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	<title>corruption &#8211; The Museba Project</title>
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	<description>Corruption, Human Rights Violations, Illicit Finance Flows</description>
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		<title>La grande fraude aux réfugiés</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Christian LOCKA]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 31 Dec 2022 16:39:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A La Une]]></category>
		<category><![CDATA[Investigation]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>23 décembre 2022, 9 heures du matin. Une dizaine de personnes prennent part à la mise en bière de Sepamio Sylver à la morgue d&#8217;un hôpital de la capitale économique du Cameroun. La dépouille du réfugié centrafricain est revêtue d&#8217;un costume noir, une chemise blanche et un nœud papillon noir. Ses amis et connaissances, tous [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>23 décembre 2022, 9 heures du matin. Une dizaine de personnes prennent part à la mise en bière de Sepamio Sylver à la morgue d&rsquo;un hôpital de la capitale économique du Cameroun. La dépouille du réfugié centrafricain est revêtue d&rsquo;un costume noir, une chemise blanche et un nœud papillon noir. Ses amis et connaissances, tous en larmes, savaient que Silver vivait dans la précarité. Mais, s&rsquo;ils sont autant bouleversés, c&rsquo;est parce que le jeune homme de 31 ans n&rsquo;est pas mort des suites d&rsquo;une maladie ou d&rsquo;un accident. Il s&rsquo;est donné la mort après avoir longtemps attendu d&rsquo;être réinstallé dans un pays développé.</p>
<p>Dans la petite foule qui disait au revoir au défunt, il y avait Christophe, un homme qui sait pourtant transformer le rêve de voyager à l&rsquo;étranger en réalité. Christophe est membre d&rsquo;un gang qui recrute en toute discrétion des personnes de tous âges, leur établit des documents de voyage réservés aux réfugiés contre de fortes sommes d&rsquo;argent et leur trouve même un emploi décent dans un pays d&rsquo;Europe, d&rsquo;Amérique du Nord ou d&rsquo;Océanie.</p>
<p>Alors que cette pratique viole les principes directeurs du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés(HCR)concernant le service de réinstallation, un employé de la branche locale du HCR est présenté comme étant le cerveau de ce gang constitué également d&rsquo;éléments de la police camerounaise et de facilitateurs au ministère des relations extérieures, comme l&rsquo;a découvert un reporter du journal en ligne The Museba Project au cours d&rsquo;une enquête en immersion de plusieurs années.</p>
<p>Ce reporter de nationalité camerounaise s&rsquo;est fait passer pour un individu à la recherche d&rsquo;une opportunité de voyage. Le gang lui a indiqué qu&rsquo;il payera la somme de 2.500.000 FCFA($4000) pour toutes les prestations: changement de nationalité, choix du pays d&rsquo;accueil, délivrance d&rsquo;une carte de réfugié, d&rsquo;un passeport bleu, d&rsquo;un visa et offre d&rsquo;un emploi à Bratislava, la capitale de la Slovaquie en Europe de l&rsquo;Est, la destination finale du reporter. Le gang a d&rsquo;abord attribué la nationalité congolaise au reporter avant d&rsquo;évoquer la république centrafricaine parce que les réfugiés centrafricains ont plus de chance d&rsquo;entrer en Occident étant donné que leur pays est encore instable, selon le gang.</p>
<p>Le journaliste n&rsquo;était pas seul dans l&rsquo;aventure. Il a croisé un autre citoyen camerounais qui a changé de nom et de nationalité,  et que le gang s&rsquo;apprête à envoyer au Canada. Le reporter a également parlé à de faux réfugiés déjà installés en Occident après avoir utilisés le même réseau.</p>
<p>Plusieurs vrais réfugiés qui devraient bénéficier du service gratuit de réinstallation attendent désespérément. Pendant ce temps, le gang se fait jusqu&rsquo;à 10 millions de FCFA($16000) par famille et par voyage, au point qu&rsquo;un de ses membres a déclaré avec fierté:</p>
<p>« 80% de mes revenus proviennent de ce réseau ».</p>
<p>L&rsquo;Agence des Nations Unies pour les Réfugiés(Hcr) a été fondée en 1950 pour apporter de l&rsquo;aide humanitaire aux réfugiés européens de la deuxième guerre mondiale. En juillet 1951, une convention relative au statut de réfugié a été adoptée par l&rsquo;Assemblée générale dans le but de sceller cette décision. Mais, cette convention s&rsquo;est avérée limitée parce qu&rsquo;elle n&rsquo;a pas tenu compte de l&rsquo;apparition de nouveaux groupes de réfugiés à travers le monde.</p>
<p>En 1967, les nations sont revenues autour de la table en adossant un protocole à la convention, et en donnant au HCR la charge de promouvoir les deux accords internationaux sur la protection des réfugiés et de s&rsquo;assurer de leur application par les signataires. Depuis ce temps, 148 pays dans le monde partagent une même définition du réfugié:</p>
<p>« Toute personne qui craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité; et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays ; ou qui, si elle n’a pas de nationalité et se trouve hors du pays dans lequel elle avait sa résidence habituelle à la suite de tels événements, ne peut ou, en raison de ladite crainte, ne veut y retourner ».</p>
<p>Le HCR sauve des vies et protège les réfugiés, selon ses principes directeurs. Toutefois, lorsque le rapatriement volontaire et l&rsquo;intégration locale du réfugié dans le pays d&rsquo;asile sont impossibles, le HCR fait une demande de réinstallation du réfugié dans un pays tiers pouvant lui garantir la sécurité.</p>
<p>Hamma Hamadou est un ancien diplomate nigérien ayant travaillé de 1996 à 2001 à Bruxelles où il entretenait des relations avec les organisations onusiennes. Il pense qu&rsquo;une attention particulière devrait être accordée aux personnes qui ont des difficultés en raison de leur origine, leur race, leur orientation sexuelle, etc.</p>
<p>« Ces personnes ont besoin d&rsquo;une protection décente de la part de tous les Etats dans la limite de leurs moyens et en relation avec le système des Nations Unies « , a déclaré Hamma Hamadou. « L&rsquo;humanité devrait constituer une seule communauté ».</p>
<p>Le programme de réinstallation ne s&rsquo;adresse pas à tout le monde. Les personnes concernées doivent au préalable être reconnues comme réfugiés par le HCR, selon l&rsquo;Agence des Nations Unies qui dit donner la priorité à la réinstallation des réfugiés « particulièrement vulnérables ».</p>
<p><strong>Suicide </strong></p>
<p>Sepamio Sylver espérait à tout moment être appelé par le HCR. Le temps passait, il prenait de l&rsquo;âge et n&rsquo;avait pas un emploi. Son père, Augustin Torote et lui, vivaient dans une maison construite en planches dans un quartier populeux de Douala. Manger à sa faim, payer le loyer ou se soigner étaient des défis quotidiens pour les deux hommes. Malgré tout, le jeune Sylver n&rsquo;a pas baissé les bras. Il a commencé à emprunter de l&rsquo;argent pour s&rsquo;acheter des bijoux, des lampes rechargeables et des accessoires de téléphone qu&rsquo;il vendait plus tard à la sauvette, raconte son père.</p>
<figure id="attachment_3509" aria-describedby="caption-attachment-3509" style="width: 809px" class="wp-caption alignleft"><img class=" wp-image-3509" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/12/cercueilok.jpg" alt="" width="809" height="607" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/12/cercueilok.jpg 448w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/12/cercueilok-300x225.jpg 300w" sizes="(max-width: 809px) 100vw, 809px" /><figcaption id="caption-attachment-3509" class="wp-caption-text">Le corps sans vie de Sylver dans le cercueil</figcaption></figure>
<p>Sylver avait cependant l&rsquo;air inquiet. « Lorsque je lui ai demandé s&rsquo;il doit quelque chose à quelqu&rsquo;un, il m&rsquo;a répondu : « papa, c&rsquo;est trop tard, tu me pardonnes » », dit Augustin Torote. Le jeune homme venait de prononcer ses derniers mots. Le dimanche 11 décembre 2022, Sylver s&rsquo;est pendu dans la maison familiale. Torote venait de perdre un de ses six enfants. Il a su plus tard que Sylver devait 900.000 Fcfa ($1450) à son fournisseur.</p>
<p>Après une mise en bière à l&rsquo;hôpital Nylon de Douala,  le jeune réfugié a été inhumé en Centrafrique. Torote a dit au revoir à son fils à la frontière, son statut ne lui permettant pas de rentrer dans son pays natal.</p>
<p>Je rencontre Torote deux jours après le suicide de Sylver. Pendant notre entretien, il fond en larmes à maintes reprises et avoue que ce drame ne serait pas arrivé si le HCR avait réinstallé ses enfants et lui dans un autre pays.</p>
<p>« Je demande comme pardon au HCR de jeter un coup d&rsquo;œil sur moi et les autres enfants qui sont encore en vie pour qu&rsquo;on essaie de sortir d&rsquo;ici »,  dit Torote en essuyant le visage avec un t-shirt noir. « Qu&rsquo;on nous mette parmi les gens qui vont partir dans n&rsquo;importe quel pays, on va se battre là bas. Perdre un enfant de 31 ans et rester encore ici, quand je tourne je vois son image, ça ne fait pas du bien ».</p>
<p>The Museba Project a parcouru une note d&rsquo;informations du HCR Cameroun datant de mai 2014. Le document donne des précisions sur la réinstallation des réfugiés qui devrait se dérouler en sept étapes. Quand le HCR soumet un cas au voyage, apprend-t-on, le pays de réinstallation mène sa propre enquête sur le réfugié. Si le réfugié est approuvé, le pays de réinstallation lui fait une visite médicale et un contrôle de sécurité.</p>
<p>« Le pays de réinstallation, et non le HCR, prend la décision finale », dit le document sur lequel il est mentionné que la vulnérabilité ne garantit pas la réinstallation.</p>
<p>« L&rsquo;identification d&rsquo;un réfugié étant particulièrement vulnérable ne veut pas forcement dire que ce réfugié est éligible pour la réinstallation ou même en besoin de réinstallation », précise la note d&rsquo;informations du HCR Cameroun. En clair, le HCR utilise désormais son pouvoir discrétionnaire pour choisir les réfugiés à réinstaller.</p>
<p>Le représentant du HCR au Cameroun a été sollicité dans le cadre de cette investigation. Il n&rsquo;a pas souhaité réagir aux questions de The Museba project à propos des étapes, des quotas par pays tiers et de la fraude liés à la réinstallation des réfugiés.</p>
<p>Torote Sepamio Augustin, 59 ans, était un conducteur de taxi à Bangui, capitale de la république centrafricaine. Un de ses frères était lieutenant d&rsquo;armée. Chaque matin, Torote prenait du plaisir à déposer les enfants de son frère à l&rsquo;école. En 2005, il est interpellé par des gendarmes envoyés , dit-il, par un neveu de François Bozizé,  président de la Centrafrique à cette époque .</p>
<p>« On disait que je sais où le lieutenant est parti parce que nous sommes de la même famille », raconte Torote qui disait aux gendarmes ne rien savoir sur la fuite de son frère. Il est emmené à la brigade de recherche pour être entendu mais les choses ne vont pas se passer comme les gendarmes avaient prévu.</p>
<p>« Il y avait un gendarme de la même ethnie que moi; il a compris que cette affaire n&rsquo;est pas bonne. A 23 heures, il m&rsquo;a appelé et il m&rsquo;a dit: je vais te donner de l&rsquo;argent puis je vais te demander d&rsquo;aller m&rsquo;acheter quelque chose, ne revient plus. C&rsquo;est comme ça que j&rsquo;ai pris fuite », se souvient Torote qui est ensuite passé par Berberati pour entrer à Garoua Boulai au Cameroun. Il dit qu&rsquo;il a retrouvé dans les bureaux du HCR à Douala son frère militaire qui avait fui la Centrafrique.</p>
<p>« On s&rsquo;est rencontré dans le bureau, on s&rsquo;est embrassé et j&rsquo;ai commencé à pleurer », raconte Torote. Il dit que son frère a été réinstallé en France et qu&rsquo;un certain Manga, employé du HCR lui a demandé d&rsquo;attendre son tour. « Pour moi, Manga m&rsquo;a dit ton affaire va s&rsquo;arranger; chaque fois que je passe le voir, il me dit c&rsquo;est en cours », ajoute Torote.</p>
<p><strong>Deux personnes avec la même identité</strong></p>
<p>Pendant que le réfugié centrafricain attendait d&rsquo;être appelé par le HCR pour sa réinstallation, il apprend qu&rsquo;un individu portant son nom complet a été réinstallé aux Etats-Unis.</p>
<p>Tout commence un matin nuageux de février 2015. Torote vient de se réveiller. Il est soucieux parce qu&rsquo;il vit des moments difficiles. Le réfugié se souvient qu&rsquo;il  avait rendu de bons services à un de ses amis qui vit depuis un moment aux Etats-Unis d&rsquo;Amérique. Il décide de lui demander une aide financière.</p>
<p>« Ici au Cameroun, il était technicien comme moi. Il est parti aux Etats-Unis. Il m&rsquo;aidait. De temps en temps, il m&rsquo;envoyait 30.000 FCFA($48) ou 20.000 FCFA($32). Il envoyait les photos. Il disait qu&rsquo;il faut toujours prier »</p>
<p>Au bout d&rsquo;un moment d&rsquo;échange,  l&rsquo;ami accepte une fois encore de faire un transfert d&rsquo;argent à Torote. Le réfugié est tout excité. Il réfléchit déjà à l&rsquo;utilisation de sa future petite fortune et ne se doute de rien.</p>
<p>Pourtant, son ami vient d&rsquo;apprendre une mauvaise nouvelle. La société de transfert lui a fait savoir qu&rsquo;un individu portant le même nom, Augustin Torote, vit déjà sur le sol américain. Comment la même personne peut-elle être à la fois aux Etats-Unis et au Cameroun, s&rsquo;interroge tout confus l&rsquo;ami de Torote. Il réussit à percer le mystère quand, plus tard, il rencontre l&rsquo;individu vivant aux Etats-Unis.</p>
<p>« Il a effectivement rencontré cet individu et a constaté que c&rsquo;est une personne différente qu&rsquo;il a en face de lui », dit le réfugié. Torote conclut que son identité a été vendue à quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre et, sur le champ, il dirige ses soupçons vers Manga, l&#8217;employé du HCR avec qui il avait parlé de sa réinstallation.</p>
<p>« Quand il (l&rsquo;ami) m&rsquo;a fait part de cela, je lui ai dit que ce sont les manipulations de Manga », dit Torote. « C&rsquo;est lui qui gérait tous les dossiers, qui envoyait les gens(à l&rsquo;étranger, Ndlr) ».</p>
<p>Avec ce coup, Torote venait de perdre non seulement l&rsquo;argent qui devait lui permettre de résoudre ses problèmes ponctuels mais aussi son identité; ce qui réduisait ses chances d&rsquo;être réinstallé aux Etats-Unis d&rsquo;Amérique.</p>
<p>Mais, l&rsquo;affaire est allée plus loin. Les réfugiés ont adressé une lettre à Antonio Guterres, qui était au moment des faits le haut commissaire des nations unies en charge des réfugiés, pour dénoncer la vente des identités des réfugiés. La police suisse a ouvert une enquête sur le cas Augustin Torote.</p>
<p>« Un blanc et une dame m&rsquo;ont appelé; ils ont dit qu&rsquo;ils sont de la police de Genève »,  se souvient Torote. « Ils m&rsquo;ont demandé ce que je compte faire. J&rsquo;ai dit que tout ce que Dieu fait est bon; C&rsquo;est à eux là-bas de voir s&rsquo;ils peuvent rapatrier la personne qui a changé son nom ».</p>
<p>Mais, cette proposition a été classée par la police helvétique, dit Torote.</p>
<p>Plusieurs années après cet incident, Torote, encore sous le choc du décès de son fils, affirme que des camerounais ont l&rsquo;habitude de voyager avec des documents de réfugié.</p>
<p>« On a retrouvé 15 musulmans camerounais dans un voyage qui a eu lieu récemment », dit le réfugié.  » On a changé le système. Maintenant, quand vous arrivez il y a un comité qui vous accueille. On te demande en patois le nom de ton village en RCA. Si tu bégaies , on te met de côté. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;on a retrouvé quinze camerounais ».</p>
<p>Avant que le scandale sur son identité éclate, Torote était déjà membre du collectif des communautés des réfugiés de Douala(CCRD), une association qui regroupait environ 10000 réfugiés urbains de diverses nationalités. Le rôle du collectif était de porter ses doléances auprès du HCR et ses partenaires et de défendre les intérêts de ses membres. En peu de temps, le CCRD a recensé d&rsquo;autres cas de fraude sur les identités de réfugiés.</p>
<p>The Museba Project a obtenu une copie de la lettre du CCRD adressée à l&rsquo;inspecteur général du HCR en Suisse. Kalema Ngongo Jean Louis, son président, y relate les mésaventures de Kussu Bienvenu, un réfugié originaire de la République Démocratique du Congo, RDC.</p>
<p>Kussu était un candidat à la réinstallation au Canada. Il a passé avec succès les examens médicaux préludes au voyage, d&rsquo;après la lettre. Mais, le HCR lui a appris plus tard qu&rsquo;il ne pourra plus effectuer le déplacement parce qu&rsquo;il ne remplit pas les critères du pays d&rsquo;accueil, raconte Kalema. Kussu, qui était un médecin de formation, a décidé de voyager avec sa famille par ses propres moyens, d&rsquo;après le président du CCRD.</p>
<p>A son arrivée au Canada, Kussu apprend des services d&rsquo;immigration du Canada  qu&rsquo;  » une famille(a été) réinstallée à leurs lieux et places par les responsables du HCR Cameroun », dit Kalema, « &#8230; avec les mêmes identités que lui ainsi que ses trois enfants ». Malgré plusieurs tentatives, The Museba Project n&rsquo;a pu entrer en contact avec Kussu Bienvenu pour en savoir davantage.</p>
<p>The Museba Project a également sollicité les commentaires du HCR à Ottawa au Canada et à Washington aux Etats-Unis mais aucune des deux organisations n&rsquo;a répondu à nos questions.</p>
<p>Le choix du Canada et des Etats-Unis par le réseau de fraude pour réinstaller les faux refugiés n&rsquo;est pas anodin. Ces deux pays hébergent sur leur sol le plus grand nombre de refugiés réinstallés dans le monde devant l&rsquo;Europe et les pays nordiques, selon le site internet du <a href="https://www.unhcr.org/fr/reinstallation.html#:~:text=Dans%20de%20telles%20circonstances%2C%20le,%C3%A0%20terme%20une%20r%C3%A9sidence%20permanente.">HCR</a>. Le président américain Joe Biden a promis de faire réinstaller jusqu&rsquo;à 125 000 <a href="https://www.unhcr.org/fr/news/briefing/2021/9/6149c158a/hcr-salue-projet-gouvernement-americain-renforcer-reinstallation-refugies">nouveaux</a> réfugiés aux Etats-Unis en 2022.<strong> </strong></p>
<p>Au Cameroun, plusieurs personnes rêvent de s&rsquo;installer en Occident dans l&rsquo;espoir d&rsquo;améliorer leurs conditions de vie souvent déplorables. Certaines d&rsquo;entre elles, découragées par des échecs répétés d&rsquo;obtention de visa, abandonnent au bout de quelques essais. D&rsquo;autres, plus téméraires, finissent souvent leur aventure au fond de la méditerranée, un cimetière marin qui engloutit des centaines d&rsquo;êtres humains chaque année. Quand une opportunité d&rsquo;entrer légalement en Occident, comme celle du réseau de fraude, se présente, les personnes intéressées sont prêtes à dépenser sans compter pour que leur rêve devienne enfin une réalité.</p>
<p>Le président du CCRD dit avoir surpris à maintes reprises des camerounais, en possession des documents de réfugiés, qui s&rsquo;apprêtaient à voyager vers l&rsquo;Occident. Kalema a déclaré dans une lettre que les sommes d&rsquo;argent demandées aux nationaux pour voyager comme réfugiés varient entre 3 millions Cfa ($4900) et 10 millions de FCFA($16000) en fonction de la taille de la famille. Il avait alors commencé à donner de la voix.</p>
<p>« Nous demandons l&rsquo;envoi au Cameroun d&rsquo;une mission internationale pour enquêter sur la réinstallation de tous les réfugiés en provenance du Cameroun, de 2003 à 2015 pour les USA, le Canada, l&rsquo;Australie, les pays scandinaves&#8230; », a écrit Kalema. Le CCRD a envoyé ses plaintes aux autorités locales, au bureau de l&rsquo;inspecteur général du HCR à Genève et même à Antonio Guterres, actuel secrétaire général de l&rsquo;ONU, à l&rsquo;époque des faits haut commissaire des Nations Unies pour les réfugiés. Mais, rien n&rsquo;a changé, dit le CCRD.</p>
<p>Kalema a insisté à dire que « les faits sont réels et le réseau frauduleux de réinstallation des nationaux au détriment des réfugiés existe bel et bien ici au Cameroun ».</p>
<figure id="attachment_3512" aria-describedby="caption-attachment-3512" style="width: 809px" class="wp-caption alignleft"><img class=" wp-image-3512" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/12/camp-refugiés.jpg" alt="" width="809" height="539" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/12/camp-refugiés.jpg 500w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/12/camp-refugiés-300x200.jpg 300w" sizes="(max-width: 809px) 100vw, 809px" /><figcaption id="caption-attachment-3512" class="wp-caption-text">Un camp de réfugiés</figcaption></figure>
<p><strong>Comment fonctionne la fraude</strong></p>
<p>Comme les cris des réfugiés devenaient perçants à travers des documents et leurs témoignages, j&rsquo;ai voulu savoir si les identités des réfugiés continuent d&rsquo;être vendues à des nationaux au Cameroun. Si c&rsquo;est le cas, comment fonctionne cette vaste fraude aux réfugiés, à qui profite-t-elle et pourquoi devrions-nous nous en soucier ?</p>
<p>D&rsquo;après mon observation et les témoignages des victimes, le  commerce lucratif des identités de réfugiés commence presque toujours par le même bout: un employé du HCR découvre une faille dans le système de réinstallation des réfugiés. Avec l&rsquo;aide de collègues consentants, il monte un réseau de recrutement de personnes voulant voyager en Occident comme réfugiés. Comme il doit éviter de se montrer, cet employé fait la passe à un réfugié de confiance chargé de contacter les personnes intéressées.</p>
<p>Puis, l&#8217;employé complète les instructions en indiquant au réfugié démarcheur les frais à payer par candidat, le pourcentage des commissions, les délais de traitement du dossier et si possible les soutiens cachés du réseau au sein de l&rsquo;administration publique locale.</p>
<p>A son tour, le réfugié fait équipe avec un ou plusieurs autres réfugiés. Le but est de ratisser large tout en évitant une fuite, le pire adversaire du réseau. Toutes précautions prises, l&rsquo;équipe enclenche le processus de recrutement qui s&rsquo;achève en général par une bonne nouvelle: la réinstallation d&rsquo;un faux réfugié en Europe, en Australie, aux Etats-Unis ou au Canada.</p>
<p>« Nous avons les vrais réfugiés qui vont être confrontés  à une difficulté étant entendu que les faux réfugiés vont faire un usage frauduleux des procédures et des mécanismes », a déclaré Hamma Hamadou.</p>
<p>« En fait,  le principal risque est que ça va mettre un doute dans la tête des pays qui accueillent ces réfugiés et qui sont en relation avec le haut commissariat aux réfugiés », a t-il ajouté.</p>
<p>L&rsquo;histoire sur la vente des identités des réfugiés étant d&rsquo;un intérêt public, la seule façon de me faire ma propre opinion sur ce qui se passe réellement était d&rsquo;infiltrer le réseau de  fraude comme candidat à l&rsquo;immigration. Sur le chemin qui mène à la vérité, il fallait financièrement motiver le réseau pour qu&rsquo;il explique le fonctionnement de la machine de fraude.</p>
<p>J&rsquo;ai soumis certains documents personnels au réseau. Ma profession était inscrite sur ma carte nationale d&rsquo;identité et j&rsquo;étais déjà détenteur d&rsquo;un passeport ordinaire. Mais, le réseau n&rsquo;a pas prêté attention à ces détails, peut-être parce que beaucoup de journalistes locaux cherchent aussi à fuir la précarité dans laquelle ils se trouvent.</p>
<p>La décision de mener une enquête en immersion ne suffisait pas pour arriver jusqu&rsquo;au cœur du réseau. Il me fallait trouver un réfugié qui avait une parfaite maîtrise de la situation. Par l&rsquo;entremise d&rsquo;une source de longue date, je fais la connaissance de Jean François Missengui, un réfugié congolais âgé d&rsquo;une cinquantaine d&rsquo;années. Il venait d&rsquo;abandonner son poste de secrétaire général du CCRD parce que, dit-il, il a découvert que les réfugiés étaient victimes d&rsquo;abus graves y compris la vente de leurs identités.</p>
<p>« C&rsquo;est criminel ce qui se passe contre les réfugiés, je vais dénoncer ces individus », me dit jean François dès notre première rencontre.  » Avec cette fraude, il est possible qu&rsquo;un terroriste entre facilement en Occident ».</p>
<p>Jean François m&rsquo;avoue qu&rsquo;il ne connait pas les personnes qui constituent le réseau. Il accepte cependant de faire équipe avec moi pour trouver les réfugiés qui travaillent pour le réseau. C&rsquo;était le premier objectif à atteindre avant d&rsquo;espérer aller plus loin. Un jour, alors que nous sommes entrain de réfléchir sur la stratégie à retenir, Jean François me raconte, d&rsquo;une voix grave, l&rsquo;histoire de sa fuite du Congo, son pays natal.</p>
<p>Décembre 1998. Jean François habite Brazzaville lorsque la guerre éclate entre l&rsquo;armée congolaise et les rebelles « Ninja » du pasteur Ntumi. Jean François, originaire du même département que Ntumi, est soupçonné d&rsquo;être un Ninja. Il est traqué par les forces de sécurité congolaises. Il subit intimidations et menaces à répétition.</p>
<p>« Je ne pouvais plus supporter cette situation », dit Jean François. « j&rsquo;ai décidé de fuir vers le nord jusqu&rsquo;à Ouesso à la frontière avec le Cameroun ».</p>
<p>Mais, la fuite sera de courte durée. Jean François est interpellé en chemin par les troupes d&rsquo;un colonel de l&rsquo;armée.</p>
<p>« Ce colonel me dit que, selon ses informations, le Cameroun et la République Démocratique du Congo constituent des bases arrières utilisées par les Ninjas pour attaquer le Congo et il refuse de me laisser passer », raconte Jean François. Il dit que sa carte d&rsquo;identité lui ayant été retirée, il a été contraint de monnayer pour obtenir un laissez passer et continuer le voyage.</p>
<p>En février 1999, Jean François entre au Cameroun par Socambo, un village de la région de l&rsquo;Est, proche de la frontière. Il fait la connaissance d&rsquo;autres citoyens congolais en fuite. Le 20 mars de la même année, Jean François arrive à Douala à bord d&rsquo;un bus. Un an plus tard, il dépose une demande d&rsquo;asile au HCR.</p>
<p>A peine arrivé, le congolais fait déjà parler de lui. En 2001, il est le chef de file d&rsquo;un groupe de réfugiés qui écrit au secrétaire général des Nations Unies. La lettre dénonce les mauvais traitements de certains personnels du HCR vis à vis des réfugiés tels que le mépris, l&rsquo;opacité et la fraude. Un conseil juridique du HCR est dépêché pour rencontrer le groupe de réfugiés mécontents. Il promet d&rsquo;acheminer leurs doléances à sa hiérarchie puis  il dit :</p>
<p>« Quand vous écrivez, faites attention car certaines personnes ont perdu leurs vies à cause du stylo, en tout cas, une copie de votre lettre est envoyée aux autorités de votre pays d&rsquo;origine », se souvient Jean François.</p>
<p>Cette phrase fait son effet. Certains réfugiés abandonnent le projet de dénonciation. Jean François, lui, ne se décourage pas. Il devient plus tard le secrétaire du CCRD.</p>
<p>En décembre 2018, il reçoit un coup de fil du HCR qui lui demande de se faire enrôler pour une réinstallation aux Etats-Unis. Son épouse et lui passent les entretiens préliminaires.  Depuis ce temps, Jean François n&rsquo;a ni été réinstallé ni été informé d&rsquo;un quelconque rejet de son dossier, dit-il.</p>
<p>« Je veux voir ces réfugiés, qui ont tout perdu, qui ont fuit les conflits et les règlements de compte, refaire leurs vies dans la dignité », me dit jean François lorsque je lui demande ce qui motive son combat contre la fraude.</p>
<p>« Je suis sensible à ça. Voilà pourquoi j&rsquo;ai pris mon courage à deux mains pour dénoncer ces mauvaises pratiques ».</p>
<p>Mon premier contact avec le réseau se fait un début de soirée à Douala . Jean François et moi rencontrons Christophe, un réfugié centrafricain. (Celui qui a assisté à la mise en bière de Sepamio Sylver, Ndlr).</p>
<p>« Quand vous avez appelé, j&rsquo;avais peur que peut-être c&rsquo;est une enquête qui commence »,  dit avec un sourire gras Christophe en posant le doigt sur ses lunettes claires . »Comme je suis défenseur des Droits de l&rsquo;homme le réseau a peur que je retourne les preuves que je détiens contre lui ».</p>
<p>Quelques jours auparavant, Christophe, âgé d&rsquo;une quarantaine d&rsquo;années, avait appris au téléphone que je suis un candidat potentiel au voyage. Il s&rsquo;est empressé de venir en personne m&rsquo;expliquer comment ça marche.</p>
<p>« Ce qu&rsquo;il faut savoir, c&rsquo;est que c&rsquo;est le réseau des réfugiés; c&rsquo;est un personnel du service juridique au HCR qui est à la tête de ce réseau », déclare Christophe qui ajoute que ce personnel ne veut pas se faire connaitre. « Le HCR est une organisation internationale et la moindre fuite, c&rsquo;est ta carrière, ta famille qui est en jeu. »</p>
<p>« Ce personnel a donc tissé des relations avec certains réfugiés qui font les affaires. Quand le visa arrive et qu&rsquo;il constate que le réfugié (bénéficiaire, ndlr) ne peut pas voyager ou n&rsquo;est pas prêt, il vend ce visa », dit Christophe.</p>
<p>Ce réfugié centrafricain me dit que le réseau a réussi à faire voyager trois camerounais pour les Etats-Unis d&rsquo;Amérique en vendant les visa des réfugiés. Mais,  ces  camerounais ont été interpellés sur le sol américain, dit-il.</p>
<p>« A leur arrivée, l&rsquo;ambassadeur de la Centrafrique les accueille et les conduit à l&rsquo;ambassade mais quand il leur parle le Sango (langue nationale en Centrafrique, Ndlr), personne ne répond », raconte Christophe. « Voilà comment il s&rsquo;est rendu compte qu&rsquo;on avait donné le visa à des personnes étrangères ».</p>
<p>La réinstallation se déroule en sept étapes, selon le HCR. Lorsque le cas du réfugié est soumis, les autorités du pays de réinstallation s&rsquo;entretiennent avec lui et font une évaluation du cas. La décision est remise au réfugié par les mêmes autorités. L&rsquo;Organisation Internationale pour les Migrations(OIM)organise l&rsquo;examen médical du réfugié après un contrôle de sécurité. Ensuite, l&rsquo;OIM ou le pays de réinstallation organise une orientation culturelle et le voyage.</p>
<p>Le réseau, lui, épargne ses candidats de ce long processus.</p>
<p>Christophe dit que cet échec a fait que le réseau change de stratégie. Il évoque pour la première fois depuis le début de notre conversation le nom du personnel du HCR en question.  » Il est au service juridique, monsieur Ateba;  il travaille avec une équipe pour ça. »Christophe dit qu&rsquo;il travaille pour Adèle, une réfugiée basée à Yaoundé, née d&rsquo;un père congolais et d&rsquo;une mère centrafricaine. Christophe déclare que Adèle à son tour travaille pour Jean Paul Ateba en service au HCR.</p>
<p> » Ce personnel a dit à notre sœur (Adele) si vous avez des gens qui ont leur argent on va leur donner un visa avec garantie d&rsquo;une association humanitaire qui vous prend en charge pendant un mois », raconte le réfugié. Christophe me dit qu&rsquo;il est chargé de convaincre les personnes qui veulent voyager comme réfugiés pour s&rsquo;installer en Occident. Ensuite, il met le candidat en contact avec Adèle et sa mission s&rsquo;arrête à ce niveau, dit-il. Le réseau, dit-il, demande à chaque candidat de payer la somme de 1.500.000 FCFA( $2400).</p>
<p>« La bonne nouvelle est que pour t&rsquo;engager tu paies la moitié de cette somme et quand on te remet tous tes documents de voyage, tu paies le reste d&rsquo;argent », se réjouit Christophe. Il dit que ATEBA n&rsquo;est pas seul dans le coup. Lorsque le candidat paie, déclare le réfugié, il distribue cet argent à des collègues qui l&rsquo;aident dans l&rsquo;opération.</p>
<p>« Le premier versement de 750.000 FCFA($1200) qu&rsquo;il prend, c&rsquo;est pour partager avec ses relations qui l&rsquo;aident: toi tu interviens ici, voici ta part, etc. Il donne à chacun sa part ».</p>
<p>Christophe me montre des documents officiels de nationaux camerounais qui auraient fraîchement voyagé comme des réfugiés centrafricains pour s&rsquo;installer au Canada, aux États-Unis, en Norvège, en Espagne et en France. Il déclare ensuite qu&rsquo;un candidat peut  voyager avec son nom lorsque celui-ci se rapproche d&rsquo;un nom centrafricain. Mais lorsque le nom fait référence à certaines localités du Cameroun, le réseau fait établir au candidat un certificat de nationalité centrafricaine puis lui attribue un nom de famille qui renvoie à la Centrafrique et la procédure de réinstallation peut commencer, dit Christophe.</p>
<p>Dans les deux cas, le candidat obtient une carte de réfugié et un passeport bleu (celui des réfugiés) avec visa. « C&rsquo;est un réseau très fermé, ça dépasse même mon entendement; moi, je joue mon rôle d&rsquo;intermédiaire et je m&rsquo;arrête là, je ne veux même pas savoir comment ça se passe là-bas devant », dit Christophe. Je prends son numéro de téléphone et promet de le contacter plus tard.</p>
<p><strong>Adèle, la plaque tournante du gang</strong></p>
<p>Les derniers propos de Christophe me donnent encore envie de découvrir  ce « réseau très fermé ». Je comprends qu&rsquo;il m&rsquo;a donné ce qu&rsquo;il détenait comme informations et je décide de ne plus le contacter.  Jean François et moi parvenons à avoir le numéro de téléphone de Adèle auprès d&rsquo;autres réfugiés. Coup de grâce, Adèle s&rsquo;exprime bien en lingala, la langue maternelle de Jean François. Au téléphone, à plusieurs reprises, Adèle est intarissable lorsqu&rsquo;elle parle du réseau et de ses avantages. Nous décidons d&rsquo;aller à Yaoundé pour rencontrer Adèle.</p>
<figure id="attachment_3510" aria-describedby="caption-attachment-3510" style="width: 783px" class="wp-caption alignleft"><img class=" wp-image-3510" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/12/adeleokk.jpg" alt="" width="783" height="696" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/12/adeleokk.jpg 378w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/12/adeleokk-300x267.jpg 300w" sizes="(max-width: 783px) 100vw, 783px" /><figcaption id="caption-attachment-3510" class="wp-caption-text">Adele. La dame à tout faire du réseau</figcaption></figure>
<p>Adèle est une dame de courte taille et de teint chocolat. Vu de près, elle serait dans la cinquantaine. Elle était tirée à quatre épingles et a choisi de me recevoir dans une buvette de fortune loin des regards curieux. « C&rsquo;est un réseau sûr, il ne faut pas avoir peur », me rassure Adèle. « J&rsquo;ai  fait voyager deux de mes enfants avec ce réseau, le troisième vit avec moi il partira bientôt ». Adèle dit que le réseau est patronné par Ateba. Ce dernier est secondé par un certain Mvondo qui travaille aussi au HCR, dit-elle.</p>
<p>Après ce discours d&rsquo;accueil, il était temps de donner la première tranche de la somme totale, soit 750.000 FCFA($1200).</p>
<p>« Les temps sont durs, si on peut aider les jeunes comme toi à voyager pour aller se battre et que nous aussi on gagne quelque chose, ça fait plaisir », dit Adèle d&rsquo;une voix douce.</p>
<p>Plus tard, Adèle me fait voir la photo d&rsquo;un jeune homme qu&rsquo;elle dit être basé en Turquie après avoir voyagé du Cameroun grâce au réseau. Jean François et moi réussissons, grâce à nos recherches, à contacter un autre camerounais vivant en France. Il affirme avoir été aidé par Adèle et sa bande.</p>
<p>« J&rsquo;avais peur au départ mais je me suis dit que je n&rsquo;ai rien à perdre puisque c&rsquo;est difficile au pays », dit le jeune homme au téléphone. »J&rsquo;ai donné l&rsquo;argent à une dame, c&rsquo;est elle qui a tout fait ».</p>
<p>Quelques mois sont passés. Adèle me recontacte pour demander de fournir au réseau certains de mes documents officiels en vue de l&rsquo;établissement de mon passeport bleu. Elle dit que le réseau a choisi de m&rsquo;envoyer à Bratislava, la capitale de la Slovaquie, avec un emploi en bonus. Mais, dit-elle, si je ne suis pas d&rsquo;accord, le réseau va me trouver un autre pays. Je maintiens le choix de la Slovaquie.</p>
<p>« On t&rsquo;a donné la nationalité du Congo Brazzaville mais tu ne vas pas te présenter au HCR pour les formalités, on saura que tu n&rsquo;as l&rsquo;accent congolais », me dit Adèle. Plus tard, Adèle m&rsquo;apprend que le réseau m&rsquo;a attribué une nouvelle nationalité. « C&rsquo;est mieux que tu portes la nationalité centrafricaine. C&rsquo;est ça qui passe facilement. Comme le pays là est encore en guerre, les blancs préfèrent les réfugiés qui viennent de là », dit Adèle.</p>
<p>Pendant des mois, j&rsquo;enregistre des conversations audio et vidéos avec le réseau. A chaque fois, Adèle me rend compte des avis de Ateba, de Mvondo et même d&rsquo;une certaine Gladys qui travaillerait aussi pour le HCR. The Museba Project n&rsquo;a pas été en mesure de confirmer que Mvondo et Gladys sont des employés du HCR.</p>
<p>Le réseau va changer de règles en cours de jeu. D&rsquo;après Adèle, Ateba a dit que je vais plutôt payer 2.500.000 FCFA($4000) pour obtenir  la carte de réfugié, le passeport, le visa et un emploi en Slovaquie.</p>
<p>« Si tu trouves ce montant élevé, on maintient la somme de 1.500.000 FCFA mais dès que le passeport est délivré, on te le donne et tu voyages à tes propres frais », me dit Adèle. A ce stade, impossible de reculer. J&rsquo;accepte la proposition.</p>
<p>Adèle appelle affectueusement Mvondo « monsieur le maire ». C&rsquo;est un homme rond de courte taille et de teint clair. Il s&rsquo;est illustré lorsque le réseau a réclamé une nouvelle somme d&rsquo;argent. S&rsquo;adressant à Jean François, Mvondo a déclaré: « Si tu as d&rsquo;autres personnes intéressées, il faut nous les amener, tu vas gagner quelque chose; moi, 80% de mes revenus proviennent de ce réseau ».</p>
<p><strong>Dieudonné ou l&rsquo;onction de la police</strong></p>
<p>Peu de temps après, Adèle me demande de venir à Yaoundé pour un rendez-vous au service des passeports. La veille du jour dit, je croise Adèle avec à ses cotés un homme. Elle fait les présentations: « C&rsquo;est la première fois que vous vous rencontrez? vous irez ensemble demain au service de passeports », dit Adèle en tournant le regard vers le bonhomme à la membrure puissante.</p>
<p>Kemayou est son nom camerounais. Mais, lorsqu&rsquo;il est entré en contact avec le réseau, tout a changé ou presque, me dit-il. Il a la nationalité centrafricaine et un nom centrafricain. Le Canada est sa destination finale.  » J&rsquo;avais déjà fait le passeport mais il y a eu une erreur c&rsquo;est pourquoi je vais repasser là-bas demain », m&rsquo;explique Kemayou.</p>
<p>La présence de Kemayou me rassure d&rsquo;une part que le réseau est vraiment à l&rsquo;œuvre et d&rsquo;autre part que je peux m&rsquo;arrêter à ce niveau pour suivre l&rsquo;évolution du dossier de ce dernier. Mais, il fallait d&rsquo;abord laisser passer l&rsquo;étape du passeport.</p>
<p>Le lendemain matin, Mvondo, Adèle, Jean François, Kemayou et moi, nous nous retrouvons dans un jardin public  à Yaoundé. Soudain, un homme de teint clair apparaît. C&rsquo;est Dieudonné, il est policier. Adèle lui dit que Kemayou et moi sommes les deux candidats pour le passeport. « Monsieur Ateba t&rsquo;a déjà donné quelque chose, non? donc, tu t&rsquo;occupes bien d&rsquo;eux », dit Adele à Dieudonné. Adèle dit que Dieudonné est l&rsquo;un des membres du réseau au sein de la police. Elle ajoute que le réseau a aussi des « facilitateurs » au ministère des relations extérieures.</p>
<figure id="attachment_3511" aria-describedby="caption-attachment-3511" style="width: 798px" class="wp-caption alignleft"><img class=" wp-image-3511" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/12/dieudonné-et-Mvondookk.jpg" alt="" width="798" height="358" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/12/dieudonné-et-Mvondookk.jpg 448w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/12/dieudonné-et-Mvondookk-300x135.jpg 300w" sizes="(max-width: 798px) 100vw, 798px" /><figcaption id="caption-attachment-3511" class="wp-caption-text">Dieudonné(à gauche) et Mvondo.</figcaption></figure>
<p>Après un moment d&rsquo;échange entre Mvondo, Adèle et Dieudonné, il a été décidé que je passe en premier. Kemayou va attendre.</p>
<p>Dieudonné et moi traversons la route. A l&rsquo;entrée du service des passeports, les policiers à la guérite reconnaissent Dieudonné et nous laissent continuer. A l&rsquo;intérieur, plusieurs usagers sont assis sur de longs bancs. Le ballet des policiers en uniforme et en civil est incessant. Mon cœur  commence à battre très fort. Le risque est élevé. Le moindre faux geste à ce niveau pourrait déboucher sur l&rsquo;irréparable. J&rsquo;ai envie, à un moment, de sortir de cette enceinte. Mais quand je pense aux victimes de cette fraude, je reprends mes forces.</p>
<p>Dieudonné me conduit auprès de Ambassa, un de ses collègues chargé d&rsquo;aider les candidats à remplir les formulaires de demande de passeport puis il disparaît. A la question de savoir si je suis déjà détenteur d&rsquo;un passeport, je ne sais quoi dire. Le réseau ne m&rsquo;a pas dit s&rsquo;il fallait répondre par oui ou par non. Ambassa est surpris de mon hésitation. « Tu connais Dieudonné? C&rsquo;est qui pour toi », me demande t-il. Je lui réponds que c&rsquo;est un ami de la famille. Je lui demande s&rsquo;il peut appeler Dieudonné. Ce qu&rsquo;il fait sans hésiter. Quelques instants plus loin, Dieudonné arrive tout anxieux comme s&rsquo;il redoutait quelque incident. Il me dit de cocher la case « non ».</p>
<p><strong>Ateba, Mvondo, Kemayou: le silence fait le bonheur</strong></p>
<p>Ambassa avait t-il  connaissance de l&rsquo;existence du réseau? Je n&rsquo;en sais rien. Dieudonné, lui, était au courant de Ateba. Adèle lui rappelle d&rsquo;ailleurs qu&rsquo;il a reçu une somme d&rsquo;argent de Ateba pour traiter mon cas. A maintes reprises, j&rsquo;ai demandé à rencontrer Ateba, mais Adèle s&rsquo;y est toujours opposée.</p>
<p>« Monsieur Ateba sera là à la fin pour te remettre les documents de voyage », disait-elle toujours.</p>
<p>Je décide d&rsquo;arrêter mon parcours avec le réseau à ce niveau. Et de suivre à distance l&rsquo;avancement du dossier de Kemayou.</p>
<p>A Douala,  Kemayou passe le gros de son temps dans sa petite boutique chichement achalandée en denrées alimentaires. Kemayou est marié et père de cinq enfants. Son premier contact avec le réseau remonte à quelques années . « Un jour, un grand ami qui savait que j&rsquo;avais envie de voyager m&rsquo;a présenté le réseau d&rsquo;Adèle. Il m&rsquo;a dit que son cousin est passé par là pour entrer en Europe. C&rsquo;est cet ami qui me met en contact avec Adèle », me raconte Kemayou.</p>
<p>Le bonhomme brûlait en effet d&rsquo;envie de quitter le Cameroun. Sa dernière tentative devait le conduire en Australie, mais il n&rsquo;a pu obtenir un visa, dit-il. « J&rsquo;avais payé cher pour qu&rsquo;on me fasse passer pour un défenseur des Droits de l&rsquo;Homme qui assistait à un séminaire mais à la fin, le visa m&rsquo;a été refusé ».</p>
<p>Les choses avancent vite avec Adèle. Le réseau a demandé à Kemayou de payer la somme de 2.500.000 FCFA($4000), il a déjà versé la moitié, dit-il. Kemayou me dit qu&rsquo;il est en possession d&rsquo;une carte de réfugié centrafricain et qu&rsquo;il n&rsquo;attend plus que la sortie de son passeport pour s&rsquo;installer au Canada avec sa petite famille.</p>
<p>« C&rsquo;est un réseau qui marche mais il est un peu lent, tu dois seulement être patient », dit Kemayou. Je lui demande s&rsquo;il a rencontré Ateba depuis qu&rsquo;il flirte avec le réseau. Il me dit qu&rsquo;à un moment il commençait à perdre patience et comme chaque fois Adèle lui disait que Ateba a demandé d&rsquo;attendre, il a décidé d&rsquo;aller rencontrer Ateba pour se rassurer, dit-il. Le faux réfugié s&rsquo;est rendu dans les locaux du HCR à Yaoundé à l&rsquo;insu d&rsquo;Adèle.</p>
<p>« On m&rsquo;a montré le bureau de Ateba. Je lui ai dit que je viens de la part d&rsquo;Adèle par rapport à mon dossier. Il m&rsquo;a expliqué que vraiment ça ne dépend pas d&rsquo;eux. Ils font juste une demande, tant que le Canada ne donne pas l&rsquo;accord ils ne peuvent rien, parce que quand vous partez là bas, vous entrez dans le centre des réfugiés », raconte Kemayou.</p>
<p>Kemayou dit avoir rencontré Mvondo dans le bureau de Ateba lors de sa visite.  » Il y avait deux tables dans cette salle, celle de Monsieur Ateba et celle d&rsquo;un autre monsieur qui était assis. Je ne le connaissais pas. C&rsquo;est quand je l&rsquo;ai vu un autre jour avec Adèle que j&rsquo;ai su que c&rsquo;est lui qu&rsquo;on appelle « monsieur le maire ».</p>
<p>Comme Mvondo et Ateba, Kemayou parle peu. Mais, tous ont deux choses en commun avec Adele: l&rsquo;amour de l&rsquo;argent facile et la peur d&rsquo;être dénoncés. Au détour d&rsquo;une conversation, Adèle me raconte la mésaventure de certains camerounais de la partie anglophone qui auraient été récemment interpellés en Australie avec des documents de réfugiés. Rapatriés au Cameroun, ils ont été mis en détention avec leur complice, une employée du HCR qui aurait fait d&rsquo;eux des réfugiés.</p>
<p>The Museba Project a contacté Jean Paul Ateba en service au HCR à Yaoundé pour solliciter son commentaire à propos des allégations de Kemayou et les accusations de complicité de fraude. Il n&rsquo;a pas réagi jusqu&rsquo;au moment de la publication de cette investigation.</p>
<p>« Si les gens s&rsquo;amusent à créer ce genre de trafic, ils mettent en danger l&rsquo;ensemble du processus de protection des personnes qui ont besoin d&rsquo;une véritable protection des Nations Unies, voilà le sujet »,  a déclaré Hamma Hamadou.  L&rsquo;ancien diplomate ajoute: « Ce n&rsquo;est ni bon pour les pays d&rsquo;où ils partent ni bon pour le système global d&rsquo;accueil des réfugiés « .</p>
<p>La vente des identités des réfugiés est une réalité. Torote, Jean François, Kalema et leurs familles ne seront peut-être jamais réinstallés . Mais, l&rsquo;histoire retiendra qu&rsquo;ils ont eu le courage de dénoncer une injustice grave, le courage d&rsquo;alerter leurs semblables.  A temps.</p>
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		<title>Illegal fuel trade is enriching Cameroon Security forces, Customs Officials As Government Is Losing Billions</title>
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		<dc:creator><![CDATA[The Newsroom]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 May 2022 13:04:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A La Une]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>At about mid-day on October 14, 2021, a huge depot at the basement of a private residence located in Botaland, where illegally imported petroleum products from neighbouring Nigeria had been stored, suddenly went up in flames. It could not immediately be established what led to the fire accident. But it was clear that the fuel, [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>At about mid-day on October 14, 2021, a huge depot at the basement of a private residence located in Botaland, where illegally imported petroleum products from neighbouring Nigeria had been stored, suddenly went up in flames.</p>
<p>It could not immediately be established what led to the fire accident. But it was clear that the fuel, worth millions, was kept in plastic drums of about 200 liters each.</p>
<p>As time goes by, illegal fuel is gradually transforming the urban décor in Cameroon&rsquo;s major cities. Vendors improvise unauthorized sales points along the streets. When night falls, they store the unsold inflammable products in warehouses, houses or makeshift hiding places on the roadsides, endangering their own lives and those of their entourage.</p>
<figure id="attachment_3404" aria-describedby="caption-attachment-3404" style="width: 810px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-full wp-image-3404" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/05/IMG-20220204-WA0034.jpg" alt="" width="810" height="1080" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/05/IMG-20220204-WA0034.jpg 810w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/05/IMG-20220204-WA0034-225x300.jpg 225w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/05/IMG-20220204-WA0034-768x1024.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/05/IMG-20220204-WA0034-600x800.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/05/IMG-20220204-WA0034-750x1000.jpg 750w" sizes="(max-width: 810px) 100vw, 810px" /><figcaption id="caption-attachment-3404" class="wp-caption-text">Drums containing 200 liters of fuel each are stored in a makeshift depot in Limbe.</figcaption></figure>
<p>In the early 1990s, this fuel from neighbouring countries was already banned from sale, particularly because it reduced the market share of petrol stations owned mainly by multinational oil companies. Hounded from all sides by the forces of law and order, the sellers had, after several months of resistance, finally given up the activity.</p>
<p>But in recent years, they have resumed their activity with the discreet support of some state agents who are supposed to prohibit this illegal trade.</p>
<p>For months, three Cameroonian journalists working with The Museba Project, an online newspaper, have been investigating the supply channels of this fuel and how hundreds of millions of CFA francs end up in the pockets of certain officials while this business threatens the environment, the health of the population and the national economy.</p>
<p>These reporters gathered that as the owner of the depot at Botaland, Limbe, popularly known as Kouper, noticed the fire, he immediately alerted some persons close-by who swung into action in order to try and contain the fire. But they only succeeded in rescuing a few of the containers to a safe area. The sheer intensity of the flames did not allow them to do much. Without a fire extinguishing machine to assist them, most of the stock went up in flames.</p>
<p>when the bad news got to them, Public officials in Fako Division, led by the Senior Divisional Officer, Emmanuel Engamba Ledoux, quickly moved to the scene of the incident .</p>
<p>On their orders, a fire fighting van from the Fire Fighting Brigade of the National Oil Refinery, SONARA, was called in to help put out the fire. The house, under whose basement the fuel had been stocked, was almost completely damaged. The fire also touched some of the neighboring buildings.</p>
<p>The above incident did draw the attention of the public who witnessed, fully, how the illegal trade in imported petroleum products into Cameroon has been allowed to go on to the point where individuals run huge depots.</p>
<p><strong>How the Business Thrives</strong></p>
<p>The same administrative and security officials who rushed to the scene on that October 14th to see what had happened were no strangers to the thriving business of illegal petroleum products in Cameroon. They knew that Botaland is known as one of the landing points, if not the headquarters, for the importation and sale of this illegal fuel in Limbe.</p>
<p>The law in Cameroon forbids the illegal importation and sale of petroleum products. In essence, the law guiding Customs operations classifies illicit fuel imports as contraband goods. Thus, any person dealing in their importation, either from Nigeria or any other country is considered to be contravening the law. This is because those in the business, as we found out, don&rsquo;t have licenses and do not pay  taxes to the state treasury. Therefore by law, they stand to be arrested and dragged to the law courts for adjudication.</p>
<p>However, since the Botaland incident happened, from our findings, again, no person was either arrested or dragged to court as a result of what happened. Secondly, there was no security raid either to prohibit others from carrying on with the importation and storage of this illegal fuel nor was there any effort to stop the business in Limbe and elsewhere in the country.</p>
<p>While fuel from the licensed petroleum dealers across the country is sold at recognized filling stations, this illegally imported fuel is sold along the streets in small plastic bottles from one liter and upwards. The vendors, sometimes, only display a bottle by the road that has been filled with water or one mixed with the fuel as a sign.</p>
<p>The roadside vendors of this illegally imported fuel depend on the big importers for their supplies. And since the Botaland incident, there has been no report of any of them having been chased from the street corners where they are found in Limbe and elsewhere. The business is still booming just as it has ever been.</p>
<p>The trade is organized in such a way that there are major importers who import in bulk and often from Nigeria. They import using plastic containers of 200 liters each. The major hubs in Fako Division where this fuel comes in are Idenau, in the West Coast Sub Division. In Limbe, reporters discovered that the entry points are Limbola village, Botaland, Wovia and the Down beach seafront. All the hubs are located along the Limbe coastline.</p>
<p>The importers have hidden depots located within the residential communities in the above named locations. We gathered from our sources that these depots are well known to the security. It is from these depots that the roadside vendors and other dealers from other towns or regions of the country come and buy from.</p>
<p>Thus, the fire incident of October 14, 2021, touched just one of such depots being used to store the smuggled fuel products. A security officer, who works with the State Security apparatus in charge of investigations known as the General Directorate in Charge of External Research, DGRE,  told us on December 14, 2021, that there are about 30 of these privately owned illegal petroleum depots in Limbe; that is, Down Beach, Botaland, Wovia, Ngeme and Limbola. Some of them are run by Nigerian nationals who have a direct connection with dealers or smugglers back in Nigeria.</p>
<p>From our investigation, in the course of 2021, a 200 liter container or drum is sold at FCFA 85,000 at the level of Idenau; FCFA 90,000 at the level of Limbola and FCFA 95,000 at the level of Botaland, Wovia, Ngeme and Down Beach.</p>
<p>But these prices tend to fluctuate depending on the rate of exchange of the Naira in Nigeria or when the Cameroon security or customs officials at sea or land decide to be hard on the big importers. From January to February, 2022, when Cameroon was hosting the African Cup of Nations, the Government, for apparent security reasons, decided to implement a naval blockade at sea. Consequently, the price for a 200 liter container, according to Mih Mbeng, a vendor in Limbe, went up to FCFA 110,000.</p>
<p><strong>Bribes for the profiteers</strong></p>
<p>In the course of 2021, we found out that those within the Administrative set up in Fako Division, the security forces from the top to the bottom, were directly or indirectly behind the booming trade.</p>
<p>The big importers and roadside vendors are those directly involved in the business of buying and selling to the end users. But the administrators, security officials, are the ones fuelling the existence of the business by way of collecting bribes and allowing the illegal business to keep thriving as if nothing was happening. The administrators who are supposed to clamp down on the trade are instead busy lining their private pockets while the Government is losing billions. Some of them, even unapologetically, buy from vendors who sell this cheap fuel along the streets.</p>
<p>In the Month of March, reporters interviewed over ten roadside vendors across Limbe and gathered that the business is so organized in such a way that all the roadside vendors have a makeshift union. That is, all those who buy from the above-mentioned depots and sell by the street corners in liters or smaller quantities. Each week, these vendors disclose that « <em>each vendor has to contribute FCFA 1,500 to the union</em>. »</p>
<p>There is a team of some four or five vendors who go round, every Wednesday and Thursday, each week, and collect the FCFA 1,500 contributions from the roadside vendors. When we met with one of the team members who spoke on condition of anonymity, he nonetheless said there are about 150 to 200 of these roadside vendors on the average. This gives a rough estimate of about FCFA 300,000 that is collected every week from the small time vendors by the roadsides. In a month, at least, these vendors turn in not less than an FCFA 1 million to the security heads managing the City of Limbe.</p>
<p>According to this vendor, the money is shared out to the heads of the gendarmerie company, the police, and other officers in the network. At this time, the Limbe Police Command was manned by Commissioner Nyebe Jean while the Limbe Gendarmerie Company by Captain Heffat Michel. But the vendor said it doesn&rsquo;t matter who heads these security services at any one time. It is a network and whether there is a change at the helms of these services, they have to collect and hand the money.</p>
<p>Meantime, the big importers, like the ones at Down Beach, as we gathered also have their own makeshift union. This union also makes a similar collection from all their members who deal with importation from Nigeria. Their own quota, we learned, tends to be higher. One source told us that when they collect, they target the top administrators of the Division and even that of the region.</p>
<h4><strong>« <em>Sometimes, they even send some of the money collected to some undisclosed persons in the Administration in Yaoundé », </em></strong><em>our source said</em><strong><em>. </em></strong></h4>
<h4><strong><em>« The envelope to Yaoundé is usually something like FCFA 10 million. When it is for the Administrators in Fako, they envelope is about FCFA 5 million</em>« , </strong>this source added<strong>.</strong></h4>
<p>It is worthy to note that these are the security services in charge of keeping a check on the illegal importation and sale of this contraband fuel in Limbe and elsewhere. It, invariably, can be deduced that the illegal financial collections being made weekly by the security and top Administrative officials is reason enough to conclude why for the whole of 2021, there was no real security raid in the City of Limbe to either stop the sale of this roadside fuel or send a signal that what they dealers are doing is against the law. There was only one reported isolated case where the Gendarmerie Company in Limbe and the Ministry of Environment publicly displayed one catch of this illegally imported fuel.</p>
<p>The other case was in December, 2021, where there was a general raid against roadside vendors in the Limbe II Sub Division that was host to one of the Stadiums in Cameroon where the Africa Nations Cup, 2021, AFCON, matches were played. Some few containers of fuel were seized. But since the December raid, nothing has happened again. The selling of this fuel along the streets has continued just as it was before the raid.</p>
<p>This trade is not limited to Limbe. It extends its tentacles into the surrounding towns and other regions,  especially Douala. The arteries of the economic metropolis of Cameroon are flooded with illegal fuel, which is highly prized by commercial motorcycle riders. This is because it commands a lower price than the ones charged at the filling stations. The prices vary according to the neighborhoods concerned. In the suburb of Bonabéri which is the main entry point for products from Limbe, for instance, a liter costs FCFA 500; a little further into the city, a liter there is sold at CFA 550 while in the neighborhoods farther from the road, a liter is sold at FCFA 600. All these prices are still cheaper as compared to FCFA 630 per liter of Super in the filling stations.</p>
<p>After every 100 meters, one is certain to find the yellowish liquid displayed on makeshift counters along the street. The young and old, men and women, are all engaged in this activity every day and night. They carry out their activities peacefully under the nose and eyes of the authorities.</p>
<p><strong> « </strong><em>The first rule in this business, if you want to do it peacefully, is that you have to collaborate with the law enforcement and security forces. When they arrive, give them the money. You will never be worried, a vendor in Douala explained. Adding that  » if you get tough, they&rsquo;ll bother you every day. And you&rsquo;ll be the one to loose. Because when you don&rsquo;t pay, they confiscate your goods. When the goods are already in their vehicles, you will have to pay hundreds of thousands to get them back »</em>.</p>
<p>Every day, these vendors in Douala receive about eight to eleven controls, said another vendor who requested for anonymity.</p>
<p>« <em>It depends on the day. We can have eight controls, nine controls, ten controls, eleven controls. Almost all the units of the forces of law and order pass by. They are the national gendarmerie, the GMI (Groupement mobile d&rsquo;intervention &#8211; a unit of the national police), the ESIR (Equipes spéciales d&rsquo;intervention rapide, another unit of the national police) and the elements of the judicial police. Thus, we spend 8,000 to 11,000 CFA francs per day,</em> » he says.</p>
<p>Unlike in Limbe, there is no corporation or union in Douala. It is therefore difficult to put forward a comprehensive figure as to the number of vendors who occupy the sidewalks. However,  there are thousands of them in the city of 410 km2 and with nearly 4 million inhabitants, the ranks grow every day. After the motorcycle cab business, the fuel trade is the drop-off point for young people who are looking for work.</p>
<p>In other towns in Cameroon, there were reported raids by the security. For instance, on Wednesday August 25, 2021, The Guardian Post Newspaper, in its edition Number 02225, reported a story captioned: « Over 3000 liters of illicit fuel seized in Dibombari. »</p>
<p>In yet another publication on October 29, 2021, edition Number 02281, it reported about the seizure of another huge quantity of fuel, yet in the Littoral region captioned, « Over 7000 liters of illicit fuel impounded in Douala. »</p>
<figure id="attachment_3402" aria-describedby="caption-attachment-3402" style="width: 2560px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-full wp-image-3402" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/05/A-Roadside-petrol-seller-filling-the-tank-of-a-car-in-Limbe-II-Sub-Division.-March-18-2021.-scaled.jpg" alt="" width="2560" height="1920" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/05/A-Roadside-petrol-seller-filling-the-tank-of-a-car-in-Limbe-II-Sub-Division.-March-18-2021.-scaled.jpg 2560w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/05/A-Roadside-petrol-seller-filling-the-tank-of-a-car-in-Limbe-II-Sub-Division.-March-18-2021.-300x225.jpg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/05/A-Roadside-petrol-seller-filling-the-tank-of-a-car-in-Limbe-II-Sub-Division.-March-18-2021.-1024x768.jpg 1024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/05/A-Roadside-petrol-seller-filling-the-tank-of-a-car-in-Limbe-II-Sub-Division.-March-18-2021.-768x576.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/05/A-Roadside-petrol-seller-filling-the-tank-of-a-car-in-Limbe-II-Sub-Division.-March-18-2021.-1536x1152.jpg 1536w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/05/A-Roadside-petrol-seller-filling-the-tank-of-a-car-in-Limbe-II-Sub-Division.-March-18-2021.-2048x1536.jpg 2048w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/05/A-Roadside-petrol-seller-filling-the-tank-of-a-car-in-Limbe-II-Sub-Division.-March-18-2021.-600x450.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/05/A-Roadside-petrol-seller-filling-the-tank-of-a-car-in-Limbe-II-Sub-Division.-March-18-2021.-750x563.jpg 750w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/05/A-Roadside-petrol-seller-filling-the-tank-of-a-car-in-Limbe-II-Sub-Division.-March-18-2021.-1140x855.jpg 1140w" sizes="(max-width: 2560px) 100vw, 2560px" /><figcaption id="caption-attachment-3402" class="wp-caption-text">A Roadside petrol seller filling the tank of a car in Limbe. March 18, 2021.</figcaption></figure>
<p><strong>Cameroon Is, Indeed, Losing Billions!</strong></p>
<p>The General Manager, GM, of the Cameroon Petroleum Depot Company, SCDP, Veronique Moampea Mbio, is reported to have said that the smuggling of fuel is costing the state coffers 32 billion FCFA yearly<strong>.</strong></p>
<p>The Southwest Regional Delegate of the Ministry of Water and Energy which has been making efforts to fight against the illegal importation of illicit fuel into the country, said Cameroon was, indeed, losing much.</p>
<p>The Delegate, Atabongfack Maurice, disclosed that at the level of his office, he has been struggling to carry on with the fight against this illegal importation at the level of the high seas within the Southwest coastline.</p>
<p>From his statistics of 2020 and 2021, his office in 2020, alone, turned in the sum of FCFA 52,485,500 from the sales of illegal fuel that they seized at the high seas from importers. He said this was money generated from the sale of a total of 149,852 liters of illicit fuel that was seized by his Ministry in 2020 from illegal importers.</p>
<p>He disclosed that his Delegation, as from January 2021 to September, 2021, had already seized, sold and paid into the Government coffers the sum of FCFA 44 million.</p>
<p>When asked why is it that, despite efforts made by his Ministry in all these operations, the presence of illicit fuel along the streets of Limbe and other bends in the quarters was still a common phenomenon, he disclosed that, his ministry was not getting full support in the fight « <em>from the security services that are supposed to champion the fight. »</em></p>
<p>He stated that they often get assistance from the Naval Base Commander but very little from the police and Gendarmerie services.</p>
<p>The Customs Department has a duty to check this importation of illegal fuel which is classified among the contraband goods which they are supposed to fight against. The Customs service in the Southwest with Head office in Limbe has a brigade that works with the Military to fight against this illegal importation. Along the major highway from Idenau through Limbe and out of Limbe to Douala, the Customs have over four posts where their elements have been stationed with a mission to check against the smuggling and transportation of all illegally imported or contraband goods. But the vendors reporters interviewed disclosed that the customs are not left out of the corruption racket.</p>
<p>« <em>At each customs check point, if you are caught with a drum of illegally imported fuel, you are obliged to settle with the sum of FCFA 2000 per drum. At the level of Down Beach, Ngeme, Wovia or Limbola where the importers come in with the drums, at least each boat that lands with fuel has an undisclosed amount that it pays as bribe to the customs officers. And here, too, the other security heads also come in, once they have been hinted by their informants of any fuel arrival, and collect their own envelope</em>, » Mih Mbeng, a vendor said.</p>
<p>The vendors revealed that the usual amount vendors pay to these officials always vary per quantity of fuel involved.</p>
<p><strong>Administrative Tolerance or Complicity?</strong></p>
<p>One may wonder why the Senior Divisional officers of the Region or the Governor cannot order for a swoop on these illegal importers.</p>
<p>While Cameroon was preparing to host the African Nations Cup in January 2022 with Limbe being one of the host cities, the Southwest Governor, Bernard OkaliaBilai, during the launch of the ‘Keep Fako Clean,’ campaign, late in November, 2021, called on the local administrators to ensure that all roadside vendors of illegal fuel should be dislodged. Two weeks after his campaign launch, not even one had been removed.</p>
<p>It is difficult, therefore, to conclude that it is just mere tolerance from the part of the Government Administrators.</p>
<p>The security officer at the level of the DGRE told us crystal clear  that « <strong>everything in Cameroon is about money. Once you have the money to bribe your way, no case goes anywhere. »</strong></p>
<p>And if it is by tolerance, then, it is tolerance at the expense of the very Government that they are serving and are expected to implement Government&rsquo;s laws and policies for it to succeed in raising the revenue that it has to run the country with.</p>
<p>At the Limbe Police Station, the Assistant Police Commissioner, Attah Roy, had the same response. « <em>We can only go out for checks at the SDO&rsquo;s order</em> » he said. The security control against those selling illegal fuel along the streets that was carried out before the AFCON tournament was just an isolated case, after more than a year that Limbe had not witnessed such a control.</p>
<p>These controls have not been going on for the past one year or more, as well as comment on the supposed regular sums which the roadside vendors say they contribute weekly and hand to the security services in order to pre-empt them from coming out to chase them off the streets.</p>
<p>Before the kickoff of the AFCON football tournament on January 6, following instructions that had been dished out by the Southwest Governor, a contingent of security officers went out on a rear control and chased away all the roadside vendors; at least, from open view.</p>
<p>After the AFCON tournament, very few of the vendors were displaying their sales plaques or empty bottles by the roadsides they openly did before. But the business is still on. The vendors have just simply changed their strategy from openly displaying their bottles by the roadsides to hiding them. While the bottles or their containers remain in hiding, they keep a permanent presence where they have been selling since most of their customers already know their sales positions.</p>
<figure id="attachment_3411" aria-describedby="caption-attachment-3411" style="width: 448px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-full wp-image-3411" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/05/ok.jpg" alt="" width="448" height="336" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/05/ok.jpg 448w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/05/ok-300x225.jpg 300w" sizes="(max-width: 448px) 100vw, 448px" /><figcaption id="caption-attachment-3411" class="wp-caption-text">The boy dressed in a dark yellow lined track suit trousers and sitted before ten little mineral water bottle with something of a funnel pegged on the bottle is a roadside petrol seller along a Limbe street.</figcaption></figure>
<p>We talked to a retired police officer, Joseph Nyenti, who said in their days in the police service, bribery was not as rampant as it is today. Asked why he thinks the sale of illegal fuel is still very prominent in Limbe despite the presence of the police and other security services, he said that the police sometimes collect money from the vendors not because it was their intention to do so. « <em>They collect simply because they want to defend themselves in order to have something for the family.</em> »</p>
<p>He further reiterated the fact that the police service today does not function the way it was during their time. He retired before 2010. He said that at the time when the Government decreed an increment in their salaries, they were sure to receive the increment in the following month.</p>
<p>« <em>But today, when the Government announces a salary increment, it takes long before the increment is effected on your pay slip. You will have to compile documents and go to Yaoundé, sometimes, on several occasions, before you might succeed. Thus this is encouraging the aspect of corruption in the service today,</em> » he said.</p>
<p><strong>The Quality As a Concern</strong></p>
<p>The quality of these illegally imported fuels, as most automobile users have testified, is not guaranteed. Many say those who use the fuel run the risk of damaging their engines either in the short or long run. We tried to get an expert from the National Oil Refinery to react to this but we did not succeed owing to some procedural requirements.</p>
<p>But notwithstanding the doubtful quality, a significant number of automobile users, especially the commercial motor bike and cab riders make use of the fuel without recourse to the fact that it has a potentially damaging effect. They argue that the cost of the illegally imported fuel is far cheaper than fuel sold at petrol filling stations, which is said to be of very good quality.</p>
<p>At the feeling stations, a liter of petrol, the ’Super’ type, is sold at FCFA 630 while a liter of gas oil for diesel engine cars is sold at FCFA 575.</p>
<p>Meantime a liter of petrol or the equivalent of Super, by the roadside, is sold at FCFA 400 in Limbe. Elsewhere or in other towns, the price may witness a slight increase like in Douala. A liter of gasoil by the roadside, we gathered, sells at the same FCFA 400.</p>
<p>The prices, nonetheless, do sometimes fluctuate. But, according to those who buy it, the fuel bought by the street corners is comparatively cheaper; thus, the reason why they go for it.</p>
<p><strong>Health and Environmental Risks</strong></p>
<p>Some of the fuel stored in  households due to its strong smell, comes to add to other factors that cause indoor air pollution. According to a recent study on the effects of Air pollution on human health conducted by Clean Air Africa in collaboration with the Faculty of Medicine and Pharmaceutical Sciences of the University of Douala, Cameroonian households stand a chance of getting stroke, heart diseases, lung cancer, and chronic respiratory diseases as a result of air pollution.</p>
<p>Researcher, Professor Bertrand Mbatchou says air pollution in general kills an estimated seven million people worldwide every year. While transporting this fuel to depots, some of it pours on the soil which affects the production of crops in the area, Professor Mbatchou explained.</p>
<p>Despite regular updates on customs or other administrative authorities’ crackdown on illicit petroleum, there’s still a lot to be done especially at the borders, in order to stop the influx of illegal fuel which is playing down on the country’s economy.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>By Francis Tim Mbom, Kiven Brenda and Patrick Bihel</p>
<p><strong><em>This story has been done with the support of MUSEBA Journalism project</em></strong></p>
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		<title>Bois de rose : volé au Cameroun, blanchi au Nigeria, expédié en Chine</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Christian LOCKA]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 28 Jan 2022 14:35:35 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Abdou Yadji veut dire au revoir à la misère. Alors, le bûcheron quarantenaire noue son t-shirt noir trempé de sueur autour de la taille. Chaussures en plastique aux pieds, il donne des coups de hache à un tronc d&#8217;arbre couché au sol. Abdou est sous pression. Il doit faire des morceaux de bois de même [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Abdou Yadji veut dire au revoir à la misère. Alors, le bûcheron quarantenaire noue son t-shirt noir trempé de sueur autour de la taille. Chaussures en plastique aux pieds, il donne des coups de hache à un tronc d&rsquo;arbre couché au sol. Abdou est sous pression. Il doit faire des morceaux de bois de même taille avant de quitter la forêt de Bamanga, un village du nord Cameroun situé à la frontière avec le Nigeria.</p>
<p>Le bûcheron n&rsquo;est pas seul dans la forêt. Ce matin chaud de janvier 2020, son compagnon, un homme au visage épanoui, est assis sur une motte de terre ocre, les yeux fixés sur une montre en argent au poignet gauche.</p>
<p>Trois jours auparavant, il s&rsquo;est présenté à Abdou comme un commerçant musulman qui achète souvent des pagnes au Nigeria pour étoffer sa boutique dans la capitale du Nord. Puis, d&rsquo;un accent calme,  il a admiré le travail du bûcheron et lui a fait une proposition.  Il a dit être en contact avec un homme d&rsquo;affaires nigérian qui veut acheter de grandes quantités de bois Kosso et qui paie 5000 nairas($12) par morceau de deux mètres de long, raconte Abdou.</p>
<p>« Si je lui vend le bois, dit-il, je pourrais devenir riche en peu de temps ».</p>
<p>Le Cameroun et le Nigeria ne partagent pas seulement une frontière de 2000 km. une enquête de The Museba Project révèle que des individus originaires des deux pays entrent discrètement dans les forêts camerounaises, coupent sans autorisation des bûches de bois de rose qu&rsquo;ils transportent jusqu&rsquo;au Nigeria.</p>
<p>Alors que cette activité lucrative est à l&rsquo;origine de la destruction des forêts, la fuite des finances publiques et la perte des emplois, le média en ligne a découvert que certaines autorités nigérianes, liées au principal parti d&rsquo;opposition, blanchissent ce bois localement appelé Kosso ou Madrics en délivrant aux trafiquants des documents officiels qui attestent que l&rsquo;exploitation a plutôt été faite au Nigeria et qui facilitent l&rsquo;exportation des conteneurs de Kosso vers la Chine, la destination finale.</p>
<p>Bien plus, The Museba Project est entré en contact avec un célèbre trafiquant de bois de rose de contrebande qui dévoile le schéma de corruption partant de la forêt camerounaise au port de Lagos, avec des pots-de-vin versés à des agents forestiers camerounais, chefs traditionnels et agents de sécurité nigérians, les prix des bûches de bois de rose dans le marché noir, le profil des clients asiatiques et même comment le trafiquant et son équipe ont coupé avec succès le Kosso dans les forêts dangereuses de l&rsquo;Etat de Borno, un territoire contrôlé en partie par l&rsquo;organisation terroriste <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Boko_Haram">Boko Haram</a>.</p>
<figure id="attachment_3338" aria-describedby="caption-attachment-3338" style="width: 1285px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-full wp-image-3338" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/01/abdou-yadji.jpg" alt="" width="1285" height="630" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/01/abdou-yadji.jpg 1285w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/01/abdou-yadji-300x147.jpg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/01/abdou-yadji-1024x502.jpg 1024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/01/abdou-yadji-768x377.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/01/abdou-yadji-600x294.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/01/abdou-yadji-750x368.jpg 750w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/01/abdou-yadji-1140x559.jpg 1140w" sizes="(max-width: 1285px) 100vw, 1285px" /><figcaption id="caption-attachment-3338" class="wp-caption-text">Abdou Yadji cherche de l&rsquo;ombre près d&rsquo;un kosso.</figcaption></figure>
<p>Abdou vivait dans une case en terre cuite couverte de paille. Sans enfants ni femme. Quand il gagnait un peu d&rsquo;argent dans la coupe du bois de chauffe, le bûcheron édenté fumait des cigarettes à répétition. Il buvait la bière locale, fredonnait des chansons populaires et mangeait à peine. Puis, lorsque l&rsquo;argent était fini, il tuait le temps allongé sous le grand arbre du village.</p>
<p>Bamanga est peuplé d&rsquo;environ cinq mille âmes qui vivent de cultures vivrières, d&rsquo;élevage et de vente du Bil-Bil, une bière locale. De jour comme de nuit, des engins à deux roues traversent à vive allure ce petit village. Ils transportent des marchandises de contrebande en provenance de l&rsquo;Etat de l&rsquo;Adamawa au Nigeria: ciment, carburant, huile raffinée, farine, sucre. Les conducteurs se créent chaque fois de nouvelles pistes pour échapper au contrôle de l&rsquo;unique poste de douanes de la localité.</p>
<p>Le bûcheron a accueilli l&rsquo;offre du commerçant musulman comme une manne. Il tenait enfin une occasion de sortie de misère. Mais, alors qu&rsquo;il entaillait une pièce de Kosso sous le soleil brulant, Abdou a entendu un bruit léger au loin. Son compagnon a aussitôt saisi sa main gauche et lui a demandé de prendre la fuite. C&rsquo;était trop tard. Les deux individus ont été stoppés dans leur brève course par des agents des eaux et forêts en service dans la région du Nord.</p>
<p>« Vous êtes en état d&rsquo;arrestation », a déclaré l&rsquo;un des agents en uniforme vert en menottant les deux complices.</p>
<p>« Vous n&rsquo;êtes pas autorisé à exploiter ce bois », a déclaré l&rsquo;officier.</p>
<figure id="attachment_3349" aria-describedby="caption-attachment-3349" style="width: 2560px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-full wp-image-3349" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/01/IMG_20210416_091458_492-scaled.jpg" alt="" width="2560" height="1920" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/01/IMG_20210416_091458_492-scaled.jpg 2560w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/01/IMG_20210416_091458_492-300x225.jpg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/01/IMG_20210416_091458_492-1024x768.jpg 1024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/01/IMG_20210416_091458_492-768x576.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/01/IMG_20210416_091458_492-1536x1152.jpg 1536w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/01/IMG_20210416_091458_492-2048x1536.jpg 2048w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/01/IMG_20210416_091458_492-600x450.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/01/IMG_20210416_091458_492-750x563.jpg 750w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/01/IMG_20210416_091458_492-1140x855.jpg 1140w" sizes="(max-width: 2560px) 100vw, 2560px" /><figcaption id="caption-attachment-3349" class="wp-caption-text">Un tronc de Kosso abandonné dans la forêt de Bamanga au nord Cameroun.</figcaption></figure>
<h2><strong>Pillage organisé</strong></h2>
<p>Une essence forestière a rarement été autant convoitée. Le bois de rose, scientifiquement connu sous le nom de Pterocarpus erinaceus, est un arbre rare qui se trouve dans les zones sahéliennes et les forêts claires. Il est prisé pour son fourrage et ses vertus thérapeutiques. Ses feuilles servent d&rsquo;aliment aux animaux domestiques. Dans certaines contrées en Afrique de l&rsquo;Ouest, les écorces du Kosso sont activement recherchées pour leurs vertus en médecine traditionnelle. Mais, si ce bois est devenu l&rsquo;une des essences les plus adulées dans le monde, c&rsquo;est parce qu&rsquo;il est abondamment utilisé dans la fabrication des meubles de luxe en Chine.</p>
<p>L&#8217;empire du milieu, près d&rsquo;un milliard et demi d&rsquo;habitants, mise sur une nouvelle classe moyenne qui investit dans la décoration intérieure.</p>
<p>En 2017, le <a href="https://marketing-chine.com/marche-meuble-chine">marché</a> des meubles de luxe dans le pays a représenté un chiffre d&rsquo;affaires d&rsquo;environ 35 milliards de Dollars américains, selon des experts. Pour réaliser ces performances en augmentation, la Chine, un grand exportateur de meubles, a besoin de matières premières comme le Kosso.</p>
<p>En 2016 seulement, plus de 1,4 million de grumes de Kosso, d&rsquo;une valeur de 300 millions de dollars américains, ont été recensés dans les ports chinois, dévoile une <a href="https://eia-global.org/reports/the-rosewood-racket">étude</a> de Environmental Investigation Agency (EIA), une Ong qui enquête sur la criminalité et les abus environnementaux.</p>
<p>Tout n&rsquo;est pas rose dans cette chasse au bois de rose. D&rsquo;après EIA, la forte demande chinoise a fait naitre une industrie parallèle de commerce de bois de rose illégal qui se nourrit du pillage organisé des forêts claires à travers le monde y compris celles de certains pays au sud du Sahara.</p>
<p>Après la Gambie, le Ghana, le Benin, le Burkina Faso, la Sierra Leone,  le Nigeria, pays de plus de 150 millions d&rsquo;habitants, a vu son espace forestier se réduire au fil du temps.</p>
<p>Entre 1990 et 2010, la première économie du continent africain a perdu environ 409,650 de ses 9 millions d&rsquo;hectares de forêts, soit 2.38% par an, selon l&rsquo;Organisation des Nations Unies pour l&rsquo;Alimentation et l&rsquo;Agriculture, <a href="https://rainforests.mongabay.com/deforestation/2000/Nigeria.htm">FAO</a> . La razzia n&rsquo;a pas épargné le Kosso un matériau utilisé dans le mobilier de luxe en Asie.</p>
<p>Le nouveau business d&rsquo;alors a pris son essor dans le pays en 2013. Profitant des lacunes dans les lois existantes, un cadre réglementaire laxiste et la corruption des officiels et des leaders communautaires, certains operateurs économiques nigérians et leurs partenaires chinois ont illégalement entrepris de financer la coupe, le stockage et l&rsquo;exportation du Kosso.</p>
<p>EIA <a href="https://content.eia-global.org/assets/2017/rosewood-racket/PDF/Rosewood+Racket+Report+(High+Res).pdf">révèle</a> qu&rsquo;entre janvier 2014 et juin 2017, plus de quarante conteneurs maritimes de 20 pieds remplis des grumes de bois de rose étaient exportées en moyenne chaque jour du Nigeria vers la Chine.</p>
<p>Comme le Cameroun, le Nigeria est un Etat partie à la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d&rsquo;extinction, CITES.</p>
<p>Depuis 2017, le Pterocarpus erinaceus ou Kosso est listé dans l&rsquo;annexe II de cette convention qui demande aux pays exportateurs de s&rsquo;assurer que l&rsquo;origine du Kosso est légale et que sa survie est garantie.</p>
<p>En 2018, le comité du CITES, préoccupé par l&rsquo;exportation incontrôlée du Kosso du Nigeria, a <a href="https://cites.org/esp/CITES_SC69_worlds_wildlife_trade_regulator_focused_front-line_action_04122017">décidé</a> que « les Parties ne devraient accepter aucun permis ou certificat CITES pour Pterocarpus erinaceus délivré par le Nigéria à moins que le Secrétariat CITES n&rsquo;ait confirmé son authenticité ».</p>
<p>Les assauts répétés des trafiquants de Kosso avaient déjà causé la déforestation, le réchauffement climatique et des dégâts économiques dans les Etats comme Cross River, Adamawa, Taraba, Kaduna, Ondo. Quand les trafiquants nigérians ont constaté que les ressources forestières étaient épuisées alors qu&rsquo;ils devaient continuer à satisfaire la demande chinoise, ils ont commencé à traverser la frontière pour couper illégalement le Kosso au Cameroun voisin.</p>
<p><img class="wp-image-3325 alignnone" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/01/nord-locator-map.png" alt="" width="744" height="903" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/01/nord-locator-map.png 1200w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/01/nord-locator-map-247x300.png 247w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/01/nord-locator-map-844x1024.png 844w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/01/nord-locator-map-768x932.png 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/01/nord-locator-map-600x728.png 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/01/nord-locator-map-750x910.png 750w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/01/nord-locator-map-1140x1383.png 1140w" sizes="(max-width: 744px) 100vw, 744px" /></p>
<p>Abdou n&rsquo;avait pas connaissance de cette information quand il a accepté la proposition du commerçant musulman.</p>
<p>« Je veux gagner de l&rsquo;argent pour changer de vie et épouser une femme, mais je vois que c&rsquo;est dangereux », a déclaré Abdou.</p>
<p>En quelques années, la forêt de Bamanga a perdu des dizaines de grumes de Kosso, d&rsquo;après les riverains. Le bois est coupé en morceaux puis transporté clandestinement sur des motos ou des camionnettes jusqu&rsquo;au Nigeria. Les trafiquants proposent des sommes d&rsquo;argent séduisantes à des bûcherons démunis comme Abdou pour faire la coupe sans leur expliquer les risques de l&rsquo;activité illicite.</p>
<p>Assis à l&rsquo;arrière de la pick-up de couleur blanche des agents forestiers, Abdou ne pensait ni à l&rsquo;argent qu&rsquo;il devait empocher après son effort ni à sa hache abandonnée sur les feuilles mortes. Le bûcheron était anxieux de connaitre le sort qui lui serait réservé entre les mains des autorités administratives locales.</p>
<p>Avec ses 22 millions d&rsquo;hectares de forêts, le Cameroun est un géant forestier dans le bassin du Congo. Le bois de rose fait partie des essences rares qui se trouvent dans certaines forêts des régions septentrionales. Son exploitation est encore non-industrielle.</p>
<p>Coupé en infimes parties, le Kosso, un arbre d&rsquo;âge avancé, a toujours été utilisé comme bois de chauffe par des populations en zones rurales. Mais, les choses ont changé depuis quelques années. Les autorités interdisent désormais toute exploitation de ce bois. Et pour cause, des centaines  de grumes de Kosso tronçonnés ou coupés à la hache près des villages de la région du Nord, sortent illégalement du pays.</p>
<p>« Le trafic transfrontalier est généralement enraciné dans des réseaux criminels bien organisés qui relient certains dirigeants communautaires, des commerçants de bois (locaux, régionaux et nationaux) et des hommes d&rsquo;affaires étrangers en charge des exportations », dit Raphael Edou, responsable du programme Afrique, des campagnes forestières à EIA-Etats-Unis; ajoutant que ce trafic « contribue à l&rsquo;affaiblissement de l&rsquo;Etat de droit au Cameroun ».</p>
<p>Ousmanou Moussa, 80 ans, est accroupi au fond d&rsquo;une case en planches. Il tient entre les mains une barre de fer qu&rsquo;il passe délicatement sur une flamme bleue. Malgré son âge avancé, le forgeron arrive à fabriquer des ustensiles de cuisine et des bijoux prisés par les habitants du village Ouro Dalang, près de la frontière avec le Nigeria. Ousmanou a été chef de Ouro Dalang pendant treize ans avant de laisser son siège à un successeur pour se concentrer sur sa passion.</p>
<p>L&rsquo;homme garde le souvenir des moments où il avait le sommeil difficile parce que des inconnus rentraient dans la forêt sans son autorisation, coupaient des billes de Kosso et prenaient la fuite sans laisser de traces.</p>
<p>« Nous avions longtemps sacrifié notre sommeil pour rester éveillés et surveiller le village », dit Ousmanou, les pieds croisés sur une natte. « Ces gens venaient vers la fin de la saison pluvieuse pour couper le bois mais nous les avons faits obstacle dernièrement ».</p>
<p>Lorsque Ousmanou parle de « dernièrement », il fait allusion à septembre 2019. Ce jour-là, ses notables et lui ont attrapé un homme qui tronçonnait du Kosso dans la forêt à une heure avancée de la nuit. Le bois a été confisqué. Le trafiquant et son matériel ont été donnés aux forces du maintien de l&rsquo;ordre.</p>
<h2><strong>Les trafiquants utilisent des armes à feu</strong></h2>
<p>L&rsquo;octogénaire regrette que cet arbre qui procure de l&rsquo;ombre et dont les feuilles servent de pâturages aux animaux domestiques devienne rare dans le village. Et il n&rsquo;est pas le seul à chercher à comprendre ce qui se passe.</p>
<p>« Certains villageois pensaient que ces bandits usaient de la magie pour opérer mais moi, je n’ai jamais rien vu de mystique en eux », dit Ousmanou, ajoutant que « Quelqu’un ne peut pas venir te voler et user de la magie ».</p>
<p>L&rsquo;administration forestière a été approchée par The Museba Project dans le cadre de cette enquête mais elle a refusé de se prononcer. Toutefois, un responsable impliqué dans la lutte contre la contrebande du Kosso a accepté de parler sous anonymat parce que n&rsquo;ayant pas été autorisé à parler à la presse.</p>
<p>Selon lui, il n&rsquo;existe pas de chiffres officiels sur le pillage du Kosso. Ce pendant, dit-il,  l&rsquo;administration connait le mode opératoire des trafiquants.</p>
<p>« Les trafiquants arrivent avec des armes à feu, des machettes, des tronçonneuses et des haches », indique l&rsquo;agent de l&rsquo;Etat. « Comme les tronçonneuses font du bruit et attirent l&rsquo;attention, ils coupent désormais avec des haches, ça les prend trois à quatre jours pour abattre un arbre mais ils préfèrent ainsi pour passer inaperçu ».</p>
<p>A Lougga Horré, un autre village de la région du nord, les habitants sortent en masse dès qu&rsquo;ils entendent les bruits des tronçonneuses dans la forêt, dit Mamoudou. Ce paysan sexagénaire à la barbe cadenas est à la tête d&rsquo;un comité de vigilance monté uniquement pour traquer les coupeurs de Kosso.</p>
<p>Trois fois par semaine, Mamoudou ne se rend pas dans sa plantation de mil. Il sensibilise les villageois sur l&rsquo;importance de protéger l&rsquo;environnement.</p>
<figure id="attachment_3339" aria-describedby="caption-attachment-3339" style="width: 814px" class="wp-caption aligncenter"><img class=" wp-image-3339" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/01/Mamoudou.jpg" alt="" width="814" height="421" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/01/Mamoudou.jpg 1228w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/01/Mamoudou-300x155.jpg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/01/Mamoudou-1024x530.jpg 1024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/01/Mamoudou-768x397.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/01/Mamoudou-600x310.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/01/Mamoudou-750x388.jpg 750w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/01/Mamoudou-1140x589.jpg 1140w" sizes="(max-width: 814px) 100vw, 814px" /><figcaption id="caption-attachment-3339" class="wp-caption-text">Mamoudou demande à la population de garder un oeil sur les trafiquants.</figcaption></figure>
<p>« Si nous laissons ces gens abattre ce bois, nous risquons d&rsquo;être rattrapés par le désert, car il y’aura moins de pluie et les terres ne conserverons plus de l’eau », déclare Mamoudou.</p>
<p>L&rsquo;exploitation forestière illégale ne constitue pas encore une grave menace au nord Cameroun, selon des experts. En 2010, la région avait une couverture forestière estimée à 866000 hectares étalés sur 13% de sa superficie, selon Global Forest Watch. Dix ans plus tard, elle a perdu 769 hectares, d&rsquo;après cette plateforme spécialisée dans le suivi des forêts. La réduction de la couverture forestière n&rsquo;est pas toujours causée par la déforestation, indique Global Forest Watch, elle peut également provenir des incendies ou de l&rsquo;exploitation commerciale.</p>
<p>Les trafiquants n&rsquo;approchent pas seulement les bûcherons locaux pour obtenir le bois. Dans certains cas, ils offrent de l&rsquo;argent et des présents à des chefs traditionnels qui en contrepartie leur donnent accès aux forêts sous leur contrôle.</p>
<p>Après plusieurs semaines de négociations, le reporter de The Museba Project a pu rencontrer à son domicile un chef traditionnel accusé de corruption. Il a accepté de dire sa vérité à condition qu&rsquo;il ne soit pas identifié. Il dit avoir été approché, il y a huit mois, par un trafiquant nigérian, porteur d&rsquo;une proposition alléchante.</p>
<p>« Ce monsieur m&rsquo;a donné une somme de 200.000 F CFA($345) pour faire couper quatre(04) arbres de Kosso dans la forêt », raconte le chef.</p>
<p>Plus tard,  l&rsquo;accord conclu secrètement est devenu public.</p>
<p>« J&rsquo;ai donné un peu de cet argent à certains notables, mais l&rsquo;un d&rsquo;eux a été ridicule et a donc commencé à dire aux gens que j&rsquo;avais pris beaucoup d&rsquo;argent », a déclaré le chef, ajoutant qu&rsquo;il était tellement inquiet d&rsquo;avoir accepté l&rsquo;argent.</p>
<p>« Mon image a été ternie et les gens n&rsquo;ont plus confiance en moi », a-t-il dit à voix basse.</p>
<p>Les dénonciations des populations ont commencé à porter des fruits. Grâce à elles, l&rsquo;administration a saisi plusieurs stocks de bois de Kosso et du matériel de coupe lors de contrôles sur le terrain et des trafiquants d&rsquo;origine étrangère ont été traduits en justice.</p>
<p>« Des bûcherons nigérians ont été arrêtés, ils ont payé des amendes pour mettre fin à l&rsquo;action en justice et ils ont finalement été relâchés », raconte un agent de l&rsquo;Etat; « mais ils peuvent être poursuivis pour immigration clandestine ».</p>
<p>Les bois saisis au cours des interpellations comme celle de Abdou et son compagnon sont parqués aux entours des bureaux de la délégation des forêts du Nord. Ils devaient être vendus aux enchères plus tard comme le prévoit la réglementation mais les autorités appliquent une mesure d&rsquo;exception.</p>
<p>« Nous brûlons le bois de Kosso que nous saisissons pour éviter qu&rsquo;en le vendant aux enchères il ne retombe entre les mains de trafiquants », explique un agent local des forêts et des eaux.</p>
<p>Abdou et son complice ont passé huit semaines dans les cellules de la police judiciaire du Nord. Pendant leur audition, le compagnon a révélé aux enquêteurs que son contact nigérian s&rsquo;appelle Abdul Karim, un homme d&rsquo;affaires musulman qui a bâti sa richesse dans le trafic du bois de rose. Les deux individus risquaient jusqu&rsquo;à trois ans de prison pour <a href="http://www.droit-afrique.com/upload/doc/cameroun/Cameroun-Loi-1994-01-regime-forets-faune-peche.pdf">exploitation forestière non autorisée</a> mais l&rsquo;administration a accepté un règlement négocié.</p>
<p>«Une femme proche de l&rsquo;homme d&rsquo;affaires s&rsquo;est présentée à la police avec une somme de 900000 nairas (2 200 $) pour négocier avec les autorités et après, nous avons été libérés », révèle Abdou Yadji.</p>
<p>Après avoir été libéré, Abdou est retourné à Bamanga, le village où il vit depuis qu&rsquo;il a terminé ses études secondaires dans la région voisine de l&rsquo;Adamaoua.</p>
<p>Immédiatement après son arrivée au village, il a rejoint le comité de vigilance. Il dit avoir été choqué d&rsquo;être impliqué dans une activité criminelle et a commencé à réfléchir à la manière de chasser les trafiquants.</p>
<p>« Ce que ces individus font à notre village n&rsquo;est pas bon », dit le bûcheron.</p>
<p>Comme les activités de contrebande de Kosso se poursuivaient entre les deux pays, The Museba Project a voulu savoir comment les trafiquants opèrent de la forêt camerounaise jusqu&rsquo;à l&rsquo;exportation.</p>
<p>Les personnes abordées le long de la frontière ont presque toutes un nom sur les lèvres : Abdul Karim. Nous nous sommes associés à Abdou pour partir à la recherche du célèbre trafiquant qui semble en savoir beaucoup.</p>
<p>Mi-juillet 2021. Les pluies sont rares. Trois petits enfants nus marchent sur le sable poussiéreux du lit de l&rsquo;eau qui sert de frontière entre Bamanga et Jamtari, le village nigérian le plus proche. Des agents d&rsquo;immigration nigérians debout de l&rsquo;autre côté du fleuve s&rsquo;approchent de notre moto. Le conducteur est habitué à de telles scènes. Il murmure quelques mots en haoussa au policier et lui remet un billet de 50 nairas. La barrière est levée.</p>
<p>La moto va zigzaguer entre les maisons tantôt en briques de terre cuite tantôt en blocs de ciment. Des troncs d&rsquo;arbre de diverses essences sont abandonnés ici et là. Au bout d&rsquo;une dizaine de kilomètres, Konkul, une localité mi-rurale mi-urbaine se dessine avec ses belles bâtisses et son climat sec. Ses routes non goudronnées mènent vers la place du marché qui grouille de commerçants ce matin.</p>
<p>Quand Abdou descend de la moto, il se dirige vers un groupe d&rsquo;individus aux visages souriants. Après un moment d&rsquo;échange, l&rsquo;un d&rsquo;eux muni d&rsquo;un téléphone portable, se retire de la foule. Il revient plus tard et passe l&rsquo;appareil au bûcheron. Abdul Karim est au bout du fil. Une aubaine. Les deux hommes ne se connaissent pas. Abdou se présente à l&rsquo;homme d&rsquo;affaires comme étant un bûcheron qui dispose environ quatre vingt bûches de Kosso à vendre près de Kolléré, un autre village camerounais situé à proximité de la frontière.</p>
<figure id="attachment_3327" aria-describedby="caption-attachment-3327" style="width: 1200px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-full wp-image-3327" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/01/konkul-locator-map.png" alt="" width="1200" height="1456" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/01/konkul-locator-map.png 1200w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/01/konkul-locator-map-247x300.png 247w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/01/konkul-locator-map-844x1024.png 844w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/01/konkul-locator-map-768x932.png 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/01/konkul-locator-map-600x728.png 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/01/konkul-locator-map-750x910.png 750w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/01/konkul-locator-map-1140x1383.png 1140w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /><figcaption id="caption-attachment-3327" class="wp-caption-text">Le tracé favori des contrebandiers.</figcaption></figure>
<p>Sans laisser le bûcheron terminer sa phrase, Abdul Karim, réagit:  » Je vais tout acheter, ne te gêne pas pour le transport, je m&rsquo;en occupe ».</p>
<p>A Konkul, Abdul Karim est propriétaire d&rsquo;une villa protégée par une barrière haute. Seul le toit en forme conique est visible de l&rsquo;extérieur. L&rsquo;homme est bien connu dans la localité comme étant le plus puissant commerçant de bois. Après la brève conversation avec Abdou, Abdoul Karim a donné son numéro de téléphone personnel au bûcheron via son homme de main, un certain Inusa Zamfara Belel. Il a promis de venir au Cameroun la semaine d&rsquo;après pour la transaction. Plus tard, Abdou a appelé plusieurs fois mais l&rsquo;homme d&rsquo;affaires était toujours injoignable. Le suspens a duré à peine quatre mois.</p>
<p>Fin octobre, sous une fine pluie, le reporter, sur les traces du trafiquant, se rend à Mubi, la seconde plus importante ville de l&rsquo;Etat d&rsquo;Adamawa au Nigeria. Accompagné d&rsquo;un journaliste nigérian, il croise Inusa Zamfara Belel. Vêtu d&rsquo;un polo rouge vif, l&rsquo;homme de main a dit que depuis environ sept ans, il travaille dans le trafic de bois. Il a affirmé que si Abdul Karim est célèbre, c&rsquo;est au moins pour trois raisons: Il est riche, il est le président des  marchands de bois de la localité de Maiha au Nigeria, il verse des pots-de-vin aux autorités de Maiha pour blanchir le bois en provenance du Cameroun.</p>
<h2><strong>« C&rsquo;est notre affaire » de corrompre les gardes forestiers camerounais<br />
</strong></h2>
<p>« Quand il ramène le bois du Cameroun, il paie le gouvernement local de Maiha qui lui fait les documents pour montrer que le bois est légal », a dit Inusa Zamfara qui vend la viande de bœuf et des ignames à ses heures libres.</p>
<p>Le jeune homme a déclaré qu&rsquo;ils utilisent des tronçonneuses pour couper le bois au nord Cameroun où ils paient environ 9000 nairas ($21) pour une bûche de sept pieds. Mais, la même bûche coûte 15000 nairas ($36) au Nigeria en raison dit-il, du paiement des pots-de-vin et des taxes.</p>
<p>« Si le bois est disponible, nous achèterons, c&rsquo;est notre affaire », dit Inusa</p>
<p>Et lorsque le Kosso est coupé au Cameroun, il est transporté par des tricycles, camionnettes ou motos jusqu&rsquo;à la frontière, a-t-il ajouté. Puis, les grumes sont embarquées dans des camions de dix roues qui prennent la direction soit de Mubi Sud soit celle de Maiha.</p>
<p>Inusa a déclaré qu&rsquo;ensuite, les convois passent par Pella et Hong avant de prendre la direction de Lagos, d&rsquo;où des opérateurs économiques nigérians et chinois rachètent la cargaison destinée à l&rsquo;exportation.</p>
<figure id="attachment_3328" aria-describedby="caption-attachment-3328" style="width: 799px" class="wp-caption aligncenter"><img class=" wp-image-3328" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/01/le-parcours-du-bois-de-rose-de-contrebande.gif" alt="" width="799" height="675" /><figcaption id="caption-attachment-3328" class="wp-caption-text">Le parcours du bois frauduleux du nord Cameroun au sud du Nigeria.</figcaption></figure>
<p>Inusa semblait à l&rsquo;aise. Son patron, Abdul Karim, était toujours injoignable. Selon l&rsquo;homme de main, le trafiquant est aidé par le gouvernement local de Maiha.</p>
<p>Depuis les dernières élections régionales, ce gouvernement local a Idi Amin à sa tête. Il est membre du Peoples Democratic Party (PDP), un parti d&rsquo;opposition très fort qui a élu à la présidence du pays, des gens comme Umaru Yar&rsquo;Adua ou Goodluck Jonathan. Idi Amin est censé lutter entre autres contre la contrebande.</p>
<p>Joint au téléphone par ce reporter le 10 décembre, il dit connaître Abdul Karim et ses activités. L&rsquo;avait-il aidé (Abdul Karim) à obtenir des documents pour la coupe du Kosso au Cameroun ?</p>
<p>« Sans problème », a répondu Idi Amin qui s&rsquo;est empressé d&rsquo;ajouter : « Je veux d&rsquo;abord appeler Abdul Karim, lui et moi parlons, puis je vous appellerai ».</p>
<p>Depuis cet échange bref, le chairman du gouvernement local de Maiha n&rsquo;a pas rappelé et n&rsquo;a plus décroché nos appels téléphoniques. Mais, ce même jour, une surprise nous attendait. Abdul Karim qui ne décrochait pas son téléphone depuis la conversation avec le bûcheron Abdou a appelé le reporter. Le trafiquant a dit être toujours intéressé par le Kosso, même s&rsquo;il préfère un autre type de bois, Appawoood, qui crée moins d&rsquo;ennuis d&rsquo;après lui.</p>
<p>Il exerce l&rsquo;activité depuis cinq ans mais il se concentre sur la culture du maïs depuis un moment parce que, dit-il, le business du bois tourne au ralenti. Il a affirmé qu&rsquo;il coupe l&rsquo;essentiel de son Kosso au Cameroun où il verse des pots-de-vin à des agents des eaux et forêts.</p>
<p>« Au Cameroun, nous négocions avec les gardes forestiers pour couper les bois et ils nous autorisent ensuite l&rsquo;entrée dans la forêt pour une durée déterminée et un montant convenu à leur payer », a déclaré Abdul Karim sans dévoiler les montants des transactions.</p>
<p>« Ils [les gardes forestiers]vous avertissent que ce qu&rsquo;ils vous donnent c&rsquo;est pour vous permettre de vous débrouiller par vous-même, car ce n&rsquo;est pas autorisé », a dit Abdul Karim, ajoutant que « Ils vous disent que si vous êtes pris, vous êtes seul, ne les mentionnez même pas ».</p>
<p>Chaque année, l’État du <a href="https://www.afrik21.africa/cameroun-guerre-ouverte-contre-lexploitation-illegale-des-forets-et-de-la-faune/">Cameroun perd environ 33 milliards</a> de CFA($57 million) à cause de la corruption dans le secteur forestier. Les fonctionnaires soupçonnés d&rsquo;être impliqués dans le trafic de Kosso sont traduits en justice pour dissuader les personnels qui s&rsquo;aventureraient dans la même voie.</p>
<p>En août dernier, quatre gardes forestiers et un douanier ont été traduits devant la cour d&rsquo;appel régionale du Nord dans une affaire les opposant à l&rsquo;État. Ils ont été condamnés à trois ans de prison pour corruption et complicité d&rsquo;exploitation forestière illégale du Kosso avec des trafiquants nigérians.</p>
<p>Haodam David, l&rsquo;un d&rsquo;entre eux, trouve la vie très difficile depuis sa sortie de prison et continue de clamer son innocence.</p>
<p>«Si nous réussissons à manger aujourd&rsquo;hui, nous disons merci à Dieu ; s&rsquo;il n&rsquo;y a pas de nourriture, nous prenons les choses telles qu&rsquo;elles sont », a déclaré Haodam David dans une interview.</p>
<p>« Jusqu&rsquo;à aujourd&rsquo;hui, je ne sais pas pourquoi on nous a condamné », a dit Haodam.</p>

<a href='https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/01/2-haodam-david.aac'>2 haodam david</a>

<p>Les faits remontent à juin 2016. Après avoir corrompu le chef traditionnel, quatre trafiquants nigérians qui sciaient le Kosso ont été interpellés par des agents des eaux et forêts à Balkossa, un village de la région du nord. Haodam était le chef section forêts dans la localité. Il raconte  que par la suite, les nigérians ont voulu négocier leur libération en versant la somme de 687000 Nairas ($1672) à l&rsquo;administration forestière locale. Mais, la hiérarchie de Haodam qui s&rsquo;attendait à empocher au moins quatre millions de CFA($6899) dans cette opération a fait arrêter les nigérians ainsi que les fonctionnaires suspects y compris Haodam.</p>
<p>Avant cette affaire, le Cameroun et le Nigeria trainaient déjà une mauvaise réputation. Les deux pays ont été plusieurs fois classés au premier rang des <a href="https://images.transparencycdn.org/images/CPI-2021-Press-Regional-Release-SSA-Embargo.pdf">nations les plus corrompues</a> au monde par l&rsquo;ONG Transparency international. Malgré tout, ce fléau est plus que présent dans les transactions quotidiennes.</p>
<h2><strong>Le Chairman et l&rsquo;argent sale</strong></h2>
<p>Abdul Karim n&rsquo;est pas seulement généreux envers les agents forestiers camerounais. Une fois la coupe terminée, les bûches de Kosso franchissent la frontière nigériane. Les autorités locales demandent des dessous-de-table pouvant atteindre jusqu&rsquo;à 70000 nairas($140) par camion de Kosso, dit-il, pour délivrer les documents attestant que le bois est d&rsquo;origine nigériane.</p>
<p>Comme l&rsquo;a indiqué Inusa, Abdul Karim a dit qu&rsquo;il travaille avec le gouvernement local de Maiha.</p>
<p>« Au Nigeria, c&rsquo;est la liberté », a dit le trafiquant, tout excité . « Ce sont des fonctionnaires du gouvernement local [de Maiha] qui nous donnent les papiers certifiant notre paiement des taxes avant de nous rendre à Lagos, parce que sans vos papiers, vous pouvez parfois vous faire prendre et on vous  demande de produire l&rsquo;approbation que vous avez obtenue pour ce que vous faites. C&rsquo;est donc très dangereux d&rsquo;opérer sans la documentation appropriée ».</p>
<p>Idi Amin et Abdul Karim sont liés à tel point qu&rsquo;ils s&rsquo;échangent même de téléphone. Le trafiquant a appelé le reporter avec le téléphone du chairman du gouvernement de Maiha. Ce n&rsquo;est pas tout. Abdul Karim est un intermédiaire. Il travaille pour un patron dont il n&rsquo;a souhaité donner ni l&rsquo;identité ni le nom de l&rsquo;entreprise. Mais, son homme de main et d&rsquo;autres personnes contactées soupçonnent le chairman d&rsquo;être ce patron dans l&rsquo;ombre.</p>
<p>« Je demande à mon boss le nom de l&rsquo;entreprise et vous le communique », a dit Abdul Karim qui n&rsquo;a plus décroché nos appels.</p>
<figure id="attachment_3329" aria-describedby="caption-attachment-3329" style="width: 827px" class="wp-caption aligncenter"><img class=" wp-image-3329" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/01/le-parcours-du-bois-de-rose-de-contrebande-de-lagos-vers-la-chine.png" alt="" width="827" height="673" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/01/le-parcours-du-bois-de-rose-de-contrebande-de-lagos-vers-la-chine.png 1200w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/01/le-parcours-du-bois-de-rose-de-contrebande-de-lagos-vers-la-chine-300x244.png 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/01/le-parcours-du-bois-de-rose-de-contrebande-de-lagos-vers-la-chine-1024x833.png 1024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/01/le-parcours-du-bois-de-rose-de-contrebande-de-lagos-vers-la-chine-768x625.png 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/01/le-parcours-du-bois-de-rose-de-contrebande-de-lagos-vers-la-chine-600x488.png 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/01/le-parcours-du-bois-de-rose-de-contrebande-de-lagos-vers-la-chine-750x610.png 750w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2022/01/le-parcours-du-bois-de-rose-de-contrebande-de-lagos-vers-la-chine-1140x927.png 1140w" sizes="(max-width: 827px) 100vw, 827px" /><figcaption id="caption-attachment-3329" class="wp-caption-text">Le bois de ros parti du Cameroun passe par le port de Lagos au Nigeria pour la Chine.</figcaption></figure>
<p>Les cargaisons de Kosso illégal qui quittent le port de Lagos entrent en Chine, selon plusieurs trafiquants. La Chine dispose pourtant des instruments juridiques lui permettant de sévir contre le bois d&rsquo;origine douteuse.</p>
<p>Dans son <a href="https://www.atibt.org/wp-content/uploads/2020/01/China-Forest-Law-Amendment-2020-20191228.pdf">article 63</a> (11), la récente loi forestière autorise le gouvernement à soutenir le développement de l&rsquo;assurance forestière. Par ailleurs, la Chine s&rsquo;est engagée aux côtés des États-Unis à <a href="https://www.state.gov/u-s-china-joint-glasgow-declaration-on-enhancing-climate-action-in-the-2020s/">éliminer</a> (12)la déforestation illégale dans le monde en appliquant les lois sur l&rsquo;interdiction des importations illégales. Mais, elle peine à respecter ces engagements malgré l&rsquo;implication de ses concitoyens dans les activités illégales.</p>
<p>Le trafiquant nigérian a dévoilé que, pour satisfaire la demande chinoise, ses équipes ont exploité le Kosso à Taraba, Adamawa, Kaduna et même dans l&rsquo;Etat de Borno, un territoire contrôlé en partie par l&rsquo;organisation terroriste Boko Haram.</p>
<p>« Certains de nos gens travaillaient dans l&rsquo;État de Borno, mais on leur a demandé de partir », dit Abdul Karim.</p>
<p>Au Cameroun, les autorités ont accru ces dernières années la surveillance des forêts du nord en donnant des moyens financiers et matériels à des comités de vigilance. En plus, des forêts communautaires ont été créées dans des localités affectées par la contrebande pour pousser les populations à les regarder comme un bien commun à protéger.</p>
<p>« Il est important d&rsquo;aborder le problème comme une question d&rsquo;offre et de demande, plutôt que simplement comme un problème dont les camerounais et nigérians sont les responsables », a expliqué Raphael Edou.</p>
<p>« Les autorités doivent réprimer les réseaux de passeurs et les trafics associés, en utilisant par exemple la télédétection qui pourrait aider à recueillir des renseignements, tout en réduisant le risque pour les agents ».</p>
<p>En attendant, les bûcherons démunis comme Abdou restent vulnérables. Les trafiquants fortunés comme Abdul Karim, quant à eux, restent aux aguets.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Cette enquête a été produite avec le soutien de Rainforest Investigations Network du <strong>Centre Pulitzer</strong>.  <strong>Photographie</strong>: Christian Locka . <strong>Cartes et animation</strong>: Kuang Keng Kuek Ser (Centre Pulitzer))</p>
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		<title>En Centrafrique, l&#8217;argent des entreprises étrangères est englouti par un «système mafieux»</title>
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		<dc:creator><![CDATA[The Newsroom]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 Oct 2021 18:16:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A La Une]]></category>
		<category><![CDATA[Corruption]]></category>
		<category><![CDATA[Special Reports]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis des années, des centaines de millions de francs CFA ont été envoyés aux autorités municipales de Nola, une ville du sud de la République centrafricaine (RCA). Cet argent, provenant des impôts et taxes payés par les entreprises forestières opérant dans la zone densément boisée, est destiné aux services publics comme la construction d&#8217;hôpitaux, d&#8217;écoles, [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis des années, des centaines de millions de francs CFA ont été envoyés aux autorités municipales de Nola, une ville du sud de la République centrafricaine (RCA). Cet argent, provenant des impôts et taxes payés par les entreprises forestières opérant dans la zone densément boisée, est destiné aux services publics comme la construction d&rsquo;hôpitaux, d&rsquo;écoles, de marchés et de nouvelles routes reliant les zones rurales à la ville. Entre 2015 et 2020, la municipalité a reçu bien plus de 726 millions de FCFA, soit 1,3 million de dollars US d&rsquo;une seule entreprise. Mais la population locale n&rsquo;a vu aucun résultat.</p>
<p>L&rsquo;histoire est la même dans d&rsquo;autres parties de la RCA. Le bois, qui représente la moitié des recettes d&rsquo;exportation de la RCA, offre aux élites politiques du pays des opportunités élaborées de les détourner vers leurs propres poches. Quelle est la voie à suivre lorsque les grandes sociétés extractives internationales paient leurs impôts, mais qu&rsquo;un État kleptocratique continue de siphonner ces fonds ?</p>
<p>« Les tensions sociales vont continuer à monter et les gens pourraient bien se retourner contre les autorités. »  Enquête sur l’héritage pervers d’un système «concessionnaire ».</p>
<h3>Diamants, or, bois et rébellions armées</h3>
<p>Chaque fois que la République centrafricaine  fait l&rsquo;actualité, c&rsquo;est invariablement pour toutes les mauvaises raisons. Le souverain mégalomane Jean-Bédel Bokassa, installé par la France en 1965, s&rsquo;est couronné empereur douze ans plus tard lors d&rsquo;une cérémonie qui a coûté la totalité du budget national annuel du pays.</p>
<p>Après l&rsquo;éviction de Bokassa en 1979, également par la France &#8211; qui a envoyé des troupes pour le faire plier -, le pays a pansé ses plaies jusqu&rsquo;à des élections plus ou moins démocratiques en 1993. Depuis, coups d&rsquo;État, contre-coups d&rsquo;État, troubles et rébellions armées rythment la vie d&rsquo;ici , culminant dans les raids horriblement destructeurs des gangs armés opposés (les tristement célèbres Séléka et Anti-Balaka) qui ont dévasté la vie de bon nombre des cinq millions d&rsquo;habitants du pays. Une élection présidentielle de 2015-16 a rétabli un semblant de normalité dans la capitale, Bangui, mais l&rsquo;insécurité reste omniprésente dans de nombreuses régions du pays, malgré la présence d&rsquo;une (encore) mission de maintien de la paix de l&rsquo;ONU et de mercenaires russes.</p>
<p>Les diamants ont été la marchandise la plus connue de RCA, ne serait-ce qu&rsquo;à cause du légendaire colis de diamants que l&rsquo;ancienne présidente française Valérie Giscard d&rsquo;Estaing a reçu de l&#8217;empereur Bokassa. L&rsquo;extraction de l&rsquo;or se produit également dans diverses régions du pays. Mais le pilier de l&rsquo;économie d&rsquo;exportation de la RCA est le bois.</p>
<p>Nola, à 457 kilomètres de la capitale Bangui, est la principale localité de la préfecture densément boisée du sud de la Sangha-Mbaéré, frontalière du Cameroun et de la République démocratique du Congo (1). Deux grands fleuves, Kadeï et Mambéré, coupent la ville en trois parties. Si vous venez de Bangui par voie terrestre – une tâche difficile sur des routes non goudronnées – vous devez traverser la rivière pour vous rendre dans la partie de la ville qui abrite l&rsquo;administration civile. Il est censé y avoir un ferry, mais la plupart du temps, vous constaterez qu&rsquo;un bateau en bois ouvert (appelé «pirogue») vous attend. Il n&rsquo;y a pas de ponts, même si le gouvernement central en avait promis un en 2018.</p>
<h3>Se vendre</h3>
<p>Nola manque également de routes goudronnées et d&rsquo;électricité. Ceux qui peuvent se le permettre achètent des générateurs d&rsquo;électricité coûteux, qui sont ensuite alimentés par du diesel relativement bon marché introduit en contrebande en ville depuis Kenzou, au Cameroun voisin. Ceux qui peuvent se le permettre, c&rsquo;est-à-dire ceux qui vivront probablement dans l&rsquo;une des maisons les plus chics de Nola, gagnent leur argent soit grâce à l&rsquo;exploitation artisanale de l&rsquo;or, soit en vendant le bois de la région.</p>
<p>Le dernier recensement, tenu en 2003, met la population de la commune à 85 000 ; il est susceptible d&rsquo;être beaucoup plus aujourd&rsquo;hui. La plupart des habitants de cette région vivent de la terre ou des rivières. L&rsquo;agriculture et la pêche sont les activités principales, à côté de l&rsquo;élevage et en utilisant tout ce qui peut être récolté dans les forêts : champignons, feuilles qui peuvent être utilisées pour la cuisine, chenilles comestibles qui se vendent à bon prix sur le marché. Certains habitants sont salariés des entreprises forestières (2) qui opèrent dans la zone et certains travaillent dans le secteur de l&rsquo;exploitation aurifère. Ce dernier tombe carrément dans la catégorie artisanale; une seule mine semi-industrielle est exploitée par une société chinoise.</p>
<p>En ce qui concerne les commodités, il n&rsquo;y a pas grand-chose à dire. Les écoles et les hôpitaux, comme il en existe, sont en très mauvais état. Souvent, les cliniques ne peuvent offrir que les services les plus élémentaires parce qu&rsquo;elles manquent à la fois de l&rsquo;équipement et des médicaments pour faire autre chose. (Ne faites pas l&rsquo;erreur d&rsquo;avoir un accident à Nola.) Dans les écoles, les classes sont invariablement grandes, avec jusqu&rsquo;à quatre-vingts élèves entassés dans une pièce, parfois plus. Les marchés, par définition le principal échange économique dans des endroits comme ceux-ci, se déroulent en plein air, sans protection contre le soleil ou la pluie pour les vendeurs – pour la plupart des femmes – et leurs marchandises.</p>
<p>Pourtant, il y avait du financement pour un bâtiment approprié pour le marché. Et pour un certain nombre d&rsquo;écoles, de cliniques et de routes, qui devaient toutes être construites par la municipalité de Nola, avec un budget suffisant pour le faire.</p>
<h3>Timberland</h3>
<p>La société Timberland, relativement nouvelle venue sur la scène centrafricaine, a été créée en 2015 et est un acteur de premier plan dans la région de Nola depuis cinq ans. Sa concession est vaste : 228 836 hectares, selon le plan de gestion forestière de l&rsquo;entreprise, vu par ZAM. Le plan indique que la « superficie utile » s&rsquo;élève à 166 357 hectares, sur lesquels il peut couper des arbres pour l&rsquo;exportation. Elle emploie près de trois cents travailleurs, la plupart à Nola et dans ses environs mais aussi sur ses concessions de Bilolo, à vingt-quatre kilomètres à l&rsquo;ouest, et de Salo, à soixante-trois kilomètres au sud.</p>
<p>Le directeur général de Timberland est assez fier du bilan de l&rsquo;entreprise. Augustin Agou, ancien membre du parlement du pays pour le premier arrondissement de la capitale Bangui, déclare que « (Timberland) a pu employer plusieurs femmes et jeunes dans chaque endroit où nous travaillons. Nous pensons qu’employer des femmes et des jeunes qui étaient auparavant sans travail contribue à une réduction du chômage (dans ces zones).’</p>
<p>L&rsquo;entreprise veut également faire savoir qu&rsquo;à la demande du chef du village, elle a construit une école dans le village de Komassa, et qu&rsquo;elle a fait de même dans deux autres localités de la communauté de Nola, Mbiya et Monguiza. Remarquablement, ils ont financé ces écoles séparément, en plus de l&rsquo;argent qu&rsquo;ils ont également versé aux autorités municipales locales, dans le même but. C&rsquo;est l&rsquo;autorité municipale de Nola qui était en fait censée construire les écoles. Où est passé l&rsquo;argent versé par Timberland à l&rsquo;autorité municipale de Nola, est une question qui restera sans réponse.</p>
<p>On ne sait pas où est passé l&rsquo;argent versé par Timberland.</p>
<figure id="attachment_3264" aria-describedby="caption-attachment-3264" style="width: 1416px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-full wp-image-3264" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2021/10/nola1.jpg" alt="" width="1416" height="832" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2021/10/nola1.jpg 1416w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2021/10/nola1-300x176.jpg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2021/10/nola1-1024x602.jpg 1024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2021/10/nola1-768x451.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2021/10/nola1-600x353.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2021/10/nola1-750x441.jpg 750w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2021/10/nola1-1140x670.jpg 1140w" sizes="(max-width: 1416px) 100vw, 1416px" /><figcaption id="caption-attachment-3264" class="wp-caption-text">L&rsquo;hôtel de Nola, construit par la municipalité avec les fonds des entreprises forestières. Image © Fiacre Salabé</figcaption></figure>
<h3>Langage noble</h3>
<p>Il existe un Code forestier, adopté en République centrafricaine en 2008. Le texte contient des termes élevés, entre autres sur la conciliation de l&rsquo;exploitation des produits forestiers avec les exigences liées à la conservation du patrimoine forestier et de la diversité biologique de la nation, et sur la protection de la forêts de manière à ce qu&rsquo;elles puissent commencer à se régénérer une fois l&rsquo;opération d&rsquo;extraction terminée. La loi suit tous les traités et accords internationaux pertinents dont la République centrafricaine est signataire.</p>
<p>Le Code forestier prévoit également un plan de gestion forestière, qui nous indique la superficie sur laquelle une société d&rsquo;exploitation forestière est autorisée à opérer et où se trouvent les limites de ces zones. Il stipule en outre les types précis d&rsquo;arbres qu&rsquo;une entreprise donnée est autorisée à abattre et à exporter. Une version du document remis à ZAM par le directeur général de Timberland, Augustin Agou, nous donne les noms locaux des arbres que la société est autorisée à exporter, avec leurs descriptions latines telles que Autranella Congolens et Pycanthus Angolensi.</p>
<p>Ce n&rsquo;est pas tout ce qu&rsquo;Agou montre à ZAM. Nous avons également un aperçu de leurs dossiers financiers, qui montrent que Timberland verse douze millions de FCFA par mois, soit plus de 21 000 $ US, à la municipalité de Ndola. Cela représente trente pour cent de tous les impôts et taxes que l&rsquo;entreprise doit payer aux autorités ; le reste va au gouvernement national. Les autorités locales devraient utiliser leur part pour fournir des services de base, tels que des cliniques et des médicaments, de nouvelles écoles ou la restauration d&rsquo;écoles existantes là où cela est nécessaire, la construction et la restauration de routes rurales, qui sont dans un état lamentable dans tout le pays, et la construction des bâtiments du marché. En cinq ans d&rsquo;exploitation forestière entre 2015 et 2020, cela s&rsquo;est traduit par le transfert d&rsquo;un peu plus de 726,6 millions de FCFA ou 1,3 million de dollars US par le seul Timberland.</p>
<p>« Les autorités municipales ici à Nola reçoivent des centaines de millions des entreprises qui exploitent les forêts de notre région, mais nous ne savons jamais où vont ces fonds », explique Gatien Ngoma, président de l&rsquo;association locale des jeunes de Nola. Ngoma ne cache pas son dégoût devant la mauvaise gestion de ces fonds. « Cette commune dispose d&rsquo;un budget (annuel) d&rsquo;environ quatre-vingts millions de FCFA (145 000 US$) et cent millions de FCFA (180 000 US$). Mais encore une fois, nous n&rsquo;avons aucune idée à quoi sert réellement l&rsquo;argent qu&rsquo;ils collectent. Regardez l&rsquo;état de cette ville ! » Il ajoute : « Il ne se passe jamais rien (pour améliorer le quartier). Même le personnel du bureau des maires a du mal à être payé à temps. Au moment où je vous parle maintenant, le paiement des salaires a été retardé. » Il prévient que « les tensions sociales continueront de monter » et que les gens pourraient bien « se retourner contre » les autorités locales.</p>
<p>En se promenant dans Nola, ce que dit Ngoma est clairement vrai. Aucun établissement de santé publique n&rsquo;a été construit ou approvisionné, aucune école n&rsquo;a été rénovée. Les trois seules choses qui ont été construites au cours des dernières années sont un panneau routier à une intersection à dix kilomètres de la ville (voir photo), un tout petit hôtel (voir photo) et une structure en plein air qui est censée devenir un marché couvert pour les vendeurs locaux, mais est inachevé. En calculant les coûts probables de ces structures, ZAM a constaté que le panneau routier et l&rsquo;auberge (de seulement trois chambres) étaient fortement surévalués et surfacturés à quarante millions de FCFA (72 000 $ US), ce qui fait suspecter un rembourrage pour les pots-de-vin pour les les responsables de la mise en service. Aucune trace du financement restant, alloué à la municipalité par Timberland, n&rsquo;a pu être trouvée.</p>
<p>Les villageois réparent eux-mêmes les routes, facturant des redevances sur le trafic commercial.</p>
<p>Cette pratique se répète à travers le pays. Loin de la préfecture de Sangha-Mbaéré, en route vers Bangui, on retrouve la même situation dans la préfecture de Mambéré-Kadeï et sa capitale Berberati. Ici, diverses sociétés forestières comme SEFCA (Liban) et SESAM (France) et encore une fois aussi la propre Timberland de la RCA, détiennent des concessions dans la zone forestière de Berberati. Ici aussi, ils paient trente pour cent de leurs impôts et taxes aux autorités municipales locales. Et là aussi, les écoles et les hôpitaux sont dans un état lamentable, les marchés restent à découvert et les routes rurales sont entretenues au hasard par les villageois qui, pour gagner de l&rsquo;argent pour ce travail, érigent des barrages routiers improvisés où ils facturent des frais de trafic commercial.</p>
<p>L&rsquo;histoire du gouvernement national, qui après tout reçoit soixante-dix pour cent des impôts et taxes payés par les sociétés forestières, ne diffère pas de ce qui se passe au niveau municipal. Le fait que les enseignants dans tout le pays sont mal formés ou pas du tout formés, qu&rsquo;aucun médicament n&rsquo;atteint même jamais les zones rurales et que les routes nationales sont tout aussi mauvaises que les routes régionales, les concerne carrément.</p>
<h3>Un héritage perverti</h3>
<p>Le gouvernement national de la RCA a historiquement été autorisé à négliger simplement toute zone (boisée ou non) en dehors de la capitale. Un ancien « système concessionnel », jadis introduit par la puissance coloniale française, sous-traitait littéralement l&rsquo;exploitation des ressources présentes dans ces zones à des entreprises privées, en l&rsquo;occurrence le bois. Les entreprises peuvent retirer ces ressources de la zone tant qu&rsquo;elles paient des « taxes » aux autorités. Cette taxe est censée éduquer les enfants et soigner les malades, ainsi que financer la construction de routes, de marchés et d&rsquo;autres infrastructures dans les lieux où travaillent les entreprises. Mais personne ne s&rsquo;assure que les autorités locales le font réellement. C&rsquo;est ce système qui a perverti l&rsquo;État à tous les niveaux et transformé les autorités supposées gouvernant le pays en des organes qui absorbent simplement de l&rsquo;argent, mais ne se sentent pas obligés de servir les citoyens.</p>
<h3>La position de concession</h3>
<p>Lorsque la France a colonisé la République centrafricaine, elle s&rsquo;est lancée dans une gigantesque opération de démembrement d&rsquo;actifs. Pour cela, il a fait deux choses : il a engagé des sociétés pour faire le démembrement des actifs pour le compte de la France et il s&rsquo;est assuré que ces sociétés payaient le Trésor français pour le privilège. Cela a abouti à la création d&rsquo;un système violent d&rsquo;exploitation impitoyable, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de l&rsquo;ivoire qui pouvait être obtenu avant que la chasse à l&rsquo;échelle industrielle n&rsquo;anéantisse la quasi-totalité de la population d&rsquo;éléphants, ou des diamants et de l&rsquo;or qui ont été découverts, ou de la culture du coton introduit dans la première moitié du 20e siècle, ou s&#8217;emparer des abondantes ressources forestières du pays.</p>
<p>Le « système de concession », comme on l&rsquo;appelait, fonctionne jusqu&rsquo;à ce jour ; seulement maintenant, au lieu de payer le Trésor français, les entreprises paient le gouvernement centrafricain « indépendant » et ses autorités locales. Pendant ce temps, tout comme au bon vieux temps de la colonie, l&rsquo;élite politique locale qui habite ces structures, fait peu ou rien. Le système de concession a depuis été étendu aux zones non exploitantes, où des institutions extérieures au moins formellement « prennent soin » des citoyens centrafricains. Le maintien de la paix et les soins de santé sont deux de ces domaines, qui sont désormais principalement menés par les Nations Unies, des groupes de mercenaires étrangers et – dans le cas des soins de santé – par des ONG internationales.</p>
<p>Les donateurs autorisent le siphonnage ou détournent le regard.</p>
<p>Les acteurs étrangers en RCA participent à ce système. Les entreprises paient d&rsquo;importantes sommes d&rsquo;impôts et de prélèvements aux différents niveaux de l&rsquo;administration, ce sur quoi les autorités continuent d&rsquo;insister (en fait, on pourrait dire que les autorités centrafricaines voient leurs devoirs principalement en termes de collecte d&rsquo;impôts : les observateurs qualifient régulièrement le gouvernement de -obsédé&rsquo;). Dans le même temps, les entreprises s&rsquo;engagent également dans ce que l&rsquo;on pourrait appeler du travail social, souvent à la demande de dirigeants communautaires tels que les chefs de village, qui considèrent la présence d&rsquo;entreprises comme Timberland comme le dernier recours pour accomplir un travail que leur propre gouvernement pas faire. Les organisations internationales de développement et les donateurs laissent détourner une partie des largesses qu&rsquo;ils accordent au pays ou détournent le regard lorsque leurs « partenaires » locaux se servent eux-mêmes de ressources qui devraient profiter à la population.</p>
<figure id="attachment_3265" aria-describedby="caption-attachment-3265" style="width: 1416px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-full wp-image-3265" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2021/10/nola.jpg" alt="" width="1416" height="832" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2021/10/nola.jpg 1416w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2021/10/nola-300x176.jpg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2021/10/nola-1024x602.jpg 1024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2021/10/nola-768x451.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2021/10/nola-600x353.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2021/10/nola-750x441.jpg 750w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2021/10/nola-1140x670.jpg 1140w" sizes="(max-width: 1416px) 100vw, 1416px" /><figcaption id="caption-attachment-3265" class="wp-caption-text">Le panneau routier qui a également été financé par les taxes sur les sociétés forestières. Image © Fiacre Salabé</figcaption></figure>
<h3>Un comité papier</h3>
<p>Remarquablement, le gouvernement national tente parfois de donner l&rsquo;impression de gérer un service public. Une recherche de ZAM dans les archives du gouvernement de Bangui a mis au jour un arrêté interministériel (numéroté 009/MISCP/CAB), qui met en place un comité interministériel de neuf membres chargé d&rsquo;approuver ou de rejeter les programmes prétendument financés par les taxes et prélèvements des sociétés forestières. Il est supervisé par le ministère de l&rsquo;Intérieur et de la Sécurité publique qui, sur le papier, délègue deux représentants au comité, tout comme le ministère des Eaux, Forêts, Chasse et Pêche. Plus loin dans le comité siègent un représentant du ministère de l&rsquo;Administration territoriale, deux des autorités locales (en l&rsquo;occurrence Nola) et enfin deux des organisations locales travaillant dans la commune.</p>
<p>Selon l&rsquo;arrêté interministériel, cette structure de poids lourds a pour mission d&rsquo;évaluer les plans qui sont soumis à l&rsquo;approbation des collectivités locales (en l&rsquo;occurrence toujours Nola). Encore une fois, selon l&rsquo;Ordre, le comité doit rédiger un rapport à la suite de chaque réunion, qui doit contenir des informations sur les programmes qui ont été approuvés. Il doit ensuite transmettre ces rapports au ministère de l&rsquo;Intérieur et de la Sécurité publique.</p>
<p>Il n&rsquo;y a qu&rsquo;un seul problème. Aucun comité de ce type ne semble avoir jamais été mis en place. Aucun rapport ne peut être trouvé dans l&rsquo;administration du gouvernement centrafricain. Il n&rsquo;y a pas non plus de compte des dépenses engagées pour les programmes qu&rsquo;il était censé approuver. ZAM a recherché des programmes Timberland en particulier, mais n&rsquo;en a trouvé aucun. Le porte-parole du ministère de l&rsquo;Intérieur et de la Sécurité publique, Emmanuel Pabandji, affirme qu&rsquo;il n&rsquo;a jamais entendu parler d&rsquo;un tel comité non plus. « Non, je ne pense pas qu&rsquo;une telle structure existe. Pour commencer, quelle est la date de cet arrêté interministériel et qui l&rsquo;a signé ? » Mais ces détails manquent dans l&rsquo;arrêté numéro 009/MISCP/CAB. De même, une étude approfondie des documents officiels du ministère des Eaux et Forêts n&rsquo;a donné aucune trace des activités ou de l&rsquo;existence de l&rsquo;insaisissable Comité interministériel.</p>
<h3>Un « système mafieux »</h3>
<p>À Nola, et ailleurs en dehors de la capitale Bangui, le manque de contrôle du gouvernement central n&rsquo;est qu&rsquo;un aspect d&rsquo;une situation où les élites dirigeantes locales s&#8217;emparent simplement de l&rsquo;argent apporté par les entreprises et les donateurs. Les citoyens ordinaires n&rsquo;ont pas leur mot à dire sur ce que font ces autorités locales, puisque celles-ci ne sont même pas élues, mais nommées par le gouvernement central (3). En conséquence, les maires et conseillers locaux doivent se plier au pouvoir qui vient de leurs protecteurs et bienfaiteurs au niveau national, avec qui ils partagent les impôts et taxes payés par les entreprises étrangères.<br />
Un haut fonctionnaire du ministère des Eaux et Forêts l&rsquo;a exprimé ainsi : « Tout d&rsquo;abord, comme vous le savez, les maires ne sont pas élus par le peuple mais nommés. Alors, ils ne peuvent faire que ce que leurs maîtres, qui les ont mis en place, veulent qu&rsquo;ils fassent. C&rsquo;est pourquoi ces taxes et prélèvements ne sont pas utilisés comme prévu. Et cela ne s&rsquo;applique pas seulement à Nola ; il y en a partout&rsquo;.<br />
Le responsable, qui a demandé à rester anonyme, a ajouté que les voix des populations locales sont tout simplement ignorées. « Savez-vous à quelle fréquence (ils) dénoncent ces réseaux frauduleux qui se financent avec l&rsquo;argent des compagnies forestières ? Mais personne au niveau gouvernemental ne dit rien, et ces activités restent donc non autorisées. Tout le monde a sa part du gâteau et le système fonctionne de haut en bas. Les collectivités locales comme celle de Nola sont toujours couvertes par celles de Bangui’.<br />
Et ainsi, les citoyens centrafricains sont obligés de rester debout et de regarder les arbres disparaître. Lors d&rsquo;entretiens avec ZAM, les représentants de diverses associations de jeunes et de femmes de Nola ont tous confirmé qu&rsquo;ils ne sont jamais consultés par leurs fonctionnaires locaux sur la manière dont se fait l&rsquo;exploitation des forêts, et encore moins sur ce qu&rsquo;il advient des revenus qui en découlent. Ils appuient tous l&rsquo;idée d&rsquo;un audit approfondi de ce qui entre et sort des caisses municipales, mais n&rsquo;ont aucune idée si un tel audit aura lieu un jour.<br />
Même le directeur général de Timberland, Augustin Agou, se retrouve impuissant. La question est : que peut-il faire, demande-t-il, visiblement bouleversé, lors de notre entretien. Il explique qu&rsquo;il serait « tout seul » s&rsquo;il commençait à dénoncer publiquement un « système mafieux » dont tout le monde sait qu&rsquo;il existe, mais contre lequel il ne peut rien. Les élites de Bangui sont un petit groupe très soudé, qui resserrera très rapidement les rangs contre quiconque dénonce leurs manigances, dit-il.</p>
<p>Dénoncer publiquement ces malversations le mettra, lui et son entreprise, dans une position désavantageuse vis-à-vis de la concurrence, peut-être moins scrupuleuse (4). Agou ne veut même pas envisager un scénario où son entreprise cesserait de payer ses impôts jusqu&rsquo;à ce que le gouvernement autorise la transparence comptable. Ce sera tout simplement la fin du permis de Timberland, dit-il, puisqu&rsquo;il s&rsquo;agira d&rsquo;une violation du Code forestier de 2008.<br />
Les questions posées par ZAM aux bureaux du gouvernement local à Nola ont été accueillies par le silence.</p>
<p><strong>Fiacre Salabe</strong></p>
<p>Remarques</p>
<ol>
<li>La RCA est subdivisée en seize préfectures, dont Sangha-Mbaéré, à peine plus petite que les Pays-Bas, couvre l&rsquo;extrême sud-ouest du pays.</li>
<li>Les entreprises qui travaillent dans les forêts sont désignées dans le présent article soit par les entreprises forestières, soit par les entreprises d&rsquo;exploitation forestière, soit par les entreprises du bois.</li>
<li>Lorsque la démocratie est arrivée en RCA en 1993 avec les toutes premières élections présidentielles et législatives ouvertes après trente-trois ans d&rsquo;indépendance, il y avait un absent notable sur les listes électorales : les autorités locales.</li>
<li>Par exemple, un rapport de juillet 2015 de l&rsquo;ONG londonienne chargée d&rsquo;enquêter sur l&rsquo;utilisation abusive des ressources a accusé la société libanaise SEFCA d&rsquo;avoir payé des milices Séléka pour protéger leurs installations en 2013, après que certaines d&rsquo;entre elles aient été pillées et vandalisées. SEFCA n&rsquo;a jamais répondu à ces allégations.</li>
</ol>
<p>Cet article a été publié pour la première fois par Zam Magazine. Il a été traduit, amendé et contextualisé par Bram Posthumus.</p>
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		<title>Comment des hôpitaux publics volent de l&#8217;argent aux femmes enceintes au Cameroun</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marie Louise Mamgue]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 27 Nov 2020 11:23:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A La Une]]></category>
		<category><![CDATA[Special Reports]]></category>
		<category><![CDATA[accouchement]]></category>
		<category><![CDATA[Cameroun]]></category>
		<category><![CDATA[corruption]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Edwige se tord de douleurs dans la salle d&#8217;attente de la maternité. Enceinte et à terme, elle a hâte de passer à la salle d&#8217;accouchement. La jeune femme âgée d&#8217;une vingtaine d&#8217;années ne pourra toutefois pas donner la vie par voie basse. Le personnel médical vient de lui apprendre que le bébé est en détresse [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Edwige se tord de douleurs dans la salle d&rsquo;attente de la maternité. Enceinte et à terme, elle a hâte de passer à la salle d&rsquo;accouchement. La jeune femme âgée d&rsquo;une vingtaine d&rsquo;années ne pourra toutefois pas donner la vie par voie basse. Le personnel médical vient de lui apprendre que le bébé est en détresse respiratoire et que la seule façon de l&rsquo;extraire vivant est de procéder par une césarienne. Ce 15 mai 2020, il est 22 heures 40 minutes à l&rsquo;hôpital de district de Deido, au cœur de la capitale économique du Cameroun.</p>
<p>Edwige pousse des cris stridents à cette heure avancée de la nuit. L&rsquo;hôpital exige le versement d&rsquo;une caution de 200.000 FCFA avant toute intervention chirurgicale sur la jeune femme enceinte. La famille dit ne pouvoir réunir ce montant sur le champ. Imperturbable, le personnel prend en charge d&rsquo;autres patientes, arrivées pour certaines après Edwige, qui sont prêtes à régler leur facture.</p>
<p>Les difficultés d&rsquo;accès aux soins de santé en milieu urbain touchent 65 % de femmes pendant la grossesse et l&rsquo;accouchement, révèle la cinquième Enquête Démographique et de Santé du Cameroun (EDSC-V) publiée en février 2020; Le problème majeur qui affecte 67 % de ces femmes est le manque d&rsquo;argent pour se soigner, à côté d&rsquo;autres obstacles comme la distance entre le domicile et l&rsquo;établissement de santé(40%), l&rsquo;obtention de la permission du partenaire pour se rendre à l&rsquo;hôpital dont se plaignent 35% de femmes interrogées, affirme l&rsquo;EDSC-V.</p>
<p>La mère d&rsquo;Edwige ne pouvait plus supporter la souffrance de sa fille. Elle a lancé par téléphone une levée de fonds inopinée en contactant des proches et, en quelques minutes, elle est parvenue à collecter la somme exigée. Vers minuit, Edwige, animée par la peur de perdre son bébé, a été admise au bloc opératoire. Elle en est ressortie plus tard avec du sourire aux lèvres et un nouveau-né de sexe masculin entre les bras.</p>
<p>Mais, après la césarienne, les facturent ont commencé à tomber. Edwige, qui pensait que la caution allait prendre tout en charge, devait entre autres payer de sa poche 6.000 FCFA pour une injection qu&rsquo;elle dit n&rsquo;avoir par reçue et régler une ordonnance de 30.000 FCFA de soins postopératoires.</p>
<h3><strong>Accouchements coûteux et inefficaces</strong></h3>
<p>« <em>Les dépenses augmentaient sans explication logique », a déclaré Edwige. « J’ai dépensé près de 500.000 F Cfa pour nos soins</em>[Le bébé et elle]. »</p>
<p>La direction de l&rsquo;hôpital de district de Deido approchée par le reporter de The Museba project n&rsquo;a pas fait de commentaire.</p>
<p>Au Cameroun, 15 femmes sur 100 qui vont accoucher présentent des complications, même si elles ont toutes effectué leur consultation prénatale, selon les données du Ministère de la santé publique ; les mêmes statistiques révèlent qu&rsquo;au fil des années, le pourcentage de naissance par césarienne a grimpé dans le pays, allant de 2,3 % en 1991, à 2,0 % en 2004 puis 3,8 % en 2011. La plupart de ces femmes qui ne peuvent pas accoucher par voie vaginale vivent pratiquement le même calvaire de la prise en charge onéreuse.</p>
<p>Courant mai 2020, Stéphanie donne naissance à un enfant par césarienne à Douala dans un autre hôpital public qui enregistre en moyenne 250 accouchements par mois. Vêtue d’une robe berge et d’un pullover marron, E. Kengne, sa mère, laisse tomber  l&rsquo;euphorie de l&rsquo;enfantement pendant un moment pour passer en revue une dizaine d&rsquo;ordonnances classées dans son sac en bandoulière.</p>
<p>«<em>Je suis déjà à près de 250.000 F Cfa de dépenses, mais je ne saurais dire avec précision pour quel soin en particulier puisque ce n’est pas clairement spécifié sur l’ordonnance »</em>, a dit d&rsquo;un air abattu Madame Kengne, âgée d&rsquo;une cinquantaine d&rsquo;années.</p>
<p>La corruption dans les hôpitaux publics rend les accouchements coûteux et inefficaces.Pourtant, le ministère de la santé met des kits obstétricaux à la disposition des centres de santé et hôpitaux de district pour permettre aux femmes enceintes d&rsquo;avoir accès à des soins de santé de qualité et à moindre coût.</p>
<p>Officiellement, le kit d’accouchement par voie basse coûte 6000 F Cfa alors que celui de l&rsquo;accouchement par césarienne vaut 40.000 F Cfa.  Mais, cette mesure n&rsquo;est pas respectée sur le terrain, d&rsquo;après les témoignages de femmes enceintes et du corps médical. Plusieurs hôpitaux publics dans la capitale économique fixent les coûts des prestations obstétricales au delà de la prescription ministérielle, a découvert The Museba project.</p>
<h2>« &#8230;<strong>Les complications allongent les factures</strong>« </h2>
<p>« <em>Bien que le coût du kit soit homologué, certaines patientes connaissent des complications qui allongent les factures</em>« , a déclaré Dr Fogang Dupleix, Gynécologue obstétricien à l’hôpital de district de Bonassama à l’ouest de Douala. « <em>Ce qui expliquerait certains coûts exorbitants lors de l’accouchement ».</em></p>
<p>En outre, les hôpitaux ne dévoilent pas aux femmes enceintes le contenu des kits obstétricaux. Ce qui en rajoute à l&rsquo;angoisse et au stress des parturientes lors des accouchements.</p>
<p>D&rsquo;après la coordinatrice du service gynéco-obstétrique d’un hôpital de 2<sup>e </sup>catégorie, le déficit en matériel dans la plupart des établissements publics expliquerait en partie les coûts exorbitants des accouchements. »<em>Le personnel ne peut pas travailler sans matériel », </em>a-t-elle déclaré sous anonymat parce qu&rsquo;elle n&rsquo;a pas été autorisée à parler à la presse. « <em>L’Etat a certes fixé les prix, mais les hôpitaux sont régulièrement en rupture</em>« . Ainsi, pour « <em>gérer efficacement »</em>un accouchement, la patiente « <em>supporte certaines charges »</em>.</p>
<p>Les kits obstétricaux sont rarement en rupture de stock, a fait savoir une source bien introduite au Fonds Régional pour la Promotion de la Santé pour le Littoral, un Groupement d’intérêt public qui appuie le Ministère de la Santé notamment dans la gestion et la distribution des médicaments et des produits pharmaceutiques aux formations sanitaires. Ce Fonds approvisionne en kits les hôpitaux qui, d&rsquo;après la même source, doivent veiller en interne au restockage des dits consommables.</p>
<p>Les hôpitaux dépensent 29.900 FCFA par kit césarienne et 3.800 FCFA pour un kit d&rsquo;accouchement normal. Mais, « <em>les prix peuvent changer d’une année à l’autre</em>», a précisé la source du Fonds quia suggéré la mise en place d&rsquo;un mécanisme de contrôle de kits dans les hôpitaux pour s’assurer qu’ils sont disponibles et vendus aux prix homologués.</p>
<p><em>« En rendant la gestion des hôpitaux autonome, avec le programme de Financement Basé sur la Performance (PBF), le système d’approvisionnement a changé », </em>a révélé cette source<em>. « Les hôpitaux font les achats en fonction de leur ressource ».</em></p>
<p>Initié en 2012,  le PBF est une stratégie de financement et de renforcement du système national de santé qui vise  à améliorer la disponibilité, l’accessibilité et la qualité des services de santé. Mais, avec son arrivée, les choses ont changé et l&rsquo;approvisionnement régulier des hôpitaux n&rsquo;est plus garanti.</p>
<p>Hortense Atchoumi est la présidente de l’Association des sages-femmes du Cameroun (Asfac). Depuis de nombreuses années, elle a parcouru les couloirs des maternités et a constaté que les kits d&rsquo;accouchement sont uniquement disponibles dans «<em>quelques hôpitaux et pas accessibles à tout le monde</em> » dans le pays. Plus grave, les plateaux techniques de certains hôpitaux sont pauvres  et la main d’œuvre en qualité et en quantité manque.</p>
<p>« <em>Beaucoup d&rsquo;actions sont faites par le gouvernement, »</em>a déclaré Madame Atchoumi<em>. « Cependant, le coût des soins reste élevé</em> ».</p>
<figure id="attachment_3181" aria-describedby="caption-attachment-3181" style="width: 484px" class="wp-caption alignleft"><img class=" wp-image-3181" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/IMG_20200706_103550_643-scaled.jpg" alt="" width="484" height="363" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/IMG_20200706_103550_643-scaled.jpg 2560w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/IMG_20200706_103550_643-300x225.jpg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/IMG_20200706_103550_643-1024x768.jpg 1024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/IMG_20200706_103550_643-768x576.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/IMG_20200706_103550_643-1536x1152.jpg 1536w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/IMG_20200706_103550_643-2048x1536.jpg 2048w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/IMG_20200706_103550_643-600x450.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/IMG_20200706_103550_643-750x563.jpg 750w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/11/IMG_20200706_103550_643-1140x855.jpg 1140w" sizes="(max-width: 484px) 100vw, 484px" /><figcaption id="caption-attachment-3181" class="wp-caption-text">Un public public dans un quartier populeux de Douala.</figcaption></figure>
<p>Les médias ont souvent relayé les cas de <a href="https://actucameroun.com/2019/03/08/cameroun-des-femmes-sequestrees-depuis-des-mois-a-lhopital-gyneco-de-yaounde-pour-factures-impayees/">femmes enfermées</a> dans les hôpitaux publics pour factures impayées après l&rsquo;accouchement. Le 13 mai 2020, une jeune fille dont le nom de famille est Ntsama a perdu ses quatre bébés quelques minutes après leur naissance parce qu&rsquo;il manquait des couveuses à l&rsquo;hôpital Central de Yaoundé, établissement de 2<sup>e</sup>catégorie, pour leur prise en charge. La mauvaise nouvelle avait ému l&rsquo;opinion nationale.</p>
<p>« <em>Seule une formation privée disposait des couveuses libres », </em>a expliqué à la presse après le scandale, le Dr Félix Essiben, chef adjoint du service de maternité de cet hôpital.<em> « Mais la caution exigée (100.000 FCFA) n’était pas à la portée de la famille de la jeune Ntsama ».</em></p>
<p><em>« Pendant les recherches</em>[de couveuses]<em>, les quadruplés vont décéder l&rsquo;un après l&rsquo;autre</em>« , a dit Dr Essiben.</p>
<p>Dans cette affaire, le personnel de cette formation hospitalière était par ailleurs accusé d’avoir séquestré la jeune maman éplorée pour une facture impayée évaluée à 54 000 F Cfa.</p>
<h2><strong>467 femmes perdent leurs vies en voulant donner la vie</strong></h2>
<p>Sur un total de 100 000 naissances au Cameroun, 467 femmes perdent leurs vies en voulant donner la vie, selon les chiffres du ministère de la santé. Pour 1000 naissances enregistrées dans chaque catégorie, on compte 28 décès de nouveau-nés,  48 décès d&rsquo;enfants et 79 autres décès dans la tranche infanto-juvénile.</p>
<p>Malgré les stratégies adoptées avec l’appui des partenaires au développement pour améliorer la santé de la mère et de l’enfant, la mortalité maternelle reste inquiétante. Même si elle a connu une réduction de 40% en 2018, selon le Ministère de la santé publique.</p>
<p>Les surfacturations des kits obstétricaux comme la vente illicite des médicaments ou les consultations à domicile seraient, à en croire Hortense Atchoumi, une conséquence des mauvaises conditions de travail du personnel soignant dont les salaires sont parmi les plus bas du pays.</p>
<p>«<em>On exerce certes dans des conditions difficiles mais c&rsquo;est un métier passionnant</em>« , a dit Alain, sage femme.</p>
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		<title>Les coulisses de l’enquête #Fraude Médicale</title>
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		<dc:creator><![CDATA[The Newsroom]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 27 Nov 2020 11:06:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A La Une]]></category>
		<category><![CDATA[Special Reports]]></category>
		<category><![CDATA[Cameroun]]></category>
		<category><![CDATA[corruption]]></category>
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		<category><![CDATA[santé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Du 1er février au 30 septembre, cinq journalistes camerounais(Theodore Tchopa, Josiane Kouagheu, Cedric Kengne, Audrey Talom et Marie Louise Mamgue) ont effectué une enquête auprès de 125 centres de santé privés basés à Douala, sélectionnés au hasard. Rien n’était acquis au départ : aucun indice ne laissait percevoir que les reporters ouvraient ainsi, sans le savoir, [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Du 1<sup>er</sup> février au 30 septembre, cinq journalistes camerounais(Theodore Tchopa, Josiane Kouagheu, Cedric Kengne, Audrey Talom et Marie Louise Mamgue) ont effectué une enquête auprès de 125 centres de santé privés basés à Douala, sélectionnés au hasard. Rien n’était acquis au départ : aucun indice ne laissait percevoir que les reporters ouvraient ainsi, sans le savoir, une marmite bouillante, qui n’est autre que la gestion des déchets hospitaliers. Les constats faits à Douala, l’une des villes les plus peuplées du pays, avec un taux d’accroissement démographique d’environ 5,5%, constituent une monographie.</p>
<div class="jeg_video_container jeg_video_content"><iframe title="#Fraude Médicale. Dans les coulisses de l’enquête sur la corruption dans le secteur de la santé." width="500" height="375" src="https://www.youtube.com/embed/ERH1zdhYrr0?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen></iframe></div>
<p>A travers cette peinture des faits, c’est tout le système sanitaire camerounais qui se révèle au grand jour dans le miroir. Un univers gangrené par la corruption, laquelle a ouvert le boulevard à l’anarchie, avec pour corollaire la violation flagrante des textes réglementaires nationaux et internationaux.</p>
<p>Le groupe de reporters révèle comment les <a href="https://www.themusebaproject.org/a-la-une/douala-dechets-medicaux-deverses-dans-la-nature-causent-des-infections-des-meurtres/">déchets médicaux</a> abandonnés dans la nature par ces centres de santé sont à l&rsquo;origine des infections et des meurtres; pendant ce temps, des hôpitaux de district et des mairies ne disposant pas d&rsquo;équipements d&rsquo;incinération appropriés en profitent pour <a href="https://www.themusebaproject.org/a-la-une/des-millions-fcfa-en-jeu-affairisme-autour-de-incineration-dechets-dangereux/">extorquer des millions de FCFA</a> aux centres de santé privés souhaitant se débarrasser de leurs déchets. Ce travail est l’aboutissement de plus de soixante jours de descentes sur le terrain, une quinzaine de réunions de mise au point, plus de deux cents enregistrements et environ deux cent-cinquante photographies prises. Avec, à la clé, plus de deux cent soixante adresses, numéros de téléphones et e-mails confondus. (Enquêtes à lire aussi dans le quotidien <strong>Le JOUR, </strong>un journal camerounais<strong>, </strong>édition du 26 Nov.2020).</p>
<p>Dans le même temps, Crispin Dembassa Kette, un journaliste centrafricain est tombé sur les réseaux de vente parallèle de médicaments par le personnel du plus grand centre hospitalier de son pays, l&rsquo;hôpital communautaire de Bangui. Son récit révèle comment des sommes importantes d&rsquo;argent échappant depuis plusieurs années au contrôle de l&rsquo;Etat finissent dans les poches des blouses blanches sans scrupule.</p>
<p>De l&rsquo;autre côté du fleuve Oubangui, Gael Mpoyo, journaliste en République démocratique du Congo, a suivi les traces des médicaments d&rsquo;une valeur de 45.000 dollars américains détournés en 30 jours au sud-Kivu. Au bout de la piste, Gael constate, preuves à l&rsquo;appui, que la division de la santé est impliquée dans ce <a href="https://libregrandlac.com/article/2627/rdc">scandale</a>.</p>
<p>Ces journalistes du Cameroun, de la RDC et de la RCA faisaient partie du projet #FRAUDE MEDICALE, une enquête sur la corruption dans le secteur de la santé lancé en début d&rsquo;année à l&rsquo;initiative de Museba journalism Project, en collaboration avec Will Fitzgibbon, coordinateur Afrique au Consortium International des Journalistes d&rsquo;investigation. Ils ont été formés sur les techniques d&rsquo;investigation dans le domaine de la santé.</p>
<h4><strong>WILL Fitzgibbon</strong>, Coordinateur Afrique/Moyen Orient au Consortium International des Journalistes d&rsquo;Investigation</h4>
<blockquote><p>« The Museba Project est une initiative très importante pour l’Afrique et pour le journalisme d’investigation tout court. Il s’agit de la première tentative organisée, sérieuse et dans les mains des journalistes de la sous-région, de faire améliorer le journalisme d’investigation en Afrique Centrale et d’aider la formation des journalistes de cette région peu présente jusques là. La RDC, la RCA, le Cameroun: tous ces pays sont victimes d’abus, de flux illicites financiers, de dictateurs et de bandits, comme nos pays sont tous. Mais, jusqu&rsquo;à The Museba Projet, la région manquait d’organisme pour coordonner le journalisme qui pourrait jeter de la lumière sur des activités néfastes »</p>
<p>« A mon avis, c’est une réussite qui sera gravée dans l’histoire du journalisme d’investigation en Afrique centrale ».</p></blockquote>
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		<title>Vente parallèle de médicaments: le business caché des personnels à l&#8217;hôpital de Bangui</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Crispin Dembassakette]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Sep 2020 09:51:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Special Reports]]></category>
		<category><![CDATA[corruption]]></category>
		<category><![CDATA[hopital bangui]]></category>
		<category><![CDATA[personnel médical]]></category>
		<category><![CDATA[rca]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pendant des décennies, le système de santé centrafricain a été fragilisé par le manque d&#8217;infrastructures et les ressources humaines de qualité qui empêchaient aux citoyens d&#8217;atteindre le meilleur état de santé. La construction il y a quelques années de l&#8217;hôpital communautaire de Bangui, la capitale, avait suscité beaucoup d&#8217;espoir pour la prise en charge des [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Pendant des décennies, le système de santé centrafricain a été fragilisé par le manque d&rsquo;infrastructures et les ressources humaines de qualité qui empêchaient aux citoyens d&rsquo;atteindre le meilleur état de santé.</p>
<p>La construction il y a quelques années de l&rsquo;hôpital communautaire de Bangui, la capitale, avait suscité beaucoup d&rsquo;espoir pour la prise en charge des patients, le respect de l&rsquo;éthique et de la déontologie.</p>
<p>Mais au fil du temps, cet établissement de référence est devenu une menace à la santé publique à travers des personnels corrompus qui se livrent à la vente parallèle des médicaments en violation des dispositions légales.</p>
<p>Fidelia Yarawendji sort du bâtiment défraîchi de la maternité la mine défaite. Enceinte de quelques semaines, elle vient convaincre une sage-femme de l&rsquo;aider à avorter. Les deux femmes sont voisines dans un même quartier; c&rsquo;est là où elles ont commencé à aborder ce sujet. La professionnelle de santé avait accepté le deal en indiquant à Fidelia la  procédure à suivre.</p>
<p>« <em>Elle m’a prescrit une liste de médicaments que je devais acheter pour me faire injecter</em>« , relate la jeune femme de 21 ans rencontrée en mars dernier. Elle poursuit: « <em>C’est chez elle à la maison que j’ai acheté les médicaments prescrits et c’est elle qui m’a injectée</em>», dit-elle, en refusant de donner l&rsquo;identité de la sage-femme.</p>
<p>Fidelia ne se préoccupe par des dizaines de personnes qui rentrent et sortent ce jour-là de l&rsquo;hôpital communautaire de Bangui. Elle est obsédée par l&rsquo;idée de se débarrasser du fœtus dans son ventre. Fiancée sans enfant, cette commerçante voyage à travers les provinces du pays pour acheter de la viande de bœuf boucanée, localement appelée «sharmout», qu’elle revend ensuite à d&rsquo;autres femmes installées dans les marchés. Elle dit avoir appris à faire ce commerce auprès de sa génitrice qui l&rsquo;accompagne souvent dans ses déplacements.</p>
<p>Après les injections, la jeune femme dit que sa situation sanitaire s’est compliquée. Elle est repartie vers la sage-femme mais celle-ci l’a orientée vers le service de la maternité pour une nouvelle consultation.</p>
<p>« <em>Là encore, c’est une de ses amies qui me consulte et me délivre l&rsquo;ordonnance que vous voyez (elle montre le document); et m’a encore demandé d’acheter les médicaments entre ses mains (amoxicilline, paracétamol, ibuprofène…)</em>», raconte-t-elle, les larmes aux yeux.</p>
<p>Fidelia a refusé de se faire accompagner à l&rsquo;hôpital pour les consultations. Elle savait que l&rsquo;interruption volontaire de grossesse est illégale en Centrafrique et qu&rsquo;elle pourrait perdre toute crédibilité si ses proches apprenaient sa démarche. Mais, en voulant tout faire en secret, elle a été prise au piège d&rsquo;un réseau de vente parallèle de médicaments.</p>
<p>Dans la même période, une autre femme a été victime de cette pratique. Elle a conduit sa fille au cabinet d&rsquo;un médecin pour une consultation. Ce dernier était absent. Mais, son secrétaire a non seulement consulté la patiente à la grande surprise de la mère mais il est allé plus loin.  «<em>Il nous a délivré une ordonnance médicale constituée de trois sérums flagils à poser successivement pendant 3 jours et nous a demandé de passer plus tard à son domicile pour acheter les médicaments, et c’est ce que j’ai fait</em>», explique sous anonymat la dame qui a toutefois refusé de donner le nom du médecin ou de la secrétaire.</p>
<p>The Museba Project a voulu connaitre l&rsquo;étendue du phénomène de vente parallèle de médicaments à l&rsquo;hôpital communautaire de Bangui en posant aux usagers la question de savoir où ils ont acheté les médicaments après leur consultation. Sur un échantillon de 50 personnes interrogées du 05 au 25 mars dernier, 50 % ont dit avoir directement acheté les médicaments auprès d&rsquo;un personnel et non à la pharmacie de l&rsquo;hôpital.</p>
<p>Cette enquête réalisée auprès des hommes et femmes de divers âges a également révélé que les services les plus touchés par cette pratique sont les urgences médicales, chirurgicales et la maternité.</p>
<p>Sage femme diplômée d&rsquo;Etat, Adjiza Dounga, le major de la maternité de l&rsquo;hôpital communautaire de Bangui, dit que Fidelia, avec son état, aurait dû approcher un gynécologue au lieu d&rsquo;une sage femme. Elle fait savoir  que les sages femmes n&rsquo;ont pas le droit de prescrire les médicaments aux patients. « <em>Si elles le font, elles envoient les patients à la pharmacie</em>« .</p>
<h3><strong>Délégués médicaux, les facilitateurs!</strong></h3>
<p>Le major du service maternité décrit plus loin comment les médicaments fournis à son personnel par les délégués médicaux finissent dans la vente parallèle.</p>
<p>« Officiellement, nous n&rsquo;avons pas le droit de vendre le médicaments mais il arrive que les délégués médicaux soient en contact avec le personnel et qu&rsquo;ils leur fournissent des échantillons de certains produits pharmaceutiques », dit Adjiza Dounga. « <em>A leur tour, certains personnels donnent ces produits aux patients en cas d&rsquo;urgence et exigent le paiement en retour ».</em></p>
<figure id="attachment_3198" aria-describedby="caption-attachment-3198" style="width: 1024px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-full wp-image-3198" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/09/bangui.jpg" alt="" width="1024" height="486" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/09/bangui.jpg 1024w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/09/bangui-300x142.jpg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/09/bangui-768x365.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/09/bangui-600x285.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2020/09/bangui-750x356.jpg 750w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption id="caption-attachment-3198" class="wp-caption-text">L&rsquo;hôpital de Bangui, Centrafrique.</figcaption></figure>
<p>En juillet 2018, un <a href="https://www.pcrc-rca.org/L-Hopital-communautaire-de-Bangui-une-institution-de-sante-qui-inquiete-les-malades-plus-qu-elle-ne-les-soigne-~P_NEWS-543-0-1">rapport</a> publié par la Plateforme des Confessions Religieuses de Centrafrique(PCRC), une organisation de la société civile qui œuvre pour la paix et la cohésion sociale, décrit l&rsquo;hôpital communautaire de Bangui comme une institution qui suscite crainte et peur; où de nombreux médecins ont instauré « un système d’exploitation interne par la vente des médicaments qu’ils contrôlent à travers des circuits fermés ».</p>
<p>« <em>Ces cas existent réellement ( &#8230;) il y a parfois pénurie de certains médicaments notamment contre les pathologies cardiaques et les traumatismes crâniens; quelques fois, les infirmiers les prennent et les proposent aux malades</em>« , dit Dr Augina Wakanga, responsable des urgences.</p>
<p>Un homme qui assistait sa fille internée dans cet hôpital a été victime de l&rsquo;appât du gain des personnels soignants. Il a fait un témoignage édifiant sur le mode opératoire qui a été repris dans le rapport de la Pcrc.</p>
<p>«<em>Les médecins vous donnent une ordonnance. Ils disent que certains médicaments sont avec eux, donc tu n’as qu’à donner l’argent »</em>, dit-il, avant de poursuivre: « <em>Et, quand vous amenez des médicaments d’ailleurs, ils en gardent certains qu’ils vont par la suite vendre à d’autres patients. Et si vous revendiquez ou si vous refusez d’acheter les médicaments près de leurs services, votre malade ne sera jamais correctement suivi. Au moindre problème, ils vont vous injurier, sans hésiter</em>« .</p>
<p>Ce garde malade qui voyait les événements se dérouler sous ses yeux ajoute: « <em>Par contre, si vous payez les médicaments chez eux, l’entente s’installe immédiatement et votre malade fait l’objet d’attention particulière. C’est bien dommage que ceux qui sont censés sauver des vies se comportent de cette manière</em>».</p>
<p>Dans certains cas, c’est le personnel soignant lui-même qui  décourage les patients d’acheter les médicaments à la pharmacie. Albert Salatimon, un patient âgé de 61 ans, a indiqué au reporter de The Museba Project que son cousin_ major en service à l&rsquo;hôpital communautaire _ lui avait déconseillé d&rsquo;acheter les produits à la pharmacie, mais plutôt de s&rsquo;approvisionner chez lui et à vil prix.</p>
<h3><strong>Concurrence déloyale</strong></h3>
<p>L&rsquo;hôpital communautaire de Bangui a été inauguré en 1991 mais c’est en 2016, soit 27 ans plus tard, qu’un règlement intérieur a été mis sur pied. Ce document que The Museba project a consulté, même s’il ne mentionne pas explicitement la vente illicite ou parallèle de médicaments, stipule en son article 29 que «le personnel ne doit pas faire la concurrence déloyale au détriment du comité de gestion». Les sanctions peuvent aller jusqu&rsquo;au licenciement des coupables, prévoit l&rsquo;article 30.</p>
<p>Selon le surveillant général de l’hôpital, Martin Kamboudane, les faits qualifiés de «concurrence déloyale» et «racket de malades» englobent la vente parallèle de médicaments et sont punissables s’ils sont avérés.</p>
<p>Depuis le 1<sup>er</sup> mars dernier, une charte nationale sur la qualité des soins et les droits des patients est entrée en vigueur dans tous les hôpitaux du pays. Elle est affichée à l&rsquo;entrée des formations sanitaires et dans les services pour renforcer le dispositif dissuasif déjà existant.</p>
<p>Comme pour le règlement intérieur, les expressions «vente illicite de médicaments» ou «vente parallèle de médicaments» ne figurent pas dans la charte. Pour le Directeur Général de l’hôpital communautaire, les articles 1 et 2 qui traitent de la déontologie, de l’éthique, de la qualité et l sécurité des soins règlent déjà le problème.</p>
<p>« <em>L’éthique hospitalier interdit au prescripteur de vendre des médicaments et la qualité et sécurité des soins exige que les médicaments soient achetés en pharmacie ; raison pour laquelle il existe une pharmacie au sein même de l’hôpital</em>« , précise Abel Assaye.</p>
<p>La charte met également à la disposition des patients une ligne verte le 1212 pour leur permettre de se plaindre auprès des autorités de toute anomalie ou tout mauvais traitement de la part du personnel soignant.</p>
<p>Mais, les dénonciations au numéro vert sont quasi inexistantes. Abel Assaye a indiqué que les patients et leurs proches refusent de pointer les personnels corrompus par peur de représailles.</p>
<p>«<em>Le plus souvent, j’accuse les accompagnants de malades de favoriser cette mauvaise pratique car l’accompagnant a peur qu’en refusant d’acheter les médicaments proposés par le personnel soignant, le malade soit maltraité</em>», constate le directeur qui dit que le personnel hospitalier est régulièrement sensibilisé sur la vente illicite des médicaments aux patients.</p>
<h3><strong>Manque à gagner et qualité douteuse</strong></h3>
<p>Assaye dit que quand un travailleur de l’hôpital est surpris en flagrant délit ou lorsque des cas lui parviennent avec les preuves, il sanctionne automatiquement.</p>
<p>A titre d’exemple, le directeur a indiqué qu’il y’a trois mois, une infirmière qui vendait illégalement les médicaments a été  licenciée. Elle faisait discrètement entrer des cartons de produits à l’hôpital.</p>
<p>Cette sanction disciplinaire n&rsquo;a pas découragé d&rsquo;autres personnels qui, à travers l&rsquo;activité de la vente parallèle de médicaments, mènent une concurrence déloyale à la pharmacie de l&rsquo;hôpital et privent cette formation sanitaire d&rsquo;une partie de ses recettes, regrette Romuald Ouefio, directeur des pharmacies au ministère de la santé. Il est difficile de  savoir dans quelle proportion exactement les recettes des pharmacies hospitalières sont impactées puisque de l’aveu même du surveillant général de l&rsquo;hôpital de Bangui, il n’existe pas de statistiques disponibles.</p>
<p>Par contre, les autorités sanitaires affirment que tout médicament sorti du circuit légal est un faux produit car on ne peut prouver sa qualité. Selon Romuald Ouefio, les médicaments d&rsquo;origine douteuse vendus en coulisse dans l&rsquo;hôpital mettent en danger la vie des patients qui, en espérant obtenir la guérison, courent le risque d&rsquo;être davantage exposés aux maladies.</p>
<p>Fidelia n&rsquo;a plus donné de nouvelles après sa tentative d&rsquo;interrompre une grossesse.</p>
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		<title>EXCLUSIVE: The Godfathers who own the projects in Cameroon</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chief Bisong Etahoben]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Jul 2019 10:16:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A La Une]]></category>
		<category><![CDATA[Corruption]]></category>
		<category><![CDATA[Investigation]]></category>
		<category><![CDATA[Cameroon]]></category>
		<category><![CDATA[corruption]]></category>
		<category><![CDATA[disservice]]></category>
		<category><![CDATA[paul Biya]]></category>
		<category><![CDATA[public]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>There is no road connecting the Obang villages in Manyu in South West Cameroon to any market town – a sad state of affairs, considering that farmers need a road to be able to bring their produce to consumers. It is not that there was never any money to build one, though. An annual budgetary [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>There is no road connecting the Obang villages in Manyu in South West Cameroon to any market town – a sad state of affairs, considering that farmers need a road to be able to bring their produce to consumers.</p>
<p>It is not that there was never any money to build one, though. An annual budgetary allocation to construct the needed roads was made to a contractor, a Mr Ndifor (1), starting from the early 2000’s. When I encountered the elusive Mr Ndifor at a party in Yaoundé, I asked him about it. Ndifor said he did not know the said villages. Reminded that he was supposed to have built roads through these very villages, the man laughed and said: “Oh, that. Don’t believe everything you read in the state budget.”</p>
<p>That meeting took place fourteen years ago, in 2005. Today there are no roads in the Obang area save for the old timber extraction sand roads that were always there. And since the timber companies, after depleting it, have stopped extracting wood from the forest, they are virtually impassable now.</p>
<blockquote>
<h3><strong><em>You should not believe everything you read in the state budget</em></strong></h3>
</blockquote>
<p>Ordinary citizens of Cameroon have spent the past four decades, all governed over by President Paul Biya, now 86, like this: seeing money pass by like mirages and rarely receiving any benefit of it. During the October 2018 presidential election campaign in Cameroon, in a TV debate, a panelist for an opposition candidate asked a Biya representative to name just one single development project that his government in its thirty-six years in power had completed successfully. Hard-pressed for an answer, the representative started harping on Biya’s long experience as a head of state without answering the question.</p>
<p>Even official reports note that state activities very often do not benefit the population. The 2016 report of the Regional Follow-up Commission for Public Investment Projects of the East Region (2) says that in 2015 alone, forty percent of all investment projects earmarked for the region were abandoned. They included road infrastructure projects, health facilities, classrooms, and water bore holes: all executed badly by those charged with managing them and, probably, most often also fleeced.</p>
<p><img class="alignnone wp-image-2828" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2019/07/camairco-300x169.jpg" alt="Cameroon airlines corporation " width="744" height="419" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2019/07/camairco-300x169.jpg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2019/07/camairco-768x433.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2019/07/camairco-600x338.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2019/07/camairco-750x423.jpg 750w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2019/07/camairco.jpg 780w" sizes="(max-width: 744px) 100vw, 744px" /></p>
<p>Reports on losses to corruption in the country differ wildly, from two million US$ in a five year period to one and a half billion US$ over the past decade. Deciding which one you go with depends for a large part on your definition of corruption: where does it start and stop? Outright theft from state contracts -such as roads- may happen in a part of the cases, but what about state salaries paid to nepotist appointments of incompetent individuals, massive perks and bonuses for ministers and high officials, subsidies for development NGOs and catering companies that happen to be run by friends and relatives of ruling party politicians? The Organised Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP) calculated last year that President Biya spends at least three US$ million every year on visits to Geneva, Switzerland, alone (3).</p>
<p>The anti-corruption commission CONAC does good work in unearthing fraudulent state expenditure on big projects. But the political powers-that-be decide if the identified culprits go to jail or whether the report in question is ignored. (More on this below.)</p>
<h3><strong> Ghost farmers </strong></h3>
<p>This, then, is Cameroon as we know it: a country that could hardly ever build or maintain a road, hospital, school, bus route, agricultural or employment project without it being used for own gain by those close to power; that is, to Paul Biya. It is the country where in 1982, the year President Biya came to power, a new paper mill burned down two months after its opening after ‘experts’ without much expertise -their feasibility studies were never subjected to verification or peer review- had pocketed the equivalent of sixteen million US$ (4).</p>
<p>It is the country where the farmers’ loans bank Fonader went bankrupt in 1989 after having loaned most of the moneys to non-existent ‘ghost’ farmer accounts behind which hid friends and relatives of the managers (5); and where the grains development initiative Sodeblé closed its doors after barely producing only one twentieth of the 120,000 tonnes of corn per year the government had promised.</p>
<p>The downfall happened amid much muttering about how the outfit had “financed voyages, baptisms, marriages and various kinds of gifts for senior staff of the company as well as administrative officials of the region.” (6) Sodeblé never reopened; Cameroon still spends around three million US$ of its foreign reserves yearly on the importation of corn alone.</p>
<blockquote>
<h3><strong><em>Sodeblé had financed voyages, baptisms, marriages and various kinds of gifts</em></strong></h3>
</blockquote>
<h3><strong>Immunity</strong></h3>
<p>Under the pressure of donor countries an anti-corruption commission was established in the country in 2006. The investigations of the Anti-Corruption Commission of Cameroon, CONAC, have since led to some hard-hitting reports, incidental recovery of moneys and occasionally even to arrests and imprisonment of culprits. Most notably among these was a former Prime Minister, Ephraim Inoni, who was arrested in 2012 after having been implicated in decades of large scale embezzlement that had bankrupted the national airline Camair. (Ironically, Inoni himself had kickstarted the judicial anti-corruption drive – called Operation Sparrowhawk – to add to the work of the anti-corruption commission six years earlier).</p>
<p>However, Biya’s inner circle and favourites always seemed immune. A report by CONAC in 2011 (7) that accused then secretary general in the Prime Minister’s office Jules Doret Ndongo of complicity in double-invoicing the state for the construction of a road in the centre of the country – at an extra cost of thirty-one million US$ – was strongly contested by the Ministry of Public Works, which called it “false.” Its implications were ignored and Doret Ndongo is still a minister today. Likewise, nothing at all happened when current Minister of Finance Louis Motaze – in 2011, when he was Minister of Transport – overspent twelve million US$ state money on an inflated invoice for two Chinese airplanes, even after opposition MP Joshua Osih accused Motaze in parliament of diversion of the funds to benefit a ‘mafia.’</p>
<blockquote>
<h3><strong><em>Nothing happened when the Minister of Transport overspent US$ 12 million</em></strong></h3>
</blockquote>
<p>Media and opposition parties have denounced Cameroon’s corrupt systems and judicial favoritism for years. But, like CONAC, these are often also ignored, which is made easier because of the abundant amounts of fake news and ‘brown envelope’ journalism – the practice whereby hacks in the media accept money from powerful individuals to publish stories that favour these individuals and slander their rivals in the country. As a result, the system always remained the system: to advance in Cameroon, you simply had to maneuver yourself as close as you could get to any Biya government and ruling party official, hope for spoils, and start living the high life when your efforts paid off.</p>
<p>As former Minister of National Education, now one of Cameroon’s opposition party leaders, Adamu Ndam Njoya once put it: “We are yet to see the day that, when a Cameroonian is appointed to a high post of responsibility, they bend their heads down and cry due to the heavy responsibilities that go along with the post. On the contrary, people always organise feasts to celebrate appointments and this because the appointees and their families and close ones see in the appointments the opportunities to enrich themselves from the budgets allocated to positions to which they have been appointed. The bigger the budget, the bigger the festivities ».</p>
<blockquote>
<h3><strong><em>The bigger the budget, the bigger the festivities</em></strong></h3>
</blockquote>
<h3><strong>Very unpopular </strong></h3>
<p>Even when new enterprises were established with the explicit intention to put them on good management footing, often with outside help, it kept going wrong. In 2012, a new farmers’ loan scheme, Credit Agricole, suffered the same fate as the previous rural bank Fonader, even though it had been assisted by the German Investment and Development Corporation (DEG) and was managed by an equally German manager, Hubert Rauch. When it was liquidated, Credit Agricole was owing its customers the equivalent of US$ 314 million due to bad debts contracted mostly by ministers, general managers of state corporations and other senior government officials.</p>
<p>And though a source in the Ministry of Finance at the time roundly admitted that “big government and ruling party officials had borrowed large sums of money knowing they would never pay back” and that “manager Hubert Rauch was induced in error to grant (the) loans to several barons of the ruling party,” the downfall was blamed on one sole individual: the bank’s liquidator Frederick Ekande, a judicial expert and former Member of Parliament. Convicted of embezzling the equivalent of over and a half million US$, Ekande still languishes in jail.</p>
<p>The pattern again repeated itself when in 2011 a new airline was started to replace the bankrupt Camair. Even though two managers had already been jailed, and a Prime Minister was about to follow the same fate, for the “mismanagement, embezzlement, and excessive borrowing,” that had destroyed the previous airline enterprise, the practice by “ministers and general managers of state corporations (to) take their wives and girlfriends on jolly rides round the world without buying tickets (8)” simply started again in Camair-Co. Once again, also, there was “excessive recruitment” of workers “without necessary qualifications” who had been “brought in by the usual godfathers in high places (9).” All this happened again, even if there were now two Dutch new managers seconded to the enterprise with an explicit mission to put the airline on the right path.</p>
<p>They lasted less than two years. At his departure in 2012 the first Dutch manager, Alex van Elk told local press that his attempts to “streamline the recruitment process according to international norms” had been thwarted by senior government officials who had once again imposed “unskilled staff” on the company. Johannes Boertien, who had been Van Elk’s deputy and took over after the latters’ departure, lasted until September 2013 but then also left, saying that he had not been able to “put into practice his management roadmap.” A Cameroonian publication revealed that Boertien had become “very unpopular for solely appointing a commercial director for the corporation without the concern of the other board directors,” with the directors’ concern, presumably, for the individuals they had wanted to appoint (10).</p>
<p>Even a whole series of six public-private partnerships – called CARPA (Conseil d’Appui a la Realisation des Contrats de Partenariat) – that was, under the watchful eye of French development organisations and the World Bank, to create tramways, a hospital, an entire university city and rail transport network from 2013 onwards- delivered little besides, as one Cameroon news site called it in April his year, ‘flops.’ “Most of those charged with seeing to the realisation of the projects are not enthusiastic about them because (…) they don’t see the possibility of personal gains for themselves by way of kickbacks and bribes”, a senior official in the Ministry of the Economy, Planning and Regional Development said when asked to comment.</p>
<h3><strong>Palace wars </strong></h3>
<p>But as Paul Biya ages, some change finally seems to be on the horizon. What anti-corruption investigations, opposition parties and foreign development partners’ consultancies could not achieve, -an end to the Biya kleptocracy-, might now occur naturally as its founder is about to turn 87 years old. The problem is that no one can foresee what will replace it.</p>
<p><img class="alignnone wp-image-2829" src="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2019/07/eau-300x200.jpg" alt="a water point in Douala" width="720" height="480" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2019/07/eau-300x200.jpg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2019/07/eau-768x512.jpg 768w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2019/07/eau-600x400.jpg 600w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2019/07/eau-750x500.jpg 750w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2019/07/eau.jpg 900w" sizes="(max-width: 720px) 100vw, 720px" /></p>
<p>The supreme godfather started leaving the reins of Cameroon in the hands of a new generation in January this year. A new state minister, a confidante of Paul Biya’s wife Chantal called Ferdinand Ngoh Ngoh, started taking over the day to day work of governing. It set tongues wagging in Yaoundé. Was Ngoh Ngoh going to be a seamless successor, a new Biya? Or was he, as a close friend of Biya’s much younger wife Chantal (48) – the two even came from the same village in Cameroon’s Nanga Eboko community – actually part of a new faction about to take power away from Biya’s predominantly ethnic Bulu elite? And if there was such a new faction, what would that mean in terms of privileged access to state coffers and legal protection?</p>
<blockquote>
<h3><strong><em>Chantal was holding Paul Biya’s hands and doing his waving for him</em></strong></h3>
</blockquote>
<p>Simultaneous new appointments in the government seemed to confirm that Chantal Pulchérie Biya-Vigouroux – whose flaming red big hairdos have inspired the creation of entire websites – had her own designs on power. Not only was her old friend Ngoh Ngoh, now the most powerful minister in Cameroon, another four new ministers and high level bureaucrats had all previously worked, or still worked, with Chantal’s office, charity foundations, or church. Chantal had for some time been seen as a force ready to take over from her husband, an impression that was reinforced again when she, at a public event in May this year, appeared next to a very old and weak looking Paul, holding his hands and doing his waving for him.</p>
<p>The rumours were fueled by the pan-African francophone monthly Jeune Afrique, which, in February this year, wrote about Chantal’s rise. Not to be outdone, the pro-Biya newspaper l’Avocat then even printed a picture of Ferdinand Ngoh Ngoh on its front pages headlining “a mafia out to conquer power.” In a tweet Chantal Biya angrily denied having any such designs and insisted that she remained only interested in charity work.</p>
<p>But then, yet another former Biya acolyte, veteran minister Laurent Esso – now minister of justice – was said to make a play for the succession. Many a Yaoundé palace watcher interpreted the increased public antics of Esso’s close associate, TV mogul Amougou Belinga, as a sign of the justice ministers’ participation in the race. When Belinga’s TV Channel Vision4 published ethnic hate speech (11) of a kind that could have meant a prison term under the country’s strict defamation laws, not only did Belinga get off scot free, but the head of the Communications Commission, Peter Essoka, was fined the equivalent of US$ 30, 000 after Belinga complained that he had ‘damaged’ him by comparing his TV station to the genocidal Radio Mil Collines in Rwanda.</p>
<p>Next, relatively lowly Vision4 reporter Parfait Ayissi was mysteriously released after having been arrested for the rape of a 14-year old. When, after his release, Ayissi repeatedly mocked the girl on TV with impunity, too, Yaoundé’s elites started asking themselves which powerful new godfathers they should now turn to for assistance and protection.</p>
<h3><strong> A weakened hand </strong></h3>
<p>It was surely not so much Biya anymore. Because even individuals who had always been close to the president, had recently been rounded up by the police. Last year that fate already befell businessman Mohammadou Dabo, a big sponsor of the ruling party and a close associate of Biya himself. Though the fact that Dabo had pocketed an advance of over one million US$ to renovate Garoua airport in 2011 and had delivered nothing since had not bothered the justice system for seven years, Dabo was suddenly in and out of court for interrogation and could, according to a source at the Special Criminal Tribunal, soon be doing actual jail time for “deceit of associates, crookery, forgery of commercial and bank documents and embezzlement of public funds.” “All indications are that it is almost certain that he will not (remain) a free man for long,” the source, a senior lawyer in the office of the prosecutor at the Special Criminal Tribunal, said.</p>
<blockquote>
<h3><strong><em>Suddenly even ‘sons’ of Biya were arrested</em></strong></h3>
</blockquote>
<p>Then in January this year, even more shockingly, former Minister of Defence Edgar Alain Mebe Ngo’o was arrested for a corrupt arms procurement deal with French company MagForce (12). The contracts in question had been signed years ago, in 2010 and 2011, and French justice authorities -who had arrested MagForce counterparts in France- had pressured Cameroon to take action against him since at least 2014, but publications both in France and Cameroon had surmised that Mebe Ngo’o enjoyed so much protection that he would never face the law. The man was always very intimately connected to President Paul Biya after all; Yaoundé pundits and their radio trottoir even commonly refer to him as Biya’s illegitimate “son.”</p>
<p>The arrest in January therefore sent a shockwave through Cameroon. The pundits, quoted in many a newspaper and on radio, now said that “the faction” of Ferdinand Ngoh Ngoh and Chantal Biya were “behind the arrest.”</p>
<p>And then it happened to yet another Biya ‘son’, too (13). This time the target was Gilbert Baongla, a politician who leads the opposition Republican Party. Baongla, who has gone around saying he is Biya’s son for years without being contradicted, had also always enjoyed protection. He seemed to have an extraordinary privilege when it came to speaking his mind wherever and whenever he wanted: he even once accused powerful minister Atanga Nji of corruption, conspiracy and ‘betraying the people’ on prime time TV without suffering any consequence.</p>
<p>But in early June Gilbert Baongla, too was arrested, after a complaint by none other than Justice Minister Esso’s close friend, TV boss Amougou Belinga, whom he had accused of smuggling and espionage (14).</p>
<h3><strong>A good looking road </strong></h3>
<p>Whether the succession struggle, with its weakening of the presidents’ iron grip on the state, will result in a better-run country remains doubtful. The judiciary under Esso seem to suffer as much from favouritism as always, and new minister of State Ferdinand Ngoh Ngoh -he who is associated with the ‘Chantal faction’ – has already been implicated in disastrous construction contracts around the African Cup of Nations, as a result of which – simply because needed roads, hotels and stadia were never built Cameroon lost the opportunity to host the soccer event this year.</p>
<p>There have been signs, though, even if ever so faint, that civil servants – perhaps motivated by uncertainty around their positions and career paths, or, in contrast, perhaps finally enjoying space to focus on their actual jobs – have started to achieve better results than before. The Ayos-Abong Mbang-Bognis road, the focus of the 2010 double billing scandal, is actually looking well-maintained today. A recent set of roads scheduled to be completed last year in the usually neglected south-and north west of Cameroon, has been almost totally completed.</p>
<p>Even if in some cases the roads had once again come with a heavier price tag than they should have had, and a few were delayed due to armed action by militants who have taken up arms against the Yaoundé state, our team (15) found that almost all had indeed been built. What seems to have helped is the increasingly rigorous practice by donor organizations of withholding money until actual results are visible.</p>
<p>Another new development is the establishment by law enforcement agencies of toll free numbers through which citizens can denounce wrongdoings.</p>
<blockquote>
<h3><strong><em>The old elite may spawn new kleptocratic factions</em></strong></h3>
</blockquote>
<p>On the other hand, as the interregnum plays out, there is a real danger that the victorious candidate for Paul Biya’s succession may simply re-establish the kleptocracy in his -or her- own image. Another scenario is a prolonged fight between the factions for access to various troughs, which will risk fragmenting the entire state. If that happens, the military may feel justified to take power with the excuse of re-establishing law and order.</p>
<p>A first sign of such a possible scenario unfolding was the circulation in the media, early June, of a rather curious unsigned declaration purportedly from senior military officers which criticised the factional fighting between what it called the (ethnic) “Bulu clan” around Paul Biya and Chantal Biya’s “Nanga Eboko” community. In the letter, the anonymous military men threatened to intervene if the situation was not redressed pronto.</p>
<p>If that letter is authentic (which it may not be, because you never know in Cameroon), there is a third force building up within the military. And with Cameroon’s military riddled with embezzlement as well as human rights abuse scandals, this would undoubtedly be the worst case scenario. The international community might take note.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em>This story is part of « Public Disservice: How poor African countries waste billions », a transnational investigation by African Investigative Publishers Collective (AIPC).</em></p>
<p>References:</p>
<ol>
<li>Name changed; he has since died and could therefore not be asked for comment.</li>
<li>For the Regional Report see: https://allafrica.com/stories/201602241006.html.</li>
<li>For the OCCRP investigation click here https://www. occrp.org/en/investigations/7653-paul-biya-cameroon-s-roaming-president.</li>
<li>According to an investigation done by a group of journalists (of which Chief Bisong Etahoben was part) at the time.</li>
<li>The takeover by the ‘elites’ of smallholdings previously formally subsidised by Fonader is documented here: http://www.cifor.org/publications/pdf_files/ WPapers/WPaper139Nkongho.pdf.</li>
<li>According to interviewed Sodeblé staff members at the time.</li>
<li>The affair is described by Franklin Tougwa on www. researchgate.net.</li>
<li>According to Camair sources and later also CamairCo sources who were interviewed at different occasions over time.</li>
<li>Idem</li>
<li>See https://cameroonpostline.com/cameroonianborn-mbotto-edimo-is-new-camair-co-gm/</li>
<li>The hate speech was directed against Cameroons’ anglophone population, who have long felt disadvantaged by the francophone elite in Yaoundé. During the rant, the senior commentator on Vision4 equated all anglophones to a small group of insurgents now active in the country’s north west region and called for action against “all the terrorists.” See: http://cameroonnewsagency.com/40-bitter-anglophone-journalists-petition-ncc-hate-speech-vision-4-journalist-anglophones/.</li>
<li>See for example https://www.jeuneafrique. com/748540/societe/soupcons-de-corruption-au-cameroun-les-enquetes-qui-touchent-mebe-ngoo-sepoursuivent/ (French).</li>
<li>Biya has, next to his official offspring, at least three such ‘illegitimate sons’: Minister of Finance Louis Motaze -he of the Chinese planes-is rumoured to be the third one.</li>
<li>See: http://natimesnews.com/yaoundenational-timesthe-purported-eldest-son-of-president-paul-biyageorges-gilbert-baongla-has-been-arrested-and-detained-at-the-yaounde-judicial-police/</li>
<li>The NGO Data Cameroon http://datacameroon.com/ helped to map a set of roads and then carry out the check on their completion.</li>
</ol>
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			</item>
		<item>
		<title>Des centaines de millions évaporés: immersion dans le schéma de corruption à Gaz Du Cameroun</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Christian LOCKA]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Oct 2018 21:43:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Corruption]]></category>
		<category><![CDATA[Investigation]]></category>
		<category><![CDATA[corruption]]></category>
		<category><![CDATA[Gaz du Cameroun]]></category>
		<category><![CDATA[gaz naturel]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La filiale camerounaise de la société britannique Victoria Oil and Gas (VOG), déjà menacée de suspension de ses activités au Cameroun, a été confrontée à de nouveaux défis, notamment  l&#8217;annulation d&#8217;un important contrat, des retards dans l&#8217;approbation de nouvelles concessions et des poursuites judiciaires d&#8217;anciens employés alléguant des paiements frauduleux, le harcèlement sexuel et la [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h4><em>La filiale camerounaise de la société britannique Victoria Oil and Gas (VOG), déjà menacée de suspension de ses activités au Cameroun, a été confrontée à de nouveaux défis, notamment  l&rsquo;annulation d&rsquo;un important contrat, des retards dans l&rsquo;approbation de nouvelles concessions et des poursuites judiciaires d&rsquo;anciens employés alléguant des paiements frauduleux, le harcèlement sexuel</em> <em>et la falsification de signature</em>.</h4>
<p>Début février, le journal Américain <a href="https://100r.org/2018/02/cursed/"><em>100Reporters</em></a> a rapporté que l&rsquo;Etat du Cameroun a menacé de résilier son contrat avec Gaz du Cameroun (GDC) après avoir constaté que la filiale camerounaise de VOG, qui réalise plusieurs millions de dollars de recettes annuelles dans l&rsquo;exploitation du gaz naturel de Ndogpassi, a manqué à ses obligations sociales et fiscales.</p>
<p>En outre, GDC a conclu deux concessions de gaz en violation du code pétrolier camerounais qui prévoit qu&rsquo;un contrat de partage de production entre deux sociétés privées n&rsquo;est valable qu&rsquo;après obtention d&rsquo;une licence de l&rsquo;État. La première est la reprise par GDC de 75% des actions de Glencore Exploration dans le bloc Matanda, une concession gazière soixante fois plus grande que celle de Ndogpassi. La seconde concerne l&rsquo;acquisition auprès de Bowleven Plc de 80% du bloc Bomono, d&rsquo;une superficie de 2 237 Km2. Depuis plus d’an, la société gazière attend l&rsquo;approbation du gouvernement. Elle a déclaré dans son rapport financier intermédiaire de 2017 qu&rsquo;elle était prête à céder à l&rsquo;Etat entre 5% et 25% des actions du bloc Matanda et 10% des actions du bloc Bomono une fois les concessions approuvées.</p>
<p>Dans ce dernier cas, GDC et Bowleven avaient convenu que si avant la fin du mois de juin 2017, l’Etat ne donnait pas son accord, le contrat devait être rompu, a déclaré le représentant local de Bowleven Plc dans une interview. Cependant, GDC a convaincu son partenaire de continuer à attendre la réaction des autorités. «Je sais pourquoi les négociations (entre l&rsquo;Etat et GDC) sont restées bloquées mais je ne peux pas vous le dire », a dit Eric Arah Taku, également directeur financier d&rsquo;Euroil Limited, filiale locale de Bowleven.</p>
<p>Déjà, GDC qui prévoit d’émettre des actions ordinaires d&rsquo;une valeur de 100.000 livre sterling et effectuer des paiements de redevances de 20 millions de dollars dans le seul bloc Bomono, a d&rsquo;autres soucis à se faire, à commencer par la perte d&rsquo;un client de poids. En janvier dernier, Eneo-Cameroon S.A, société de production et de distribution d&rsquo;électricité, a suspendu son contrat d&rsquo;approvisionnement en gaz avec GDC. Eneo a attribué sa décision aux difficultés financières. « VOG estime qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un problème temporaire et s&rsquo;attend à une résolution à court et moyen terme », a commenté Kevin Foo, fondateur de VOG, dans une note aux investisseurs qui souligne qu’Eneo a représenté 53% des revenus de vente de gaz naturel de GDC en 2017.</p>
<h2><strong>Transactions suspectes et poursuites judiciaires</strong></h2>
<p>Pendant ce temps, la société de gaz a dépensé de l&rsquo;argent dans des transactions suspectes et des procès intentés par certains de ses anciens employés. Quatre cadres camerounais limogés ont porté plainte contre GDC et même un de ses directeurs expatriés pour licenciement abusif et harcèlement sexuel. Les poursuites engagées par d&rsquo;anciens membres du personnel comprennent également des allégations d&rsquo;actes répréhensibles allant de la surfacturation de contrats et des paiements indus pour des travaux non exécutés, à des conflits d&rsquo;intérêts et à la corruption d&rsquo;autorités gouvernementales par des dirigeants de la société.</p>
<figure id="attachment_2600" aria-describedby="caption-attachment-2600" style="width: 300px" class="wp-caption alignright"><img class="size-medium wp-image-2600" src="http://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2018/10/Akoa-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" srcset="https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2018/10/Akoa-300x300.jpg 300w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2018/10/Akoa-150x150.jpg 150w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2018/10/Akoa-100x100.jpg 100w, https://www.themusebaproject.org/wp-content/uploads/2018/10/Akoa.jpg 480w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /><figcaption id="caption-attachment-2600" class="wp-caption-text"><em>Alain Akoa.</em></figcaption></figure>
<p>Alain Frank Akoa Akoa II est l&rsquo;un de ceux qui ont poursuivi cette société avec succès. Après avoir été limogé en juillet 2016, l&rsquo;ancien contrôleur de projet et délégué du personnel, a trainé GDC au tribunal pour «licenciement irrégulier». Environ huit mois de procès plus tard, la Cour d&rsquo;appel du Littoral à Douala a confirmé le jugement en instance qui oblige GDC à réintégrer Akoa dans ses effectifs et à lui verser 6 millions de CFA, représentant ses arriérés de salaires depuis Novembre 2016.   Mais, cette décision des juges ne semble pas suffisante.</p>
<p>« Je suis un peu déçu par la décision du tribunal parce que ces gens n&rsquo;ont pas été punis pour tout le mal qu&rsquo;ils m&rsquo;ont fait », a réagi Akoa, 43 ans, en ajustant ses lunettes claires. « Le poste que j&rsquo;ai occupé a été annulé après mon départ, qu’ils me réintègrent ou non,  je vais engager un procès au pénal pour dédommagement du préjudice matériel, moral et intellectuel causé par les dirigeants de Gaz du Cameroun ».</p>
<p>Cet ancien employé des projets de reinstrumentation et d’extension de la Société Nationale de Raffinage (Sonara) a été recruté à GDC en juin 2013 pour occuper le nouveau poste de contrôleur de projet. Son travail, dit-il, consistait à planifier, budgétiser et assurer l&rsquo;évolution et la validation du projet gazier de Ndogpassi. C&rsquo;est à partir de cette position stratégique qu&rsquo;il dit être tombé plus tard sur des mouvements de fonds étranges entre la société de gaz et certains sous-traitants.</p>
<p>« Tout a commencé à mon retour de congé en 2015 lorsque le département des finances m’a demandé de produire et de signer le certificat d&rsquo;achèvement du travail attestant qu&rsquo;une entreprise appelée Imegap a fait des travaux électriques à la centrale à gaz », a dit Akoa, qui continue cependant à insister que ce travail a plutôt été effectué par un autre sous-traitant. Il a dit avoir même fouillé son bureau et le registre des gardes de sécurité pour voir si le personnel d&rsquo;Imegap était entré dans l&rsquo;usine à gaz pendant son absence.</p>
<p>« Imegap n&rsquo;est jamais intervenue dans ce projet mais la direction m&rsquo;a demandé de valider le paiement de plus de  8 millions de francs CFA à cette entreprise pour un travail imaginaire », a expliqué Akoa. « Le cas d’Imegap a attiré mon attention et j’ai commencé à rassembler des preuves irréfutables de cette fraude à GDC parce qu’auparavant, j’avais entendu des rumeurs de paiements frauduleux sans preuves », a ajouté l’ancien contrôleur de projet qui vit des consultations en gestion de projet et de la recherche professionnelle depuis son licenciement.</p>
<p>Akoa dit que comme il s’est opposé à ce paiement, GDC a fait signer par un autre employé le bordereau qui a permis à Imegap de toucher les 8 millions de FCFA. Le 20 juillet 2016, Akoa qui dénonçait également les mauvaises conditions de travail des employés camerounais à l&rsquo;usine de gaz, a été licencié pour «insultes répétées et déclarations diffamatoires contre vos employés», a écrit Mark Wilson, directeur général de GDC à l&rsquo;époque, ajoutant que « à plusieurs reprises (&#8230;), vous avez traité la direction de GDC de «menteuse» et fait circuler de telles accusations par écrit pour inciter à une émeute».</p>
<p>Quelques semaines plus tard, Akoa a saisi le tribunal de grande instance du Wouri à Douala. Puis, il s’est plaint auprès du Haut-Commissariat de Grande-Bretagne au Cameroun, de l&rsquo;Agence Nationale des Investigations Financières(Anif), de la Commission Nationale Anti-corruption(Conac) et de la branche camerounaise de Transparency International, dénonçant  les « Fraudes et Violations de la loi Camerounaise » à GDC. À cette fin, il a dressé un tableau résumant, d’après lui, les paiements douteux  entre GDC et Abaapcam Engineering Ltd, Imegap et Global Marine Engineering S.A, trois sociétés locales de sous-traitance.</p>
<table>
<tbody>
<tr>
<td>
<h6>Preuves</h6>
</td>
<td>
<h6>Description</h6>
</td>
<td>
<h6>montant</h6>
</td>
<td>
<h6>Observation</h6>
</td>
</tr>
<tr>
<td></td>
<td></td>
<td></td>
<td></td>
</tr>
<tr>
<td><em>Facture de Global Marine Engineering</em></td>
<td>Services de raccords et de tuyauterie rendus en mars 2016</td>
<td><em>62.621.300 FCFA </em></td>
<td>Service jamais rendu</td>
</tr>
<tr>
<td><em>Facture de Global Marine Engineering</em></td>
<td>Services de raccords et de tuyauterie rendus en Avril 2016</td>
<td><em>53.489.785 FCFA </em></td>
<td><em>Service jamais rendu</em></td>
</tr>
<tr>
<td><em>Facture de IMEGAP </em></td>
<td>Facture pour station de traitement d&rsquo;eau</td>
<td><em>8.703.750 FCFA</em></td>
<td><em>Service jamais rendu </em></td>
</tr>
<tr>
<td><em>Factures de Abaapcam </em></td>
<td>Travaux de génie civil pour la campagne de forage</td>
<td><em>639.687.370FCFA</em></td>
<td>Ce montant est constitué de 327. 995. 180 FCFA, soit le budget global initial et surestimé pour tous les travaux. Tous les autres coûts (311.692.190 FCFA) ne sont certainement pas pour le projet.</td>
</tr>
<tr>
<td></td>
<td></td>
<td></td>
<td></td>
</tr>
<tr>
<td><em>TOTAL</em></td>
<td></td>
<td><em>764.502.205 FCFA</em></td>
<td><em>Perte effective de 436.507.025 FCFA entre Février et juillet 2016 </em></td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p><strong><em>Source: Alain Akoa</em></strong></p>
<p>Au total, GDC aurait payé en cinq mois plus de 436 millions de FCFA à trois sous-traitants locaux pour des travaux non exécutés, selon les calculs d’Akoa. La direction de GDC contactée à maintes reprises a refusé de commenter ces allégations.</p>
<p>Imegap se décrit comme une Pme spécialisée dans les services de construction, d&rsquo;entretien, d&rsquo;ingénierie et de main-d&rsquo;œuvre. Son directeur général avait initialement promis de fournir la feuille de présence de son personnel à GDC pour prouver que le travail avait été fait. Plus tard, Emmanuel Mbui, a dit vouloir identifier la source de l&rsquo;information concernant son entreprise avant de donner sa version des faits.</p>
<p>Le comptable de Abaapcam Engineering Ltd a reconnu que son employeur a bénéficié de multiples versements d’argent venant de GDC. Cependant, « Certains paiements ont été faits pour des travaux additionnels comme la maintenance qui ne figuraient pas sur le contrat et dans ce cas, nous avons fait des bons de commande», a dit John Ayuk avant d’ajouter que «GDC ne paie jamais pour un travail non effectué». Cela n&rsquo;a pas toujours été le cas.</p>
<p>En mars et avril 2016, la filiale de VOG a versé plus de 116 millions de FCFA à Global Marine Engineering (Glomae) pour des travaux de tuyauterie et de soudure, comme en témoignent des documents internes. Pourtant, le directeur général de Glomae a déclaré dans une interview qu&rsquo;il n&rsquo;est pas au courant de ces travaux et paiements puisque à l’époque, Glomae et GDC n’étaient pas encore partenaires.  «Je suis confus quand vous me parlez des paiements qui datent de 2016 parceque c’est seulement depuis janvier 2018 que nous faisons de petits raccords de tuyauterie et de soudure à la centrale à gaz», a dit Chris Ngu Akong au téléphone.</p>
<p>Une version des faits confirmée plus tard par Daniel Fru, directeur général adjoint de cette entreprise. Chris Ngu s’est également dit surpris d’apprendre que l’argent devait être viré dans un compte bancaire de Glomae ouvert à United Bank for Africa(UBA) à Douala. Il a dit que Glomae n’a jamais ouvert un compte dans cette banque et qu’il n’a plus les nouvelles de son collègue Ben.A. Kolling, directeur des opérations, qui a fait les demandes de paiement. Contacté plus tard, Ben Kollinz a déclaré qu&rsquo;il ne pouvait pas savoir si le travail était réellement fait parce qu&rsquo;il n&rsquo;avait jamais visité l&rsquo;usine à gaz, mais il a admis avoir fait les demandes de paiement sur instructions de son directeur général. « C&rsquo;est M. Ngu Chris qui m&rsquo;a demandé de faire les factures », a-t-il dit au téléphone. « L&rsquo;argent a été transféré sur le compte bancaire de l&rsquo;entreprise à UBA et M. Ngu est l&rsquo;un des signataires de ce compte, je ne sais pas de quoi il parle là ». Les curiosités ne s’arrêtent pas à ces opinions divergentes. Le certificat d’achèvement de ces travaux, un document qui confirme l’effectivité du travail, a été signé deux mois après le paiement des factures.</p>
<p>Pour Christian Penda Ekoka, consultant en économie de développement et conseiller au cabinet civil de la Présidence, si les marchés n’ont pas été exécutés, cela signifie qu’il y a eu complicité entre les gérants de la société de Gaz et les bénéficiaires. «Il pourrait avoir eu des versements de retro commissions, il faut dénoncer ces pratiques d’évasion fiscale et de blanchiment d’argent».</p>
<p>Ben Kollinz a dit que les fonds décaissés par GDC ont été virés à UBA. Quelques semaines auparavant, la société de gaz avait déjà octroyé un important marché à Ekoko Mukete, directeur général de cette banque au Cameroun, selon des documents de GDC. Fils de chief Nfon Mukete, doyen d’âge au Senat camerounais, Ekoko Mukete, par ailleurs vice-président de la Chambre de Commerce, d&rsquo;Industrie, des Mines et de l&rsquo;Artisanat du Cameroun, a obtenu en février 2016 via son entreprise Universal Logistics Sarl(Unilog) le marché exclusif du transport du condensat de la centrale à gaz de Ndogpassi jusqu’à la Sonara à Limbe. Akoa a indiqué que le transport de ce dérivé du gaz naturel était assuré sans incident par divers opérateurs privés qui ont été écartés au profit de Unilog. «Les prix de Unilog sont plus élévés que ceux des anciens transporteurs, et c’est curieux que les camions censés appartenir à Unilog portent les couleurs de GDC », a dit Akoa.</p>
<h2><strong>Le consul honoraire</strong></h2>
<p>En Octobre 2016, Ekoko Mukete est devenu le responsable des relations avec le public et le gouvernement de GDC après avoir signé un contrat comme consultant avec Ahmed Dik, directeur général de VOG de nationalité turque. Selon les termes du contrat, Ekoko Mukete également consul honoraire de Turquie à Douala avait pour mission de «résoudre les problèmes rencontrés avec le gouvernement et les départements ministériels, de faire progresser les demandes et l&rsquo;octroi de licences, de traiter les questions soulevées par la SNH et de faire pression sur le gouvernement». En contrepartie, GDC s’est engagée à donner à son consultant un salaire mensuel de 50.000 dollars américains (28 millions FCFA), des billets d’avion en classe business sur les vols internationaux et même des frais d’hôtel pendant la durée du contrat. Ekoko Mukete exerçait comme consultant quand la Société Nationale des Hydrocarbures(SNH) a menacé par voie d’huissier de résilier le contrat entre la société de gaz et l’Etat du Cameroun pour non-respect des engagements.</p>
<p>En un an, GDC a octroyé quatre marchés importants à cet homme d’affaires. Outre le transport du condensat et le poste de consultant, Ekoko Mukete et William Bill Egbe, alors directeur général adjoint de GDC, ont signé en decembre 2016, deux contrats de sous-locations des locaux d’Unilog à Bekoko, à la peripherie de la capitale économique. Le premier stipulait que GDC devait occuper un bureau au premier étage, avoir un  personnel de sécurité, des chiens de garde et des caméras de surveillance contre un loyer mensuel de plus d’un million 300.000 F Cfa à verser à Unilog. Le second contrat disait que Unilog devait céder à GDC une cour de 5.000 mètres carré, du personnel de sécurité, des chiens de garde et des caméras de surveillance pour plus de 650.000 FCFA de loyer mensuel. Dans ces deux contrats de sous location, la filiale de VOG n’a pas mentionné les raisons l’ayant poussé à rechercher de nouveaux locaux.</p>
<p>Ekoko Mukete a été contacté dans le cadre de cette investigation. Il a refusé de donner sa version des faits.</p>
<h2>Allégations<strong> d’abus sexuel</strong></h2>
<p>Plus d’un an et demi après avoir été saisie, la Conac a réagi à la plainte d’Akoa, juste pour dire à l’ancien contrôleur des projets que les faits qu’il dénonce relèvent de la compétence des juridictions judiciaires. Outre Akoa, d’autres cadres camerounais ont trainé GDC en justice pour «licenciement abusif», parmi lesquels Honoré Mbouombouo Dairou, ancien directeur général adjoint et Henri Serge Job, ancien directeur du développement commercial. Brigitte Grace Bayemi, ancienne responsable du développement des affaires, a en plus de la plainte pour licenciement abusif contre GDC, accusé Mark Wilson de harcèlement sexuel.</p>
<p>Mark Wilson aimait faire les choses en secret. En juillet 2015, il a accordé à William Egbe, alors Directeur des affaires juridiques de GDC, un prêt de 20 millions Fcfa, en violation de l’article 450 des textes OHADA sur le droit des affaires,  à un moment où GDC disait avoir des soucis financiers et refusait de payer des impôts et des redevances à l’Etat. William Egbe en savait beaucoup sur les transactions financières à GDC, d’après des anciens cadres licenciés qui, dans un courriel remontant à mars 2017, ont dit à la Conac que William Egbe prenait «d&rsquo;énormes sommes d&rsquo;argent dans des mallettes pour se rendre à Yaoundé pour (obtenir)  diverses facilités de la haute administration centrale publique ».</p>
<p>A Londres, certains actionnaires de VOG avaient déjà évoqué le scandale des pots-de-vin versés aux autorités camerounaises par certains dirigeants de GDC. Micheal Taylor, un actionnaire majeur de VOG, a même avancé des montants. «Nous avons également été informés d&rsquo;importants retraits d&rsquo;espèces en 2016, totalisant environ 100.000 dollars (55 millions de francs CFA), emportés par Mark Wilson, William Egbe et Ahmet Dik lors des voyages dans la capitale, Yaoundé, mais pour des raisons peu claires &#8230;», a dit Micheal Taylor dans un courriel aux avocats de VOG en janvier 2017 .</p>
<p>Contacté au téléphone, William Ebge avait promis de réagir aux multiples demandes d’informations mais il est resté silencieux. Ahmed Dik et Mark Wilson n’ont pas fait de commentaires sur les allégations de Micheal Taylor.</p>
<h2><strong>Où est parti l’argent ?</strong></h2>
<p>Beaucoup d’argent sortait de GDC pour des services peu clairs. D’autres documents internes de la société de gaz révèlent qu’en Avril 2016, BlackWood General Trading LLC, une entreprise associée à Ahmed Dik, a réçu de GDC environ 1.370.000 dollars américains (774 millions de FCFA) pour la fourniture des tuyaux de divers diamètres utilisés dans l’extension du pipeline du gaz naturel.  Akoa a dit que les prix de cette société basée à Dubai aux Emirats Arabes Unis étaient trois fois plus élevés que ceux des entreprises Ghanéenne et indienne qui fournissaient ce type de tuyaux à GDC.</p>
<p>La chaîne d’approvisionnement de GDC s’est étendue jusqu’en Afrique du Sud. Entre Août 2014 et Novembre 2016, la filiale de VOG a dépensé 397.088 rands (16,5 millions de FCFA) pour l’achat des chemises, des bottes, des casquettes et ceintures de sécurité auprès de A-Call-Away (ACA), une entreprise sud-africaine de plomberie et d&rsquo;électricité dirigée par Heilie Friend, l’épouse de Eric Friend, l’actuel Directeur général de GDC. Les mêmes documents financiers internes révèlent que GDC a versé dans la même période la somme de 184.553 rands (7,7 million de FCFA) à Contractors Equipment Store(CES), une autre entreprise sud-africaine basée comme ACA à Cape Town, pour la fourniture des costumes, des manteaux et des chaussures de sécurité. Dans ces deux contrats, le représentant de ACA et de CES s’appelle Ruhan Lombard, directeur de CES et frère de Heilie Friend, l’épouse de Eric Friend.</p>
<p>GDC effectuait ces achats coûteux au moment où environ une trentaine de ses employés camerounais avait été licenciée au motif que la société de gaz voulait réduire les coûts. Un autre employé actuellement au tribunal contre son ex employeur pour licenciement abusif dit avoir découvert que sa signature a été forgée. Licencié le 26 septembre 2017 après avoir fait un accident à bord d’une voiture de GDC, Eric Fokam a trainé son employeur au tribunal pour licenciement abusif. Cet ancien chauffeur a dit que la défense a présenté lors d’une audience au tribunal un rapport de test d’alcool qu’il aurait subi après l’accident. « Je n’ai fait aucun test d’alcool après l’accident», a dit Fokam lors d’une interview. « Ils ont voulu imiter ma signature pour crédibiliser le faux document ; je ne peux pas laisser passer cela». Eric Friend n’a pas commenté les allégations formulées par d&rsquo;anciens membres du personnel.</p>
<p>Cependant, certains actionnaires de VOG informés des allégations, y compris l&rsquo;ancien directeur général de GDC, Jonathan Scott Barrett, ont exigé l’ouverture d’une enquête indépendante afin de «produire suffisamment de preuves pour que tous les dirigeants soient immédiatement congédiés et sans aucune chance de rester en attente d&rsquo;une longue enquête perturbatrice», a dit Scott Barrett dans un courriel interne. Après quelques hésitations, le comité d&rsquo;audit de VOG a sélectionné le cabinet Price Waterhouse Coopers Nigeria pour entendre Akoa sur ses allégations et faire un audit interne de GDC. Plus tard, VOG a averti les investisseurs dans un courriel qu&rsquo;après avoir examiné le rapport, le comité d’audit choisirait les informations à communiquer aux actionnaires et aux autorités.</p>
<p>L’ancien contrôleur de projet de GDC a dit avoir été entendu début 2017 mais que Price Waterhouse Coopers    n’avait pas encore audité GDC. Price Waterhouse Coopers  n’a pas fait de commentaire sur cette allégation. En tant qu’entreprise cotée à la bourse de Londres, VOG a le devoir de rapporter des informations importantes à ses actionnaires. Contacté, Iain Patrick, président du comité d&rsquo;audit de VOG, a dit que toute question concernant le groupe de sociétés devrait être adressée à la direction générale ou aux conseillers en relations publiques.</p>
<p>Mais, de hauts responsables de GDC et de VOG, y compris Kevin Foo, sont restés silencieux à toutes les demandes d&rsquo;information.</p>
<p><em>Cette enquête a été premièrement publiée en juin 2018.</em></p>
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