sainte Georgette, Hôpital Ad Lucem de Bali et de Bonamoussadi, hôpital d&rsquo;assistance, centre de santé « La Bienveillance ».</p>
<p><strong> </strong>Sur le terrain, certains individus impliqués dans la manipulation des déchets usagés font feu de tout bois pour faire prospérer la confusion. Chaque jour, recycleurs et récupérateurs de déchets médicaux font le tour des bacs à ordure et dépotoirs, à la recherche des objets réutilisables ou recyclables, pour en faire leur gagne-pain. A leurs risques et périls.</p>
<figure id="attachment_3163" aria-describedby="caption-attachment-3163" style="width: 1114px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-full wp-image-3163" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/jpeg3.jpg" alt="" width="1114" height="1289" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/jpeg3.jpg 1114w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/jpeg3-259x300.jpg 259w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/jpeg3-885x1024.jpg 885w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/jpeg3-768x889.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/jpeg3-600x694.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/jpeg3-750x868.jpg 750w" sizes="(max-width: 1114px) 100vw, 1114px" /><figcaption id="caption-attachment-3163" class="wp-caption-text">Tableau 3 : Gestion des déchets(suite)</figcaption></figure>
<h3><strong>La pénicilline périmée vendue au marché noir</strong></h3>
<p>Au milieu des bouteilles plastiques et les déchets solides des ménages, Grâce, une quinquagénaire, par ailleurs pasteure d&rsquo;une église, recueille depuis des bacs à ordures des flacons vides et même ceux contenant de la pénicilline périmée. Elle les revend à la Gare de New-Bell, à proximité du lieu-dit « Gazon » réputé être le rayon de la vente en gros des médicaments « de rue » au marché central de Douala. Elle revend à 10 FCFA le flacon vide de pénicilline.</p>
<figure id="attachment_3149" aria-describedby="caption-attachment-3149" style="width: 1080px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-full wp-image-3149" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/dechets4.jpg" alt="" width="1080" height="810" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/dechets4.jpg 1080w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/dechets4-300x225.jpg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/dechets4-1024x768.jpg 1024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/dechets4-768x576.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/dechets4-600x450.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/dechets4-750x563.jpg 750w" sizes="(max-width: 1080px) 100vw, 1080px" /><figcaption id="caption-attachment-3149" class="wp-caption-text">Une vendeuse de flacons vides de pénicilline au marché à Douala.</figcaption></figure>
<p>Le 27 mai, un jeune homme en chemise, assis sur un tabouret, est témoin d’une scène d’achat des flacons par des reporters déguisés en clients. Lors de leur collecte, certains de ces flacons contiennent du sang ou des restes de selles et d’urines prélevés et utilisés notamment dans les travaux en laboratoires<strong>.</strong></p>
<p><strong> </strong>«<em>Tout ce que vous désirez, ici, on peut vous le fourni </em><strong>»</strong>, dit-il.</p>
<p>Certains collecteurs se ravitaillent dans des centres de santé, où ces flacons leur sont offerts gratuitement ou moyennant une petite motivation, parfois sur commande, disent les vendeurs des déchets médicaux. Les acheteurs de la Gare de New-Bell ont dit qu&rsquo;ils nettoient les flacons avec de l&rsquo;eau de javel ou de l&rsquo;alcool de 90 degrés puis les revendent à des vendeuses de parfums ou à des tradipraticiens. Un flacon est revendu à 25 FCFA aux r<strong>é</strong>utilisateurs, un tube de prélèvement à 50FCfa ou 60FCfa au cas où le revendeur se charge du nettoyage.</p>
<p>Pendant les opérations de fouille des poubelles ou des drains à la quête des déchets médicaux usagés, certains récupérateurs se font piquer par des aiguilles souillées. « <em>Il y a environ quatre mois, un de nos agents a été piqué par une aiguille </em><strong>»,</strong> dit Gabriel Kemo Pane, responsable Qualité, hygiène, sécurité et environnement (QHSE) et des études à Cameroon Alert System (CAS), une société privée de sous-traitance dédiée à la pré collecte des ordures ménagères sur les sites non accessibles dans trois des six arrondissements du département du Wouri. L&rsquo;agent de la pré collecte a bénéficié d&rsquo;examens médicaux, à l&rsquo;issue desquels il a été déclaré non infecté, a dit Gabriel Kemo.</p>
<figure id="attachment_3164" aria-describedby="caption-attachment-3164" style="width: 1093px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-full wp-image-3164" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/jpeg4.jpg" alt="" width="1093" height="1441" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/jpeg4.jpg 1093w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/jpeg4-228x300.jpg 228w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/jpeg4-777x1024.jpg 777w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/jpeg4-768x1013.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/jpeg4-600x791.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/jpeg4-750x989.jpg 750w" sizes="(max-width: 1093px) 100vw, 1093px" /><figcaption id="caption-attachment-3164" class="wp-caption-text">Tableau 4 : Gestion des déchets(fin).</figcaption></figure>
<p>Même dans les hôpitaux publics, la manipulation des déchets dangereux fait parfois des victimes. Il y a quelques mois, un agent d&rsquo;entretien en service dans un hôpital public de Douala, s&rsquo;est fait piquer par des aiguilles pendant qu&rsquo;il transportait les boîtes de sécurité vers le site de l&rsquo;incinération. Après l&rsquo;incident, la hiérarchie de l&rsquo;hôpital lui a remis des combinaisons, des gants et autres accessoires de travail pour que cet agent formé sur le tas cesse de manipuler les déchets d&rsquo;activité de soins à risques infectieux avec les mains nues.</p>
<p>Les cas d&rsquo;infections dans les décharges sont légion malgré les précautions prises par certains récupérateurs comme le port des gants et des bottes. « <em>Les aiguilles piquent les fouilleurs chaque jour </em>»<em>, </em>dit une revendeuse de vêtements récupérés dans les poubelles. «<em> Quand l&rsquo;un d&rsquo;eux est affecté, il va à l&rsquo;hôpital se faire injecter l&rsquo;antitétanique et l&rsquo;anti-inflammatoire </em>». La précaution ne garantit toutefois pas le risque zéro dans cet univers de désordre.</p>
<p><strong>*Nom changé pour la sécurité de la source.</strong></p>
<p><img class="alignleft wp-image-3156" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/2-page.jpg" alt="" width="5" height="7" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/2-page.jpg 1241w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/2-page-212x300.jpg 212w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/2-page-724x1024.jpg 724w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/2-page-768x1086.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/2-page-1086x1536.jpg 1086w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/2-page-600x849.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/2-page-360x504.jpg 360w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/2-page-750x1061.jpg 750w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/2-page-1140x1612.jpg 1140w" sizes="(max-width: 5px) 100vw, 5px" /></p>
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		<title>Des millions de FCFA en jeu: Affairisme autour de l&#8217;incinération des déchets dangereux</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Theodore Tchopa, Josiane Kouagheu, Cedric Kengne, Audrey Talom, Marie Louise Mamgue]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 27 Nov 2020 11:25:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A La Une]]></category>
		<category><![CDATA[Special Reports]]></category>
		<category><![CDATA[affairisme]]></category>
		<category><![CDATA[Dechets médicaux]]></category>
		<category><![CDATA[incineration]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Auparavant, elle envoyait les déchets tranchants produits dans son centre de santé à l&#8217;hôpital de district de Nylon pour les faire incinérer. Mais, Chantal a cessé de le faire depuis un moment parce qu&#8217;elle trouve onéreux le coût exigé par l&#8217;hôpital public pour cette prestation. « On paie 5000 FCFA à cet hôpital pour l&#8217;incinération des [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Auparavant, elle envoyait les déchets tranchants produits dans son centre de santé à l&rsquo;hôpital de district de Nylon pour les faire incinérer. Mais, Chantal a cessé de le faire depuis un moment parce qu&rsquo;elle trouve onéreux le coût exigé par l&rsquo;hôpital public pour cette prestation. « <em>On paie 5000 FCFA à cet hôpital pour l&rsquo;incinération des déchets tranchants</em> », déclare Chantal, propriétaire de Ancillia Lopez, un centre de santé situé au quartier Oyack dans l&rsquo;arrondissement de Douala 3ème. « <em>J&rsquo;ai arrêté d&rsquo;envoyer les déchets là-bas </em>», dit Chantal.</p>
<p>Depuis lors, cette infirmière de profession brûle les aiguilles et seringues usagées à proximité du centre de santé, précisément au bord d&rsquo;un drain où coulent des eaux de ménage et de ruissellement. Elle utilise à cet effet de l&rsquo;acide, une substance très dangereuse.</p>
<figure id="attachment_3176" aria-describedby="caption-attachment-3176" style="width: 510px" class="wp-caption alignleft"><img class=" wp-image-3176" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/IMG_20200716_160127_116-scaled.jpg" alt="" width="510" height="382" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/IMG_20200716_160127_116-scaled.jpg 2560w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/IMG_20200716_160127_116-300x225.jpg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/IMG_20200716_160127_116-1024x768.jpg 1024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/IMG_20200716_160127_116-768x576.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/IMG_20200716_160127_116-1536x1152.jpg 1536w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/IMG_20200716_160127_116-2048x1536.jpg 2048w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/IMG_20200716_160127_116-600x450.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/IMG_20200716_160127_116-750x563.jpg 750w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/IMG_20200716_160127_116-1140x855.jpg 1140w" sizes="(max-width: 510px) 100vw, 510px" /><figcaption id="caption-attachment-3176" class="wp-caption-text">Des déchets tranchants disposés dans des boites et bouteilles près de l’incinérateur de fortune du centre médical d&rsquo;arrondissement de Bonamoussadi, Douala.</figcaption></figure>
<p>Chaque année, 16 milliards d&rsquo;injection sont réalisées à travers le monde, dit l&rsquo;Organisation Mondiale de la Santé (OMS) qui regrette que toutes les aiguilles et seringues usagées lors de ces opérations ne sont pas éliminées selon les normes. Chantal est tellement habituée au brûlage des déchets qu&rsquo;elle ne se rend plus compte de la dangerosité de cette pratique. Pourtant, « <em>dans certains cas, les déchets liés aux soins de santé sont incinérés, parfois à ciel ouvert, et leur combustion peut entraîner l&rsquo;émission de dioxines, de furanes et de particules », </em>dit l&rsquo;OMS<em>.</em></p>
<p>Dans les milieux hospitaliers de Douala, le brûlage des déchets médicaux est très répandu y compris au sein des formations sanitaires publiques. Toutefois, le choix du site de brûlage dépend de chaque établissement de soins. Certains responsables de centres de santé font brûler leurs déchets dans la cour ou à l&rsquo;arrière du centre ; d&rsquo;autres le font à même le sol, sur une tôle ou dans une fosse creusée à proximité ou dans un lieu éloigné, parfois en pleine agglomération urbaine, exposant ainsi les riverains et l&rsquo;environnement aux risques de pollution.</p>
<p>L’infiltration des agents pathogènes dans le sol lors de l’enfouissement ou du brûlage à ciel ouvert des déchets infectieux, peut provoquer une pollution de la nappe phréatique, selon Pierre Moueleu, consultant formateur certifié en QHSE et diplômé en physiologie humaine, de même que la présence, dans la fumée toxique, des micro-organismes non éliminés lors de cette destruction traditionnelle des déchets, peut exposer à des infections respiratoires, avec le risque d’irritation des cellules et de fragilisation du système immunitaire. D’où l’avènement des maladies opportunistes, dit-il.</p>
<p>L’expert parle dans ce cas de stress oxydatif, qui est « <em>une déliquescence, une destruction ou une autodestruction de l’organisme du fait que des radicaux libres se fixent au niveau des cellules, du matériel génétique appelé ADN. </em>»</p>
<p>Au cours de l&rsquo;enquête de neuf mois menée par un groupe de cinq journalistes, 67 centres de santé sur 125 visités dans la capitale économique camerounaise ont dit qu&rsquo;ils transfèrent leurs déchets tranchants « pour brûlage » vers une formation sanitaire publique (hôpitaux de district, Centres médicaux d’arrondissement ou Centres de santé intégré) supposée posséder un incinérateur.</p>
<p>En outre, 23 centres de santé transfèrent leurs déchets tranchants à des tiers (individus) ou à une structure non autorisée selon la même enquête ; tandis que 17 centres de santé brûlent de manière artisanale leurs déchets tranchants, mélangés avec d&rsquo;autres types de déchets.</p>
<figure id="attachment_3168" aria-describedby="caption-attachment-3168" style="width: 1066px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-full wp-image-3168" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/transfert1.jpg" alt="" width="1066" height="1197" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/transfert1.jpg 1066w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/transfert1-267x300.jpg 267w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/transfert1-912x1024.jpg 912w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/transfert1-768x862.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/transfert1-600x674.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/transfert1-750x842.jpg 750w" sizes="(max-width: 1066px) 100vw, 1066px" /><figcaption id="caption-attachment-3168" class="wp-caption-text">Tableau 1 : transfert des déchets</figcaption></figure>
<h3><strong>Rareté des incinérateurs</strong></h3>
<p>Pour le délégué régional de la Santé du Littoral, Dr Jean II Dissongo, la plupart des formations sanitaires de la région brûlent leurs déchets. A chaque mission de supervision effectuée dans les dix districts de santé, la délégation régionale rappelle toujours le caractère obsolète de cette pratique, qu’elle décourage, dit-il.</p>
<p>Les dispositifs réglementaires encadrant l&rsquo;activité n&rsquo;exigent pas des centres de santé qu&rsquo;ils possèdent, chacun, son propre incinérateur. En revanche, ces formations sanitaires ont l&rsquo;obligation, avant leur mise en service, de justifier leur bonne foi par la présentation d&rsquo;un contrat les liant à une structure tierce, publique ou privée, disposant d&rsquo;un incinérateur approprié. Le rattachement à une structure disposant d&rsquo;un incinérateur est un des critères pour obtenir un agrément. Plusieurs formations opèrent sans ce document administratif.</p>
<p>Un rapport récent de l&rsquo;Ordre national des médecins du Cameroun indique que le Cameroun compte au moins 4000 formations sanitaires privées, clandestines et non clandestines confondues, dont environ 800 dans la seule ville de Douala, d&rsquo;après le délégué régional de la Santé du Littoral.</p>
<p>L&rsquo;aire de santé de Mambanda dans le district de Bonassama au 4e arrondissement compte seulement 84 centres de santé connus des pouvoirs publics sur une centaine de formations sanitaires existantes sur le terrain.</p>
<p>Dans le district de santé de Deido, l&rsquo;un des dix de la ville de Douala, 250 structures sanitaires, agréées et clandestines associées, ont été répertoriées. En revanche, dans l&rsquo;arrondissement de Douala 5e, autre niche de l&rsquo;anarchie, des descentes de terrain sont envisagées par les autorités dans le but de dresser la carte sanitaire de cette unité administrative et d&rsquo;obtenir des données statistiques actualisées et plus fiables, selon le service Hygiène et environnement de la mairie de Douala 5e.</p>
<p>Certaines formations sanitaires, pour se conformer à la réglementation, ont signé avec l&rsquo;hôpital du district de santé de leur résidence un contrat de destruction des déchets dangereux produits dans ces formations sanitaires.</p>
<p>Toutefois, ces prestations ne sont pas gratuites. Les hôpitaux publics exigent de l&rsquo;argent devant servir, disent-ils, à l&rsquo;achat du bois, du pétrole, et à la rémunération du personnel chargé de la gestion des déchets médicaux. Le volume de déchets à incinérer est pesé. Les prix varient d&rsquo;un lieu d&rsquo;incinération à un autre et selon le poids des déchets à incinérer. «<em>Le prix n&rsquo;est pas standard, il est négociable</em>», déclare laconiquement une infirmière qui n&rsquo;a pas souhaité donner son nom ni d&rsquo;autres explications.</p>
<p>Les prix les plus constants vont de 500F à 1500 F le kg, selon des sources concordantes. Le promoteur d&rsquo;une clinique, sise à Bonabéri, dit avoir payé jusqu&rsquo;à 2000 F par kilogramme de déchets tranchants pour leur incinération.</p>
<p>Des employés de plusieurs formations sanitaires rencontrés dans le district de santé de la Cité des Palmiers ont déclaré, factures à l&rsquo;appui, avoir versé un taux forfaitaire mensuel de 10.000 FCFA pendant des mois à ce district pour l&rsquo;incinération de leurs déchets, qu&rsquo;ils en aient produits en quantité ou pas. Le chef du district de santé de la cité des palmiers, Dr Ndjomo Mba, a réfuté ces allégations.</p>
<p>D&rsquo;après lui, les centres de santé de son district négocient directement des contrats avec le service hygiène et assainissement de la commune de Douala 5ème, dont fait partie le district de la Cité des Palmiers. Le médecin dit toutefois ignorer les détails de ladite convention. «<em>L&rsquo;incinérateur génère l&rsquo;électricité, il y a le personnel qu&rsquo;on emploie et les procédures qu&rsquo;il faut respecter </em>», explique pour sa part, sous anonymat, une source proche de la cheffe du district de santé de Deido.</p>
<figure id="attachment_3169" aria-describedby="caption-attachment-3169" style="width: 1051px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-full wp-image-3169" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/transfert2.jpg" alt="" width="1051" height="1045" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/transfert2.jpg 1051w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/transfert2-300x298.jpg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/transfert2-1024x1018.jpg 1024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/transfert2-150x150.jpg 150w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/transfert2-768x764.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/transfert2-600x597.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/transfert2-100x100.jpg 100w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/transfert2-75x75.jpg 75w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/transfert2-750x746.jpg 750w" sizes="(max-width: 1051px) 100vw, 1051px" /><figcaption id="caption-attachment-3169" class="wp-caption-text">Tableau 2. Transfert des déchets(suite).</figcaption></figure>
<p>Depuis quelques mois, l&rsquo;incinérateur de l&rsquo;hôpital de district de Deido est en panne, tout comme celui du centre médical d&rsquo;arrondissement (CMA) de Bonamoussadi dont le bloc moteur a été, il y a quelques mois, volé nuitamment par des inconnus. Les districts de santé de la Cité des Palmiers et de Boko ne disposent non plus d&rsquo;incinérateur.</p>
<p>Quand le 06 juillet dernier, trois reporters franchissent l&rsquo;enceinte du district de Boko, qui abrite par ailleurs le centre de santé intégré de Boko, ils constatent que des déchets hospitaliers sont en cours d&rsquo;incinération sous un jeune palmier d&rsquo;où monte un nuage de fumée fine. Mais, un responsable du district dit que le brûlage se déroule dans une « fosse » qu&rsquo;il empêche cependant aux journalistes de voir.</p>
<h3><strong>Des offres privées pour pallier la carence </strong></h3>
<p>En fait, des dix hôpitaux de district de santé de la ville de Douala, seul celui de Bonassama possède un vieil incinérateur artisanal en activité dont la cheminée éparpille dans la nature une fumée polluante. Cet incinérateur a été remis en service il y a quelques mois après une longue panne, d&rsquo;après nos informations. Les tentatives des reporters pour avoir les commentaires du directeur de l&rsquo;hôpital de Bonassama, ainsi que ceux des hôpitaux de Logbaba et de Nylon-Tergal sont restées vaines. Les chefs de districts auxquels appartiennent ces hôpitaux publics ont également refusé nos sollicitations d&rsquo;interview, malgré de multiples relances.</p>
<p>La carence en incinérateurs a donné des idées à certains acteurs privés qui proposent des offres alternatives. D&rsquo;anciens étudiants de l’Université des Montagnes ont, en partenariat avec une ONG basée en Allemagne, fabriqué des brûleurs qu’ils vendent aux centres de santé soucieux de ne pas déverser leurs déchets dans la nature. Malgré la qualité de l&rsquo;équipement, les clients ne se bousculent pas, a observé Jauspin Dongmeza, enseignant en générique biomédical à l&rsquo;Université des Montagnes.</p>
<p>D’après lui, seules neuf formations sanitaires ont sollicité leurs services et deux autres ont passé la commande de cet incinérateur artisanal d’un coût total de 9 000 000F CFA l&rsquo;unité, dont le brûleur à lui seul est estimé à 2 000 000F. L’incinérateur génère une température de plus de 800 degrés nécessaires pour détruire complètement une aiguille. Le projet a germé dans l’esprit d&rsquo;anciens étudiants après qu’un de leur camarade, alors stagiaire à l’hôpital du district de la cité des Palmiers, a été piqué pendant qu’il transportait un grand stock d’aiguilles à « déverser ». Les tests de virologie et de sérologie effectués par la suite sur cet étudiant se sont révélés négatifs, mais il a été mis sous traitement pendant trois mois.</p>
<figure id="attachment_3171" aria-describedby="caption-attachment-3171" style="width: 1009px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-full wp-image-3171" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/transfert3.jpg" alt="" width="1009" height="1355" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/transfert3.jpg 1009w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/transfert3-223x300.jpg 223w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/transfert3-763x1024.jpg 763w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/transfert3-768x1031.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/transfert3-600x806.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/transfert3-750x1007.jpg 750w" sizes="(max-width: 1009px) 100vw, 1009px" /><figcaption id="caption-attachment-3171" class="wp-caption-text">tableau 3. transfert des déchets(suite).</figcaption></figure>
<p>Basée à Bwadibo, à la sortie ouest de la ville, la société Garage Marine Cameroun (GMC) dispose d&rsquo;un incinérateur industriel. Mais, faute de clientèle, la chaine industrielle inaugurée en 2005 est en arrêt d’activités. Bocom International, une autre société privée soutenue par des pontes du parti au pouvoir, rafle la plus grosse part de marché, même si une source interne a déclaré que cette société ne compte qu’une dizaine d’hôpitaux privés et cinq laboratoires dans son portefeuille client.</p>
<p>Mais, la plupart des centres de santé et même les hôpitaux de district boycottent ces offres privées en pointant la cherté des prix. En laissant un kilogramme de déchets dangereux à un peu plus de 1000F et en deçà de 1500F, les op<strong>é</strong>rateurs privés trouvent le prix abordable compte tenu de la quantité d&rsquo;énergie utilisée pour faire tourner les machines dotées de dispositifs de traitement de la fumée toxique.</p>
<h3><strong>Corruption à la mairie</strong></h3>
<p><strong> </strong>En fait, les services d&rsquo;hygiène et d’assainissement des collectivités territoriales ont la charge non seulement de veiller à l’observation rigoureuse des règles d’hygiène par les formations sanitaires, mais aussi de s’assurer que les déchets produits dans ces hôpitaux et cabinets de soins médicaux sont détruits dans le respect de la règlementation en vigueur. Mais, pourris par la corruption, ces services représentés dans l&rsquo;administration des hôpitaux publics sont inefficaces.</p>
<p>Les équipes des mairies qui se présentent dans les formations sanitaires se préoccupent prioritairement des sommes d&rsquo;argent qu’elles collectent annuellement ou semestriellement, moyennant la délivrance d’une « quittance police environnementale » qui tient lieu de reçu, affirment des gérants de centres de santé. « <em>Il suffit de leur donner un peu d’argent et ils font leur rapport en votre faveur </em>», a déclaré le promoteur d’un centre de santé à Grand-Hangar, à Douala 4<sup>ème</sup>.</p>
<figure id="attachment_3172" aria-describedby="caption-attachment-3172" style="width: 1039px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-full wp-image-3172" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/transfert4.jpg" alt="" width="1039" height="1628" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/transfert4.jpg 1039w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/transfert4-191x300.jpg 191w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/transfert4-654x1024.jpg 654w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/transfert4-768x1203.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/transfert4-980x1536.jpg 980w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/transfert4-600x940.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/transfert4-750x1175.jpg 750w" sizes="(max-width: 1039px) 100vw, 1039px" /><figcaption id="caption-attachment-3172" class="wp-caption-text">Tableau 4: transfert des déchets (fin).</figcaption></figure>
<p>Le service hygiène et assainissement de la commune de Douala 5<sup>ème</sup>, ainsi que le service communication, ont déclaré que, outre les taxes et amendes imposées aux établissements commerciaux, à l’instar de la taxe sur le développement local (TDL), il y a aussi des pénalités que les formations sanitaires versent à la mairie pour les mauvaises pratiques observées. « <em>Le maire nous instruit des contrôles inopinés dans les centres de santé </em>», a dit Augustin Leumalieu, employé de la mairie de Douala 5e. Les montants des pénalités sont fonction de la catégorie de la structure et varient entre 15.000 et 30.000FCFA, mais certains cabinets de soins médicaux à Douala 3<sup>ème</sup> payent 5 000F, selon nos informations.</p>
<p>Les autres mairies de la ville de Douala n’ont pas souhaité se prononcer sur le sujet.</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3173" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/transfert5.jpg" alt="" width="988" height="822" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/transfert5.jpg 988w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/transfert5-300x250.jpg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/transfert5-768x639.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/transfert5-600x499.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/transfert5-750x624.jpg 750w" sizes="(max-width: 988px) 100vw, 988px" /></p>
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